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Sud-Lubero : Trois Fardc lapidés à mort et lynchage du Chef de Cité de Kirumba

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Devant l’insécurité organisée par les militaires portant l’uniforme de l’armée congolaise contre les populations civiles et l’incapacité de l’Etat manqué r-d-congolais d’assurer la securité de ses citoyens et de leurs biens, la population du Sud du Territoire de Lubero organise spontanément son autodéfense pour survivre. 

N’ayant d’armes à feu, les agriculteurs du Sud du Territoire de Lubero utilisent les pierres et les bâtons pour faire leur guerre aux militaires et policiers qui les tuent et les violent au lieu de les protéger. 

En l’espace de deux jours, 3 Fardc ont été lapidé à mort par ces agriculteurs abandonnés à leur triste sort par le pouvoir public. 

Hier dimanche 12 juin 2011, un militaire Fardc que d’aucuns qualifieraient par l’ euphémisme d’un homme en arme et en uniforme militaire non autrement identifié, a été appréhendé au Centre de la Cité de Kirumba après que ses deux compagnons de fortune aient pris la fuite.Le jugement de la foule était sans appel. Le malfrat a été mis à mort par un jet des pierres. Son arme a été remise à un poste de police du quartier. 

Aujourd’hui Lundi 13 juin 2011, dans la localité de Hutwe, à environ 25km du centre de la cité de Kirumba, la population alertée par un éclaireur a mis la main sur deux militaires qui se préparaient à opérer à partir d’une cabane. Trois autres militaires ont pris la fuite. Le jugement de la foule pour les deux infortunés à été sans appel. Ils étaient mis à mort sur le champ par un jet de pierres. Leurs armes ont été remises à la police du coin. 

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Le village de Kitolu dans la localité de Vuholu au Sud du Territoire de Lubero

Il n’y a pas longtemps, la population remettait les bandits et militaires arrêtés entre les mains de la police ou de l’armée. Mais depuis que la population a constaté que la police libère par la suite les malfrats que l’on retrouve de nouveau entrain de servir sous le drapeau national, la décision est de se rendre justice sur le champ. 

Cependant, dans les deux cas, la population continue de remettre les armes ravies aux malfrats entre les mains de la population. Ce geste à lui seul démontre que la population du Sud de Lubero comme celle de partout à Beni-Lubero n’est pas guerrière, et qu’elle n’a pas l’intention d’organiser une lutte armée. Elle a tout simplement besoin d’un Etat épris des droits humains qui assure sa securité et protège ses biens et ses terres contre les envahisseurs. 

Un autre fait qui démontre que la population congolaise du Sud de Lubero est engagée à se défendre contre tous ses pourfendeurs d’où qu’ils viennent c’est lynchage le 5 juin 2011 du chef cité de KIRUMBA, Mr PALUKU MULIWAVYO à la place connue sous le nom de « Galerie d’ALZON ». En effet, après une vague d’assassinat dans la cité dont notamment celui d’un jeune commerçant assassiné quand il volait au secours de son voisin attaqué, le Maire avait annoncé que les assassins étaient aux arrêts, ce qui était vrai. Il a ensuite annoncé sur la voie des ondes qu’il le présenterait au public lors d’un meeting, une annonce saluée par ses administrés comme révolutionnaire car les assaillants de cette région ne sont jamais arrêtés et donc présentés au public. Au jour J, soit le 5 juin 2011, à 17h, heure de Kirumba, le Maire organise son meeting. La population accourt pour voir les visages des assassins arrêtés. Mais quelle surprise ? Au lieu du meeting, la population se trouve nez à nez avec des contingents des militaires et des policiers lourdement armés. La population ne se doute pas que ces militaires et ses policiers sont en effet les assassins dont le Chef de cité avait parlé. Elle attend que le Maire dise voici mes chers administrés les assassins qui endeuillent la cité de Kirumba et que j’ai décidé d’arrêter. Au contraire, le Maire se permet de dire seulement « pole » à ses administrés avant d’ajouter que les assassins arrêtés sont des enfants du coin : « tume wa kamata wale ma bandia ambao wanaharibu usalama, tena ni watoto wenu…. » (nous avons arrêté les bandits qui sèment l’insécurité et qui sont vos enfants). Du public certains ont crié «wako wapi tu waone, ili tujue kama ni kweli watoto wetu ama ?….. » (Où sont-ils pour qu’on les voit afin de savoir s’ils sont vraiment nos enfants ou pas). Sous les cris de « traître, msaliti », quelques pierres ont été jeté de la foule sur la personne du chef de la cité. Avant que pire ne lui arrive, le contingent des militaires et des policiers le protégèrent avant de disperser le meeting. Craignant une vindicte populaire, le chef de cité se retira dans un coin caché pendant une semaine. S’il a gagné du côté de l’ennemi en récitant son mantra de la victimisation de la victime, il a déjà perdu toute crédibilité auprès de ses administrés. Le nom de Mr Paluku Muliwavyo est entré au palmarès des collabos de l’ennemi. 

On apprendra plus tard que le commandement militaire de la cité de Kirumba avait interdit au maire de présenter les assassins au public car ils étaient des rwandais ou rwandophones. Au contraire, il lui avait été demandé de débiter le mantra habituel que l’ennemi a de la peine à faire passer dans la région, à savoir, que l’insécurité entretenue dans la région est l’œuvre des fils et des filles de la région, que les congolais s’entretuent, etc. Une victimisation de la victime que le jeune musicien Kockson de Butembo a déjà mise en musique. Pour cacher l’identité rwandaise des assaillants, les militaires et policiers recrutés dans la région pour servir de tortionnaires se sont donnés comme noms d’emprunts les noms des Nande, ou des noms congolais. Ils expliquent leur drôle d’accent en disant qu’ils ont grandi à Goma, à Bukavu ou dans la diaspora. Pour tromper la vigilance qu’ils sont des militaires de l’ancienne armée congolaise ou zaïroise, ils avaient appris le Lingala dans leurs camps de formation au Rwanda et en Ouganda. L’ennemi n’a rien laissé de coté pour maquiller la tragédie en cours à l’Est. Le dernier vernissage en cours est celui des élections de 2011. Le fait de les organiser dans le délai constitutionnel est leur seul mérite qui les distingue des années Mobutu. Mais comme en Côte d’Ivoire, ses élections seront financées par les grandes démocraties du monde qui savent pertinemment que l’Est du pays est sous occupation militaire étrangère, ou mieux rwando-ougandaise. Cette présence militaire a comme rôle d’aider à basculer les résultats en faveur du candidat de la communauté internationale quel que soit l’avis du peuple congolais. Si en Côte d’Ivoire le candidat de la communauté internationale était en zone rebelle, en RDC, ce dernier est dans la capitale Kinshasa. Ainsi donc le candidat de la communauté internationale en RDC a une longueur d’avance sur Ouattara car il a et l’armée nationale et la rébellion de l’Est de la RDC.

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Une vue du village de Vukununu dans les montagnes du Sud de Lubero

L’avenir de la RDC se joue ainsi non dans les bureaux de Kinshasa, ni dans ceux de l’opposition qui fait le tour de l’Occident pour chercher à mieux faire la même chose que ceux qui sont au pouvoir actuellement, mais dans les associations citoyennes ainsi que les organisations communautaires qui mettent l’intérêt du peuple congolais au centre de toute politique. Ces organisations communautaires En effet, ces associations se sont rendu compte que les postes de police, les postes de commandement de l’armée, les autorités politiques, administratives, et militaires, les casques bleus de l’ONU, les opposants politiques, sont complices par leur inaction de l’insécurité qui endeuille la région depuis 2008, date à laquelle les militaires congolais étaient remplacés progressivement par ceux de la rébellion du CNDP. La signature au mois de mars 2009 d’une intégration des rebelles du CNDP dans l’armée congolaise n’a jamais produit les effets escomptés pour les populations civiles. Les accords signés entre Kinshasa et l’ancienne rébellion du CNDP n’ont produit de paix qu’entre les élites de deux partis, petites mains du capitalisme néolibéral dans la région des Grands Lacs Africains. Le constat a déjà été fait que les guerres actuelles du capitalisme néolibéral, un capitalisme sans démocratie, sont dirigées essentiellement contre les populations civiles qui souvent constituent un frais à l’implantation de ce capitalisme sans démocratie, un capitalisme qui se fait accepter par moyen d’une thérapie de choc, de violence, de massacres de l’ampleur de l’Armageddon ou apocalypse des temps anciens.

Les six millions des morts congolais passent ainsi comme un fait divers, un non-lieu, car il n’est pas encore suffisant comme choc pour casser l’âme de la population congolaise.

Mais quelle que soit la sophistication de cette thérapie de choc administrée actuellement au grand malade de la RDC, il n’y a pas de fatalisme. La population congolaise est encore capable de refuser la pilule. Une façon de le faire de cesser de rêver et de trouver satisfaction dans les pacotilles qui les imposteurs déverseront dans les villages pour se donner une image d’homme politique. La population congolaise soucieuse de l’avenir de la RDC n’aura comme critères de sélection d’un leader politique la contribution à la fin de l’occupation rwando-ougandaise de la RDC, la contribution à la cessation de l’insécurité et de la guerre tournée actuellement contre les civils. Tout discours et tout projet de société qui ne proposera pas une sortie de la crise de l’occupation rwando-ougandaise et de l’insécurité organisée à l’Est de la RDC est une imposture et démagogie de campagne électorale. 

Kakule Mathe

Butembo

©Beni-Lubero Online 

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