Des insignes de l'armée rwandaise trouvés sur les soldats du M23 à Canzu

Toute la vérité sur l’assassinat des Casques bleus Tanzaniens : Une attaque signéeFARDC

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L’attaque du camp des Casques bleus advenue le 07 décembre dernier sur la route Mbau-Kamango et au cours de laquelle au moins 15 casques ont été tués et plusieurs autres blessés ne cesse de soulever colère et indignation aussi bien dans l’opinion nationale qu’internationale.

Comme vous l’avez suivi sur les ondes, quelques heures après les faits, il s’en est suivi beaucoup de déclarations qui loin d’éclairer l’opinion sur l’identité et les objectifs des assaillants ont soulevé des questions et susciter des doutes.

Des déclarations contradictoires

Dans les heures qui vont suivre, le porte-parole de l’armée congolaise affirme que les Fardc poursuivent l’ennemi et que dans cette attaque et dans la contre-offensive qui s’en est suivie, 72 assaillants ont été tués. Pourtant dès la cessation des combats, donc avant-même l’arrivée de la Monusco, aucun combat n’a été signalé dans la zone et cela jusqu’à aujourd’hui. Et aucun corps d’un assaillant n’a été exhibé ; aucun captif n’a été présenté.

Quant à la Monusco, elle parle de 53 blessés, de 14 casques bleus tanzaniens et 5 FARDC tués et de 3 disparus casques bleus. Nous apprenons pendant que nous sommes en train de boucler cet article qu’un vient d’être retrouvé.

Un jour après, un officier haut gradé FARDC de l’opération Sokola 1 affirme que cette attaque est la conséquence de plusieurs chaînes de commandement et dénonce l’existence au sein des FARDC à Beni des unités qui échappent au commandement officiel de l’armée mais qui dépendent d’un réseau parallèle des FARDC.

La vraie version

Benilubero est en mesure de livrer aujourd’hui la vraie version des faits. Ceux-ci le lui ont été révélés par un des protagonistes-mêmes de cette attaque.

Mardi 06 décembre 2017

Les officiels des Fardc dont le camp est basé non loin de la base du Camp des casques bleus, à plus ou moins 700m de distance, téléphonent qu’ils vont envoyer des militaires chercher la nourriture, comme ils ont l’habitude de le faire.

Mercredi 07 décembre 2017

Vers 17h30, ils appellent leurs partenaires pour annoncer qu’ils sont en route. Quelques minutes après, ils arrivent au bord de leur véhicule bien identifié et connu des casques bleus Tanzaniens. Ils sont environs 35. Ils connaissent bien la configuration du camp. Ils ont l’habitude de s’y rendre pour se ravitailler. Ceux qui montent la garde en reconnaissent certains. Ils les laissent entrer. Tout va vite ! Pendant qu’un de ceux qui montent la garde est en train d’appeler ses supérieurs pour les avertir de l’arrivée de leurs « amis », le véhicule s’arrête au milieu du camp. Un groupe de 5 ou 6 se dirige vers les structures de communication, passe tout de suite à l’attaque et en un clin d’œil toutes les structures de communication sont détruites et tout le camp est sous attaque. Les Casques bleus sont plus entraînés que les assaillants. Ils arrivent à repousser l’ennemi. Quelques instants après, arrive un autre groupe des FARDC pendant que les Casques bleus continuent à repousser les assaillants. Grande surprise ! Les Casques bleus remarquent que les Fardc arrivent pour renforcer les assaillants. Ce renfort va continuer jusqu’à l’aube. Toutes les fois que les unités des Fardc en attaque se sentent en position de faiblesse affaiblis, d’autres arrivent pour les remplacer. Aen croire un militaire FARDC qui vient à peine de contacter la rédaction de Benilubero, pendant que les combats continuent,le Colonel Papy Kasongo, le chef du régiment des FARDC, va sans cesse communiquer avec ses supérieurs et leur dire que les ADF ont tenté de prendre le camp des casques bleus mais que tout est rentré en ordre quelques minutes après.

Jeudi 08 décembre 2017

La Monusco est alertée vers les heures matinales qu’un de ses camps a été attaqué la nuit. Sans tarder, elle y envoie un renfort. La consternation est totale à l’arrivée. Des blessés gémissent dans la brousse. Des corps sans vie jonchent partout : 14 casques bleus tanzaniens et 5 Fardc tués, parmi qui on peut identifier 3 rwandais. Le camp est littéralement pillé. Tous les matériels ainsi que les vivres ont été emportés. Mais aucun combat n’est signalé dans la zone et aucun corps d’un soi-disant ADF-Nalu n’est trouvé. Des blessés témoignent et les faits parlent de soi. La Monusco est bien embarrassée. Elle va se limiter à donner le bilan humain.

Un silence complice du gouvernement

Pourquoi les FARDC s’en prennent-ils aux Casques bleus Tanzaniens ?

Depuis que les massacres de Beni ont commencé, il est important de rappeler que ce sont les Casques bleus Tanzaniens qui ont payé un lourd tribut. Cela n’est pas un fait du hasard. Ils sont victimes de la détermination de leur gouvernement à mettre fin au chaos qui règne à l’Est de la RDC. Oui, c’est grâce à l’appui de la force d’intervention rapide de la Monusco composée essentiellement des tanzaniens que le Colonel Mamadou bouta le M23 hors les frontières de la RDC. Cette défaite n’a jamais été digérée par Joseph Kabila et ses partenaires qui, dès le lendemain de cette défaite, commencèrent à monter des stratégies de vengeance. La détermination des Tanzaniens ne s’arrêta pas avec la défaite du M23. C’est encore eux qui découvrirent, en pleins combats contre les présumés ADF-Nalu dans les environs d’Eringenti en décembre 2015 qu’ils étaient en train de se battre contre une coalition FARDC- militaires rwandais déguisés et soutenus par certains éléments de la Monusco.

Aujourd’hui le M23 s’est reconstitué. Beaucoup de ses militaires ont été réintégrés dans l’armée par Joseph Kabila etdéployés dans les territoires de Beni, notamment dans le triangle dit de la mort, à partir d’où il compte plonger tout le pays dans le chaos et renvoyer ainsi les élections aux calendes grecques. Joseph Kabila n’a pas oublié la défaite que les Tanzaniens infligèrent à ses alliés du M23. Il ne veut plus revivre cette expérience. Et pour cela, il a donné l’ordre de les faire partir avant de passer à l’acte. Dès lors, vous comprenez pourquoi jusqu’à ce jour, le gouvernement congolais est resté silencieux et n’a présenté aucun mot de condoléances ni au gouvernement Tanzanien ni aux familles éprouvées. L’attaque contre le camp des Casques bleus Tanzaniens ne doit pas être vue non seulement comme un acte de vengeance mais le début d’une guerre que Joseph Kabila est déterminée à lancer avant le 21 décembre 2017. Toutes les batteries sont déjà mises en marche. Benilubero promet à ses lecteurs de livrer toutes les informations à ce sujet dans ses prochaines éditions.

Hommage aux Casques Bleus et au Gouvernement Tanzaniens

Benilubero ne peut boucler cet article sans saluer la détermination du gouvernement Tanzanien à faire sienne le combat du Peuple Congolais contre les forces du mal, quel que soit le lourd tribut qu’il paie. Nous espérons que cette attaque ne va pas le décourager mais va l’amener à renforcer ses troupes dans notre pays afin de mener jusqu’au bout le combat pour lequel ses filles et ses fils sont en train de verser leur sang. Chapeau !

©Beni-Lubero Online.

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