Toutes nos condoléances à l’équipe Nyuki de Butembo (R. D. Congo)

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À Butembo les nouvelles sont crues et même révoltantes. Radio Okapi nous en fait part dans cet extrait :
« un minibus transportant les joueurs de l’équipe Nyuki Sport de Butembo a fini sa course dans un ravin dimanche 19 mars vers 10 heures  sur la route Butembo-Kyavinyonge, à Vusorongi dans le te territoire de Beni (Nord-Kivu). 

Le bilan provisoire fait état de deux morts et douze blésées. Parmi les victimes mortes sur place, les témoins de l’accident affirment qu’il s’agit du gardien et de l’étendard de cette équipe. Les dépouilles ont été ramenées à Butembo par les officielles de Nyuki Sport. Quant aux blessés, ils sont internés au centre hospitalier de Kyondo situé à 30 km de Butembo. Selon les témoignages recueillis sur place, cet  accident est survenu lors que ce minibus a voulu dévier un autre qui venait dans le sens opposé. En voulant éviter une collusion,  le chauffeur a fini dans le ravin. Cette équipe de Butembo se rendait à Kyavinyonge pour un match amical avec l’équipe locale Banamayi.»

Devant un tel accident si cruel, l’articulation des mots ne vaut plus la peine. On préfère le silence et on se remet à la méditation. On se pose des questions… qui risquent de demeurer éternellement sans réponses. Tout semble arriver au même moment. Pendant Butembo se préparait à célébrer l’anniversaire de l’assassinat du père Vincent Machozi le 20 mars, voilà qu’il doit d’abord pleurer ses fils et soigner les blessures des autres dans une ambiance innommable.
Comme si les armes, les manchettes, les couteaux, les viols ne suffisent plus pour verser les larmes et le sang des kivutiens, voilà que la route s’ajoute à la longue liste des instruments de tortures pour ce peuple de l’Est de la République dite Démocratique. Ce n’est pas l’excès de vitesse qui mis en cause ni l’état d’ébriété du chauffeur… L’État est tout simplement absent dans coin du pays. Telles sont les réalités que les actuels dirigeants de ce pays du père Vincent et du colonel Mamadou n’aiment pas entendre…

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Il semble qu’il est temps de se regarder dans le miroir… Il est temps de donner l’heure juste… Il est temps d’assumer pour la première fois les responsabilités pour le bien commun. Qu’est-ce que le gouvernement perdrait en construisant une route qu’il emprunte lui-même lorsqu’il achemine les minerais pillés de l’autre côté de la frontière ? Au lieu de construire les routes, les écoles, les hôpitaux, etc. les gouvernants se préoccupent plutôt par les moyens qui leur permettraient de rester au pouvoir au-delà de leurs mandats constitutionnels. Ils tuent et ils bavardent… à longueur des journées.

Il me semble que les survivants de Nyuki, de Beni, de Butembo et de l’Est du Congo n’ont plus besoin des mots vides – les mots de condoléances en permanence. Ils ont besoin des cercueils pour enterrer leurs morts dans la paix et dans la justice… C’est absurde !
Chers amis, que la terre de nos ancêtres vous soit douce. Le Congo sollicite votre intercession auprès du Père.

Signé – Le Journal du Paysan

©Beni-Lubero Online.

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