Tueries de Beni (2015 -2016) : les Nations Unies accusent des officiers FARDC

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

Des experts des Nations Unies viennent de ficeler un rapport sur la situation sécuritaire dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Ce travail cible la période allant des premiers massacres à la machette dans le territoire de Beni, en septembre 2014, jusqu’à ceux de décembre 2016. Bien que le rapport sus évoqué ne soit pas encore formellement rendu public, des fuites sont parvenues à certains médias. Selon Jeune Afrique, les rebelles ougandais ADF ne sont pas les seuls les exécuteurs de civils innocents au Nord-Kivu et plus précisément dans la périphérie de Beni.

Plusieurs officiers supérieurs des FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) sont cités comme commanditaires des massacres, dont le bilan provisoire s’élève, à la date de clôture de l’enquête onusienne, à 550 morts. Le rôle de ces chefs militaires congolais consistait, indique-t-on, à signaler les positions de troupes régulières et des casques bleus de la Monusco sur le terrain, de manière à permettre aux rebelles ougandais et aux forces négatives internes de frapper sans risque de se faire surprendre. Le même rapport fait état d’armes de fabrication nord-coréenne en libre circulation à travers le territoire de Beni, dont des exemplaires auraient été trouvées entre les mains de certains éléments FARDC, de certains rebelles ougandais, rwandais et burundais mais aussi des combattants des groupes armés locaux. S’agirait-il d’armes commandées par voie légale ou achetées au marché noir ? A ce sujet, les enquêteurs onusiens soutiennent n’avoir par reçu de réponses de la part des autorités congolaises ou nord-coréennes. Parlant des rebelles rwandais opérant sous le label des FDLR (Forces Démocratiques de Libération du Rwanda), le rapport des experts des Nations Unies soulignent leur affaiblissement significatif mais pas leur anéantissement.

Bien que leurs effectifs soient considérablement réduits et ne tournent plus qu’autour de 1.400 à 1.600 combattants, ils ne restent pas moins nuisibles à la paix dans la partie Est de la République Démocratique du Congo. En ce qui concerne les rebelles burundais, dont le nombre pourrait atteindre 400 hommes, soit environ quatre compagnies, le rapport des Nations Unies indique qu’ils seraient formés au Rwanda, au camp d’entrainement de Mahama depuis mai-juin 2015, avant de passer la frontière congolaise, en vue de préparer un éventuel renversement du président Nkurunziza par les armes. Bien que Kigali continue de nier toute implication dans le financement et l’entrainement de ces rebelles, ceux-ci seraient bel et bien sous son parrainage. Certains de ces rebelles burundais seraient porteurs de fausses cartes d’électeurs de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), ce qui leur permettrait de circuler facilement entre la RDC, le Rwanda et le Burundi, leur pays d’origine. Le retour d’une paix durable au Nord-Kivu comme au Sud-Kivu serait hypothétique, compte tenu des complicités internes et externes qui interviennent dans l’entretien des foyers d’insécurité, mais aussi du fait que la coopération militaire formelle entre les FARDC et la Monusco n’est pas encore effective, en dépit de la signature, depuis février 2016, d’un nouvel accord de collaboration.

Kimp

©Beni-Lubero Online.

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *