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Un peuple aux mains nues face à ses tueurs ! Trop c’est trop !

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Comment en sommes-nous arrivés à banaliser la mort chez nous ? A composer facilement avec celles et ceux qui la donnent ? Pourtant, plusieurs d’entre nous croient en un Créateur donneur et protecteur de la vie. Dis-moi qui tu soutiens, je te dirai en quel dieu tu crois : telle pourrait être une interpellation à nous lancer mutuellement. Pour qu’ensemble, nous cherchions à rompre avec les forces de la mort et/ou à mourir en connaissance de cause : pour la défense de la vie.

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Samedi 26 novembre 2011, les escadrons de la mort de Joseph Kabila ont tiré à belles réelles sur notre population. Ils venaient donner une preuve supplémentaire de leur engagement dans le processus d’extermination de nos populations amorcé depuis 1996. Tirer à balles réelles sur une population désarmée en marge des exécutions sommaires et extrajudiciaires, en plus des attaques à la machette en pleine ville de Kinshasa, témoigne d’un ensauvagement qui ne dit pas son nom. Dieu merci ! Une bonne partie de cette population comprend de plus en plus qu’elle doit, contre vents et marées, se prendre en charge. Dieu merci ! Certains leaders suffisamment populaires se lèvent pour aider nos populations à chasser la peur esclavagisante.

La répression atteint, à un certain moment, des limites que les réprimés n’acceptent pas de dépasser. Surtout si ces réprimés savent qu’ils ont une dignité à faire respecter. Plusieurs de nos compatriotes ont compris que « tous les hommes naissent libres et égaux en dignité et en droits. » Aidés par certains leaders de la société civile, ils se réalisent que la lutte pour la dignité et le respect de ces droits ne devrait accepter aucune compromission. 

En voyant comment notre peuple essaie, tant soit peu, de se mettre debout pour dire non aux escadrons de la mort et à leurs parrains, il y a lieu de croire que le Congo de Lumumba a un avenir. Pourvu que ce peuple debout sache, en conscience, qu’il est sur la voie que tous les peuples libres du monde ont suivie. Et que son sacrifice suprême soit un sacrifice consenti. La France, que plusieurs d’entre nous adorent et qui est impliquée de près ou de loin dans la recolonisation de l’Afrique, est le produit des Résistants sous De Gaule. Stéphane Hessel en témoigne aujourd’hui avec beaucoup de fierté et invite ses compatriotes Français à lutter pour que les acquis de la Résistance ne puissent pas être bradés par « les petites mains du capital ». 

Il est vrai que nos populations font face au réseau transnational de prédation soutenu par les médias dominants. Mais elles devraient aussi être attentifs aux brèches que ce même réseau ou ces mêmes médias ouvrent et s’engouffrer dedans. Un député Britannique, Eric Joyce, venait de nous faire une passe en or en nous montrant, preuves à l’appui, comment nos matières premières sont bradées par Joseph Kabila et son entourage au profit des IVB (Iles Vierges Britanniques) qui sont des paradis fiscaux. Qu’il y ait dispute entre les entreprises multinationales Britanniques et les autres favorables à Joseph Kabila, ce n’est pas notre problème. Qu’Eric Joyce soit du même parti que le conseiller bénévole de l’un de nos bourreaux, Paul Kagame, ce n’est pas notre problème numéro un. Nous avons urgemment besoin de constituer des dossiers prouvant que Joseph Kabila et son entourage disposent de notre pays comme de leurs poches, comme des biens dont ils sont les seuls maîtres. Et pour cela, ils sont prêts à recourir à tous les moyens. Comme à ces tirs à balles réelles sur nos populations aux mains nues ou à ces fraudes électorales décriées à travers tout le pays. 

Ce que nous soutenons au sujet d’Eric Joyce peut aussi l’être pour les médias dominants.

Après le scrutin de ce lundi 28 novembre 2011 (et qui se poursuit ce mardi 29), il y a beaucoup de commentaires que ces médias font. Il est bon de les lire et de remarquer que par-ci par-là, ils fournissement l’une ou l’autre information à creuser davantage. L’exemple du papier publier ce matin par Marie-France Cros dans La libre Belgique est édifiant. (Son article est intitulé « Elections dans le désordre et la désorganisation »). 

L’une des questions face auxquelles nos populations sont confrontées est celle la connaissance et de la maîtrise des moyens et des procédures auxquelles recourt le réseau transnational de prédation dans notre pays pour remettre aux calendes grecques notre soif d’autodétermination.

Sur ce point nommé, il serait tout indiqué de compter avec certains de nos compatriotes ayant rompu avec le pouvoir de la mort opérant dans notre pays et à même de prouver cela par des actions concrètes. Prenons un exemple. Qu’André-Claudel Lubaya se soit servi de son expérience d’ex-gouverneur du Kasaï-Occidental pour dénicher la magouille électorale orchestrée par le pouvoir en place, cela peut être mis en son actif, malgré les critiques que nous pouvons formuler à son endroit. Sans ambages, voilà ce qu’il confie à la Radio Okapi : « Nous dénonçons d’abord cette situation (des bulletins saisis) et nous exigeons en même temps l’invalidation des tous les candidats de la majorité notamment ceux qui sont repris sur les [bulletins de] vote que nous avons tous ramassé par ci par là, » Et la radio Okapi d’ajouter : « André-Claudel Lubaya a qualifié ces candidats de «fraudeurs» et accuse la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) «de complicité et de légèreté». (Radio Okapi de ce mardi 29 novembre 2011).

Connaître ses moyens et ces procédures ne suffit pas. Un peuple debout devrait aussi penser aux mécanismes juridiques à même de mettre fin à la guerre de prédation sévissant dans notre pays. Tenter le recours au droit humanitaire international combiné avec une Commission Justice, Vérité et Réconciliation au Congo et entre Congolais(es) reste indispensable. En dehors du pays, de plus en plus de compatriotes se constituent partie civile pour traduire les escadrons de la mort de Joseph Kabila (et lui-même) à la Cour Pénale Internationale. Même si cette action n’aboutissait pas, elle gardera sa valeur symbolique : celle d’un peuple décidé à mettre les institutions internationales devant leurs responsabilités.

Sur ce point l’appel que le Pasteur Danyo Ilunga lance sur le blog de cheik Fita mérite d’être suivi. Comme lui, nous estimons que les églises, membres de la société civile congolaise et tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté devraient prendre la ferme décision de lutter contre tous ceux et toutes celles qui attentent à la vie chez nous. Il n’est pas compréhensible que dans un pays à 80% composé de croyants, un groupe d’escadrons de la mort puisse tuer sans que cela indigne grand monde. Il est urgent que nous nous constitutions en partie civile pour traduire Joseph Kabila et ses escadrons de la mort en justice à la Cour Pénal Internationale. Pour quel résultat ? Ne fût-ce que pour un resserrement des rangs entre nous autour d’une même cause concrète : la défense de la vie et de la dignité humaine.

Il existe aujourd’hui, en Europe, un tribunal sur la Palestine, le tribunal Russel (auquel participe Stéphane Hessel), qui, jusqu’à ce jour, se documente sur toutes les violations des droits de l’homme dans ce pays. Le fait qu’il réunisse des hommes et des femmes de grande qualité et venant de tous les horizons en fait un lieu respectable sur lequel la Palestine peut compter pour son émancipation des forces de la mort. Jusqu’à ce jour, à notre connaissance, ce tribunal n’a jugé personne. Mais il amasse les faits, les documente et organise des rencontres là-dessus. Porter plainte contre le pouvoir de Kinshasa pour ses récents massacres (filmés) et instituer un Tribunal Pénal International pour le Congo (à l’exemple du Tribunal Russel), cela pourrait nous aider à nous organiser autour de deux actions concrètes à mener sur le temps. Si demain, notre pays devient un Etat de droit, notre documentation sur les crimes du pouvoir actuel pourra lui être utile.  

J.P. Mbelu

Brussels-Belgie

©Beni-Lubero Online               

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