Voici où se cachent les auteurs de l’incendie de la Résidence de Joseph Kabila.

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

Lundi, 25 décembre. C’est Noël. Partout, dans des églises résonnent le chant des bergers : « Les anges dans nos compagnes ont entonné un chant nouveau… Gloire à Dieu aux hommes et paix sur la terre… ». En ce moment tous les téléphones sont éteints. Ou du moins ils sont en mode avion ! Certains prennent des photos, des selfies qu’ils vont envoyer aux amis ou aux parents, à la sortie de la messe !

Surprise, émoi, désolation ! De partout, après la messe, les messages arrivent. Aussi bien au pays qu’à l’étranger ! La résidence du Président de la République et chef de l’Etat (je me demande quelle différence entre les deux) brûle depuis 01h00 du matin. Les images sont affreuses. Les flammes montent encore haut, très haut dans les cieux !

Cela vient de se passer au Nord-Kivu, notamment dans le territoire de Lubero, à 15 kilomètres de la ville de Butembo, à Musyenene, un milieu pauvre mais où l’on ne peut pas ne pas admirer une belle concession entourée d’arbres bien soignés et hauts et au milieu de laquelle avaient poussé des villas splendides. Pendant toute la matinée, la population cherche à savoir qui serait derrière cet acte. Dans les médias, Certains pointent du doigt le groupe des Mai Mai qui auraient vu des militaires depuis quelques jours des militaires étrangers fréquenter cette maison. D’autres affirment que la maison est bien gardée par les militaires de la garde présidentielle et se demandent où se trouvaient ces derniers pendant l’attaque, car on ne parle que d’un policier tué et calciné.

Dans la journée jusque tard la nuit, des condamnations tombent de partout et des messages de solidarité au président de la République inondent les réseaux sociaux. J’en retiens deux en particulier.

Il y a d’abord celui du gouverneur Julien Paluku (Burec) dont je retiens quelques extraits : « …Ce lieu modeste et innocent, qui était devenu le symbole de l’amitié sincère et de la connexion directe entre le sommet de l’État et les recoins du Grand Nord, vient de partir en fumée, emportant les espoirs et les opportunités liées à une telle proximité. Voilà qui ressemble à un crime contre l’humanité, tant les retombées négatives immédiates et indirectes d’un acte aussi odieux s’annoncent incalculables pour l’ensemble de la population ainsi isolée politiquement, à moins d’une grâce spéciale, que nous implorons avec insistance… C’est du pur terrorisme qui menace désormais la nation congolaise tout entière en visant droit sa première institution : le Président de la République. Cela vaut une réplique instantanée aux effets aussi bien punitifs que préventifs d’une barbarie… que l’État fasse sentir sa toute-puissance sur les corps et sur les esprits de tous ses citoyens en scrutant au moindre détail gestes, paroles et pensées. »

Le second message est celui du groupe « des notables de la Communauté Nande » (ainsi se sont-ils auto-proclamés). Ces derniers « appellent l’ensemble de la population de Lubero et Beni à se désolidariser de toute action susceptible de compromettre la paix et le développement de cette partie du pays qui se veut être une référence de la dynamique progressiste ».

Je condamne certes l’acte. Mais je dénonce la manière dont cet acte est considéré et présenté !

L’acte est qualifié d’ignoble et de terroriste, de crime contre l’humanité, aux effets incalculables : le Peuple Nande sera isolé du reste du pays ; le développement de la région sera mis en jachère ; le feu de la Toute-puissance de l’Etat va s’abattre sur le Peuple Nande, présenté comme solidaire du criminel. Et seule la grâce présidentielle pourra épargner les habitants de ces territoires de toutes ces conséquences. Voilà ce qui est bien dit !

Je suis désolé d’une telle présentation qui frise la complicité des signataires. Ils donnent l’impression de connaître et de fréquenter les auteurs de ce crime. D’autre part, une telle présentation fait accréditer la fameuse thèse selon laquelle l’égorgeur du peuple nande n’est que lui-même !

Oui, je condamne l’acte en soi. Mais je dénonce cette manière de le considérer en soi et comme unique à son genre ! Personne ne pense à des milliers des familles qui vivent aujourd’hui à la belle étoile dans ces territoires, voici bientôt 5 ans !

Combien ont-elles vu leurs maisons incendiées, être ainsi forcées à se déplacer et à vivre comme des réfugiés dans leur propre pays, sur la terre de leurs ancêtres ? En aucun jour, je n’ai vu des notables se lever comme un seul homme et redire leur fidélité à la terre de leurs ancêtres. En aucun jour, je n’ai vu un parti se lever et se rendre au chevet de ces familles. Ces familles ne méritent-elles pas autant de compassion et de solidarité au même titre que le Chef de l’Etat ! Est-ce alors de la mauvaise foi que l’Etat n’ait pu jusqu’à ce jour mis fin à ces crimes contre l’humanité ?

Les retombées négatives de ces crimes sont là et leurs effets sont palpables. La vie n’est plus sacrée. Comme des agneaux, tel le chef du quartier Kasanga (Beni-Ville) Mr Jules Mambo abattu par les hommes armés la nuit-même de Noël ; hommes, femmes, enfants, jeunes, adultes et vieillards sont massacrés. De milliers d’enfants sont devenus orphelins. Nos mères et nos sœurs sont violées. Des milliers de populations sont portées disparues. Des razzias, n’en parlons pas. L’analphabétisme se porte bien. Les villes sont devenues de vrais camps de concentration d’où l’on sort à risque et péril. Des routes n’existent plus. L’isolement est total. Les produits de première nécessité sont introuvables. Groupes armés et militaires se côtoient et s’habillent ou boivent à la même source. L’armée républicaine est en retraite et l’Etat n’existe plus !

L’incendie de la résidence de Joseph Kabila est à situer dans ce contexte. Les criminels et les complices sont toutes celles et tous ceux qui ont contribué à l’inexistence de l’Etat au sein du pays. Les criminels sont tous ceux qui sont investis du pouvoir de veiller sur les personnes et leurs biens mais l’utilisent à leurs propres fins. Et ils sont complices toutes celles et tous ceux qui refusent au nom de l’argent de les dénoncer. Et tant que ces criminels et complices ne seront pas mis hors d’état de nuire, à moins de se convertir à la dernière minute, j’ai peur que la situation n’aille de pire à pire, d’une part et, d’autre part, que la paix chantée et désirée la nuit de Noël devienne une utopie en République Démocratique du Congo !

Mwasi Mughole

Butembo

©Beni-Lubero Online.

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

6 plusieurs commentaires

  1. Mzaliwa Mkungilwa

    Qui peut douter des dires d’un ministre des Affaires étrangères ???
    joseph kabila est le premier ADF connu ami personnel de JAMIL MUKULU chef des ADF qui a habité chez joseph kabila à Kinshasa MaCampagne:55 Rue Bocage.
    15 soldats de l’Onu viennent de mourrir par ces ADF et qui pèsent lourd sur la tête de joseph kabila qui peut incendier sa résidence pour relativiser ce massacre de 15 soldats de l’onu.Il est capable de tous.
    Un Président qui sacrifie sa propre population par des massacres sans fin pour se faire de l’argent ne peut pas épargner un bien matériel…

  2. Moïse MUSAVULI

    Une politique de COMPLAISANCE. Au nom de leurs intérêts personnels, individualistes et égocentriques, ils ont choisi de reléguer leur propre peuple aux oubliettes et au mépris.

  3. Il y a moyen de veirifier pourquoi il y a plus de 14 camions des troupes rwandaises
    qui viennent de passer par Kasindi et venir a Beni et pourquoi tous les militaires ont ete desrames a Bunia et a Beni?????

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*