1998-2009: 11 ans depuis le Massacre de KIKYO

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Experts du Groupe de Chercheurs Libres du Graben GCLG
.
        – Crispin MBINDULE MITONO, chercheur au G.C.L.G et membre de l’Association Internationale d’Amitié Juive (AIAJ.).
– Yotama MBUSA NZANZU, chercheur au G.C.L.G et Défenseur judiciaire.
– Gulain MATHE MAGHANIRYO, chercheur au G.C.L.G et actuellement fellow de Scholar Rescue Fund (SRF/IIE) et Chercheur au WARC de Dakar
– Léon KATEMBO TSONGO, chercheur au G.C.L.G
– Philippe MAKOMERA KASENZERA, chercheur au G.C.L.G et journaliste indépendant
– KATEMBO MBUSA, chercheur au G.C.L.G
– Charles KAMBALE TSONGO, chercheur au G.C.L.G
– Jean Paul KAMBALE KITAMBALA, chercheur au G.C.L.G
– Dimanche KAMBALE RUMALIZA, chercheur au G.C.L.G et Enseignant
– NGWESULI WABO, chercheur au G.C.L.G et Infirmier
– KOMBI MUTUWA, chercheur au G.C.L.G
– Moïse PALUKU MUHAYIRWA, chercheur au G.C.L.G
– Chirac KAKULE MUKOSA, chercheur au G.C.L.G
– Gaston SINDANI MUSEMAKWELI, chercheur au G.C.L.G
– Pascale KAGHOKYA TSONGO, chercheur au G.C.L.G

Tél. +243 998605639. +243 997096023.
+221774158706

Tout au long de l’histoire, la République Démocratique du Congo en général et la Province du Nord-Kivu en particulier sont jalonnées par des explosions des violences à répétition qui ont plongé la région dans un marasme socio-politique et économiquesans nom. Cette situation estcaractérisée par des antagonismes, l’identitarisme ethnique, le clientélisme, la recrudescence des milices armées et par les tueries des paisibles populations. Avec l’avènement des guerres dites de libération en 1996 et 1998, la province du Nord Kivu, qui en a été l’épicentre, s’est alors enlisée dans la forme paroxystique de la violence, exacerbant ainsi la décente aux enfers de cette province déjà suffisamment martyrisée depuis de longues années. On se rappellera en effet que quelques temps après la prise du pouvoir par Laurent Désiré Kabila en Mai 1997, l’A.F.D.L s’est heurtée non seulement à des dissensions, mais aussi et surtout à des contestations violentes qui ont eu des conséquences néfastes sur la situation des Droits de l’Homme de manière générale.
C’est dans ce contexte qu’il faut situer les massacres des civils innocents perpétrés en Février et en Avril 1998 en Ville de Butembo par les militaires de l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération (AFDL.).
Le présent Rapport répond à l’impératif d’un devoir de mémoire de l’un des nombreux « massacres oubliés » qu’a connu le Congo-Kinshasa dans sa partie orientale ; le concept massacre considéré ici comme une action de tuer sauvagement et en masse des gens qui ne peuvent pas se défendre[1], selon les termes de J. DUBOIS. Concrètement, il s’agit ici de rendre compte des tueries massives des paisibles populations civiles, sous des formes variées (y compris l’enterrement des personnes vivantes), perpétrées à dessein par les troupes de l’A.F.D.L à l’occasion des attaques dont elles étaient la cible sur la Colline de Kikyo (alors camps militaire), par les guérilleros Maï-Maï (reconnus être à l’époque sous le leadership de Monsieur Kakule Matumo Paul).
Ainsi, avant de présenter les différents tableaux identifiant les victimes desdits massacres orientés vers des civils innocents (IV), nous allons présenter géographiquement le camp militaire de Kikyo, devenu aujourd’hui un prestigieux site hôtelier UHAI qui tend à en dissimuler les traces (I) ainsi que le déroulement desdits massacres (II) et l’identification des fosses communes (III). Ces tableaux sont en fait le résultat d’un travail d’enquêtes de longue haleine pendant lesquelles nous avons combiné à la fois l’observation libre ainsi que l’interview centrée sur des témoins oculaires et des familles de victimes desdits massacres.
 
 
 
Le site de Kikyo est une colline située au Nord-Est de la Ville de Butembo (en commune urbaine de Bulengera) en Province du Nord-Kivu (République Démocratique du Congo). D’une superficie d’environ 30 ha, ce domaine partage des limites avec quelques entités administratives de base : il est bordé à l’Est par le Quartier Mihake, à l’Ouest par la cellule Vihya qui en compactage avec la fameuse cellule Furu, au Nord par la cellule Byasa et au Sud par le quartier Kalemire. Le site est en exiguïté quasi-étroite avec la route nationale numéro quatre qui sépare naturellement la cellule Furu de la commune de Bulengera.
De prime abord, précisons que « Kikyo » est une concession qui a longtemps appartenu (y compris pendant la période des massacres) au sieur Paluku Denis non autrement identifié. Alors que ce dernier y avait érigé un complexe hôtelier qui a connu des moments de gloire durant la fin des années 80, sera assiégé par les troupes militaires de la Division Spéciale Présidentielle (DSP.) de feu Maréchal Mobutu en 1993. Du coup, ce qui était Hôtel se transformera ainsi en camp militaire, on ne sait pourquoi.
Offrant un positionnement géopolitique suffisamment caractérisé pour la maîtrise de la sécurité d’une bonne partie de la Ville de Butembo, la colline de Kikyo demeurera ainsi le camps militaire le plus prestigieux de la ville aussi bien pendant le règne de l’A.F.D.L, au cours duquel se sont perpétrés ces crimes ; que durant l’occupation du Rassemblement Congolais pour la Démocratie (R.C.D), censé renversé le régime de l’A.F.D.L (août 1998 – 2003)[2]. .
Actuellement cette concession est devenue une propriété privée de l’Eglise protestante dénommée Communauté Baptiste au Centre de l’Afrique, en sigle C.B.C.A, laquelle y a réhabilité le Centre d’accueil UHAI qui de plus en plus redore les blasons des souvenirs nostalgiques de l’Hôtel Kikyo.
A l’issue de l’observation libre et des enquêtes fructueuses sur le terrain, lesquelles ont tiré le maximum de profit dans un entretien centré avec les familles des victimes, suivant le système à boule de neige, il en est ressorti les résultats confinés dans les points qui suivent.
 
Dans la petite matinée du 20 Février 1998, le camp militaire Kikyo en Ville de Butembo a été la cible d’une attaque des miliciens Maï-Maï. Vers 9 heures du matin, juste après que les affrontements entre les éléments de l’A.F.D.L et les miliciens Maï-Maï se soient achevés et que ces derniers se furent repliés dans leurs maquis, les militaires de l’A.F.D.L vont se décharger sur la population civile de Butembo en tuant, en violant, en pillant, etc. Ces exactions sans scrupules en l’encontre des civils furent motivées par des considérations purement subjectives : il suffisait de porter des tatouages sur son corps humain[3], parler la langue Kinande[4] et être en dehors de sa maison juste après le combat[5] pour se voir indexé d’être milicien Maï-Maï (d’une manière consciencieusement gratuite et sans aucune autre forme de procès) et, du fait, mériter la mort et/ou le viol pour les femmes. Les localités qui étaient plus touchées par ces violations sont : et être en dehors de sa maison juste après le combat pour se voir indexé d’être milicien Maï-Maï (d’une manière consciencieusement gratuite et sans aucune autre forme de procès) et, du fait, mériter la mort et/ou le viol pour les femmes. Les localités qui étaient plus touchées par ces violations sont : , parler la langue Kinande et être en dehors de sa maison juste après le combat pour se voir indexé d’être milicien Maï-Maï (d’une manière consciencieusement gratuite et sans aucune autre forme de procès) et, du fait, mériter la mort et/ou le viol pour les femmes. Les localités qui étaient plus touchées par ces violations sont :
FURU (Congo ya sika) ;
KALEMIRE ;
BYASA ;
MATANDA ;
MUTIRI. (voir les répertoires des noms des victimes. III.).
Le 14 avril 1998, à quatre heures du matin, la ville de Butembo a de nouveau vécu un événement inhabituel qui a paralysé toute la partie nord de Butembo. Les combattants Mai-Mai ont en effet relancé âprement l’attaque contre les militaires de l’A.F.D.L aux camps militaires de Kikyo et de l’A.B.C[6]. Après les affrontements nourris à tire des roquettes, les militaires de l’A.F.D.L font irruption dans les quartiers avoisinant leurs camps au motif de rechercher les Maï-Maï en fuite. Les localités les plus martyrisées sont FURU, KALEMIRE, MIHAKE, MUTSANGA… Ils procèdent par enlèvements forcés des adultes et des jeunes garçons. Après les affrontements nourris à tire des roquettes, les militaires de l’A.F.D.L font irruption dans les quartiers avoisinant leurs camps au motif de rechercher les Maï-Maï en fuite. Les localités les plus martyrisées sont FURU, KALEMIRE, MIHAKE, MUTSANGA… Ils procèdent par enlèvements forcés des adultes et des jeunes garçons, au moment où toute la population a été contrainte de s’enfermer dans les maisons pendant quatre jours, c’est-à-dire du 14 au 17 Avril 1998 avec interdiction formelle de sortir dehors pour quelque motif que ce soit sous peine de subir le sort des Maï-maï recherchés[7].. Cette séquestration s’est avérée une des pires violations des Droits de l’homme. Par voie deconséquence, plusieurs victimes furent dénombrées dont la plupart ont été soumises à des traitements cruels, inhumains et dégradants, en violation systématique de l’article 5 de la Déclaration Universelle des Droits de l’homme du 10 décembre 1948. En effet, ces victimes ont été atteintes non seulement dans leur dignité humaine propre, dans leur intégrité physique et morale, mais aussi dans leur vie, car, outre celles qui ont été éventrées, voire enterrés vivants, beaucoup d’autres ont été démembrées, torturés et psychologiquement traumatisés.
Pendant que les populations étaient séquestrées dans leurs maisons, quatre commandants militaires ont fait des déclarations radiodiffusées à la R.T.N.C[8] assimilant de manière expresse la population de Butembo dans l’ensemble d’être en connivence avec les guérilleros Maï-Maï (voir discours en annexe). Il s’agit respectivement de Monsieur Djimy, alors Commandant second ville de Butembo, du Commandant Thyerri qui faisait membre de la délégation du Ministre de l’intérieur en mission à Butembo, le Commandant du cent quatrième bataillon basé en Territoire de Lubero et le commandant de la Police d’Intervention Rapide (PIR.) de la ville de Butembo, connu sous le nom de Valentin Ndumba ABOGBANA. Par voie de conséquence, c’est dans le contexte des déclarations des personnalités sus évoquées qu’il convient de ressortir la dimension délibérée des exactions crapuleuses commises par leurs troupes en l’endroit des populations civiles dépourvues des moyens de se défendre : des portes des maisons furent alors fracassées, des civils innocents furent soustraits de force de leurs habitations et se virent ôter la vie, de fois après des sérieuses tortures. Les commandants sus invoqués sont allés plus loin en précisant sur la voix des ondes que les habitants de Butembo sont considérés comme des ennemis parce que, disaient-ils, « les Maï Maï sont venus de (leurs) vos maisons (…) et par conséquent toute personne qui sera appréhendée à l’extérieur de sa maison, sera considérée comme ennemis Maï Maï »[9]. Cette déclaration fut motivée à tort par la supposition selon laquelle les fuyards Mai-Mai s’étaient cachés dans les maisons de la paisible population civile. Supposition pourtant sans aucun fondement étant donné que juste après le combat au camps militaire de Kikyo, les Mai-Mai ont regagné leur maquis de Kasithu environ 25 Kilomètres de Butembo / partie Nord-Est[10]. Pendant les quatre jours de séquestration de toute la population de Butembo enfermée par contrainte dans des maisons sans vivres, eau ni électricité, . Cette déclaration fut motivée à tort par la supposition selon laquelle les fuyards Mai-Mai s’étaient cachés dans les maisons de la paisible population civile. Supposition pourtant sans aucun fondement étant donné que juste après le combat au camps militaire de Kikyo, les Mai-Mai ont regagné leur maquis de Kasithu environ 25 Kilomètres de Butembo / partie Nord-Est. Pendant les quatre jours de séquestration de toute la population de Butembo enfermée par contrainte dans des maisons sans vivres, eau ni électricité, assimilant de manière expresse la population de Butembo dans l’ensemble d’être en connivence avec les guérilleros Maï-Maï (voir discours en annexe). Il s’agit respectivement de Monsieur Djimy, alors Commandant second ville de Butembo, du Commandant Thyerri qui faisait membre de la délégation du Ministre de l’intérieur en mission à Butembo, le Commandant du cent quatrième bataillon basé en Territoire de Lubero et le commandant de la Police d’Intervention Rapide (PIR.) de la ville de Butembo, connu sous le nom de Valentin Ndumba ABOGBANA. Par voie de conséquence, c’est dans le contexte des déclarations des personnalités sus évoquées qu’il convient de ressortir la dimension délibérée des exactions crapuleuses commises par leurs troupes en l’endroit des populations civiles dépourvues des moyens de se défendre : des portes des maisons furent alors fracassées, des civils innocents furent soustraits de force de leurs habitations et se virent ôter la vie, de fois après des sérieuses tortures. Les commandants sus invoqués sont allés plus loin en précisant sur la voix des ondes que les habitants de Butembo sont considérés comme des ennemis parce que, disaient-ils, . Cette déclaration fut motivée à tort par la supposition selon laquelle les fuyards Mai-Mai s’étaient cachés dans les maisons de la paisible population civile. Supposition pourtant sans aucun fondement étant donné que juste après le combat au camps militaire de Kikyo, les Mai-Mai ont regagné leur maquis de Kasithu environ 25 Kilomètres de Butembo / partie Nord-Est. Pendant les quatre jours de séquestration de toute la population de Butembo enfermée par contrainte dans des maisons sans vivres, eau ni électricité, l’ampleur des drames est sans précédent, cela en violation des droits de l’homme et par ricochet, le droit international humanitaire. Beaucoup de gens ont été enterrés vivants ; d’autres, accroupis étaient finalement écrasés par des véhicules des militaires.Ces drames se déroulent pour la plupart au camp Kikyo ; d’autres enfin, étaient fusillés sans atermoiement.
Alors que les tortures infligées aux victimes constituent une atteinte grave à l’article 5 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH.), les pertes en vies humaines en sont, quant à elles, une violation flagrante de l’article 3 (de la D.U.D.H) libellé en ces termes : « Tout individu a droit àla vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne ». Cela viole également l’article 16 de la constitution du 18 février 2006 de la République Démocratique du Congo qui dispose : « la personne humaine est sacrée. L’Etat a l’obligation de la respecter et de la protéger. Toute personne a droit à la vie ».
Outre les tueries des civils, on a aussi connu pas mal de cas des violences sexuelles et des faits de guerre (pillage des biens, destruction des patrimoines ancestraux et à usage collectif, etc.).
Pour ce qui est des violences sexuelles, celles-ci se sont déroulées sous des formes variées : non seulement certains militaires procédaient au viol eux-mêmes ; mais également ils forçaient à l’inceste en obligeant soit le père à s’accoupler avec sa fille en présence de toute la famille, soit encore un garçon à coucher avec sa mère ou avec sa sœur au vu et au su de tous ses frères et sœurs, obligation faite sous peine d’être fusillé par ceux-ci. En cas d’une quelconque résistance, les militaires introduisaient les canaux de leurs armes dans les appareils génitaux des femmes et filles ; ce qui conduisait la plupart d’entre elles à succomber purement et simplement de suite de ces tortures. D’autres ont été admises dans des hôpitaux pour des soins appropriés. Cette révélation d’une victime Mak… (qui a préféré gardé l’anonymat), une des victimes de ce viol, est éloquente : « j’étais enfermé dans ma maison avec mon épouse et mes trois filles (…) les militaires sont venus casser la porte de ma maison (…) en entrant dans la chambre où j’ étais couché par terre, ils demandent à mon épouse de sortir de la chambre et quelques minutes après ils commencent à la violer (…) ces assaillants m’exigent de venir assister au viol de ma femme ( …) après ils m’amènent chez le voisin et m’obligent de violer sa femme (…) »[11]. Pareils cas de viol ont été vécu dans plusieurs familles identifiables mais qui, pour des considérations morales, n’ont pas voulues que leur situation soit détaillée dans le présent rapport. Ces viols ont causé des traumatismes moraux et psychologiques profonds dont les séquelles persistant chez les victimes jusqu’aujourd’hui s’effaceront péniblement. . Pareils cas de viol ont été vécu dans plusieurs familles identifiables mais qui, pour des considérations morales, n’ont pas voulues que leur situation soit détaillée dans le présent rapport. Ces viols ont causé des traumatismes moraux et psychologiques profonds dont les séquelles persistant chez les victimes jusqu’aujourd’hui s’effaceront péniblement.
Au près de ces victimes qui ont perdu leurs vies au cours de ces exactions, on a également enregistré quelques cas des victimes qui ont été atteint par des coups de balles mais qui n’en ont pas succombées, et dont certaines sont restées malheureusement handicapées physiques et/ou psychiques jusqu’à ces jours.
Après avoir étayé le déroulement de ces massacres, il sied à présent d’identifier les fosses communes dans la ville de Butembo.
En ville de Butembo nous avons identifié les fosses communes attribuées aux événements du 20 février 1998 et du 14 au 17 avril 1998.disséminées
1. Les trois grosses fosses communes sont localisées sur le site de l’ex-camp militaire Kikyo. L’une de ces dernières a été détruite par la Communauté Baptiste au Centre de l’Afrique (CBCA. / Butembo) lorsqu’elle aménageait le site de Kikyo en vue d’ériger un hôtel dénommé Centre Uhaï[13]. On y a couché une verte pelouse ayant englouti les traces de la fosse, au grand mépris du respect dû aux morts qui y reposent paisiblement. . On y a couché une verte pelouse ayant englouti les traces de la fosse, au grand mépris du respect dû aux morts qui y reposent paisiblement.
2. La fosse commune Kitatumba. Celle-ci est située au cimetière public de Kitatumba.
3. La fosse commune située dans la vallée entre la colline de Kikyo et celle de Mihake.
4. La fosse commune Byasa se trouvant sur l’axe routier qui mène vers Beni, quartier Mukalangirwa dans l’actuel marché Bwanandeke.
5. La fosse commune Kiriva située dans la parcelle de Monsieur DAVID.
6. Une tombe située sur l’axe routier de Butuhe à Vulindi.
7. Une tombe située en cellule Byasa dans la parcelle de Kambale.
8. Une tombe située à Furu dans la parcelle de Kapito.
Il est à noter que nous n’avons pas pu trouver d’autres fosses, car les présumés auteurs et coauteurs ou auteurs intellectuelsdes massacres cherchent à tout prix à en effacer les traces.
Nous allons ici oser une stratification des victimes de ces massacres de 1998 : alors que les uns ont perdu leur vie (III.1), d’autres par contre sont restés des handicapés physiques et/ou psychiques jusqu’à présent (III.2.). Toutefois, on a connu également de nombreux cas de violences sexuelles qui, pour des raisons que nous avons évoqué plus haut, ne seront pas détaillés ici.
Pendant ces massacres, toute la population de la ville de Butembo était touchée de près ou de loin. Par ailleurs, il y a eu des milieux qui étaient plus touchés que d’autres. C’est le cas du secteur BYASA, secteur FURU, secteur KALEMIRE, secteur MUTIRI, secteur MATANDA, enfin le secteur du Centre commercial.


NOM & POST-NOM
SEXE
Date de naissance
FONCTION
ETAT CIVIL
Adresse de la victime
01
KASEREKA NGWESULI Adalbert
M
1964
Cultivateur
Marié, Père de 4 enfants
Cel. BYASA, n°18, commune VULAMBA
02
KAVIRA KIGHOMA Anastasie
F
1947
Cultivatrice
Mariée, mère de 9 enfants
Cel BYASA, n°17, commune VULAMBA
03
KASEREKA BWAMBALE
M
1979
Elève
Célibataire
Cel. BYASA, n°1, commune VULAMBA
04
KALAU KATAVALI
M
1968
Cultivateur
Célibataire
Cel. BYASA, commune VULAMBA
05
KOME
M
1950
Cultivateur
Marié, père de 5 enfants
Cel. BYASA, n°122, commune VULAMBA
06
KAKULE KAMBULA
M
1961
Cultivateur
Marié, père de 2 enfants
Cellule Byasa, sans N°
07
PALUKU KABAYA
M
1970
Cultivateur
Célibataire
Cellule Byasa, sans N°
08
KATSUVA
M
1954
Cultivateur
Marié, père de 3 enfants
Cellule Kangothe sans N°
09
KATEMBO KYOTA
M
1973
Commerçant
Fiancé, préparant son mariage une semaine avant sa mort
Cel. VULINDI, n°…, Commune VULAMBA
10
MASIKA MAYI YA RWINDI
F
1969
Ménagère
Mariée, mère de 3 enfants
Cel. KIRIVA, sans n°, Commune VULAMBA
11
KASAI
M
1965
Chauffeur
Marié à MAYI YA RWINDI, père de 3 enfants
Cel. KIRIVA, sans n°, Commune VULAMBA
12
KAMBALE KAPARAY
M
1976
Cuisinier
Célibataire
Cel. KIRIVA, sans n°, Commune VULAMBA
 
 
NOM & POST-NOM
SEXE
Date de naissance
FONCTION
ETAT CIVIL
Adresse de la victime
01
KAMBALE MULUME Hubert
M
1955
Commerçant
Marié, père de 10 enfants
Cel. FURU, n°201, Commune VULAMBA
02
KAKULE MULUME Ephrem
M
1961
Commerçant
Marié, père de 3 enfants
Cel. FURU, n°201, Commune VULAMBA
03
MUMBERE KITAMBALA Jaribu
M
1979
Elève
Célibataire
Cel. FURU, n°201, Commune VULAMBA
04
KAYANGE MUSANGA Alphonse
M
1955
Enseignant/ E.P MASOY
Marié, père de 7 enfants
Cel. FURU, n° 67, Commune VULAMBA
05
KASEREKA THEODORE
M
1958
Sans emploi
Célibataire
Cel. FURU, n° 199, Commune VULAMBA
06
PALUKU KASIMANGALA Selume
M
1975
Sentinelle
Célibataire
Cel. FURU, n° 62, Commune VULAMBA
07
KATUNGU ANASTASIE
F
1948
Cultivatrice
Mariée, mère de 5 enfants
Cel. FURU, n° 62, Commune VULAMBA
08
FLEUVE KAMBALE TSONGO
M
1969
Réparateur vélos
Marié, père de 3 enfants
Cel. BRAZZA, n° 65, Commune BULENGERA
09
KATSUVA MATHE Pamphile
M
1930
Cultivateur
Marié, père de 8 enfants
Cel. VIHYA, n° 430, Commune BULENGERA
10
KANGWESE
M
1938
Sentinelle
Célibataire
Rue Président de la République, n° A 28, Commune BULENGERA
11
MBUSA MBOROYA PASCOU
M
1981
Elève
Célibataire
Cel. VIHYA, n° 28, Commune BULENGERA
12
KASEREKA LEADER
M
1971
Boulanger
Célibataire
Cel. MUHAYIRWA n° 79 Commune BULENGERA
13
KAKULE
M
1973
Cultivateur
Célibataire
Cel. MUHAYIRWA n° 79 Commune BULENGERA
14
KAMBALE KISANGANI Musike
M
1929
sans
Marié, père de 9 enfants
Cel. MBOGHA, n° …. Commune VULAMBA
15
KAMBALE TELEMUKA
M
1986
Ecolier
Célibataire
Cel. MBOGHA, n° 15 Commune VULAMBA
16
KASEREKA ETHIENNE
M
1973
Cultivateur
Marié, père de 2 enfants
Cel. MUSINGIRI, n° 61, Commune VULAMBA
17
MASTAKI BAYALA Baudouin
M
1908
sans
Marié, père de 9 enfants
Cel. MUSINGIRI, n° 5, Commune VULAMBA
18
PALUKU MAKUTA Claude
M
1972
Cultivateur
Célibataire
Cel. MULUNGULU, n° 35 Commune VULAMBA
19
KATEMBO VANZWA
M
1977
Elève
Célibataire
Cel. FURU, n° , Commune VULAMBA
20
GEORGE KAHONGYA
M
1973
Lavadeur
Celibataire
Cel. MGL n° 43 Commune VULAMBA
21
KAVIRA LAELE
F
1932
Cultivatrice
Mariée
Cel. Mbogha n° 02 Commune VULAMBA
NOM & POST-NOM
SEXE
Date de naissance
FONCTION
ETAT CIVIL
Adresse de la victime
01
KATEMBO KALIHI
M
1981
Elève
Célibataire
Cel. HANGI B, n° 57, Commune BULENGERA
02
MASHAURI MATESO
M
1938
Commerçant
Marié, père de 5 enfants
Cel. HANGI B, n° 59, Commune BULENGERA
03
KANYAMWIRI EMMANUEL
M
1942
Chauffeur
Marié, père de 7 enfants
Cel. HANGI B, n° 60, Commune BULENGERA
04
KAMBALE KISTALI
M
1978
Elève
Célibataire
Cel. HANGI B, n° 02, Commune BULENGERA
05
KENDA KENDA
M
1978
Elève
Célibataire
Cel. HANGI B, n° 57, Commune BULENGERA
06
KAMBALE DIFO
M
1958
Cultivateur
Marié
Cel. HANGI B, n° 56, Commune BULENGERA
07
KAMBALE BAHATI
M
1978
Cultivateur
Célibataire
Cel. KANYAMATWIRI, n°117 Commune BULENGERA
08
KAMBALE KAVANGA Jean-Marie
M
1968
Chauffe
Marié
Cel. HANGI B, n° 39, Commune BULENGERA
09
KASEREKA
M
1975
Commerçant
Célibataire
Cel. HANGI B, n° 39, Commune BULENGERA
10
KATEMBO BENITO
M
1978
Elève
Célibataire
Cel. HANGI B, n° 39, Commune BULENGERA
11
KAMBALE TUMBURA Bernard
M
1948
Cantonnier
Marié
Cel. HANGI B, n° 38, Commune BULENGERA
12
WILLY KASEREKA KASONGYA
M
1946
Sentinelle
Marié, père de 5 enfants
Cel. MUHINDO, n° 119, Commune BULENGERA
13
KASEREKA JEAN
M
1982
Elève
Célibataire
Cel. LYAMBO, n° 111, Commune BULENGERA
14
KAMBALE GODE
M
1966
Commerçant de poissons
Célibataire
Cel. HANGI B, n° 116, Commune BULENGERA
15
CHARLES
M
1949
Fonctionnaire aux Ets NGESERA
Marié
Cel. LYAMBO, n° 100, Commune BULENGERA
16
PALUKU KIBUBU
M
1980
sans
Célibataire
Cel. LYAMBO, n° 128, Commune BULENGERA
17
MBUSA SHAHIMBA
M
1978
Presseur de briques
Marié, père d’1 enfant
Cel. MIHAKE, n° 128, Commune BULENGERA
18
MBUSA KASIMBIRI KAKINE
M
1965
Exploitants des pierres
Marié, père de 2 enfants
Cel. MIHAKE, sans n°, Commune BULENGERA
19
KAVUNGA PALUKU
M
1943
Chef de cellule LYAMBO
Marié
Cel. LYAMBO, n° 117, Commune BULENGERA
20
PALUKU JEAN-BAPTISTE Palos
M
1968
Couturier
Marié et père de 2 enfants
Q. Kalemire, Cel. MAKERERE n° 109, Com. BULENGERA
21
KASEREKA SAANANE Roger
M
1981
Elève
Célibataire
Cel. MUHINDO, n° 135, Commune BULENGERA
22
KAMBALE SAANANE Aimé
M
1978
Commerçant
Célibataire
Cel. MUHINDO, n° 135, Commune BULENGERA
23
KASEREKA MWENDAPOLE
M
1958
Commerçant
Marié
Cel. BASHU, n° 45 Commune BULENGERA
24
PALUKU SYATAHIRE
M
1965
Couturier
Marié
Cel. MUHINDO, n° 85, Commune BELENGERA
25
MUMBERE NDIVITO
M
1982
Elève
Célibataire
Cel. HANGI A, n° 07, Commune BULENGERA
26
KAMBALE MUGHENI
M
1980
Cultivateur
Célibataire
Cel. HANGI A, n° 07, Commune BULENGERA
NOM & POST-NOM
SEXE
Date de naissance
FONCTION
ETAT CIVIL
Adresse de la victime
01
KAVIRA VAGHENI Charlotte
F
1956
Vendeuse de pains
Mariée et mère de 6 enfants
Cel. MUTIRI, n° 2, Commune BULENGERA
02
KATSERETSE AMSCHAIRE MULEKO SAIDI MUHINDO
M
1968
Commerçant
Marié
Cel. KIMEMI, n° 52,
Commune BULENGERA
03
JEAN-LOUIS KAHINDO
M
1958
Cultivateur
Marié
Cel. MAHALA, n° 108, Commune BULENGERA
04
KAMBALE LUVULA
M
1975
Menuisier
Marié
Cel. LONDO, Commune BULENGERA
05
JEAN-PIERRE
M
1949
Sentinelle
Marié
Cel. VATOLYA, Commune BULENGERA
NOM & POST-NOM
SEXE
Date de naissance
FONCTION
ETAT CIVIL
Adresse de la victime
01
KASEREKA KANGWA Herment
M
1967
Cultivateur
Célibataire
Cel. VUSENGA, n° 22, Commune MUSUSA
02
ANDRE KAKULE KASONIA
M
1974
Joueur de Foot-ball – élève
Célibataire
Cel. MATANDA, n° 46, Commune MUSUSA
03
KASEREKA BERTRAN VIRENGA
M
1963
Cultivateur
Célibataire
Cel. VUNGI B, n° 36, Commune MUSUSA
04
KASEREKA KIGHUNDA
M
1979
Cultivateur
Célibataire
Cel. NDONGA, n° 85, Commune MUSUSA
05
KAMBALE MUGHANDA
M
1953
Agent de l’Etat
Marié
Cel. KALEMERE, n° ….., Commune MUSUSA
06
PALUKU MATABISHI Joseph
M
1974
Cultivateur
Célibataire
Q. MATANDA
07
MUHINDO MATIKISO Evariste
M
1969
Gérant d’une boutique
Marié, père d’1 enfant
Q. KITULU, Boulevard Mwalimu, n° 11, Com Mususa
08
KASEREKA KAMAVU
M
1970
Elève
Célibataire
Cel. VUNGI B, Rue Kinshasa, n° 21, Commune MUSUSA
09
KAMBALE KAMAVU
M
1980
Elève
Célibataire
Cel. VUNGI B, Rue Kinshasa, n° 21, Commune MUSUSA
10
MBUSA SYALUHA
M
1982
Elève
Célibataire
Cel. VUNGI A, n° 28, Commune MUSUSA
11
PALUKU MURARA
M
1977
Mécanicien
Marié
Cel. VUNGI B, Rue Kinshasa, n° 26, Commune MUSUSA
12
KAKULE SIVULYAMWENGE Médard
M
1972
Vendeur
Marié, père de 3 enfants
Cel. VUNGI B, Rue Kinshasa, n° 18, Commune MUSUSA
13
KAMBALE MUYISA Cléophas
M
1969
Manutentionnaire
Célibataire
Q. MATANDA, Rue Kinshasa, n° 18, Commune MUSUSA
14
MUHINDO KAMAVU
M
1968
Chauffeur
Marié
Cel. VUNGI B, n° 21, Commune MUSUSA
15
MBUSA FAUSTIN
M
1970
Chauffer
Célibataire
Cel. VUNGI B, n° 22, Commune MUSUSA
16
MUHINDO MURAFULI Léonard
M
1969
Agriculteur
Marié
Q. MATANDA, n° 43
17
KASEREKA MALYAMKONO
M
1979
Elève
Célibataire
Cel. MAHERO, n° 15, Commune MUSUSA
18
KATEMBO HERMACLE
M
1978
Elève
Célibataire
Cel. MAHERO, n° 15, Commune MUSUSA
19
ROCKY
M
1977
Garagiste
Célibataire
Cel. MAHERO, n° ……, Commune MUSUSA
20
KAMBALE VAGHENI
M
1979
Ambulant
Célibataire
Cel. MAHERO, n°……, Commune MUSUSA
21
KATEMBO KAKULE
M
1980
Elève
Célibataire
Cel. MAHERO, n° 15, Commune MUSUSA
22
KASEREKA KALIMA
M
1978
Vendeur/ Magasin
Célibataire
Cel. MAHERO, n° ….., Commune MUSUSA
Retenons que la plupart des victimes assassinées lors de ces massacres dans le secteur MATANDA, étaient des élèves enlevés de leurs maisons après avoir exhibé leurs cartes d’élève mais en vain. D’autres par contre étaient des adultes, dont un menuisier enlevé de sa maison au motif qu’il va fabriquer de cercueils pour l’inhumation de militaires abattus par les Mai-Mai à Kikyo. Mais en y arrivant, après leur avoir rendu ce service, celui-ci fut froidement assassiné et enterré sur place dans une fosse commune avec de nombreuses autres victimes.
NOM & POST-NOM
SEXE
Date de naissance
FONCTION
ETAT CIVIL
Adresse de la victime
01
KAKULE MASIKI
M
1969
Agriculteur
Marié
Abattu au Q. FATUMA
02
KAMBALE MBUNDU
M
1967
Chauffeur de l’UCG
Marié
Avenue KYOMBWE, n° 6
03
KAMBALE AUGUSTIN
M
1981
Elève/Kambali
Célibataire
 
Il est impérieux de préciser qu’à coté de ces personnes péries lors de ces massacres, certaines autres sont restées, jusqu’à présent de handicapés physiques.
NOM & POST-NOM
SEXE
Date de naissance
FONCTION
ETAT CIVIL
Adresse de la victime
01
KAKULE MBUSA Bernard
M
1977
Commerçant
Marié, père de 4 enfants
Cel. FURU n° 173, commune VULAMBA
02
KAMBALE MBUSA Bienvenu
M
1969
Commerçant
Marié, père de 6 enfants
Cel. VIHYA n° 01, commune BULENGERA
03
KAKULE MATHE Babize
M
1974
Meunier
Marié, père d’un enfant
Cel. FURU n° 42, Commune VULAMBA
04
ANUARITE NZAVAKE
F
1982
Etudiante
Célibataire
Cel. Kimemi, n° 52, commune BULENGERA
05
MBUSA KALEMIRE Arnold
M
1967
Sans emploi
Célibataire
Cel. VIHYA, n° 174, commune BULEGERA
06
KATEMBO KALEMIRE Frederik
M
1965
Sans emploi
Célibataire
Cel. VIHYA, n° 174, commune BULENGERA
07
KACHINDO KALUS
M
1970
Sans emploi
Célibataire
Cel. VIHYA, n° 174, commune BULENGERA
Certes, cette liste ne reprend pas forcément toutes les personnes vivant avec handicape suite aux massacres de KIKYO, mais nous nous sommes contentés de relever quelques cas qu’on a pu retrouver.


 
En définitive, aussi bien que nous venons de le démontrer, en Février 1998 et qu’en date du 14 Avril 1998, la ville de Butembo a été l’objet des crimes dignes d’être qualifiés de « massacre », perpétrés par les militaires de l’Alliance de Forces Démocratiques pour la Libération du Congo (AFDL.) sur la colline Kikyo, lieu où était installé leur base militaire à l’époque. Ici, plusieurs personnes ont péri injustement suite aux motifs non encore élucidés jusqu’à ce jour.
La plupart des victimes de ces massacres ignobles et odieux ont été soumis à une mort indigne, les autres enterrées vivants. Ils finissaient tous leur sort dans des fosses communes. Que des mamans ont été violées en présence de leurs maris et leurs fils, des filles en présence de leurs parents et de leurs frères, d’autres sont restées handicapés physiques et psychiques. N’en déplaise à ceux qui ne veulent pas l’entendre dénoncé, il s’agit là simplement de l’expression la plus parfaite de ce que l’on a l’habitude d’appeler crime de guerre et crime contre l’humanité. Pas plus ni moins !
Il est impérieux de préciser que ces massacres ont laissé derrière eux des effets néfastes sur la situation socio-économique de pas mal des familles. Certaines victimes survivantes de ces massacres ont déjà abandonné les études et vivent misérablement dans leur famille car ayant perdu les piliers de leurs familles, d’autres ne sont pas épargnées par des troubles psychiques. D’autres encore sont devenus des miliciens suite au dégoût de la vie.
Ainsi, jusqu’aujourd’hui, des traumatismes persistent dans les esprits de rescapés, dont certains sont devenus orphelins, d’autres des veuves ou veufs, abandonnés à leur triste sort sans aucune assistance humanitaire. Certains de ces orphelins sont devenus des bandes de la rue suite au manque d’encadrement et au désespoir de la vie. Notre étonnement est que depuis que ces crimes odieux et crapuleux se sont commis, aucune commission d’enquête tant nationale qu’internationale n’a jamais été diligentée pour que, du reste, les auteurs de ces tristes et célèbres massacres de Kikyo soient traduits devant une justice indépendante.
Le Comité des Victimes Survivantes de massacres de Kikyo se pose la question de savoir quand les auteurs de ces massacres auront à répondre de la responsabilité qui pèse à leur charge devant les instances judiciaires aussi bien nationales qu’internationales. Depuis ces crimes contre l’humanité l’on n’a jamais traduit aucun de ces auteurs devant la justice alors que le Droit de l’homme ainsi que le droit international humanitaire ont été systématiquement violés pendant ces tristes événements. Il y a eu en effet, violation flagrante des prescrits de la Convention de Genève du 12 août 1949, qui prône la protection de la population civile contre les effets des hostilités[14]
Considérant l’impunité qui a élu domicile en République Démocratique du Congo, nous demandons la création d’un Tribunal Pénal International pour le Congo (TPIC.) et considérer la République Démocratique du Congo comme civilement responsable desdits massacres et ce, conformément à l’article 260 du code civil Congolais, livre III, libellé en ces termes : « on est responsable non seulement du dommage que l’on cause par son propre fait, mais encore de celui qui est causé par le fait des personnes dont on doit répondre (…) ». Il est à noter que, toutes les fois que le Comité des victimes Survivantes de Massacres de Kikyo a essayé de commémorer ces massacres, il s’est vu menacé, inquiété non seulement par les autorités militaro administratives de la ville de Butembo, mais également et surtout par les responsables religieux de la Communauté Baptiste au Centre de l’Afrique (CBCA.), laquelle communauté est actuellement propriétaire de la colline Kikyo. Présentement, l’accès aux fosses communes de Kikyo ou aux charniers n’est plus quelque chose de facile étant donné que ces autorités politico-administratives et religieuses y déploient les éléments de la police nationale congolaise toutes les fois que les familles des victimes sollicitent la visite de ces fosses communes pour y déposer des gerbes de fleurs. Cette façon de faire n’est pas loin d’une manœuvre dilatoire ayant pour objet d’éliminer les traces de cette hécatombe qui est pourtant une réalité palpable.
En effet, nul n’ignore que le statut de Rome est entré en vigueur le 1er juillet 2002 après que le moment sensible soit passé en R.D.C. D’où la Cour Pénale Internationale est compétente seulement pour les crimes de guerres, de génocide et contre l’humanité commis après l’entrée en vigueur du statut de Rome (art 11, al. 1). Ceci est la conséquence du principe de la non rétroactivité prévu à l’article 24 dudit statut. Or, c’est à partir de 1996 que les crimes ont été commis en grande échelle en R.D.C et pourtant la C.P.I n’a pas de compétence pour ceux-ci. Certes, la logique est que l’Etat congolais devra promouvoir d’autres voies pour arriver à juger les criminels d’avant le premier juillet 2002 non seulement à cause de la limitation temporelle de la Cour Pénale Internationale (C.P.I) mais également à cause de l’efficacité douteuse du système répressif congolais (partialité, corruption, manque d’indépendance, …).
C’est ainsi que nous, Groupe de Chercheurs Libres du Graben (GCLG.), suggérons au Conseil de sécurité de Nations Unies de voter une résolution portant adoption d’un tribunal pénal international pour le Congo (TPIC.) car les crimes commis à Kikyo et d’autres commis ailleurs sur l’étendue de la République, sont imprescriptibles et les auteurs ne devront pas rester impunis. C’est dans cette lancée que nous nous alignions derrière Robert GARRETON, ancien rapporteur spécial sur la situation de droits de l’homme lorsqu’il soutient que : « l’histoire contemporaine nous a renseigné que (…) plus personne et notamment ceux qui font partie de la « caste des puissants », ne sera à l’abris de devoir, un jour, répondre devant la justice, de sa responsabilité vis-à-vis des crimes qu’il a commis ou commandités. Cela prendra du temps, mais ce moment arrivera, c’est certain et irrémédiable »[15]. .
1. Que le Conseil de sécurité des Nations Unies saisisse la balle au bond afin que des enquêtes indépendantes sur ces massacres soient diligentées pour rechercher la vérité sur les massacres de Kikyo.
2. Que le gouvernement et les Nations Unies organisent le déterrement des vestiges qui gisent encore dans les fosses communes de Kikyo, devenu propriété privée, pour être enterrés avec l’honneur qu’il faut dans un site public librement accessible par les familles des victimes.
3. Que soit établie une Commission Vérité et Réconciliation (CVR.) en vue d’identifier clairement les coupables et les victimes des massacres de Kikyo.
4. Que les Nations Unies et la R.D.C fassent de leurs mieux pour que les victimes survivantes soient protégées contre les menaces des présumés coupables des massacres de Kikyo.
5. Que soit créé un Tribunal Pénal International pour le Congo (TPIC.) en vue de dissuader la criminalité qui sévit en R.D.C.
6. Que l’Etat Congolais puisse reconnaître officiellement la journée du 14 Avril, comme journée commémorative des massacres de Kikyo.
7. Que le gouvernement congolais et les Nations Unies interdisent la Communauté Baptiste au Centre de l’Afrique (CBCA. / Butembo) de détruire les fosses communes de Kikyo.
 
Première épisode
Toute la population de Butembo qui reste dans leur maison, (interdiction de sortir).
Que toute la population qui reste dans leur maison ne sorte pas. Celui qui sortira sera pris pour un ennemi. Car vous cachez les ennemis. Ils sont vos enfants, vous les gardez dans toutes vos maisons. Nous avons commencé à arrêter certains qui se cachent dans les maisons.
A l’heure qu’il est, ouvrez vos yeux et vos oreilles ! je dis ceci : celui qui sort dehors cette nuit, au moment où les soldats sont déployés dans toute la cité, sera criblé des balles à bout portant, c’est lui qui sera considéré comme ennemi.
Et tout le monde du côté de Furu ! Là en bas, sur la route qui mène vers Beni, toutes ces gens ont vu l’ennemi mais sans prévenir les soldats de l’incursion des ennemis. Je vous dis ceci : aujourd’hui c’est la fin, aujourd’hui c’est la fin ! Si c’est la fin, vous le saurez. Vous amenez vos fils dans les fermes où ils s’organisent avec le soutien des opérateurs économiques locaux. (…) maintenant je vous le dis : celui qui sort cette nuit-ci ! Demain ! Après demain, je veux le considérer comme un ennemi. Car vous tuez mes soldats ! Vous tuez mes soldats ! Et vous fuiez vers vos maisons. Je le dis que quiconque se retirera dehors est ennemi. Parce que les ennemis sont dans des maisons des populations civiles. C’est vous qui les cachez. Vous les chefs des quartiers, les chefs des localités … il y a vraiment plein des gens qui cachent ces gens, jeunes fils.
C’est dire que quand vous refusez de nous [armée de l’AFDL.] informer sur l’arrivé des Maï Maï (…) vous aurez un sérieux problème à Butembo et Butembo sera transformé à champ de bataille ! Je l’ai dit depuis longtemps, un peu avant, le 20 février, vous avez tué mes soldats, vous avez massacré mes soldats au camp Kikyo. Et aujourd’hui [le 14 janvier1998], c’est la même chose. Maintenant, plus d’excuse, plus question de pitié à quiconque. Tous vous êtes devenu des ennemis. Celui qui sera trouvé dans la cité au moment où les militaires mènent des patrouilles sera considéré comme ennemi.
Vous restez dans vos maisons sans sortir dehors jusqu’à ce que je voudrais vous voir sortir. Si je rentrerai ici à la radio, vous entendrez encore ma voix et vous sortirez de vos maisons. Mais celui qui sortira aujourd’hui où demain ou après demain en ces jours, il est ennemi. Vous écoutez vous tous qui auditionnez vos radios. Merci
Commandant Djimy
Moi… je suis venu… j’ai rencontré ce ça ne va pas. Mais je voudrais dire en quelque mot ce qu’a dit le commandant ville [Djim]. C’est dire, laissez les militaires faire leur tâche. Vous verrez même des nombreuses équipes des patrouilleurs. Ça prendra toute la nuit. Il n’est pas bon de sortir dehors si tu es dans ta maison. C’est que si tu sors tu sera pris comme ennemi. Il est bon que tu restes sur place dans ta maison, attend que l’ordre soit donné. Tu sortiras et tu vaqueras à tes occupations. Voilà ce que je voudrais porter à votre connaissance brièvement. Merci.
Commandant du cent quatrième bataillon du territoire de Lubero (avril 1998)
Moi, c’est le commandant Thierry, je fais partie de la délégation du ministère de l’intérieur qui sécurise toute la population. Mais en rapport avec ce problème tel que vécu en ce moment, ça montre que vous les habitants de Butembo vous avez des sérieux problèmes parce que l’ennemi [Maï Maï] n’est pas venu des montagnes, mais des vos maisons d’ici. Et c’est comme ça que nous vous demandons de rester dans vos maisons. Quand les militaires finiront leur travail, ils pourront vous demander de sortir. Celui qui sortira de sa maison, se promène dans des avenues ou déambule, c’est lui qui sera frappé. C’est lui que nous prendrons pour ennemi. Tout civil qui sortira, il est ennemi. Et c’est là que nous vous demandons de vous enfermer dans vos maisons pour cette nuit. Peut-être demain, nous passerons à la radio pour informer du programme que nous déciderons. Si vous pourriez sortir pour vaquer à vos activités ou si vous pourriez rester dans les maisons au cas où notre travail n’aura pas pris fin. Merci.
Commandant Thierry
Je voudrais informer toute la population de Butembo. La mesure que nous avons prise hier [14avril 1998] reste maintenue comme telle. Tout le monde reste dans sa maison pour que nous fassions notre travail, sécuriser, faire rétablir la paix à Butembo.
Mais, considérant tous les événements qui se sont produits hier, en vérité, nous sommes saisis d’une grande colère. Parce que j’ai du informer toute la population que nous étions saisi de fureur car depuis les événements qui nous sont arrivés hier, nous n’avons vu, pas même un seul officier de la police sur le terrain ou dans la chasse de l’ennemi [Maï Maï] . C’est pourquoi maintenant, en ce moment, nous prenons une décision telle que, nous destituons toutes les autorités de la place. En vérité, nous les suspendons de leurs fonctions. Plaçons celui de l’Intervention Rapide de Kinshasa, lui qui est venu dans le détachement. Nous le mettons au commandement de la Police Nationale Congolaise de Butembo. Il s’appelle commandant Valentin NDUMBA ABOGBANA. Celui qui le suivra, c’est son commandant second Stanis NDUJI MUDAGU. Mais aussi ceux-ci assureront le commandement de la Police jusqu’à nouvel ordre comme nous sommes encore en opération (…) notre travail c’est garantir la sécurité de la population et de ses biens. (…) nous avons vu que tous les Maï Maï qui sont entrés et ceux qui sont morts, tous ne revêtaient que des talismans (gris-gris des fétiches). Pas autre chose. C’est pourquoi, dès maintenant, nous frappons d’interdire le fonctionnement de ceux qu’on appelle les guérisseurs traditionnels ou féticheurs. Les affaires des fétiches sont suspendues. Celui que nous attraperons se réclamer féticheur, en vérité nous n’allons pas tergiverser, nous le frapperons à tout prix. Il doit aussi mourir comme tout ce monde qu’il sacrifie.
Nous avons réfléchi aussi que de prières dites veillées sont dangereuses. Les gens se cachent dans ces veillées en faisant leur réunion pour chercher à déstabiliser le pouvoir en place. Et c’est ici que nous interdisons ces veillées de prières, jusqu’à nouvel ordre.
Si les temps seront bons demain, nous demanderons aux gens de circuler.
Nous disons que s’il y a des hôtels à Butembo, c’est pour des visiteurs. Ces hôtels restent une exclusivité des visiteurs. Si tu as ta résidence à Butembo, ne va pas à l’hôtel. Chacun doit dormir chez lui. Celui qui sera trouvé à l’hôtel, c’est un ennemi qui se prépare d’une manière ou d’une autre. Il fuit sa maison.
De ce fait, que tous les jeunes, filles ou garçons qui n’ont pas atteint l’âge de 18 ans n’ont pas le droit de fréquenter ou d’entrer dans des hôtels ou dans des bars. Celui qui sera trouvé à l’hôtel ou en bar n’est rien d’autre qu’ennemi.
Si la sécurité se rétablit, à partir de maintenant, nous refusons que cinq personnes ou plus ne peuvent plus se promener ensemble. Si vous êtes plus, soyez trois personnes. Si vous êtes quatre, vous êtes suspects et là vous n’êtes pas épargné des sérieux dangers. Donc on se promène soit seul, soit à deux soit à trois. (…).
Nous ajoutons que nous interdisons vos réunions dites KYAGHANDA. Nous ne voyons pas son importance car c’est en son sein que les ennemis se rassemblent pour déstabiliser le gouvernement et tuer d’autres personnes. En ce moment le KYAGHANDA est interdit. En tout cas nous souhaitons à toute la population une bonne compréhension. Respectez et appliquez un ordre.
Nous demandons aux journalistes ici présent de vous passer ce message à tout temps pour le bien connaître. Que quelqu’un ne dise pas n’avoir pas été informé. (…)
Message du commandement Ville de Butembo diffusé le15 avril 2008
 
Premier témoin :
(…) ce que j’ai vu, moi aussi j’étais arrêté lors de ces tueries [massacre du 14 au 17 avril]. On nous a dit à la radio que les gens pouvaient sortir de leurs maisons. J’ai décidé d’aller payer la nourriture à mes parents. Je suis arrivé au rond point menant vers le camp militaire de Kikyo. J’y ai rencontré des militaires qui avaient déjà arrêté une trentaine des personnes avec leurs bicyclettes. Ils m’ont demandé moi aussi de suivre ces personnes arrêtées. Nous sommes montés lentement la colline ABC jusqu’au camp Kikyo. Nous y avons rencontré des dépouilles mortelles, c’était beaucoup alors. Certaines dépouilles, étaient couverte des bâches à caoutchouc, à certaines autres personnes qui respiraient encore, on avait déjà coupé soit les bras, soit les jambes [des vraies et véritables mutilations]. Les militaires nous ont demandé d’enterrer ces morts, et d’autres personnes qui étaient encore en vie. Nous avons vu qu’il n’y avait qu’une seule houe et une bêche. Je leur ai dit que nous n’allons pas vite finir à enterrer les corps sans et avec vie. J’ai dit que s’ils acceptaient, j’ai plusieurs pioches et bêches, si on allait les récupèrer. Chez moi c’était au quartier MGL. Ils m’ont embarqué dans une voiture marque Corola à couleur blanche jusque chez moi. J’ai donné des pioches et des bêches, je les ai négocié de me libérer. Ils ont d’abord refusé. Après qu’ils ont vu que je venais de les aider, ils m’ont abandonné ils sont parti (…).
Deuxième témoin :
(…) j’étais à la maison, il y a eu de crépitement des balles tôt le matin, il n’ y avait pas moyen de sortir. Je suis sorti jusque chez mon voisin du nom de Capito. Nous nous sommes rencontré là avec un enseignant du nom de MUSANGA, lui d’ailleurs, était tué sur place. Moi on a criblé une balle à la main (bras). Je suis parti aux soins, on n’a coupé le bras, je suis guéri par chance. L’enseignant lui, a été enterré dans la parcelle du voisin.
Ils nous ont rencontré dans la maison. Ils nous ont exigé de l’argent, chacun cent dollars US comme gage de notre libération. Le voisin chez qui nous étions est directement parti demandé son voisin de derrière. Il est venu avec vingt dollars US. Les soldats nous ont ainsi liés les mains et tiré sur nous.
C’était un groupe de sept soldats. Ils ne nous ont pas signifié notre péché. Ils nous appelaient des frères des rebelles.
Je me souviens c’était le 17 avril 1998.
Je me suis d’abord débrouillé avant de rencontrer certains hommes de bonne volonté qui m’ont aidé à atteindre l’hôpital de Kitatumba (…).
 
Troisième témoin : Un secouriste de la Croix rouge
Nous étions en plein service, en plein crépitement des balles. Le carburant s’est épuisé dans notre camionnette au rond point de l’ABC. Nous sommes descendus en pied. A quelques mètres, nous avons rencontré quatre morts. A côté il y avait une fosse sceptique dans laquelle nous avons enterré ces quatre corps sans vie. Ceux-ci étaient essentiellement des civils.
Cependant, nous avions vu beaucoup des choses horribles. C’est par exemple des tortures inhumaines. Je me souviens, nous nous sommes risqués aussi la vie en voulant plaider pour certaines victimes. Notre chance unique c’est que nous étions des croix rouges.
Nous avons vu plusieurs péris à cause d’avoir manqué de l’argent à payer à ces soldats. (…).
Nous avons fait quatre jours entrain d’enterrer les gens au cimetière de Kitatumba, au camp Kikyo et dans des parcelles où on rencontrait les cadavres. Pendant ce temps, tout le monde était enfermé. Après qu’on a libéré les gens, nous avons encore fait cinq jours en cherchant d’autres victimes dans les environs (…).
Nombreuses personnes sont mortes par couteaux et certains autres par balles. C’est vrai, les hommes ont été enterrés vivant par les militaires. Ces soldats les retiraient de leurs maisons et eux-mêmes ont procédés à ces ignobles opérations.
 
Le quatrième témoin :
Il était 10 heures, nous étions en fermé. Mon voisin qui était en voyage était de retour, nous ne savions pas. Nous avions écouté le crépitement d’une balle. J’ai songé à l’abattement d’une personne. Exactement on venait de tuer mon voisin. Après ils sont montés jusque chez moi. Ils m’ont fait ouvrir en disant « Kangula » en langue Ligala qui signifie ouvrez ! Ils sont entrés dans la maison. Ils ont dit qu’ils tuaient mon mari aussi. Ils l’ont fait sortir dehors, canon au front, couteau à la gorge. Je ne sais plus le miracle qui nous a fait échapper.
En ce moment, on déclarait à la radio que les gens pourraient sortir. Nous avions fuit. En passant chez le voisin, nous avions vu des mouches autour de sa maison (…).
 
 
Cinquième témoin :
Théodore Kalimumbalo sortait pour aller s’équilibrer à l’extérieur ; du coup, les soldats l’avaient aperçu. Ils sont partis avec lui. Nous sommes resté dans le qui vive. Quand on a demandé aux gens de sortir, nous avons rencontré ses habits jetés dans la cuisine. Nous avons dit que notre frère était tué comme les autres. Il était né en 1957. (…).
 
Sixième témoin :
Notre père nous a demandé de fuir comme les affrontements devenaient de plus à plus violents. Nous sommes sorti, nous sommes partis. Notre père est resté. Il fermait la porte. Notre père a quitté, arrivé à côté chez notre frère, ce dernier lui a demandé d’entrer dans sa maison comme les temps devenaient mauvais. Les militaires sont arrivés dans cette parcelle. Ils ont demandé à tous ceux qui étaient dans cette maison de sortir. Notre père était du nombre. Il a montré sa carte en disant qu’il était enseignant. Les soldats ont déchiré sa carte d’identité. Ils l’ont fusillé, après lui avoir ôté sa chemise. Il est enterré ici au lieu du crime. Notre grand frère était venu avec sa chemise pour nous informer de ce qui venait d’arriver à notre père.
 


[1] J. DUBOIS et alii, Dictionnaire de français contemporain, éd. La rousse, Paris, 1996, p. 714.
[2] Plus précisément, notons que le RDC a éclaté en plusieurs factions hétéroclites, lesquelles ont condition des mutations politiques de taille dans la région. La Ville de Butembo (le camps Kikyo bien entendu) passera ainsi successivement sous le contrôle du RCD (août 1998- mai 1999), du RCD/KIS (mai 1999- janvier 2001), du F.L.C (janvier 2001- juillet 2001), puis du RCD-Kis ML (juillet 2001- 2003).
[3] Ce qui n’est pas un fait extraordinaire dans la culture du peuple du milieu
[4] Langue vernaculaire du milieu majoritairement peuplé par la tribu Nande dont faisaient partie les miliciens
[5] Certains se sont vus amenés sur l’escadron de la mort pour avoir seulement osé un coup d’œil à l’extérieur à travers la porte ou la fenêtre. D’autres encore, contraints d’ouvrir leurs maisons, ont été emportés pour avoir manqué d’argent en pourboire aux militaires ou pour avoir perdu leur pièce d’identité.
[6] Tous deux en exiguïté dans la partie nord de la ville de Butembo
[7] Voir les différents discours de l’autorité militaire à la radio locale en annexe du présent rapport
[8] Radio Télévision Nationale Congolaise / station de Butembo
[9] Discours prononcé par le commandant DJIMY à la R.T.N.C sous station de Butembo, le 14 Avril 1998 à 15 heures 42’
[10] Comme en a témoigné le rescapé AKA
[11] Révélation faite par la victime Monsieur Mak… (2008),
[12] Il convient de noter ici que les tombes et fosses communes citées ici ne sont pas exhaustives. Nous reprenons juste celles qui ont été identifiées au cours de nos enquêtes, sans ignorer que bien d’autres auraient échappé à la connaissance collective avec le vieillissement du temps. Les nombreuses tombes des victimes succombées (in)directement à la suite des effets de ces guerres, érigées en bonne et due forme dans différents cimetières de la ville, ne sont pas ici reprises.
[13] Témoignage d’un des maçons du centre Uhaï.
[14] CICR., Résumé des Conventions de Genève du 12 août 1949 et leurs protocoles additionnels, Suisse, (SD), p 17
[15] Robert GARRETON cité par SALIMA NYAMUSOMBOLI in La nécessité de création d’un tribunal pénal international pour le Congo, Mémoire de Droit, UCG, Butembo, 2004-2005, p. 45.
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