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"L’Education commence en Famille", voilà le thème qui a été retenu pour la Journée de l’Enseignement par le Ministère de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel de la RDC. Par ce thème,  l’Etat Congolais voulait interpeller les parents à privilégier  l’éducation des jeunes. Le Ministre de l’EPSP est effectivement revenu à ce sujet dans son discours à l’occasion de la célébration de cette journée le 29/04 dernier. Il venait de signer la veille une circulaire demandant aux Enseignants de colorer leur journée par des défilés sur l’ensemble du pays. Appel qui n’a pas du tout enchanté les enseignants qui ont voulu boycotté l’appel du Ministre. Pour les enseignants, il est clair qu’entre l’Etat et les parents, c’est l’Etat qui a le plus failli à ses responsabilités et qui doit donc être interpellé.  
 
Malheureusement à BENI, contre vents et marrées, ils étaient des milliers ceux qui ont répondu par contrainte à l’appel de la Haute Autorité scolaire dont l’appel a été relayé par l’Autorité Urbaine. Après des Messes dites, par euphémisme, d’Action de grâce dans les Eglises Protestante de MABAKANGA et Catholique de MALEPE, les Enseignants se sont tous retrouvés au Grand Rond-point de BENI dit de 30juin et, ont défilé sur le boulevard avec comme point de chute l’Hôtel de Ville.
Mairie de la Ville de Beni
Là, Mr KAMBALE KIBONGE, Chef de la Sous-division Scolaire de la place a déploré la situation des Enseignants abandonnés par le pouvoir public à la merci des parents. Pourtant, poursuivit-il, l’avenir de ce pays repose sur l’encadrement du Secteur Educatif.
A son tour, MUFUNZA BAYENGO Gislain, Maire de la Ville de BENI, tout en reconnaissant dans son allocution que "Ventre creux n’a point d’oreille" a promis transmettre le cri d’alarme des professionnels de la craie présents à la cérémonie à sa hiérarchie respective.
 
Bon nombre d’enseignants contactés par nous, ont avoué être venus au défilé sur pression et menaces de leurs Chefs d’Etablissements. Pour sauvegarder leur emploi, même s’il est moins rentable, les enseignants ont défilé malgré eux. Les Chefs d’Etablissements avaient mis à garde tout contrevenant.
 
En dehors de la ville de BENI, mais toujours en territoire de Beni, les enseignants ont été sceptiques et ont bravé les intimidations de leurs directeurs et préfets d’études. Ils n’ont pas défilé, préférant passer la journée dans la méditation, selon une expression consacrée au pays depuis le régime dictatorial du Maréchal Mobutu.
A OICHA, chef-lieu du Territoire de BENI, seulement quelques centaines d’enseignants, élèves et écoliers étaient sur l’avenue principale. Plus les enseignants étaient éloignés de cités et villes,  plus ils étaient libres d’exprimer leur ras-le-bol.  
 
Dans la Cité de MANGINA (à 30 km à l’ouest de la ville de BENI), tous les professionnels de la craie sont restés chez-eux dans la méditation.
 
Ailleurs dans le territoire de Beni, à savoir, Mutwanga, Mbau, Watalinga, Vuhovi, Kyondo, etc. rien n’a été organisé, enseignants et autorités scolaires étant logés à la même enseigne.
 
Le cœur des enseignants n’est plus à l’ouvrage et encore moins aux défilés pour la forme.
Tout indique que l’enseignement comme d’autres secteurs de la vie est en panne en R.D. Congo. Les chefs d’établissements qui ont menacé de rayer de la liste les enseignants qui bouderaient le défilé sont condamnables. Certains d’entre eux diront qu’ils ont proféré de menaces pour plaire à leur hiérarchie qui menace de remplacer tout directeur ou préfet des études qui n’entretiendrait pas les apparences d’un bon fonctionnement du secteur éducatif. En remontant ces menaces venant de l’hiérarchie on ne peut qu’arriver à une hiérarchie plus élevée qui dicte et menace les autres. Cela s’appelle dictature  dans le secteur éducatif congolais. « Valume, Twighe o’luima" (sos).
 
O.BAHATI
Beni
Beni-Lubero Online
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