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14-17 Avril 1998 – 14-17 Avril 2007 : 9 ans déjà depuis le massacre des Jeunes des Quartier Kalemire et Furu/Butembo par les militaires Katangais des FAC du Camp Militaire Kikyo, en ville de Butembo. A cette époque, le commandant bataillon de la ville de Butembo était l’Afande Aboubakar, un militaire tutsi rwandais issu de la défunte AFDL. Les victimes de ce massacre étaient jetées dans des fosses communes situées dans la concession de l’ancien Hôtel Kikyo. Certaines de ses victimes y étaient enterrées vivantes. Si les jeunes garçons constituent la majorité, il y avait aussi des femmes, et des hommes adultes.
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La 9ième commémoration de ce massacre en ce mois d’Avril 2007 porte un cachet spécial en ceci que la population beniluberoise vit constamment dans la peur à la suite des tueries quotidiennes de la ville de Goma,et dans les territoires de Masisi et de Rutshuru.
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L’analyse rétrospective de ce massacre explique la longue préparation de la situation actuelle du Nord-Kivu, une province qui est de fait sous occupation rwandaise depuis décembre 2006, date de la prise du commandement de la Huitième Région Militaire du Nord-Kivu par les militaires rwandais de Nkunda.
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Selon toute vraisemblance, le massacre des jeunes des quartiers Kalemire et Furu (Butembo) constitue une étape dans cette longue conquête de la province du Nord-Kivu par les Rwandais. En effet, ce massacre était concocté par les militaires rwandais de l’AFDL qui, des la chute de Kinshasa voulaient s’assurer de leur monopole de contrôle sur la province du Grand Kivu comme auparavant promis par le camp Kabila à Lemera. C’est ainsi la présence des militaires katangais à Beni-Lubero gênait cette prise du contrôle de la région par les militaires rwandais. Il fallait coute que coute opposer les militaires katangais aux populations de Beni-Lubero. La stratégie était simple : créer des faux Mai Mai. Ces faux Mai Mai écrivaient une lettre qu’ils affichaient dans tous les carrefours de la ville de Butembo pour annoncer le jour de leur descente dans la ville. Cette annonce avait pour objectif de préparer la population locale à assumer sa culpabilité en même temps qu’elle préparait en sourdine le droit de légitime défense de la part du pouvoir militaire local. Mais en fait les faux Mai-Mai qui portaient la mort dans les rangs des militaires katangais n’étaient que des commandos à la solde des rwandais. La diversion était bien trouvée car la riposte des militaires katangais contre la population locale était aveugle et sans proportion avec le mal commis dans les rangs des militaires katangais. Prendre toute la ville en otage pendant 3 trois jours et 3 nuits, passant de maison a maison en prenant tout objet de valeur, violant les femmes et commettre l’irréparable dans les quartiers de Kalemire et de Furu.
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L’objectif du massacre des jeunes était de pousser la population à haïr les militaires Katangais pour embrasser les rwandais comme sauveurs et remparts de la sécurité. Toutes les deux fois que la population de Butembo était enfermée dans leurs maisons pendant 3 jours, temps pendant lequel s’opéraient des exactions sur les populations locales, le commandant rwandais de la ville, Afande Aboubakar, s’arrangeait pour être absent de Butembo. Il revenait à Butembo après que tout fut accompli pour faire une causerie morale à la radio, promettant de punir et les katangais coupables de meurtre et les familles locales abritant des Mai Mai. Le commanditaire rwandais du massacre restait ainsi au-dessus de tout soupçon, et au-dessus de la mêlée.
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Cette même pratique de la diversion est utilisée aujourd’hui ailleurs au Congo. Pour poursuivre le massacre des jeunes du Kivu, on a inventé l’armée des FDLR. Pendant la rébellion, comme pendant la transition, avec toutes les forces de l’ONU déployées dans l’Est du pays, on n’a jamais entendu parler d’un combat acharné pour extirper ces prétendus FDLR de la brousse. En effet selon plusieurs analystes présents sur terrain, ceux qu’on appelle FDLR ou Interahamwe aujourd’hui c’est une faction de l’armée rebelle de Nkunda dont la mission est de servir d’alibi au massacre des populations du Nord et du Sud-Kivu et perpétuer l’occupation de la région par le Rwanda. La preuve est que la paix au Nord et au Sud-Kivu n’est pas sur l’agenda du pouvoir actuel au Congo-Kinshasa. En effet, tous les commandants congolais (Prosper Nabyola, Mbuza Mabe, Che Kasikila, etc.) qui étaient à deux pas de la restauration de la paix et de la sécurité au Kivu ont été rappelés à Kinshasa pour ne plus jamais revenir sur terrain. Ce fait est suffisant pour prouver la complicité de Kinshasa dans l’insécurité qui sévit actuellement au Grand Kivu. Le Ministre Mbusa Nyamwisi l’avait bien dénoncée pendant la transition, mais ce fut comme un prophète qui prêchait dans le désert.
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L’ascension fulgurante de Nkunda de sa déchéance jusqu’à sa réintégration dans la même armée qui l’avait radie de ses rangs pour crimes contre l’humanité, insubordination, et atteinte à l’autorité de l’Etat, est une preuve suffisante que la paix au Nord-Kivu n’est pas pour demain a cause de cette impunité honteuse et cette politique de deux poids, deux mesures. La difficile intégration des Ex-Faz dans les rangs des Fardc est la pour rappeler qu’il y en anguille sous roche.
Ce temps de commémoration du massacre ignoble des jeunes à la fleur de l’âge au Quartier Kalemire de Butembo constituent un moment important dans la prise de conscience du danger qui guette Beni-Lubero en particulier mais les provinces de l’Est de la R.D.Congo. C’est bien d’ériger un monument commémoratif de ces victimes de l’occupation rwando-ougandaise de notre pays. Mais il est encore plus important de réfléchir sur les moyens et les mécanismes en mettre en œuvre pour empêcher qu’un tel massacre ne se répète dans un avenir prochain. Le massacre en cours au Masisi et à Rutshuru démontre que le danger n’est pas tout a fait écarté de Beni-Lubero.
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Chaque fois que certains medias signalent a tort ou en raison la présence des FDLR et des Interahamwe à Kasuo, à Miriki, a Bunyantenge, etc….c’est pour tenter d’étendre les effets macabres de l’alibi FDLR au cœur de la forteresse de Beni-Lubero. Cet alibi ayant toujours échoué pour justifier un massacre au cœur de Beni et de Butembo, l’ennemi de Beni-Lubero a toujours change son fusil d’épaule en réapparaissant dans le Ruwenzori et dans la brousse allant de Mbau à Bundibujo ( Batalinga) sous forme des rebelles ADF ( Alliance of Democratic Front) ougandais, un mouvement qui n’existe plus depuis la mort d’Idi Amin en Arabie Saoudite mais qu’on ressuscite a souhait pour le besoin de la cause. Un jour qui n’est pas loin, l’Ouganda oiseau du même plumage que le Rwanda dans la crise congolaise, pourra se servir de l’alibi de l’ADF pour opérer un autre massacre sur le territoire de Beni-Lubero.
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Si l’insécurité de la Province du Nord-Kivu était due à la seule présence des FDLR ou des ADF, la paix serait revenue depuis longtemps dans la région, vue la présence des forces de l’ONU et l’équipement militaire de pointe que le pouvoir de Kinshasa a déployé dernièrement dans les rues de Gombe pour mettre fin à l’aventure du Sénateur Jean-Pierre Bemba.
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Il y a donc un manque de volonté politique pour sécuriser le Grand Kivu. Devant ce manque de volonté politique du gouvernement congolais et des parrains du processus démocratique de la R.D. Congo, les populations de Beni-Lubero en particulier et celles des Provinces de l’Est en général qui ont été abandonné à leur triste sort, doivent se prendre en charge pour assurer leur propre sécurité. Il est en effet un devoir sacré de se défendre en cas de danger. Et personne n’a le droit d’hypothéquer le bonheur d’un autre humain. C’est donc au nom de ce droit universel à la vie et à la paix , un droit consacré par la Charte des Nations Unies que l’auto-prise en charge des beniluberois s’impose comme l’objectif numéro un de la commémoration des victimes du massacre des jeunes de Furu et de Kalemire à Butembo. En effet, tous les moyens démocratiques s’étant révélés inefficaces pour assurer la paix et la sécurité des personnes et de leurs biens, l’option de l’auto-prise en charge est celle qui s’impose aujourd’hui jusqu’à l’avénement d’un nouvel ordre politique en R.D. Congo ainsi que dans la région des Grands Lacs Africains.
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Kakule Mathe
Butembo
Beni-Lubero Online

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Photo: membres du comité des survivants du massacre de Kikyo-Butembo: sur le lieu des fosses communes!

Transmis à Beni-Lubero Online

par le Groupe des Chercheurs de la Ville de Butembo

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