A deux jours des élections, les militaires sèment l’insécurité à Butembo

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Les habitants de la ville de Butembo vivent dans l’insécurité depuis le déploiement de la fameuse deuxième brigade venue de Rutshuru. Si pendant la journée, ces hommes en uniforme se cachent dans les maisons des civils qu’ils occupent illégalement dans les quartiers autour de l’aéroport de Rughenda, a la tombée de la nuit ils arpentent rues et ruelles pour rançonner les passants. Sortis de la brousse de Rutshuru, ces militaires qui ont entre 20 et 35 ans d’âge, ont soif de téléphone et d’argent. Le téléphone est le premier article qu’ils demandent dans un swahili mal articule : « Reta Terephone » avant de fouiller sérieusement leurs victimes hommes et femmes, et de leur administrer des coups avec les crosses de leurs fusils.

Dans la nuit du mercredi au jeudi 27 juillet 2006, plusieurs hommes en uniformes lourdement armés ont attaqué papa Gérard (Qualitex) et Maman Cécile Masika Katunda du Quartier Matanda, Cellule Ndonga, n◦ 55 et 54. Ces deux infortunés revenaient d’une fête de mariage dans le même quartier. Avant de se séparer, ils ont voulu siroter un verre de Primus chez Maman Louise (épouse de Léopold Pilsner). C’est en sortant de ce Nganda que des hommes en uniforme sont sortis de l’obscurité pour les dépouiller de tout ce qu’ils avaient sur eux, notamment 60 US$ de Papa Gérard, un appareil portable de papa Gérard, 10 US$ et une boite d’allumettes de Maman Cécile Masika Katunda qui s’en est sortie avec une plaie profonde a la main gauche. Le secours demandé au Maire de la ville n’est jamais arrivé sur le lieu. C’est tard dans la nuit, devant une maman Cécile qui saignait terriblement de sa main gauche, que les braves jeunes gens du quartier ont trouve le numéro de téléphone du Commandant de la fameuse deuxième brigade, le Lieutenant Colonel Kasongo Maloba. Ce dernier a vite fait de dire qu’il ne connaissait pas encore la ville de Butembo et qu’il ne savait pas ou se trouvait la cellule Ndonga. Il a aussi dit aux jeunes que toute sa brigade n’avait qu’une seule jeep pour la patrouille dans la ville de Butembo, laquelle jeep venait malheureusement de tomber en panne sur la route de Beni, vers Biasa. C’est finalement vers 2 heures du matin que le commandant Brigade a repérer sur un plan de la ville la cellule Ndonga. Une jeep de secours avec à bord 7 militaires est alors arrivée sur les lieux pour faire le constat. Le chef du groupe a décidé d’amener Maman Cécile à l’hôpital de Matanda pour des soins d’urgence. Ce qui fut fait par des infirmiers de garde. Apres, les mêmes militaires se sont lancé à la poursuite de leurs camarades qui s’étaient rendus coupables de ce banditisme en mains armées. A l’heure ou le correspondant de BLO a recueilli cette information, on n’avait pas toujours de nouvelle de papa Gérard et aucune arrestation n’avait pas encore eu lieu dans les rangs des militaires. En effet, il n’y a que le téléphone de papa Gérard qui peut donner des indices de ces malfrats…

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C’est à peine croyable que cette insécurité s’installe à Butembo à la veille des élections que la communauté internationale se dit avoir préparé depuis deux ans moyennant des millions de dollars. Si a Kinshasa les militaires de l’Eufor font des démonstrations de force avec un équipement sophistiqué, a l’Est du pays on voit se déployer des militaires congolais indisciplinés, sans équipement approprié pour secourir les paisibles congolais pendant les élections.

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De l’avis de plusieurs observateurs, la R.D. Congo que Mzee Laurent Désiré Kabila voulait ramener dans ses frontières convenues a Berlin en 1885, est menacé de balkanisation avec a l’Ouest une influence de l’Union Européenne (France, Belgique, Allemagne) et a l’Est une influence anglo-saxonne (USA, Canada, Angleterre). Les contingents sud-africains et indiens de la Monuc seraient a l’Est les artisans de cette cession progressive de l’Est du pays aux anglo-saxons représentés dans la région par le Rwanda et l’Ouganda.

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Le syndrome de cette balkanisation a atteint pour la première fois l’Eglise Catholique qui est maintenant divisée entre Ouest et Est. A l’Ouest, les évêques et prêtres veulent l’arrêt immédiat du processus électoral qu’ils trouvent entaché de beaucoup d’irrégularités. A l’Est, les évêques, prêtres et fideles sont derrière le processus piloté par leur fils Abbé Malu Malu. Pour les gens de l’Est, il vaut mieux avoir des mauvaises élections que de ne pas en avoir du tout.

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Tout le monde voudrait que ce scenario catastrophique fût faux. Mais a l’allure ou vont les choses en R.D.Congo, il parait impérieux de suivre de près l’évolution de la situation a l’issue des élections générales du 30 juillet 2006. La plus grave erreur des congolais serait d’abandonner leur propre sécurité et leur destin entre les mains des étrangers de la communauté internationale qui, on le sait, ne sont pas qu’a la recherche de leur propre intérêt et non de l’intérêt des congolais. Mzee LDK l’avait prédit : le congolais se sauvera lui-même ! Comprenne qui peut !

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Vincent K. Machozi, a.a.

Butembo

Beni-Lubero Online

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