Ces 3 enfants ont été tirés du flot du sang de leur maman décapitée à Rwangoma/Beni ce 8 février 2019

ALERTE ! Une crise humanitaire sans précédent à Beni et en Ituri, RD Congo.

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Depuis le début de l’année 2020 des déplacements massifs s’observent au Nord-Kivu et en Ituri. Le nombre des déplacés Internes (IDP) en cette zone orientale de la RD Congo s’est tellement accru que la RDC est devenue le deuxième pays au monde en nombre d’IDP. Elle en compte, aujourd’hui, plus de cinq millions. Et, de fait, comme on peut le constater, le plus grand nombre de ces IDP congolais se trouve à l’Est du pays, principalement dans deux Provinces : au Nord-Kivu et en Ituri, et plus spécialement dans les territoires suivants : au Nord-Kivu : Rutsuru, Lubero et Beni ; En Ituri : Mahagi, Djugu, Irumu. Comme on peut le constater, tous ces 6 territoires se trouvent à la frontière avec l’Ouganda. Mais, à ces deux provinces il faut ajouter le Sud-Kivu, dont la population civile se trouve également sous la pression accrue des attaques répétitives.

En tout cas, la situation des IDP à l’Est de la RDC est misérable. Ils vivent dans des conditions infrahumaines, à tout point de vue : sans attention publique locale ni intervention internationale correspondante, ces réfugiés internes n’ont ni accès à la santé ni au minimum nécessaire pour vivre. D’ailleurs, dès que les frontières seront ouvertes, la population de ces territoires se sentira obligée de se déverser par milliers sur le territoire Ougandais à la recherche d’un refuge plus sécurisé.

En effet, il se vit, dans ces territoires précités, une insécurité endémique, entretenue par des groupes armés que le gouvernement congolais ne veut pas clairement identifier, mais que la population victime identifie clairement, avec preuves à l’appui, comme des égorgeurs et malfaiteurs obéissant aux  ordres de Paul Kagamé et de Joseph Kabila. Ils agissent sous couvert des groupes armés créés ou équipés par eux-mêmes (présumés ADF-NALU ; CODECO ; etc.), ou alors par les forces armées de la RDC, déjà infiltrées et totalement inféodées, et agissant sous deux commandements parallèles.

Ainsi y a-t-il des milliers des victimes mortelles des massacres, d’enlèvements, d’assassinats sélectifs, etc. Face à ces multiples violations graves des droits de l’homme, la population se sent obligée de fuir en toutes les directions.

Au début du mois de janvier 2020, Mme Michelle Bachelet, Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme,tirait la sonnette d’alarme en ces certes :

« Je suis consternée par l’augmentation des attaques brutales contre des civils innocents par des groupes armés, et par la réaction des forces militaires et de la police qui ont également commis de graves violations, y compris des meurtres et des violences sexuelles. Ce ne sont pas seulement des actes répréhensibles, mais ils brisent aussi la confiance entre les populations et les autorités civiles et militaires »

Elle faisait référence aux huit derniers mois, en soutenant que certains des incidents impliquant des massacres et d’autres exactions et violations pourraient constituer des crimes contre l’humanité ou des crimes de guerre, alors qu’elle précisait également que des forces de l’ordre sont directement impliquées.

Depuis lors, le nombre de victimes mortelles et vivantes a fortement augmenté ces derniers mois, alors que les conflits dans trois provinces de l’Est – Ituri, Nord-Kivu et Sud-Kivu – se sont propagés avec des répercussions désastreuses sur la population civile.

Cette situation catastrophique est aujourd’hui aggravée par les exigences de la riposte contre la maladie à Virus Corona, d’autant plus que l’ennemi du peuple en a profité pour accentuer ses opérations génocidaires à Beni comme en Ituri.

Par ailleurs, rendant compte de la gravité de la situation sur terrain, voici ce qui est rapporté, en février dernier, par le HCR :

« Plus de cinq millions de personnes sont aujourd’hui déplacées en République démocratique du Congo (RDC), ce qui représente la plus importante situation de déplacement interne en Afrique, devant des pays comme le Soudan du sud ou la région du Sahel, a indiqué mercredi le Haut Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés (HCR). Le HCR s’est déclaré dans un communiqué publié à Genève être à la recherche de 150 millions de dollars pour répondre aux besoins des réfugiés et des personnes déplacées en RDC en 2020, tout en précisant n’avoir reçu que 4% de ce montant.

Selon le HCR, qui cite la conférence bihebdomadaire de la Mission de l’Organisation des Nations-Unies pour la Stabilisation du Congo (Monusco), des milliers de civils vivent dans des conditions effroyables dans une centaine d’installations informelles, dormant dans des huttes fabriquées à l’aide de branchages. « Ils font face à de graves menaces pour leur sécurité et leur protection en raison du manque d’intimité », souligne le communiqué.

Le HCR s’est dit vivement préoccupé par l’aggravation de la situation dans le territoire de Beni, dans la province du Nord-Kivu (est de la RDC), où la violence a déjà forcé plus de 100.000 civils à fuir leur foyer ces deux derniers mois ».

Cela dit, cette situation catastrophique met la population devant une série d’urgences, que nous synthétisons comme suit :

Liste d’urgences face à la situation chaotique de l’Est de la RD Congo

1º. Organiser une action humanitaire pouvant permettre de venir urgemment en aide à ces victimes, et de les libérer du cycle infernal de l’insécurité et des massacres.

2º. Couper l’hémorragie qui cause ces meurtres et ces déplacements massifs.

3º. Réintégrer dans leur lieu d’origine, en toute sécurité, toutes ces populations déplacées.

Pour finir, signalons qu’aujourd’hui il est impérieux de chercher tous les moyens par lesquels pouvoir sauver les vies humaines et contribuer à rétablir un climat apaisé, favorable à une vie citoyenne enviable.

Ce rapport constitue donc un cri d’alarme. On meurt à l’Est de la RD Congo entre les mains de Kagamé-Kabila, et sous le silence national et international. L’Ouganda étant le pays le plus favorable pour ces congolais meurtris, va être bientôt débordé. Car, dès que les frontières vont être ouvertes, plusieurs milliers de personnes vont s’y précipiter pour sauver leurs vies. Il y aura sûrement un déversement massif des victimes de cette insécurité entretenue à l’Est du Congo vers le voisin le plus agréable et accueillant.

 

Pascal Masumbuko

©Beni-Lubero Online.

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Un commentaire

  1. Kagame est le Président du Rwanda. Kabila n’est plus au pouvoir au Congo. Que fait le nouveau régime pour mettre un terme à ce drame? Le procès et la condamnation de Kamerhe et la loi Minaku sont-elles plus importantes que les 5 millions des Congolais vivant sous les intempéries?

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