Aller aux Elections, signe d’une maturité politique

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Aller aux élections et se les approprier,Le signe d’une maturité politique

A travers les récents événements qui ont marqué l’actualité politique en RDC, il y a l’assassinat du journaliste Bapuwa Mwamba, ancien collaborateur de Jeune Afrique-économie que d’aucuns associent aux dérapages de la campagne électorale, la violence de la répression des manifestants des partis politiques réclamant le gel de cette campagne électorale initiée le 29 juin dernier et la désespérance de ceux qui voient dans le rendez-vous incontournable du 30 juillet, c’est-à-dire la date de la tenue des élections, une voie de sortie de la crise de légitimité, matrice de toutes les crises qui ont ruiné la République Démocratique du Congo depuis son accession à la souveraineté internationale. 

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Les élections seront-elles un simple feu de paille ou un tremplin vers un Congo meilleur ? La question veut nous situer par rapport à l’avenir dont nous sommes responsables. Rien n’est moins sûr, dirai-je car je ne suis pas prophète. Quoiqu’il en soit, j’attends beaucoup des élections. En effet, je constate que dans les pays où elles ont eu lieu, beaucoup ont eu un excellent lendemain. S’il y a eu des exceptions, n’est-ce pas pour confirmer la règle ? 

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J’espère aussi que les rd-congolais, ayant pris conscience de leur identité et développant désormais une fierté d’être fils et filles de ce géant d’Afrique centrale, se rendront vite compte de l’utilité et de l’importance du processus électoral en cours. Peut-être se raviseront-ils ceux qui, au nom d’une certaine prophétie du malheur, envisagent le pire après le 30 juillet, pour se réapproprier les élections ? Cela redonnera une nouvelle vigueur à la jeune démocratie congolaise toujours ballottée par le vent contraire des ennemis de la paix, du développement, bref des ennemis du peuple.

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Il y a exactement 16 ans, cela s’est passé en 1990, un compatriote, moins informé de la gestion de la chose publique, diriez-vous peut-être, posait une question moins bête à un militant farouche d’un parti d’opposition : « Pourquoi ce tumulte à Kinshasa ? » Comprenez qu’à l’époque la politique se jouait uniquement dans la capitale. Heureusement, pas plus longtemps qu’hier, les politiciens congolais se sont finalement rendus compte que Kinshasa n’était pas le Congo. D’ailleurs la RDC est plus grande que sa capitale que beaucoup ont longtemps considérée comme le nombril du monde.

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Innocent, ce compatriote, surpris d’apprendre que tous ces chefs des partis politiques ne désiraient que le fauteuil présidentiel, s’exclama : « N’y a-t-il pas assez de menuisiers à la capitale pour en fabriquer un à chacun pourvu qu’ils nous laissent en paix ? » C’est ce qui est arrivé au lendemain de l’Accord Global et Inclusif sous la forme de la formule magique unique au monde : 1+4=1 ; c’est-à-dire l’espace présidentiel constitué d’un président de la république et de quatre vice-présidents issus de différentes composantes politiques. Traitement symptomatique ! 

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Ce compatriote aura compris aujourd’hui que point n’est besoin de multiplier des fauteuils ; il faut, au contraire, harmoniser l’espace présidentiel par l’organisation des élections libres transparentes et démocratiques où le peuple, souverain primaire, confiera sa destinée aux autorités qu’il aura lui-même choisies parce qu’incarnant ses idéaux et à qui il demandera un rendement de compte une fois à la tête de l’Etat. Démocratie ! 

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Cela pointe déjà l’horizon. Les élections tant souhaitées se dessinent de plus en plus. Nous sommes au jour J-15. Devons-nous continuer à tourner à rond ? Non. Le moment est venu de témoigner à la face du monde que les rd-congolais sont capables d’autodétermination. Avoir le courage d’aller aux élections et se les approprier, n’est pas là un signe fort d’une maturité politique ? Nul ne peut se soustraire du jeu politique sans courir le risque de se retrouver pris en otage par le prédateur tant décrié et/ou les bourreaux d’hier.

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Après la politique de l’intimidation par les armes, les rd-congolais assistent désormais à celle du spectacle en cette période où chaque candidat veut vendre son idéologie par tous les moyens selon le vieil adage connu de tous « la fin justifie les moyens » oubliant que même la propagande doit être loyale. Attention ! Tous les diables se déguisent pour séduire les âmes pieuses.

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Si nous voulons vraiment franchir le Rubicon vers la démocratie- même si ce n’est pas le système le plus parfait qui soit-, il n’y a qu’une solution : aller aux élections. D’un Etat voyou, l’expression aurait été prononcée par un compatriote qui, malheureusement ou heureusement, est candidat à la présidence, à l’Etat de droit, la traversée ne peut pas faire l’économe du peuple qui a longtemps été marginalisé, mais qui risque, c’est vraiment un risque, d’être considéré seulement comme un marchepied du trône.

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Soyons vigilants (Ne 2, 18), chers compatriotes. Opérons un choix judicieux des dirigeants nationalistes. Voter utile, c’est voter pour les hommes et femmes qui sont sensibles à la misère qui n’a fait que trop durer, à l’humiliation qui a fait de nous la rusée de tous nos voisins qui, pourtant, partageaient notre pain. Reprenons notre destinée en mains et reconstruisons notre beau et grand pays. Vive la République Démocratique du Congo !

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P. Adelard Paluku Mayani, a.a.

Rome

Beni-Lubero Online

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