AMANI LEO = KIFO LEO

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Le sang des innocents continue de couler à l’Est du pays pendant que le projecteur de Kinshasa est tourné vers Mbandaka et ailleurs. Les présumés tueurs de ces innocents sont des militaires Fardc déployés dans la région pour la pacifier selon une opération appelée « Amani Leo ». Le peuple congolais qui ne manque jamais d’humour pour conjurer sa détresse a déjà trouvé une équivalence entre Amani Leo ( paix aujourd’hui) et Kifo Leo ( mort aujourd’hui). Là où l’on s’attendait à la mort des FDLR cible d’Amani Leo, ce sont des congolais qui sont massacrés au quotidien dans leurs maisons ou sur les routes. D’où la consternation du peuple congolais qui ne sait plus à quel saint se vouer.
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La nième victime que tout Butembo pleure aujourd’hui s’appelle Mr Mumbere Mapendo (28 ans) connu sous le nom abrégé de Pendo.
                               
                                                                              RIP
                                         Feu Mumbere Mapendo 1982 – 17 Avril 2010 (28 ans)
Il habitait la Cellule Maghali du Quartier Auberge Mutiri non loin de l’habitation de Mr Faustin MUKOHE assassiné il y a quelques semaines, toujours par des militaires Fardc.
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Mumbere était un jeune Finaliste de l’UCG en Sciences Economiques et Gérant de la COOPEC LA SEMENCE à Butembo. Pour avoir fait échapper cette COOPEC à la crise financière qui a emporté des dizaines des coopératives financières de la place, Mumbere venait d’être élevé au grade de Coordonnateur National de La Semence. Quelques heures avant son assassinat, Mumbere était au boulot. Les clients ainsi que les opérateurs économiques qui voyaient en Mumbere une étoile montante dans le domaine économique, n’en reviennent pas et se demandent pourquoi l’on coupe les têtes pensantes et bien faites de la Communauté Nande ? Pourquoi s’acharne-t-on contre la jeunesse Nande ?
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Mr Mumbere a été assassiné le samedi 17 Avril 2010, vers 19h58 par 4 militaires Fardc dans sa chambre à coucher. Les circonstances de cet assassinat ont été relatées par un voisin de l’illustre disparu qui rentrait de la promenade le samedi soir. Arrivé au portail, il voit 4 militaires en position devant la porte. Ne pouvant plus faire marche arrière, ce voisin de Mumbere essaie d’entrer dans la parcelle. Subitement, un des militaires lui donne un coup de crosse sur les fesses et lui interdit d’entrer. Il trouve son salut dans la fuite. Il pleuvinait. Ce voisin qui venait d’échapper à la mort est troublé. Il est en moitié mort. Il a pourtant deux idées à la tête : se trouver un refuge et organiser un secours pour Mumbere. Mais tout se passe trop vite. Avant de trouver refuge pour se protéger contre la pluie, il entendra des coups des balles de sommation pour effrayer les habitants de la parcelle et du quartier. Quand il reviendra plus tard, c’est le corps de Mumbere qu’il trouvera gisant dans son sang.
La veuve de la victime en larmes racontera les derniers moments de son mari. Les militaires avaient escaladé la clôture. Une fois qu’ils étaient dans la parcelle, ils ont tiré dans la serrure de la porte de Mumbere. Le dernier geste de bravoure de Mumbere était de mettre son épouse et ses deux fillettes dans la chambre des enfants avant de se réfugier seul dans sa chambre à coucher. Ayant forcé leur entrée dans la maison, les militaires se dirigeront tout droit vers la chambre à coucher où s’était retranché Mumbere. De nouveau, les militaires utilisent leurs armes pour faire sauter la serrure de la chambre par plusieurs coups des balles. Deux militaires pénètrent dans la chambre sans rien dire et tirent plusieurs coups de balles dans le bassin de Mumbere sans défense qui s’écroule. Avant de quitter le lieu du crime, les militaires emportent le téléphone portable et l’ordinateur PC de service de leur victime. Les voisins accourent après le forfait. Ils dépêchent le corps ensanglanté de Mumbere à Matanda où il sera déclaré mort.
                     Coulée de sang de Mumbere sur le lieu du crime
Le deuil de Pendo se tient chez ses parents au Quartier Katwa après son enterrement à Kyambogho son village natal sur la route Butembo-Musienene.
Fatigué d’envoyer des memo aux autorités du pays qui ne répondent jamais, le peuple se tourne vers lui-même dans sa détresse avec espoir de trouver en lui-même des énergies nécessaires pour se défendre contre l’ennemi.
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Tembos Yotama
Butembo
©Beni-Lubero Online
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