Appel aux electeurs: Demasquer les Despotes Deguises en Democrates

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Aux élections, saurons-nous démasquer les despotes déguisés en démocrates ? Apprenons de notre passé recent !

Mercredi 8 mars 2006 [ www.benilubero.com ] Préparation des élections, mais aussi préparation aux élections ! Mais, qui doit préparer qui ? Pendant ces moments décisifs de la vie politique de notre pays, saurons-nous démasquer les despotes déguisés en démocrates ? La manipulation et la propande politiques sont tenues pour des instruments les plus efficaces des grands dictateurs et des pseudo-démocrates de ce monde. Soit pour acquérir le pouvoir, soit pour le maintenir et l’augmenter une fois acquis, soit pour « l’éterniser ». Restons vigilants et gardons nos lampes alumées ! Je vous propose quelques pistes pour ce travail de vigilance, quelques stratégies et techniques habituelles des hommes politiques pour la manipulation de l’opinion publique et de la société…

La stratégie de la diversion, utilisée pour détourmner l’attention du public des problèmes importants grâce à un déluge continuel de distractions. Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captiver leur attention par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé et occupé, à danser, à boire, à se divertir, sans aucun temps pour penser, pour débattre, pour faire un travail sérieux. Qui ne se souviendra pas des danses interminables, à longueur de journée, du temps de la Deuxième République, de « malheureuse mémoire ».

Créer des problèmes, puis offrir des pseudo-solutions : On crée d’abord un faux problème, une "situation" pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Des pseudos–solutions à des faux problèmes. C’est ainsi qu’un chef chef d’Etat peut créer, fomenter une révolte sociale, créer une crise économique ; mais entre temps, il jette, de temps en temps, quelques grains de blé à la population pour se faire, par la suite, acclamer par le peuple, comme le père de la nation, celui qui donne de la manne à son peuple…

S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge et maintenir la majorité de la population dans l’ignorance et la bêtise : Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. Dans l’éducation, par exemple, maintenir la population dans l’analphabetisme ou tout simplement exercer un contrôle permanent sur les étudiants et les professeurs, exercer la repression sur ceux qui osent mettre en question le pouvoir en place. Faire tout pour encourager le public à se complaire dans la médiocrité. Encourager le public à trouver "cool" le fait d’être vulgaire, et inculte… Faire croire à l’individu, aux groupes et à la sosiété, qu’ils sont seuls responsables de leur malheur, à cause de l’insuffisance de leur capacité, ou de leur effort. Remplacer la révolte par la culpabilité. Fomenter par des mesures répressives la crainte du « chef ». Pour y arriver « le chef » se met à « punir », sur la place publique et aux yeux de tous, ceux qui sont considérés comme dangereux…

Sacraliser le pouvoir et idéaliser le chef : « Le chef » se fait prendre pour un indispensable ; se fait entourer d’un grand mystère pour que les gens puissent se convaincre qu’effectivement une telle personne, s’il n’est pas un dieu, il est, pour le moins, possesseur des qualités exceptionnelles concedées par « le ciel ».

Attention donc à la propagande politique, idéologique qui ne vise que le pouvoir pour le pouvoir. Faute de pouvoir élire pour le mieux, le risque est toujours présent de parier pour n’importe quoi. Tout est souvent clair aux yeux du naïf. Qu’à cela ne tienne ! Mais sachons tout au moins que toute promesse de futur, pendant ce temps, devra être nécessairement soumise au crible de la critique et au débat démocratique dans la liberté et la responsablité. Tous ceux qui ont donc un peu plus de lumière sur la chose publique, le bien-être social et le bien commun, la démocratie, ont la délicate charge de secouer, en ces moments décisifs de la vie des congolais, la léthargie de ceux-là qui pourraient se contenter du « on dit que… », « Il semble que… ». « Tel nous a promis… ». Les musiciens savent bien que, même dans la musique ce qui distingue les dissonances des consonances n’est pas la quantité supérieure ou inférieure de notes, mais un plus ou moins haut degré d’harmonie et de cohérence. La beauté et la quantité des discours des candidats ne peuvent, en aucun cas, devenir le dernier critère de nos choix. Méfions-nous des parleurs qui ne font pas ! Nous en avons déjà eu assez. Il nous faudra apprendre à débattre, à comparer, à critiquer les différents projets de société avant de prendre position. On ira jamais loin, dit-on, si l’on ne s’informe pas sur les diverses routes susceptibles de mener où l’on veut aller… Pas donc d’euphorie ! Pas de panique non plus ! Nous avons plutôt besoin d’ouvrir grand les yeux et maintenir nos lampes allumées. Personne d’entre nous ne devrait se sentir dispensé de réaliser cette tâche. Nous avons longtemps dansé pour autrui, il est temps de « danser notre propre danse » ; et surtout le faire pour nous-mêmes. Un homme averti en vaut deux !

P. Olivier Kamate Sikahwa. a.a

Correspondant de Beni-Lubero Online

Madrid, Espagne

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