Après l’éviction de Kamerhe, Muzito sur la sellette

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Réfléchissons un peu sur le feuilleton Kabila-Muzito en lisant Charles Onana
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Les lecteurs du journal Le Potentiel de ce jeudi 4 juin 2009 doivent être tombés sur ce titre : « Muzito doit démissionner ». Pourquoi le premier Ministre doit-il démissionner ? Selon Le Potentiel, Muzito est désavoué par le chef de l’Etat. « Le président de la République, écrit ce journal, vient de taper du poing sur la table. Il conditionne tout ordonnancement des dépenses publiques à son autorisation préalable. Il dénonce les dérapages substantiels et répétés des Finances publiques et de la monnaie nationale. Il vient de dépouiller le Premier ministre, chef du Gouvernement, de ses prérogatives essentielles (…). Il doit démissionner. » 
 
En effet, personne ne saurait contester le fait que s’il est établi qu’il y a eu des dérapages substantiels et répétés dans les Finances publiques et la monnaie nationale par la faute et/ou l’incompétence de Muzito, que la possibilité de la démission du premier Ministre soit envisagée. Appartient-il au chef de l’Etat d’initier cette procédure ? Le chef de l’Etat dispose-t-il des prérogatives constitutionnelles lui permettant de contrôler le gouvernement et son chef ? Quand il désavoue le premier Ministre, celui-ci doit-il démissionner sans le quitus du parlement ? Il appartient aux constitutionnalistes d’éclairer notre religion sur ces questions.
 
Ce qui étonne un peu dans ce feuilleton est que la demande de la démission de Muzito coïncide avec l’entrée probable des membres du CNDP au gouvernement. Les criminels de guerre se prêtent-ils mieux à l’amnistie que les criminels économiques ? Et puis, parlons un peu de la criminalité économique. Toutes ces sommes d’argent décaissées pour corrompre les députés de la majorité au su de « l’autorité morale de l’AMP » font-elles ou pas partie des dérapages répétés des Finances publiques ? Qui contrôle les dépenses de cette « autorité morales de l’AMP » ? Qui peut la sanctionner parce qu’elle ne répond devant aucune institution avant sa reddition des comptes aux prochaines élections (si elles ont lieu) ?
 
« L’autorité morale de l’AMP » ne serait-elle pas en train d’obéir au 8ème principe du plan de colonisation Tutsi de la région des Grands Lacs ? Que dit ce principe ? « Profitez de la crédulité des élites hutu (et Bantou) et servez-vous d’elles pour promouvoir nos intérêts et paraître crédibles lors des campagnes électorales. Dès que les campagnes électorales sont finies, trompez-les pour montrer leur inefficacité. » (C. ONANA, Ces tueurs tutsi. Au cœur de la tragédie congolaise, Paris, Duboiris, p.93) Beaucoup de compatriotes risquent de ne pas comprendre grand-chose à la suite de notre histoire s’ils ne lisent pas ce livre de Charles Onana. Notre hypothèse à nous est que la probable démission de Muzito s’inscrit dans ce plan. Pourquoi ? Les autres dérapages financiers et militaires ayant coûté trop cher à nos populations n’ont jamais été sanctionnés : le détournement des salaires des militaires au front, la livraison des armes au camp ennemi, le retour sur notre sol des bourreaux de nos populations, etc. A notre avis, la démission de Muzito ne pourra être qu’une goûte d’eau dans l’océan d’un système fondé sur la corruption et les réseaux maffieux. Un système au service des multinationales, de certains pays occidentaux, du Rwanda et de l’Ouganda aux dépens des populations congolaises. Non. Ce n’est pas Muzito seul qui doit démissionner. C’est tout le système fondé sur la prédation et la criminalité qui doit être déboulonné.
 
L’enthousiasme de nos compatriotes heureux de voir Muzito partir de la tête du gouvernement dit, à notre humble avis, jusqu’à quel niveau les cœurs et les esprits de ces compatriotes ont été mangés. Les alliances électorales fondées sur la corruption des partis politiques de l’ouest sont en train de voler en éclat. Le CNDP va s’installer à Kinshasa aux côtés du RCD et ensemble ils vont travailler à la protection du « raïs » contre la vindicte populaire. L’heure du bilan approche et les cinq chantiers sont toujours un vœu pieux. En prévision de l’impopularité de Joseph Kabila, le rapprochement avec le CNDP est une branche du salut.
 
Pendant que toutes ces choses se préparent, certains compatriotes crient à la démission de Muzito. Et les saints Paul congolais attendent que les saints Pierre soient déshabillés : ainsi auront-ils leur tour pour accéder à la mangeoire. Ce faisant, ils obéissent au 18ème principe des colons tutsi. Que stipule-t-il ? Ceci : « Profitons de cette cupidité des Hutu (et des Bantou). Offrons-leur de l’alcool et de l’argent. Ne regardons pas à ce que nous dépensons car nous avons suffisamment d’argent. » Au Congo, tout l’argent appartient au « raïs » et à son clan. Les compatriotes croient, malheureusement, que « apesaka, mais atalaka te ». Erreur !
 
J.-P. Mbelu
Bruxelles-Belgique
Beni-Lubero Online
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