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Atelier sur le Leadership Coercitif pour les Ethnies du Territoire de Rutshuru

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Fin Avril 2011, une délégation intercommunautaire de 24 personnes est partie du Territoire de Rutshuru pour Kinshasa sous la houlette de STAREC et d’une organisation appelée ILC « Initiatives pour un Leadership Coercitif », officiellement pour un atelier sur le Leadership Coercitif. ILC est une organisation qui lutte en faveur des Hutu et Tutsi et qui instrumentalise le STAREC pour pousser l’agenda des Hutu et Tutsi au Nord-Kivu.

On y notait aussi les délégués des communautés Hunde et Nande. 

Les politiciens Nande étaient absents de l’atelier. Tous les délégués Nande étaient de la société civile et du Kyaghanda Rutshuru et du Kyaghanda Kikulu.

Les politiciens rwandophones, c’est-à-dire, les Tutsi et Hutu, députés et sénateurs, étaient nombreux à l’atelier. Cette forte représentation rwandophone confirme le constat fait plus haut, à savoir, l’agenda Hutu-Tutsi de l’ILC.

Avant d’aller à Kinshasa, l’ILC avait or organisé deux ateliers, un à Masisi et un à Rutshuru en guise de préparation à l’atelier de Kinshasa. A l’atelier préparatoire de Masisi, les Nande n’étaient pas associés. Seuls les Hutu et les Tutsi y avaient pris part.

Avant comme après l’atelier de Kinshasa, les participants Nande et Hunde ne voient pas la raison de l’atelier de Kinshasa qui a certainement couté cher au STAREC. Le flou persisterait aussi sur ce que l’ ILC appelle « leadership coercitif », c’est-à-dire autoritaire, imposé par le pouvoir, comme moyen de résoudre un conflit communautaire crée de toute pièce par les rwandophones qui souffrent de leur minorité numérique au Nord-Kivu.

 

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Une carte du Nord-Kivu ( Photo HCR)

Selon les observateurs, le motif caché de l’atelier sur le leadership coercitif est le projet qu’entretiennent depuis longtemps les rwandophones, à savoir, la partition de la province du Nord-Kivu. Les rwandophones convoitent Goma, Masisi, Walikale et Rutshuru. Aux Nande, ils veulent laisser Beni-Lubero. Mais il y a problème. Les Hunde de Masisi, Walikale, Rutshuru, Goma, ne sont pas pris en compte. Quel sera leur sort dans un espace rwandophone ? Aussi, en Territoire de Rutshuru, les Nande constituent la moitié voire plus de la population. On ne peut pas diviser la province du Nord-Kivu sans provoquer un problème des populations. Il faut un leadership coercitif pour imposer un pouvoir, un diktat sur les autres ethnies. 

La question était soulevée par les rwandophones à la Conférence de Goma sur la Paix, la Sécurité et le Développement en janvier 2008 et avait été déclarée irrecevable lors d’une plénière et d’un face-à-face entre toutes les ethnies du Nord-Kivu. Trois ans après, on constate que les rwandophones n’ont pas abandonné le projet de la partition du Nord-Kivu. 

L’histoire récente de la Province du Nord-Kivu démontre que les ethnies du Nord-Kivu vivaient en harmonie avant le génocide du Rwanda en 1994. Depuis ce génocide qui a déclenché une guerre aux dimensions continentales comme le note Gérard Prunier dans plusieurs de ses ouvrages, les extrémistes Tutsi sont visiblement à la conquête des terres utiles, riches en minerais, au profit des multinationales et des populations rwandaises. Malheureusement, pour réaliser ce rêve, il faut le cache-sexe de la démocratie à l’occidental. Ainsi, ils doivent gagner des élections, transparentes ou pas, pour se confirmer comme interlocuteurs des grandes puissances qui couvrent les multinationales. C’est ainsi que les Tutsi ont besoin des Hutu pour se constituer une majorité gagnante. Mais Hutu et Tutsi mis ensemble au Nord-Kivu restent minoritaires face aux Nande, Hunde, Pygmées, etc.  Devant ce blocage, les extremistes rwandophones  avec l’appui des multinationales voudraient se forcer la nature par un génocide des Nande, Hunde, etc.  Les tueries des congolais non denoncées paraissent ainsi comme partie prenante de cette recherche d’une majorité gagnante pour les extremistes rwandophones. 

Avec le réveil de la conscience congolaise sur l’extrémisme Tutsi en Afrique centrale, un extrémisme dont les effets se font sentir dans les couloirs politiques de Kinshasa, les extrémistes Tutsi ou petites mains du capitalisme néolibéral, ont signé un accord de paix avec leurs frères-ennemis Hutu, une initiative louable pour mettre fin à des décennies fratricides. Malheureusement cette collaboration entre Hutu et Tutsi ne fonctionne qu’en RDC. Au Rwanda, les Hutu vivent toujours dans la peur d’être taxés de génocidaires et de mourir en prison même si Hutu et Tutsi ont tué en 1994 et après ( cfr. Le massacre de Kibeho de 1995 par les Tutsi).

Les Hutu capables de tuer sont sortis de prisons rwandaises pour faire œuvre de FDLR en RDC. On constate ainsi que les extrémistes Tutsi sont aux commandes et utilisent les Hutu comme des marchepieds pour se constituer une majorité gagnante au Nord-Kivu.  Les Hutu avertis et qui refusent cette manipulation aux conséquences incalculables sont victimes des FDLR au même titre que les populations congolaises. Ceci est une pratique des Tutsi. Lors de leur conquête du Rwanda entre 1990-1995, Charles Onana, Gérard Prunier, et beaucoup d’autres auteurs démontrent que les extrémistes Tutsi du FPR tuaient les Tutsi modérés ou ne faisaient rien pour les protéger contre les « machetistes » Interahamwe. Cette pratique est visible au Nord-Kivu. Plusieurs Hutu et Tutsi qui se considèrent congolais sont victimes des FDLR, la milice qu’utilisent les extrémistes Tutsi pour exterminer les congolais. Il y aurait donc des extrémistes Hutu qui enivrés par le pouvoir, poussent les Hutu dans une aventure criminelle qui si jamais elle réussit tournera à l’avantage des Tutsi. Le fait que les Hutu ne sont pas libres au Rwanda devrait faire réfléchir les Hutu congolais. Aussi, le fait que le Rwanda continue de criminaliser les FDLR qu’il appelle Hutu génocidaires malgré que ces derniers lui rendent des loyaux services dans les zones minières du Congo, devrait inquiéter les Hutu dont le nom restera à jamais collé au génocide rwandais et au génocide congolais en cours. 

Les ateliers sur le leadership coercitif sont soupçonnés ainsi de vouloir créer des extrémistes dans les autres communautés du Nord-Kivu, notamment chez les Hunde et les Nande, pour faire aboutir le projet de mouvement des populations. La création d’un leadership coercitif dans chaque communauté permettrait de dépasser le clivage ethnique et de criminaliser les franges de la population d’une communauté afin de les massacrer. Ainsi les leaders coercitifs Nande s’occuperaient des Nande opposés au projet des extrémistes rwandophonnes. 

Barrer la route aux leaders coercitifs 

Le province du Nord-Kivu a toujours connu des gouverneurs de partout (Tutsi, Hutu, Nande, Bas-Congo, etc. ) et il n’y a jamais eu de problème entre les communautés. Avant l’accession de Julien Paluku au poste de gouverneur de province, un Tutsi (Leonard Kanyamuhanga) et de Hutu (Eugene Serufuli) étaient ses prédécesseurs pendant une période de 10 ans. Les communautés du Nord-Kivu, plus particulièrement la communauté majoritaire Nande n’avait pas de problème avec les gouverneurs rwandophones. En plus la communauté Nande se retrouve même dans les partis politiques des rwandophones, tel est le cas du parti politique de Ngezayo, etc. 

Lles rwandophones modérés doivent ainsi se joindre aux Nande, Hunde, Pygmées, et autres ethnies du Nord-Kivu pour condamner le projet de ILC avec son leadership coercitif qui cache mal un projet de génocide des populations congolaises. 

Aux autorités du STAREC dont la mission est la reconstruction du Kivu, d’expliquer leur soutien à un projet qui ne vise pas la réconciliation entre les ethnies du Kivu.

Tous les fils et filles du Kivu en particulier et de la RDC en général doivent combattre l’extrémisme et tout projet de balkanisation du pays selon des critères ethniques.

©Beni-Lubero Online

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