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Attaque Armée du Centre d’Enrôlement de Mihake/Butembo

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Pendant que le Président de la CENI et les candidats aux élections du 28 novembre 2011 font le tour de l’Occident pour parler du processus électoral en cours en RDC, les centres d’enrôlement des électeurs sont attaqués par des hommes souvent mieux armés que les policiers congolais et qui opèrent sans peur de se faire arrêter. La dernière attaque du genre a eu lieu au Centre d’Inscription de Mihake à Butembo, tôt le matin de ce mercredi 25 mai 2011.

Selon Monsieur Antoine Paluku, sentinelle à l’Institut Mihake qui héberge ce centre, il était 1h30 du matin lorsque quatre hommes lourdement armés dont trois étaient armés de kalachnikov et un, de machette, et tous vêtus en uniforme militaire, ont fait irruption au centre d’enrôlement de Mihake. Se trouvant nez à nez avec la sentinelle Antoine Paluku, ils lui ont demandé dans un mauvais swahili de leur indiquer la Salle qui abrite le matériel d’enrôlement. Pris de peur et de panique, la sentinelle Antoine leur indique la salle où se trouve entreposé le matériel électoral. Pendant que les assaillants se dirigent vers la salle indiquée, la sentinelle alerte le policier de garde de la visite indésirable. Sans tarder, les assaillants tirent en rafales sur la porte de la salle contenant le matériel. Par chance, les balles n’atteignent pas le matériel électoral. Le seul policier commis à la garde, Mumbere Kazi Enoch, prend son courage en mains pour affronter le gang de 4 assaillants. Il s’en suit un échange des tirs à l’issue du quel le policier joindra la signification de son nom à l’acte(en Kiswahili, Kazi signifie travail). Le policier Kazi que la population de Mihake loue ce matin comme un héros, a profité de son meilleur emplacement pour résister farouchement à l’attaque. Les assaillants qui souvent ne rencontrent pas une résistance pareille n’ont eu d’autre choix que de prendre la clé des champs.

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Le brave policier Mumbere Kazi dans sa tenue encore sale à la suite du combat de la nuit

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La sentinelle Antoine Paluku qui a echappé à la mort en se cachant avant le policier ne tire sur les assaillants

Les dégâts sont importants pour l’Institut Mihake, notamment plusieurs vitres cassées et une porte criblée de balles.

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Le centre d’enrolement de Mihake/Butembo

Le commandant de la Police, commissariat de Bulengera est allé sur le lieu. Il a retrouvé des douilles et des pantoufles des assaillants. Il a promis une enquête pour retrouver les assaillants. Le vaillant policier Mumbere Kazi est resté sur le lieu pour continuer la garde car disait-il, ces assaillants sont capables de revenir la journée comme ce fut le cas à Kirumba au Sud de Lubero. Son collègue de garde assure la garde son épouse et son enfant qui sont malades.

La population a demandé au commandant de renforcer les effectifs des policiers qui gardent le Centre d’enrôlement. A cette question, le commandant PNC Bulengera a répondu qu’il fera rapport à l’hiérarchie. 

Ce matin, les agents d’enrôlement sont arrivés comme d’habitude pour faire leur travail. Les électeurs sont arrivés aussi comme d’habitude. Les travaux se déroulement normalement même si le quartier est encore sous le choc des crépitements des armes de la nuit. La volonté du peuple congolais de se faire enrôler ne fléchit pas à la suite des attaques. Chaque congolais en âge de voter veut obtenir une carte d’électeur qui lui servira aussi comme carte d’identité pour citoyen. Mais la question que tous se posent est celle de savoir si les données survivront à ces attaques répétitives, surtout que la CENI ne renforce pas les mesures sécuritaires autour des centres d’enrôlement. Et il n’est pas sur que les électeurs qui auront déjà leurs cartes d’identité se donneront autant de peine pour aller voter.

Il sied de constater que ces attaques armées qui menacent le processus électoral n’ont pas encore constitué l’objet d’un débat sérieux au sein du gouvernement, du parlement, de la CENI, etc. Certains vuvuzelateurs du régime ne s’empêchent pas de dire que tout va bien malgré les attaques des centres d’enrôlement et les autres irrégularités déjà décriées par la société civile et les partis politiques, notamment, la vétusté et la rareté des kits électoraux, l’éloignement des centres d’enrôlement, les ruptures des stocks des fichiers d’enrôlement, l’inexpérience des agents d’enrôlement, le manque d’observateurs des partis politiques dans les centres d’enrôlement, le non-paiement des agents et des policiers commis à la garde des centres d’enrôlement, etc. 

©Beni-Lubero Online

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