Attaque de la Monusco à Kirumba : 3 tués et 9 blessés

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Qui gardera les gardiens de la paix à l’Est de la R.D.Congo ? Pour la première fois les casques bleus de la Monusco sont victimes des attaques des brigands armés qui opèrent depuis bientôt un an dans les territoires de Beni et de Lubero. Cette attaque d’une force onusienne déployée dans la région avec comme mission de la stabiliser, est diversement commentée par les observateurs beniluberois.

L’attaque d’un campement de la Monusco a eu lieu dans la nuit du mardi 17 au mercredi 18 Août 2010 dans la cité de Kirumba au Sud du Territoire de Lubero. Le bilan de l’attaque est, selon les habitants de Kirumba qui ont appelé la rédaction de Beni-Lubero Online, de 3 casques bleus tués et 9 casques bleus blessés dont 5 grièvement. Les blessés auraient été dépêchés à la base militaire de la Rwindi pour des soins d’urgence avant leur évacuation vers des structures sanitaires appropriées.

Comme lors des attaques précédentes à Beni-Lubero , l’identité des assaillants n’est pas connue. Selon des sources locales, la Monusco aurait attrapé un de ses assaillants mais n’a pas encore livré son identité. Sur le lieu du crime, les assaillants auraient abandonné avant leur fuite quelques babouches, habits malpropres, quelques couteaux, etc. Le nombre des victimes du côté des assaillants n’est pas non plus connu. Seul le nombre des victimes onusiennes a  été confirmé par les sources de Beni-Lubero Online. Les corps étaient vus étalés sur le lieu du crime. 

Cette attaque de la Monusco est accueillie au sein des populations locales avec des sentiments partagés. En effet, depuis que la Monuc s’était comportée localement comme un allié du Rwanda et de l’Ouganda dans la balkanisation de la R.D.Congo au profit des populations rwandaises ou rwandophones, ses déclarations sont toujours accueillies avec scepticisme. Personne ne croyait plus la Monuc sur parole depuis qu’il s’était avéré qu’elle disait une chose et son contraire. Ce scepticisme vient de se transposer sur la Monusco. C’est ainsi que pour s’assurer des tenants et des aboutissements de l’attaque, certains observateurs de la situation catastrophique de Beni-Lubero voudraient connaître la vraie identité des assaillants ainsi que la nationalité des victimes onusiennes. 

Pour comprendre ce scepticisme vis-à-vis de l’ONU en R.D.Congo, il faut remonter dans l’histoire de l’ONU au Congo, une histoire qui n’est pas du tout reluisante. Les congolais se rappellent que la force onusienne déployée au Congo en 1960 avait écartée les soldats ghanéens de positions stratégiques tels que le Port de Matadi, les aéroports, la résidence du Premier Ministre, etc. tout simplement parce que leur Président Kwame Nkrumah était un allié de Lumumba dans la lutte contre le colonialisme. Cinquante ans après, les méthodes de l’ONU n’ont pas changé au Congo. Les massacres des congolais se sont amplifiés et se poursuivent au vu et au su de la force onusienne. Les alliés du peuple congolais sont écartés du contingent onusien du maintien de la paix en R.D.Congo et l’ONU soutient que la paix en R.D.Congo peut venir de ses bourreaux, à savoir, le Rwanda et l’Ouganda. Mais au lieu de cette paix onusienne annoncée, les congolais ne voient que la violence, les massacres des civils, etc.

Les indiscrétions issues la dernière réunion du G20 qui s’est tenue au Canada du 26 au 27 juin 2010, rapportent que le vote sur la balkanisation de la R.D.Congo aurait eu lieu en marge des points inscrits à l’ordre du jour. C’est ainsi que selon ces indiscrétions la question de la balkanisation de la R.D.Congo avait divisé les 5 membres du Conseil de Securité de l’ONU jouissant du droit de veto. Les USA, l’Angleterre et la France auraient ainsi voté pour la balkanisation de la R.D.Congo. Ces trois planificateurs de la balkanisation de la R.D.Congo auraient reçu le soutien des pays comme la Belgique, la Hollande, l’Allemagne et l’Italie pour ne citer que ceux-là. N’eut été le veto de la Chine et de la Russie qui ont reçu le soutien de l’Inde et de l’Espagne, l’Est de la R.D.Congo aurait été proclamé indépendant le 15 juillet 2010 ! Malgré le véto de la Chine et de la Russie, les protagonistes de la balkanisation de la R.D.Congo ne s’avouent pas vaincus surtout que la R.D.Congo n’est pas le Zimbabwe de Robert Mugabe. On se rappelle qu’au début de 2010, c’est le veto de la Chine et de la Russie qui avait sauvé Robert Mugabe et de 13 hommes forts de son régime qui étaient voués aux gémonies par une résolution du Conseil de Securité de l’ONU. Du coup on entend plus parlé de l’opposant Morgan Tsavangarai qui n’avait de force que celle des puissances anglo-saxonnes. Mais la R.D.Congo n’a pas aujourd’hui un président nationaliste de la trempe de Robert Mugabe et des officiers militaires nationalistes de la trempe des compagnons de révolution de première heure du vieux Mugabe. Profitant de l’absence d’un nationaliste à la tête du pays, les protagonistes de la balkanisation de la R.D.Congo attendent contourner le veto Chinois et Russe en utilisant les structures du pouvoir telles que l’armée, la présidence, le parlement, les cours et les tribunaux, pour couvrir l’occupation militaire de la partie convoitée. C’est ce qui explique pourquoi le régime de Kinshasa se tait devant les massacres des populations de l’Est du pays, lesquels massacres sont l’œuvre des brigands habillés en Fardc et largués dans la région pour y semer la terreur et réduire ses habitants au silence et à la soumission au diktat des occupants.

Depuis qu’une division a été constatée au sein du G20 au sujet du dossier congolais, plusieurs observateurs prédisent une recomposition imminente de la Monusco qui comme la défunte Monuc n’est qu’un paravent des intérêts des certaines grandes puissances en R.D.Congo. Ainsi, pensent-ils, les casques bleus venant de pays opposés à la balkanisation de la R.D.Congo peuvent être en difficulté au sein de la Monusco pour forcer leurs pays d’origine de les retirer afin qu’ils ne soient des témoins gênants lors de la conquête finale de Beni-Lubero. Le fait que toutes les victimes de l’attaque de Kirumba soient indiennes si l’on en croit les journaux de New Delhi n’est donc pas un fait du hasard. L’Inde comme la Chine disent être au Congo pour le business mais pas pour s’ingérer dans la politique locale. Ceci n’est pas le cas des protagonistes de la balkanisation de la R.D.Congo dont la puissance économique repose sur une longue histoire des génocides et des déplacements forcés des populations entières.

L’attaque du camp de la Monusco de Kirumba ouvre ainsi une nouvelle ère dans la longue guerre d’occupation de l’Est de la R.D.Congo. Les effets que les assaillants auraient abandonnés sur le lieu du crime voudraient faire croire qu’il s’agissait des combattants Mai-Mai. Or tous les Mai-Mai de Beni-Lubero ont été démobilisés ou intégrés dans l’armée et la police. Les leaders politiques et religieux Nande avaient tellement cru à la pacification du pays par le brassage des combattants Mai-Mai avec les Fardc de l’armée régulière qu’ils avaient convaincu tous les Mai-Mai de se démobiliser ou de s’intégrer dans l’armée ou dans la police. Cette naïveté est aujourd’hui une petite force pour Beni-Lubero car l’ennemi ne sait pas trouver d’alibi pour justifier une grande guerre dans l’espace Beni-Lubero, les alibis FDLR et ADF-NALU ayant tous été battus en brèche dans l’opinion locale. Il y a quelques semaines, on a vu l’ennemi essayer d’accuser les anciens militaires de l’APC du RCD-K-KML d’être les commandants des brigands armés qui endeuillent la région. Ce mensonge monstrueux n’a pas tenu non plus car les militaires cités sont soit en exil sans aucune possibilité de diriger une rébellion soit intégrés au sein des Fardc.

Pourtant il faut trouver un alibi pour l’attaque finale et sans merci de paisibles citoyens de Beni-Lubero. Le seul alibi pouvant passé comme plausible dans l’opinion internationale c’est l’existence sur terrain des combattants Mai-Mai qui refuseraient toujours le brassage. Et pour fabriquer cette hypothèse ex-nihilo, il suffit d’une déclaration dans les medias du pouvoir comme c’est le cas depuis le début de la guerre d’occupation de la R.D.Congo qui est aussi une guerre médiatique et de manipulation de l’opinion par des montages monstrueux.  C’est ainsi que l’attaque du camp de Kirumba fait d’une pierre deux coups. Elle envoie un message à l’Inde qui aurait eu tort de s’opposer à la balkanisation de la R.D.Congo. Mais aussi, en attribuant l’attaque aux Mai-Mai, l’attaque de la Monusco à Kirumba préparerait une attaque finale contre les Nande identifiés aux Mai-Mai.

Pourtant selon des sources non encore confirmées, l’attaque de Kirumba était menée par un Major rwandophone du nom de Kayenzi (Hutu), un collaborateur du Colonel SMITH de Rutshuru et d’un certain colonel François (Tutsi). Major Kayenzi aurait été désigné par l’armée d’occupation pour former des milices d’apparence autochtone. Le rôle de ces milices serait de donner l’occasion à la grande artillerie de l’occupant d’anéantir les populations congolaises en guise des représailles. La même stratégie fut utilisée pour infiltrer les mouvements Mai-Mai entre 1999 et 2002. L’ennemi créait des faux Mai-Mai. Ces derniers faisaient tout pour décrocher une alliance ou une fusion avec les vrais Mai-Mai sous prétexte de vouloir lutter ensemble. Une fois l’alliance conclue, les faux Mai-Mai provoquaient un conflit dans lequel mourrait les leaders des vrais Mai-Mai. C’est ainsi que même si l’assaillant capturé passait à la radio pour dire qu’il était Mai-Mai personne ne le croirait car tout laisse penser qu’il pourrait bien être un faux Mai-Mai.

Ainsi donc, l’action de la Monusco sera très intéressante à suivre dans les prochains jours dans l’espace Beni-Lubero qui constitue selon plusieurs analystes le dernier verrou à la balkanisation de la R.D.Congo que l’ennemi voudrait faire sauter par tous les moyens. Que fera la Monusco à Beni-Lubero pour ne pas faire transparaître la complicité de l’ONU dans l’attaque du dernier verrou qui résiste à la volonté des grandes puissances ? Comment la Monusco assurera-t-elle sa mission officielle de stabilisation d’une région occupée militairement ? A quoi va-t-on assister après cette attaque de la Monusco ? La Monusco va-t-elle se retirer de l’Est du Congo pour permettre un massacre des populations congolaises par les clandestins armés dont la mise en place serait presque terminée? Attendons voir.

A la lumière des péripéties de la pacification de l’Est du pays, plusieurs analystes continuent de dire à qui veut les entendre que le front qui devrait aujourd’hui mobiliser les ressources humaines et matérielles de la R.D.Congo, c’est sa survie comme pays un et indivisible. Le front de cette bataille pour la survie de la R.D.Congo se trouve à l’Est du pays et plus particulièrement à Beni-Lubero. C’est ainsi que le feuilleton du calendrier électoral élastique de l’Abbé Malu Malu est perçu à Beni-Lubero comme une diversion qui vise les beniluberois pour les détourner de la résistance en leur faisant croire qu’il y aura des élections l’an prochain et que les populations abandonnées par Kinshasa à leur triste sort pourraient bientôt se venger en portant leur choix sur d’autres candidats plus intègres. Le fait que Malu Malu est originaire de Beni-Lubero n’est pas anodin. Heureusement que les beniluberois ne sont pas bêtes. Le vrai problème qui les préoccupe aujourd’hui, c’est ne pas les élections élastiques de 2011 à 2013 mais la lutte pour leurs terres et pour leur survie. Du côté de l’ennemi qui tente de changer l’ordre politique à l’Est du pays, la préoccupation majeure n’est pas non plus ces fameuses élections, mais le transfert d’autant de colonies de peuplement qu’il peut à l’Est du pays. Les élections n’interviendraient ainsi qu’après l’installation des colonies de peuplement en provenance du Rwanda et de l’Ouganda sur des terres abandonnées par les congolais massacrés ou confinés quelque part dans un camp de refugiés. Ce n’est donc pas pour rien que l’enrôlement pour les élections a débuté avec peine au Bas-Congo et qu’avant d’enregistrer quelque progrès, l’abbé Malu Malu ait jeté avant sa retraite un pavé dans la marre pour entrainer les politiciens congolais dans un faux débat pendant que le vrai débat entre congolais devrait porter sur la securité des congolais et de leurs biens à l’Est du pays. Les conditions pour des élections libres et transparentes en R.D.Congo ne sont pas réunies. Il faut un changement de régime à Kinshasa par une révolution populaire pour espérer remettre la R.D. Congo sur les rails de la démocratie. Le reste est une distraction pure et simple.

©Beni-Lubero Online

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