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Beni : Les victimes du carnage restent abandonnées

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Un mois et demi d’accalmie en territoires de Beni et Irumu, le génocide des peuples yira ne mobilise pas encore la communauté internationale. Les membres de la Communauté Yira se disent abandonnés, en dépit du nombre élevé des victimes de cette boucherie humainaine.

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Ceux qui ont de la compassion envers la communauté Yira en vue de plaider sa cause, peuvent s’inspirer de ce monitoring fait par le Secrétariat Général du Kyaghanda, repris dans le tableau ci-dessous :

Date

Lieu

personnes tuées

Présumes assassins

Observations

Nuit de jeudi 2 au vendredi 3 octobre

MUKOKO, à 4 km de la cité d’Oicha

3

Personnes d’expression Kinyarwanda et Kiganda

Ils ont enlevés trois autres personnes qui restent introuvables jusqu’à ces jours. ils ont emporté beaucoup de poules et chèvres.

Dimanche 5 Octobre

LINZOSISENE

7

Personnes d’expression Kinyarwanda, Kiganda, lingala et swahili de l’Afrique de l’Est

13 blessés et 10 personnes kidnappées

Nuit de lundi 6au mardi 7 octobre

MAYIMOYA, KASIKI, MAYIBO

8

Personnes d’expression Kinyarwanda, Kiganda, lingala et swahili de l’Afrique de l’Est

Des poules emportées et viol de deux femmes à MAYIBO

Soirée du mercredi 8 octobre

ALIAKI-MAMIKI en cité d’Oicha

9

Personnes d’expression Kinyarwanda, Kiganda, lingala et swahili de l’Afrique de l’Est

5 de ces 9 personnes sont d’une même famille. Les assassins ont tué un enfant, un vieillard et une femme enceinte avant de déposer un tract annonçant la mort de 300 personnes.

Nuit de mercredi 15 au jeudi 16 octobre

NGADI en ville de Beni

16

Personnes d’expression Kinyarwanda, Kiganda, des habillés en pagnes, accompagnés des femmes et des enfants

Ils ont opéré en pleine ville de Beni

Nuit de mercredi 15 au jeudi 16 octobre

KADOWO

14

Personnes d’expression Kinyarwanda, Kiganda, des habillés en pagnes, accompagnés des femmes et des enfants

 

Nuit vendredi 17 au samedi 18 octobre

ERINGETI et ABIALOSE

23

Personnes d’expression Kinyarwanda, Kiganda, lingala et swahili de l’Afrique de l’Est

Parmi les victimes figurent un enfant de 3ans et un autre de 10 ans amputés de leurs bras.

Soirée du mardi 21 octobre

MBAU

1

CASQUE BLEU

Le taximan a été assassiné lors d’une altercation entre casques bleus et civils

Jeudi 30 octobre

BAUNGATSU-LUNA

10

Personnes d’expression Kinyarwanda, Kiganda, lingala et swahili de l’Afrique de l’Est

Ils ont enlevés quatre autres personnes non encore retrouvées

Jeudi 30 octobre

BANGO-MONGO MONGO

8

Personnes d’expression Kinyarwanda, Kiganda, lingala et swahili de l’Afrique de l’Est

Ils ont emporté des animaux de la basse cour dans plusieurs ménages

Journée du vendredi 31 octobre

Ville de Beni

1

Manifestants en colère

Ils ont tué ce civil soupçonné comme un présumé ADF, brulé vif et

Soirée de Lundi 10 novembre

Oïcha

Un taximan

CASQUE BLEU

Ils ont tué ce motard qui faisait partie d’un groupe de manifestants

 

Mardi 11novembre

MBAU

Un taximan

CASQUE BLEU

Le motard et ses collègues voulaient se rassurer de la destination du convoi de la MONUSCO

Vendredi 14 novembre

BUTEMBA

4 personnes tuées

Personnes d’expression Kinyarwanda, Kiganda, lingala et swahili de l’Afrique de l’Est

Ils ont tué 4 personnes et blessé une femme enceinte avant de piller quelques biens des victimes

Nuit de jeudi 20 au vendredi 21 novembre

OPIRA/TEMBIOMBA

MASULUKWEDE

120 personnes tuées

Des hommes habillés en tenues militaires des FARDC

Ce bilan reste controversé jusqu’à présent. Mais plus de 70 corps ayant été retrouvés sont déjà mis en terre. Les autres personnes restent introuvables.

La journée du 27 novembre

KARURUMA

1 conducteur de voiture tué  par balles (KATEMBO MAHAMB, alias KAFANYA) et son passager   grièvement blessé

Des inconnus armés

Le blessé a été conduit à l’hôpital de Kisinga en Ouganda.

La nuit du 1er au au 2 décembre

ERINGETI

3 personnes tuées  et 3 autres blessées

Les assaillants s’exprimaient en Kinyarwanda et en Kiganda

Les victimes sont :

  1. Mme KAHINDO KISUKI LEA (22 ans)
  2. EZECHIEL KISUKI (12 ans)
  3. Mme LUCIE (24 ans)

Le 2 décembre

BUTEMBO

Découverte d’un corps découpé en morceaux et emballé dans un sac

Inconnus

Le corps découvert dans la rivière Kimemi, près du pont du cinquantenaire et a été emporté la nuit par les eaux de ruissellement alors le bourgmestre de Bulengera et le Procureur de la république étaient informés.

La nuit du 6 au 7 décembre 2014

AHILI et MANZABA

32 personnes égorgées

Personnes d’expression Kinyarwanda, Kiganda, lingala et swahili de l’Afrique de l’Est

4 blessés graves, deux sont mortes quelques jours après.

La nuit du dimanche 7 au lundi 8 décembre

MALIBO et APETINASANA

15 personnes tuées

Personnes d’expression Kinyarwanda, Kiganda, lingala et swahili de l’Afrique de l’Est

Ce bilan n’est que provisoire.

La nuit du lundi 8 au mardi 9 décembre

MUSUKU vers Mantumbi

Mme Françoise KAHAMBU a été découpée à la machette

Par des hommes non autrement identifiées.

 

La nuit du mercredi 10 au jeudi 11 décembre

MBUNDO (7km au Nord de MAMOVE)

4 personnes tuées

Personnes d’expression Kinyarwanda, Kiganda, lingala et swahili de l’Afrique de l’Est

Nouvelle confirmée par les sources militaires

La nuit du 13 au 14 décembre

MABUO (5km au nord de MAMOVE)

5 personnes tuées

Personnes d’expression Kinyarwanda, Kiganda, lingala et swahili de l’Afrique de l’Est

Ils ont grièvement blessé 4 autres dont nous ne connaissons pas jusqu’à présent le sort.

Le matin du 16 Décembre

IZIRO, territoire d’Irumu, à la frontière avec le Nord-Kivu, sur axe MAMOVE

4 personnes massacrées

Personnes d’expression Kinyarwanda, Kiganda, lingala et swahili de l’Afrique de l’Est

Les assaillants ont brulé 4 maisons. Un homme a été retrouvé calciné dans l’une de ces maisons.

La nuit du 17 au 18 décembre

MONGO-MONGO: Entre MAYMOYA et ERINGETI

4 personnes égorgées

Personnes d’expression Kinyarwanda, Kiganda, lingala et swahili de l’Afrique de l’Est

 

Le 19 décembre

KAYNO/ERINGETI

2 corps sans têtes ont été retrouvés.

inconnus

Ces personnes seraient tuées la veuille.

La nuit du 23 au 24 décembre

NDALYA (IRUMU / PROVINCE ORIENTALE

18 personnes tuées

Personnes d’expression Kinyarwanda, Kiganda, lingala et swahili de l’Afrique de l’Est

9 d’entre ces personnes étaient tués à Ndalya-Centre.

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Commentaire : A la lumière de ce tableau, nous constatons amèrement que plus de 99% de ces victimes sont des membres de la communauté Yira. Ce tableau démontre que trois taximen ont été assassinés par des casques bleus de la MONUSCO. Nombreux de ces victimes ont été inhumés dans des fosses communes par les FARDC eux-mêmes, interdisant ainsi les membres de familles des victimes d’assister aux obsèques de leurs proches, moins encore à enterrer les leurs avec honneur.

Plus de 500 personnes dont trois prêtres assomptionnistes restent introuvables dans la foret, en dépit des opérations menées par les FARDC dans cette zone. Il est très surprenant que ce génocide du peuple Yira ne mobilise pas encore la communauté internationale qui semble minimiser le nombre de toutes les victimes.

Des présumés auteurs

Au sujet des présumés auteurs de ces massacres, les avis restent partagés : pour Antipas Mbusa Nyamwisi, fils du terroir il s’agit de la complicité au sein du pouvoir congolais qui utilise le Colonel Akili Mundos comme à la fois commandant des FARDC et des ennemis ; pour le Gouvernement Congolais, il s’agit des ADF-NALU alliés aux anciens du RCD/K-ML, aux may-may et aux ex-rebelles du M23. Pour le Gouverneur Julien Kahongya, il s’agit du fils du terroir Antipas MBUSA NYAMWISI.

Par ailleurs, les Organisations Non Gouvernementales de Droit de l’Homme (ONGDH) locales, à l’occurrence la Convention pour le Respect des Droits de l’Homme (CRDH), accusent des combattants rwandais et Ougandais qui constituent le prolongement du M23. Selon le rapport publié le 9 janvier 2015 par la CRDH, ces derniers s’organisent à partir de l’Ouganda ou ils continuent à recruter de nouveaux éléments. Cette version est partagée par l’opinion qui est en contact permanent avec les victimes.

Les assaillants affaiblis sans combat

Les informations dont nous disposons renseignent qu’actuellement les assaillants sont très affaiblis. D’après le témoignage d’un pygmée de Beni-Mbau, des léopards seraient en train de dévorer les auteurs du carnage. D’ailleurs, le porte-parole militaire des FARDC a informé sur des chaines des radios locales que de nombreux cas des rebelles sont en train d’être libérés sans controffensives. Les rescapés de ce carnage continuent à clamer haut leur foi que, si la communauté internationale ne veut pas leur apporter assistance juridique et judiciaire, alors la coutume yira se prendra en charge pour venger les siens, jusqu’aux auteurs intellectuels du génocide des peuples Yira.

Gift Baraka

Beni

Beni-Lubero Online (benilubero2014@gmail.com)

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