Beni: Procès des Accusés de détournement de l’aide de l’UE

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 La première Confrontation au sujet de la Plainte de la Société Civile contre les accusés dans l’affaire de détournement de l’aide de l’Union Européenne aux structures médicales de la R.D. Congo a eu lieu le vendredi le 29 janvier 2010 au Parquet Secondaire Près le Tribunal de Grande de Beni. Parmi les accusés on compte des médecins mais aussi des gestionnaires d’hôpitaux. C’est ainsi qu’il y a eu l’arrestation et l’incarcération  à Mutwanga de Mme Masika Kitambala, Médecin Directeur de l’Hôpital Général de Référence de Mutwanga le mercredi 27 janvier au cachot de Bulongo  avant son transfert  dans la prison du parquet de Beni où elle a séjourné du  28 au 29 Janvier.  A part le médecin de Mangina, il y a eu l’arrestation suivie de l’incarcération d’une religieuse oblate gestionnaire de l’Hôpital Général de Référence de Mangina.  
Cette cascade d’incarcération, première du genre dans la région, surtout l’incarcération d’une religieuse, est mise sur l’actif de la tolérance zéro effectuée il y a quelques mois dans la magistrature  par le Président Joseph Kabila. Mais comme toujours, la justice juste ne fait pas que des amis. Au lieu que tous attendent que les accusés se défendent devant la justice qui déterminera l’innocence des uns et la culpabilité des autres, on a assisté à des grèves des soignants en signe de soutien pour les accusés, les appels anonymes pour intimider la magistrature et la partie plaignante, et tutti quanti. C’est ainsi que les infirmiers et personnel médical de MUTWANGA et BULONGO en Secteur de Ruwenzori avaient observé un mouvement de grève jeudi 28 et vendredi 29 janvier en signe de solidarité avec leurs gestionnaires arrêtés et de protestation contre l’action de la Coordination de la Société Civile qualifié par eux de non-lieu.
 
Pour rappel, la Coordination de la Société Civile Territoire de Beni avait déposé au Parquet de Beni depuis le 16 janvier une Plainte accusant plusieurs gestionnaires des Centres de Santé de la zone de détournement de l’aide de l’Union Européenne en faveur de la population vulnérable.
Cette aide qui consistait à un appui médical et à l’achat des prestations des services de Santé, avait poussé les diverses structures médicales à signer le contrat qui devait faciliter la population à accéder gratuitement aux soins de santé de malaria et réduire sensiblement les factures de certains actes médicaux dont une grande partie devait être prise en charge par le FASS(Fonds d’Achat de Service de Santé) mis en place par l’Union Européenne.
 
Pour la Société Civile, certaines Structures médicales à l’instar du Centre de Santé de Référence de Mangina ainsi qu’une multitude du Secteur de Ruwenzori, de la Zone de Santé de MUTWANGA,  violent manifestement ledit contrat et continuent à faire payer comme dans le passé, les paysans vulnérables qui ignorent l’existence de cette aide. 

                Photo de l’une des victimes de Mangina
Pour la Coordination de la Société Civile, il s’agit là d’un détournement et d’un enrichissement sans cause qui nécessitait une réparation par la justice au Parquet de Beni où des pièces illustrant toutes allégations étaient déposées.
 
Face à cette dénonciation, le Procureur de la République et Chef du Parquet de Beni, Willy PONZI NGOY n’est pas resté indifférent. Aussitôt saisi, ce dernier fruit de la tolérance zéro avait promis de poursuivre les accusés au regard des flagrances constatées. C’est ainsi que dix jours après l’émission des Mandats contre les gestionnaires incriminés, l’instruction du dossier a commencé le vendredi 29 janvier.
 
                     Willy Ponzi NGOY, Procureur de la République de Beni
Après audition des Gestionnaires, des Comptables et Caissiers incriminés devant  l’Officier du Ministère Public, une confrontation des accusés et de la partie plaignante s’en était suivie.  Les accusés assistés par des éminents Avocats de la place  ont clamé leur innocence.
 
La Coordination de la Société Civile, partie plaignante était représentée par son Président Omar KAVOTA. Pour  Kavota, à la limite de ses moyens, la Société Civile a mis à la disposition du Parquet le minimum de vérité devant servir l’Officier du Ministère Public à approfondir les enquêtes et à établir les différentes responsabilités et innocences. Etant donné que, c’est l’Etat Congolais qui en est plus préjudiciable à côté de ses citoyens vulnérables, il importe que le Ministère public s’approprie cette action jusqu’à ce que les coupables répondent de leurs actes conformément à la loi de la République. D’après le Président de la Société Civile du Territoire de Beni, les efforts du gouvernement ainsi que ceux de la Communauté Internationale visant à assister la population Congolaise resteront vains tant que l’aide sera toujours détournée en toute impunité par des hommes et des femmes en blouses blanches. Il y a va donc de l’intérêt de tous d’appuyer la voie de la justice !
 
     Omar’KAVOTA (Président SC.Terr-Beni, en cravate) et Teddy KATALIKO(Secrétaire)
Après cette comparution, le Procureur a résolu d’effectuer des descentes au sein des Structures mises à cause, pour des enquêtes approfondies. Il a rassuré le Président de la Société Civile qui fait face à une pression ou intimidation des structures mises en accusation à rester calme d’autant plus que l’action appartient désormais au Ministère Public.
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Obède BAHATI
Beni
©Beni-Lubero Online 
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