Une maman victime dans le dernier massacre de Rwangoma, à Beni

Beni serait-il cédé à l’ennemi par l’Etat congolais?

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La question est devenue plus cruciale que jamais. La population de Beni constate son abandon par ses dirigeants depuis le déclenchement des massacres qu’elle subit il y a cinq ans. Tout se passe comme si Beni ne se situe nulle part dans la mémoire du gouvernement congolais, sa population est traitée comme un prix livré à l’holocauste, au sacrifice.


Sur le champ des opérations Sokola 1, nom donné à la traque et éradication des présumés rebelles ADF dans la région de Beni, tout comme au niveau des tractations politico-administratives aussi bien à Kinshasa qu’à Goma et même à Beni sur place, il a été constamment observé des stratégies qui contribuent plus à aider l’ennemi à occuper un plus vaste terrain possible que d’en déloger. Quant à scruter les aspects moraux et professionnels de ladite opération Sokola 1, il est constaté avec douleur qu’elle a largement contribué, en nombreuses circonstances, à aider l’ennemi à causer le plus grand dégât (humain et matériel) possible plutôt que d’assurer réellement la protection de la population et ses biens.


Au sommet de la préoccupation de Beni se trouve justement le fait que l’ennemi, que le feu général Lucien Bauma (d’heureuse mémoire) avait écrasé et réduit à une poignée de personnes en débandade bien loin de la ville de Beni, ait défié une armée forte de 16.000 hommes disposant des plus hautes technologies militaires modernes, appuyés par la présence de 3000 soldats onusiens, pour s’installer aujourd’hui au coeur même de la ville de Beni, après avoir occupé et infiltré tous les axes vitaux de la région, vouant la population locale à l’asphyxie et à la mort.


La réalité du moment est telle qu’entre Beni – Oicha, il ne resque que le village de Mbau qui est en moitié habité. L’ennemi gagne du terrain. Bientôt, il sera difficile aux habitants de la ville de Beni d’arriver ne fût-ce qu’à l’aéroport de Mavivi (7 kilomètres seulement du centre de la ville). Déja Kasoko, Boikene, Kipriani, Ngadi, Matembo, Mavivi (localité) sont vidés de leurs populations. Sur cet axe Beni – Oicha, il faut ajouter Ngite, Mangoko qui se trouvent également désertés par leurs habitants. Au coeur même de la ville de Beni, les autorités politico-administratives et sécuritaires font semblant que tout tourne normalement et dupent les opinions, pendant que Boikene, une bonne partie de Masiani, Bel-air, Ggwado, Kasabi sud-Est, Paida, Kasanga, Rwangoma, Kalongo, Manziko, Buleyi sont aussi sous la coupe de l’ennemi et déjà désertés par la majorité de leurs habitants.


Beni est plus que jamais en danger ces derniers jours. En plus de croissance de nombre des victimes au rythme quotidien et l’évincement des autochtones devenus nomades sur leurs propres terres, il est craint que l’ennemi se lève un bon matin et proclame un nouvel Etat à Beni. L’indifférence des autorités nationales et leurs subalternes ne serait-elle pas de nature à faire croire qu’elles auraient décidé que Beni ne fasse plus partie du territoire national congolais? A chacun d’imaginer ce qui reste encore comme disposition à adopter à la portée de la population victime…

Talangai Katchelewa
correspondant BLO
Beni

©Beni-Lubero Online.

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Un commentaire

  1. Vu le silence complice des autorités de la RDC, de la base jusqu’au plus haut sommet, on peut conclure que Beni est déjà cédé. C’est inacceptable lorsque la population est pourchassée même à coté de la MONUSCO (à Mavivi), celle-ci ne réagit pas, à dépit de l’arsenal militaire qu’elle détient. Je pense à un plan international. Qui vivra verra!!!!

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