Butembo: L

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Quelques heures après l’assassinat du Journaliste Bruno Koko Chirambiza de la Radio STAR de Bukavu, 3 Journalistes de la Radio Moto Butembo-Beni (RMBB) ont été brutalement séquestrés par des Agents de l’Agence Nationale des Renseignements (en sigle ANR) de Butembo le dimanche 23 Août au début de l’après-midi. L’opinion locale a lié ces deux faits même s’il n’y pas eu mort d’homme à la RMBB. Ces deux faits déplorables démontrent que la Police Congolaise est plus habile à sévir contre les congolais honnêtes que les bandits qui massacrent les populations et volent leurs biens. Le journaliste qui rapporte un fait macabre est poursuivi ou assassiné pendant que le fait macabre n’est pas condamné et encore mois son auteur qui souvent jouit d’une impunité déconcertante. De là conclure que la Police congolaise a choisi le camp des malfaiteurs, il n’y a qu’un cran.
Ce qui s’est passé hier dimanche à la RMBB où réceptionnistes et journalistes en plein travail ont été séquestré, torturé moralement, mettant fin brusquement à leurs émissions et donc abandonnant des milliers d’auditeurs dans le vide, est une antivaleur qui doit être combattue. Notez que les journalistes de la RMBB étaient interpelés par l’ANR sans convocation, sans ordre de mission ou mandat d’amener, etc. Le seul ordre de mission brandi à Kambali était les fusils AK47, des menottes ou craquants.
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Il est 14h00. Les travailleurs voient à travers les fenêtres que la maison de la radio est encerclée par des policiers armés jusqu’aux dents. Ayant appris la nouvelle de l’assassinat du journaliste Bruno de Bukavu dans la matinée du même jour, c’est la panique qui gagne les esprits.
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Quelques minutes après, certains agents de l’ANR bien armés prennent d’assaut la salle de la réception de la Radio où ils ne trouvent que des demoiselles à qui ils demandent de les suivre à l’extérieur. Les demoiselles ont cru qu’elles avaient à faire à des violeurs qui utilisent le viol des femmes comme armes de guerre au Kivu. Sans se consulter, elles ont tous refusé d’exécuter l’ordre des policiers de l’ANR sans la permission du responsable de la radio. Aussi, l’une d’elles aurait eu le courage de demander pourquoi la radio était assiégée ? Avant qu’elle n’achève sa question, les menottes ont atterri sur ses deux bras. Silence totale !
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Les Agents de l’ANR poursuivent leur opération en s’introduisant dans la salle de la rédaction et au studio de la Radio. Là ils trouvent en plein travail le Père Assomptionniste Claude VINDU, Journaliste, Mr. Serge SIKULI, Rédacteur en chef, et l’Assistant Edouard Mwengesyali Mumbere, enseignant à l’Institut Supérieur Emmanuel d’ Alzon de Butembo(ISEAB), et collaborateur de la RMBB. Sans aucune introduction, ces agents dits de l’ordre, ont crié en Lingala comme à l’époque de l’homme de Kawele où dans certaines provinces où l’on ne parle pas Lingala la Police ne parlait que Lingala, au point qu’il n’y avait jamais de dialogue entre la Police et les administrés qui étaient tout simplement des victimes. Du coup c’est le Lingala qui a retentit dans la salle de rédaction de la RMBB : « Responsable ya radio aza wapi, responsable aza wapi, bino ba sango bokanisaka boza ba intouchables, ba pomba, lelo bokomona,…. ».
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Le premier qui voulait expliquer que les responsables de la Radio ne sont pas présents, n’avait pas fini sa phrase avant que l’un des policiers ne menace de le menotter. Un autre agent de l’ANR a de nouveau donné de la voix : « Bo landa binso. Soki bolingi te, tozomema bino na force »
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Sous menaces et intimidations, et ne comprenant pas quelle faute ils avaient commise, les trois journalistes ont cédé, se laissant escorter jusqu’au bureau de l’ANR  par des policiers surarmés comme s’ils étaient  des criminels.
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Arrivés au bureau de l’ANR, les 3 journalistes qui ne savaient pas quelle infraction leur radio avait commise, ont été de nouveau intimidés par d’autres policiers bien armés qui les ont entourés comme s’ils étaient des criminels dangereux.
De nouveau, les journalistes ont demandé pourquoi ils étaient arrêtés. Après des intimidations et des tortures morales, on leur dira qu’ils sont arrêtés parce que leur radio continue de diffuser la page nouvelle de RFI contrairement aux instructions du 6 Août 2009 et du 22 Août 2009 données par le chef de l’ANR-Butembo, Mr Alain LIFONGOLA, et envoyées à toutes les radios locales.
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Les Journalistes de RMBB ont rétorqué qu’ils n’ont jamais reçu ces deux instructions écrites concernant RFI mais qu’ils étaient au courant de la rumeur à propos de la coupure du signal RFI. Prenant son courage en main, un de trois journalistes a demandé quel agent de l’ANR avait été chargé de déposer les instructions de l’ANR à la RMBB et à qui il les aurait remises.
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A cette question l’interrogateur de l’ANR répondit que l’instruction de la veille avait été déposé à la RMBB le dimanche matin à 9h00, c’est-à-dire 5 heures avant la descente de l’ANR au studio de la RMBB, et deux heures après la dernière diffusion de RFI de 6h30’. Si la lettre a réellement été remise au responsable de la Radio, les journalistes n’étaient pas encore au courant, le laps de temps étant trop court. Dans tous les cas, la RMBB n’avait pas encore violée la loi de la lettre déposée en 9h00 du même jour car la dernière rediffusion de RFI avait eu lieu à 6h30’. Si l’interpellation avait eu lieu le lundi ou le mardi, l’ANR pouvait dire qu’il y avait eu violation de l’ordre transmis dans le courrier du dimanche.
Malgré cette incohérence notoire dans la démarche de l’ANR, l’interrogateur voulait incarcérer les trois journalistes.
Entretemps, la mauvaise nouvelle se répandait de bouche à oreille à travers toute la ville sachant que la RMBB qui avait suspendu toutes ses émissions du jour, est la radio la plus écoutée en ville de Butembo.
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Selon les travailleurs de la Radio que nous ont fourni l’information, les Supérieurs des Prêtres Assomptionnistes, responsables de la RMBB, étaient descendus au Bureau de l’ANR-Butembo pour demander la libération de 3 journalistes arrêtés. L’ANR accédera à la demande des Prêtres Assomptionnistes à 21h00, heure locale après plusieurs heures de négociation. Les trois journalistes ont ainsi retrouvé l’air libre après plus de six heures de torture morale.
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Les maisons de presse locale condamnent ce comportement de l’ANR à l’égard de la presse et demandent que l’ANR revoie ses méthodes de travail et de collaboration avec la presse. Dans le cas de la RMBB, l’ANR aurait pu se passer de cet acte cow-boy qui a terni davantage son image ! Assiéger le studio d’une radio qui est au service de la communauté, arrêter brutalement les émissions d’une radio de développement, est un manque de respect vis-à-vis des auditeurs et du métier du journaliste. S’il y a un problème, pourquoi ne pas convoquer le responsable de la radio, pas un dimanche mais pendant un jour ouvrable, lui faire savoir le motif d’accusation, lui donner l’occasion de se défendre, et prendre le cas en délibéré… Selon plusieurs observateurs, la purge dans la magistrature congolaise aurait pu commencer dans l’armée et dans la police où des antivaleurs passent pour la loi moyennant les Kalachnikov.
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Kakule Mathe
Butembo
Beni-Lubero Online
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