Butembo : La Mairie instaure une taxe sur les groupes

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Après la taxe sur les trottinettes (Tsukudu), la Mairie de Butembo vient d’instaurer une taxe sur les groupes électrogènes éclairant plusieurs foyers de la ville de Butembo.
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Alors que la population de la ville de Butembo cherche, par tous les moyens, de se prendre en charge par des bonnes initiatives, certaines mesures, pourtant désolant, sont prises à l’égard de celle-ci. En effet, au cours de la semaine passée, une réunion a été convoquée au niveau de la mairie, réunion qui a regroupé tous les présidents des associations détenant des groupes électrogènes dans différents quartiers de la ville, d’une part, et les responsables des services au niveau de la mairie de Butembo, d’autre part.
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Parmi les mesures prises, le versement, dans la caisse de l’Etat d’un montant de 102 dollars Américains par groupe électrogène installé dans un quartier ou cellule et ce, par An.
En effet, depuis un certain temps,  pour lutter contre l’obscurité qui empêche toute activité à la tombée de la nuit, les bubolais ont pris l’initiative de créer des associations d’électrification de leurs maisons et avenues à travers la ville de Butembo. Si dans l’ensemble ces associations ont résolu tant soit peu le problème de l’obscurité, plusieurs membres abonnés paient difficilement et chaque mois un montant qui varie entre 15 $ et 20 $ pour achat carburant et réparation des groupes électrogènes mais aussi pour d’autres petits services y relatifs. Il faut signaler que ces associations sont sans but lucratif. Personne n’en profite. Au contraire, certains membres suppléent à l’insolvabilité des autres pour permettre au groupe électrogène de continuer à tourner.
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Dans ce contexte difficile connu, nous osons le croire, de la Mairie, on ne comprend pas qu’une taxe de 102 par an soit imposée aux associations déjà déficitaires ou au rouge financièrement. Cette taxation des groupes électrogènes comme celle déjà en vigueur sur les trottinettes (ou Tsukudu) démontre le niveau avancé de prédation pratiquée par divers services de la Mairie. A une population aux prises avec des hommes en armes qui tuent, incendient les maisons, pillent les biens au quotidien, certains services de la Mairie trouvent opportun d’imposer des nouvelles taxes sur cette même population, notamment la taxe sur les groupes électrogènes, les trottinettes, les brouettes, etc. Les humoristes renchérissent que la Mairie prélèvera bientôt une taxe sur certaines griffes des souliers portés en ville de Butembo. De l’avis de tous, blague à part, cette façon de faire n’est pas pour encourager les initiatives de développement mais pour les décourager.
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Comme tous ceux qui sont au pouvoir actuellement ne jurent que par l’avancement visible ou pas des cinq chantiers du Président Joseph Kabila, on peut se demander si Joseph Kabila sera content d’apprendre la taxation des groupes électrogènes et des Tsukudu par la Mairie de Butembo, lui qui attend remporter les prochaines élections présidentielles, entre autres, sur base du chantier électrification, routes et moyens de transport, etc. En ce moment où l’Etat congolais n’est pas en mesure d’éclairer la ville de Butembo, il est inadmissible que certains services de la Mairie découragent les initiatives palliatives par des taxes inexplicables. Et dans le contexte sécuritaire, ne trouve-t-on pas que l’éclairage est important? Et si les contribuables ne veulent pas payer cette taxe et décident d’éteindre leurs groupes électrogènes, la ville de Butembo ne perdra-t-elle pas de sa valeur ?
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Autant des questions que d’aucun se pose en cette situation difficile que traverse la population de Butembo. Nombreux, pensent qu’il est sage que la mairie, par le biais du service d’énergie, fasse tout pour empêcher la taxation des groupes électrogènes en tenant compte du contexte  économique et sécuritaire particulièrement tragique dans lequel la population vit.
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Diouf
Butembo
Beni-Lubero Online
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