Butembo : Les jeunes dipl

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Les jeunes diplômés en ville de Butembo s’interrogent : jusques-à-quand attendrons-nous pour avoir du travail ? L’impression générale est que les diplômes de l’école secondaire comme ceux de l’Université soit plus de 99,9% de ceux qui finissent leurs études en ville de Butembo, conduits tous dans un même tunnel : « le chômage ».
L’ironie est que ceux qui n’ont pas étudié mais qui possèdent des fortunes, se moquent de ceux qui ont étudié en disant en langue locale «Tsumbo’mutwe alengir’oyo wa soma », c’est-à-dire littéralement « celui qui utilise bien sa tête dépasse celui qui a étudié » !
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Les diplômés et leurs parents ou mécènes font en effet la douloureuse expérience de l’inutilité des études qui coûtent par ailleurs trop chères. Prenons un exemple d’un étudiant qui termine sa licence après cinq ans d’études, en X discipline à l’UCG Butembo. Le coût annuel des études, sans compter le logement et la restauration que les parents offrent gracieusement, s’élève à un minimum de 600 US$. En cinq ans, les parents et bienfaiteurs se démènent pour débourser un minimum de 3 000 US$. Le nouveau diplômé, après ses fêtes grandioses et costumes de collation plus la multiplication des copies de son mémoire ou TFC savamment défendu, se retrouve le lendemain au chômage. N’ayant pas de travail et donc pas de rémunération, le diplômé au chômage continue de dépendre de ses parents ou de ses frères qui souvent n’ont pas étudié mais qui gèrent des boutiques ou d’autres business en ville.
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Cette situation décourage les parents qui ont l’impression d’avoir jeté leurs 3000 US$ des frais academiques dans la poubelle. Réfléchissant par l’absurde, ils se disent : « si nous avions augmenté le capital de notre boutique familiale de 3000 US$, la famille serait devenue plus riche ».
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Cette moquerie des nantis à l’égard des diplômés aux poches vides, est ainsi très dangereuse pour l’avenir de l’éducation à Beni-Lubero. Le gouvernement ainsi que les universités doivent se pencher sur la question de l’emploi pour sauver l’éducation qui reste la meilleure préparation pour l’avenir, surtout dans un monde devenu globalisé. La crise d’emploi que connaissent les diplômés de Butembo et d’ailleurs est relative à la mégestion actuelle du pays. Ainsi donc la crise actuelle du pays ne peut pas remettre en cause les acquis de l’éducation très diversifiée dispensée à Butembo et ailleurs à Beni-Lubero. En quelques années, plusieurs pas ont été effectués à Beni-Lubero en matière d’enseignement supérieur et universitaire.
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En effet, l’histoire nous renseigne que, c’est à partir de 1989, année de la création de l’Université Catholique du Graben (UCG) par le grand chancelier, l’Archevêque Emmanuel KATALIKO, sous la bénédiction de Mr KASESO alors Vice-ministre de l’enseignement à l’époque et que nous citons d’heureuse mémoire, que plusieurs Institutions Supérieures et Universitaires ainsi que nombre d’écoles secondaires ont vu le jour à Beni-Lubero. Avant cette période, l’accès aux études supérieures et universitaires était l’apanage de seuls nantis, car il fallait faire des milliers des kilomètres pour les études (aller à Bukavu, Kisangani, Lubumbashi et Kinshasa), mais aujourd’hui dans cette région, les écoles secondaires sont comptées par quarantaines voire cinquantaines ou plus, des institutions supérieures et universités sont plus de vingt, etc.
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C’est dans cette optique que, par rapport aux jours passés que le nombre des diplômés, de l’universités comme de l’écoles secondaire ne cesse d’augmenter en une vitesse de croisière, et cela dans tous les domaines : médecine humaine et vétérinaire, commerciale, économie, droit, politique, histoire, construction, Informatique, électricité, mécanique, finance, littéraire, pédagogie,……
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Tout marché étant géré par « la loi de l’offre et de la demande », à Butembo la demande de l’emploi est de loin supérieur à l’offre d’emploi, c’est-à-dire que les offreurs de l’emploi sont moins nombreux que ceux qui ont besoin du travail, cela parce que, l’Etat étant le premier employeur, il est presque démissionnaire depuis plusieurs années, et que les opérateurs économiques de Butembo préfèrent engagés une main d’œuvre sans diplôme ou qualification, sous prétexte que la main d’œuvre qualifiée coûte très chère…. Comme nous l’avions dans une autre dépêche, on peut dire que les opérateurs économiques de Butembo préfèrent la main d’œuvre moins qualifiée parce qu’elle est facilement manipulable et ignorante de tous ses droits, le cas de la pension de retraite qui est presque inexistante et qui est dans les oubliettes de la R.D.C en général et de Butembo en particulier. etc. Pour trouver de l’emploi dans cette atmosphère, il faut avoir des connaissances, avoir un frère ou cousin, parent ou ami proche qui est en position pour vous pistonner. Vu que le marché de l’emploi est vraiment étouffé à Butembo, chaque année, des milliers des diplômés sont déversés dans la rue, avec tous les corollaires possibles.
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C’est pourquoi, dans la rue, dépouillés de tout espoir, plusieurs jeunes diplômés tirant le diable du chômage par la queue, courent plusieurs risques, notamment celui de rejoindre les milices et bandes armées qui naissent comme des champignons dans une province comme le Nord-Kivu. D’autres diplômés au chaumage courent le risque de noyer leurs soucis dans la drogue ou la boisson fortement alcoolisée…
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Certains qui ne s’avouent pas vaincus et qui essaient d’user de leur tête pour nouer les deux bouts du mois, s’orientent dans ce que l’on appelle localement « chômage caché ». Ces derniers embrassent des petits métiers de survie comme chauffeur de taxi moto, opérateurs des cabines téléphoniques publiques, cordonnier ou réparateurs des souliers, etc. D’autres encore se courbent devant les opérateurs économiques pour être empocher comme vendeur ou garçon de course contre une rémunération de 5 ou de 10 $ le mois. D’autres errent carrément dans la ville avec leurs CV en poche.
Alors que la création de l’emploi figure parmi les 5 chantiers du Raïs de la R.D.C, le chômage reste une triste réalité du vécu quotidien des bubolaises et bubolais.
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Vu que cette situation demeure un danger social, « une bombe en retardement », nous demandons aux autorités nationales, provinciales et locales d’arrêter des dispositions conséquentes pour éradiquer ce fléau.
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A mes chers compatriotes dans la rue, de ne pas se laisser noyer dans le désespoir ! Vu que nous avons à faire à un Etat presque démissionnaire, ainsi pour éviter le naufrage total, unissons-nous et voyons comment créer nous-mêmes du boulot à partir de la science que nous avons apprise sur le banc de l’école. Seule notre créativité dans le domaine de l’emploi remettra l’enseignement à sa vraie place. Le progrès dans ce qu’on appelle « pays développés » est tributaire de la qualité de l’enseignement. La R.D. Congo, notre pays, ne fera pas exception à cette loi du progrès. 
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Tembos Yotama
Butembo
Beni-Lubero Online
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