Confusion totale au Nord-Kivu et ses cons

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La situation actuelle du Nord-Kivu est caractérisée par l’insécurité généralisée et la confusion totale des compétences politico-militaro-administratives.On ne sait plus qui fait quoi, qui  travaille pour qui, etc. D’après les nouvelles en provenance de tous les coins de la province, un climat de suspicion  règne partout. La seule chose qui est connue de tous, c’est le fait que la force militaire et sécuritaire du Nord-Kivu est entre les mains de Nkunda. 
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Les membres de l’exécutif provincial comme ceux de l’assemblée provinciale ne controleraient pas grand-chose au Nord-Kivu. Plusieurs d’entre eux disent ne pas être en sécurité et que leur recours à Kinshasa pour améliorer la situation est resté lettre morte.
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Les conséquences de cet abandon du Nord-Kivu par le Gouvernement central commencent à se faire voir. Ainsi, par exemple, dans les quartiers chaux des grandes villes du Nord-Kivu, la trahison notoire du Gouvernement de Kinshasa caracterisé par son silence devant le carnage des populations du Nord-Kivu, provoque  la résurgence des groupes dits d’auto-défense populaire qui en appellent aux militaires congolais de quitter les rangs des Fardc corrompus et des brigades mixées pour former l’armée du peuple pour la libération du Congo. Ceux qui pensent que le Nord-Kivu peut-être annexé au Rwanda ou à l’Ouganda devront encore attendre. Le problème est que ces nouveaux groupes d’auto-défense viennent de rajouter à la confusion des combattants Mai-Mai, rebelles rwandais, Fardc, milices tribales, etc.  
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A titre d’exemple de cette confusion, nous pouvons citer les Coupeurs des routes qui pillent et violent les usagers de la route partout au Nord-Kivu. En territoire de Lubero, ces coupeurs des routes ne sont plus seulement à Kaseghe sur l’axe Lubero-Kirumba. La semaine dernière, ils opéraient aussi à Matembe sur l’axe Lubero-Kirumba. Les hommes d’affaires de KIRUMBA et de KAINA qui sont venus à Butembo pour s’approvisionner en articles divers ont été dévalisés en trois reprises la semaine dernière par des hommes armés et en tenues militaires. Cette fois-ci, affirme l’une des victimes, les malfrats n’étaient pas des Interahamwe ni des FDLR mais  des congolais et qu’il etait difficile de dire à quelle faction ils appartiennent à part le fait qu’ils portent des tenues militaires des Fardc, un fait qui ne veut plus rien dire ! En effet depuis que l’Etat-major des Fardc a signé un accord contrenature avec le rebelle Nkunda, il est inutile de vouloir distinguer le bon grain de l’ivraie ou mieux  les Fardc de Brigades Mixées. Les Fardc qui ont accueilli les rebelles de Nkunda étaient ceux-là mêmes qui avaient refusé le brassage avec les troupes venues de Kinshasa en Décembre 2004 pour libérer Kanyabayonga de la première tentative d’occupation rwandaise. La confusion dans la nomenclature des groupes armés, milices tribales, forces gouvernementales, rebelles, est au Zenit.  En effet, dans la province du Nord-Kivu on est arrivé au point où le peuple ne sait plus à quel saint se vouer. Sur le tard, la population du Nord-ivu découvre que ses ennemis se trouvent partout… dans le Gouvernement central, provincial, parmi les Fardc,  parmi les rebelles, les mai-mai, la Monuc, etc. Les étiquettes préfabriquées dans le but de faire porter la responsabilité du mal nord-kivutien à une partie servant de bouc émissaire, ont perdu leur force mensongère.  Le dicton que quiconque accuse s’accuse, se vérifie maintenant au Nord-Kivu. Pour ne donner qu’un exemple, dans la cité de KAINA en territoire de Lubero, les habitants avaient mis la main sur un bandit à mains armées qui pillait les chèvreset d’autres animaux de la basse-cour aux petites heures de la nuit. Pendant que les paysans venaient se plaindre auprès des militaires et des policiers, la réponse de ces derniers était que les pilleurs étaient les mai-mai et les FDLR que la population cachait dans les maisons. Conduit au poste de police  le plus proche,  le malfrat a reconnu être militaire des Fardc. Un autre cas s’est passé à Luofu en territoire de Lubero. Le poste de commandement Fardc de Luofu a été attaqué par des hommes qui ont tiré en balles réelles pendant 2 h, dans la soirée du 8 mai 2007. Avant même de diligenter une enquête, les Fardc ont attribué cette attaque aux FDLR. Mais, des sources dignes foi ont révélé que les assaillants se disaient Mai-Mai pendant leur fuite. L’identification de ces assaillants s’est compliqué quand les deux groupes des Mai-Mai opérant dans la région notamment ceux de Kakule Lafontaine et ceux de Jackson Kambale ont dit ne pas connaitre cette nouvelle faction des Mai-Mai. Il y aurait ainsi une nouvelle faction des Mai-Mai qui ne seraient ni pour la Fontaine qui a choisi de collaborer avec Nkunda et Serufuli, ni pour Jackson envoyé en territoire de Lubero par le Commandant de la Huitième Région Militaire pour extirper de la brousse les derniers mai-mai.
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L’imbroglio ci-dessus ne concerne pas que les groupes armés mais aussi les mouvements politico-militaires. Pour l’instant Nkunda et Serufuli se disent ennemis jurés. Leur conflit tend a exaspéré l’éternel conflit entre les Tutsi fidèles à Nkunda et les Hutu fidèles à Serufuli. Mais curieusement Nkunda et Serufuli recevraient leurs ordres de Joseph Kabila et leurs émoluments de John Numbi envoyé spécial de Joseph Kabila dans la région.
 
Les hommes d’Eglise ne seraient pas en reste de cette confusion. De Goma, plusieurs sources rapportent les efforts entrepris ces derniers temps par Mgr Ngabu pour faire accepter les rebelles Tutsi du camp Nkunda aux  populations Hutu, Hunde, et Nyanga du diocèse.   
 
Les leaders politiques du Nord-Kivu ne sont pas non plus idoines. Notez par exemple que l’homme  en charge de la logistique du mixage n’est autre que le Colonel Bwambale Kakolele, un ancien du RCD-K-ML de Mbusa Nyamwisi, évadé miraculeusement de la prison de Makala pour rejoindre le maquis de Nkunda.  
 
Les accords secrets entre Joseph Kabila et Nkunda qui ont accouché du mixage porteraient les signatures du côté Nkunda des personnes recherchées par la justice congolaise et internationale. Les évasions spectaculaires de prison des ténors actuels de l’armée mixée de Nkunda et le retour en force de ces derniers à la table de négociation de Gisenyi, prouvent à suffisance que Kinshasa est complice de ce qui se passe aujourd’hui au Nord-Kivu depuis très longtemps, car si tel n’était pas le cas, Kinshasa n’aurait pas agit contre sa propre justice en signant des accords avec des personnes recherchées par sa propre justice. 
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L’occupation actuelle du Nord-Kivu n’est pas donc une affaire qui arrive de manière fortuite mais une œuvre où plusieurs acteurs ont collaboré à l’intérieur comme en dehors du pays. Si cette occupation comme on peut le constater a fait du progrès par le mensonge, le jeu de cache-cache, qu’en sera-t-il maintenant que la vérité est on ne peut plus claire ? Quelles seront les conséquences de cette vérité qui ne peut plus être masquée ? Selon toute vraisemblance, l’heure de vérité a sonnée. C’est maintenant qu’on saura qui est le plus fort entre le peuple et ses dirigeants corrompus qui l’ont vendu sous le pretexte de la démocratie électorale. Si l’ennemi a utilise jusqu’il n’y pas tres longtemps la diversion, c’est certainement parce qu’il redoutait la capacite de nuisance du peuple qu’il voulait asservir.
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En effet, depuis le début de l’agression rwando-ougandaise, la force de résistance de la R.D. Congo a toujours été son peuple. Ce même peuple n’est pas prêt à laisser faire une occupation rwando-ougandaise. Ainsi, si rien n’est fait pour empêcher Nkunda et ses complices de Kinshasa dans leur aventure machiavélique, le Nord-Kivu risque fort d’être « Iraqiser »  ou « Somaliser » avant d’entrainer toute la R.D. Congo dans la danse. En effet, maintenant que les grands espoirs des congolais dans la democratisation du pays accouchent d’une occupation du Nord-Kivu avec une complicite averee des elus d’hier et de leurs parrains occidentaux, la voie est ouverte à l’anarchie que les élus d’hier et leurs parrains ayant trahi ne pourront mater. Ce qui arrive quand un peuple perd la confiance de ses gouvernants et des institutions internationales, c’est une anarchie sans nom comme ce que l’on voit en Iraq et en Somalie.  
Des voient s’élèvent pour demander à ceux qui ont une parcelle d’autorité et d’influence au niveau national et international de faire tout ce qui est à leur pouvoir pour éviter ce scenario macabre au Nord-Kivu en particulier et au Congo en général.
 
Rigobert Kanduki (Rutshuru) et Philippe Kasenzera (Butembo)
Beni- Lubero Online

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