Cri d

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Les 47 Prélats de l’Eglise Catholique venant de tous les coins du pays,  ont dénoncé dans leur message rendu public ce lundi 9 juillet tous les maux dont souffre la R.D.Congo.  Leur message est un cri d’alarme qui tombe bien à propos pour décrier les méthodes et les pratiques auxquelles on assiste aujourd’hui dans le chef des dirigeants congolais et qui frisent l’ère de la balkanisation arbitraire de l’Afrique en 1885,  de la colonisation, deux tristes périodes caractérisées par le pillage des ressources naturelles et l’appauvrissement de la population congolaise.
 
Pour remédier à cette marche à reculons dans les antivaleurs du passé, les évêques proposent la moralisation de la vie sociopolitique du Congo, notamment, le respect  et la protection de la dignité  humaine de tout congolais,  une gestion saine du bien commun, le respect de la parole donnée,  la lutte contre la corruption, la reforme de l’armée, la défense de l’intégrité du territoire national, etc.  
 
Cependant, les évêques n’ont pas dit concrètement comment les fidèles catholiques et les hommes de bonne volonté  à qui ils ont adressé leur message peuvent éteindre le feu qui s’est déclaré dans la case commune  voire qui est l’auteur principal de ce feu. Le danger de la perspective éthique  du message est  qu’il frappe tout le monde,  exige que tous s’amendent, manquant ainsi de pointer du doigt ceux qui portent plus de responsabilité dans la crise et qui doivent impérativement changer, pas seulement de costume ou d’outres,  selon l’expression « d’outres-neuves », mais physiquement car ils sont déjà coupables d’avoir mis le feu sur la case commune. Il faut donc appliquer à leur égard, l’éthique de la justice telle que définie par la loi congolaise.  
 
Ainsi les évêques auraient pu indiquer quelles actions concrètes les fidèles catholiques devraient mener au niveau des diocèses, des paroisses, des Communautés Ecclésiales Vivantes de Base (CEVB),  pour éteindre le feu déjà allumé. Ceci est d’autant plus important que les incendiaires nationaux et internationaux de la R.D. Congo  dont la mission n’est pas définie en termes éthiques mais plutôt de pouvoir et de profit, sont visiblement déjà entrés dans la phase de la moisson abondante et sans partage. Ce n’est pas un simple appel à la conscience qui peut les détourner de ce butin qu’ils ont déjà entre leurs mains. Pour chasser un loup qui dévore déjà  les agneaux dans la bergerie, on ne l’approche pas sur la pointe des pieds de peur de se faire dévorer aussi, mais on l’attaque par des flèches et des bâtons pour le faire fuir et au besoin le mettre définitivement hors d’état de nuire.   
 
Pour que ce message de la 43ieme assemblée plénière des évêques catholiques du Congo ne reste pas une lettre morte, les  47 évêques  catholiques de la R. D. Congo devraient collaborer activement avec les laïcs engagés dans tous les secteurs de la vie nationale et les autres confessions religieuses,  pour se constituer en force réelle capable d’éteindre le feu qui s’annonce dévastateur et qui, s’il n’est pas éteint aujourd’hui, consumera demain et les prélats et leurs ouailles.

Beni-Lubero Online

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Message de la Conférence Episcopale Nationale du Congo
 aux fidèles catholiques et aux hommes de bonne volonté
 
« A VIN NOUVEAU, OUTRES NEUVES » (Mc 2, 22) NE PAS DECEVOIR LES ATTENTES DE LA NATION
 
Préambule
 
1. Réunis en la 43ème Assemblée plénière à Kinshasa du 03 au 07 juillet 2007, nous, Archevêques et Evêques de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), vous adressons un message d’espoir et d’interpellation sur la situation socio-politique de notre pays. La conjoncture actuelle est marquée par l’insécurité toujours persistante et l’exploitation non encore bien ordonnée et contrôlée de nos ressources naturelles.
 
2. « A vin nouveau, outres neuves » (Mc 2, 22) : à une nouvelle ère, il faut des comportements nouveaux. Nous voulons vous demander à vous, notre vaillant peuple et nos nouveaux dirigeants élus, un grand sursaut national et un changement de mentalité pour sauver notre pays des dangers qui le guettent à nouveau. Ne dormons pas, la maison brûle!
 
3. En effet, au moment où nous venons de célébrer le 47e anniversaire de notre indépendance, il ne faut pas seulement nous arrêter à la date du 30 juin 1960, où le pays a acquis sa souveraineté internationale. Il convient aussi de nous rappeler l’année 1885 lorsque, à la Conférence de Berlin, l’Afrique fut démembrée et attribuée aux puissances étrangères sanctionnant ainsi la colonisation du Continent. Nos dirigeants doivent donc redoubler de vigilance, pour que le pillage des ressources naturelles ne continue pas aujourd’hui sur la base de vieilles archives coloniales ou à la faveur d’autres balkanisations.
 
I. Nos prises de position antérieures
 
4. Dans notre Message du 05 octobre 2006, nous appelions notre peuple à participer aux élections dans la vérité et la transparence. Nous dénoncions la violence dont les causes se situaient dans le refus du dialogue positif et consensuel, les exclusions, le non-achèvement de l’intégration de l’armée, les frustrations accumulées depuis de nombreuses années, l’intoxication de l’opinion et l’intolérance [1]. La CENCO a-t-elle été écoutée ? Le 05 décembre 2006, dans la Déclaration de notre Assemblée, nous affirmions néanmoins notre grande confiance en l’avenir de notre pays. Nous saluions avec joie l’instauration du nouvel ordre politique en RD Congo comme un tournant décisif vers les valeurs universelles, qui fondent des Etats de droit et des régimes politiques respectueux de l’homme et de sa dignité à tous égards. Mais nous exprimions aussi nos observations par rapport aux limites du processus électoral en même temps que nous indiquions les exigences fondamentales ainsi que les urgences qui s’imposaient pour un Congo nouveau [2]. Enfin, dans le communiqué de presse du 09 février 2007, notre regard était tourné vers l’avenir, au moment de la formation du nouveau Gouvernement de la 3e République.
 
5. Depuis lors, les Evêques des provinces ecclésiastiques de Lubumbashi, de Kinshasa (province du Bas-Congo) et de Bukavu, en vertu de leur responsabilité pastorale, ont pris des positions fermes pour condamner particulièrement l’exploitation des ressources minières au détriment du pays et de la population, le massacre au Bas-Congo et l’insécurité à l’Est du pays. L’Assemblée plénière partage toutes ces préoccupations [3] et inquiétudes tandis qu’elle réaffirme avec force le principe de l’intégrité et de l’intangibilité du territoire national congolais.
 
II. Acquis majeur
 
6. L’installation des nouvelles institutions issues des élections démocratiques (Présidence de la République, Sénat, Assemblée nationale et Assemblées provinciales, Gouvernement central et Gouvernements provinciaux), constitue certes un acquis majeur pour notre démocratie naissante. Elle inaugure en même temps une ère nouvelle pour une gestion responsable du pays. Cependant le simple fait que les dirigeants soient élus et installés dans leurs fonctions ne suffit pas pour résoudre les problèmes vitaux du peuple congolais. Il leur faut surtout une ferme volonté politique en vue de la réussite de la grande mission qui leur est confiée. En effet, les nouveaux dirigeants sont, d’un point de vue éthique, tenus d’honorer les promesses faites lors des campagnes électorales : la sécurité, la paix, l’amélioration des infrastructures routières, ferroviaires, fluviales et aériennes, la promotion de la santé et de l’éducation, le décollage économique, la gestion rigoureuse et transparente de l’Etat, l’eau et l’électricité, les relations harmonieuses et justes avec les pays voisins. Le peuple est impatient de voir le début de réalisation des projets et programmes annoncés par les autorités aujourd’hui au pouvoir. Nous encourageons celles-ci à assumer leurs responsabilités devant Dieu et devant l’histoire, en faisant confiance en Celui qui donne et le vouloir et le pouvoir (cf. Ph 2, 13).
 
III. Préoccupations particulières pour l’avenir
 
7. Les tristes événements survenus dans la ville de Kinshasa les 22 et 23 mars 2007, l’insécurité récurrente dans l’ensemble du pays et particulièrement dans les provinces de l’Est, les situations précaires aux frontières, les assassinats ciblés, la ruée au Congo d’« investisseurs » munis de contrats miniers et forestiers discutables, l’exploitation anarchique des ressources naturelles, notamment minières et forestières, la modicité du budget de l’Etat et la lenteur dans les changements et réformes tant attendus, préoccupent profondément notre cœur de pasteurs.
 
8. Venus des quatre coins du Congo, nous voulons porter à l’attention des nouveaux dirigeants du pays la souffrance du peuple qui perdure après l’installation du nouvel ordre institutionnel. La nation est interpellée pour que les mesures nécessaires et urgentes soient prises devant la gravité du sort de notre population tant dans la Capitale que dans les autres provinces du pays. Nous attirons spécialement l’attention sur les points suivants.
 
1° Persistance des antivaleurs
 
9. Nous avons dénoncé à plusieurs reprises, dans le passé, les antivaleurs qui rongent notre société et risquent d’hypothéquer son avenir, notamment l’absence de critères de moralité, la corruption et la vénalité, l’achat des consciences, le déficit de loyauté et de sincérité, l’infidélité à la parole donnée, la cupidité, le goût du gain facile, les détournements de deniers publics, la violence. Aucun pays ne peut se construire dans le mépris des valeurs morales [4].
 
2° Insécurité grandissante
 
10. Dans tous nos diocèses, sur l’ensemble du territoire national, on observe des faits d’insécurité : vols, viols, tracasseries, enlèvements, taxes et péages excessifs mais sans effets escomptés, arrestations arbitraires, cas répétés de meurtre… Nous condamnons tous ces actes commis par les éléments des forces de l’ordre, les milices et les rebelles étrangers présents sur le territoire national. L’exploitation prochaine du pétrole dans le Lac Albert en Ituri, foyer de tension, sème des inquiétudes en ce qui concerne le bénéfice qu’en tirera la population. Le peuple veut connaître la vérité pour avoir ses apaisements, car il craint la guerre du pétrole.
 
Bref, la situation sécuritaire actuelle de notre pays est encore inquiétante. Elle appelle la conjugaison des efforts entre les autorités, la population et tous les hommes de bonne volonté décidés à épargner au pays de nouvelles hostilités. Pour la CENCO, faut-il insister, la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale ne sont pas négociables. 3° Exploitation des ressources naturelles au désavantage du peuple congolais 11. Au lieu de contribuer au développement de notre pays et profiter à notre peuple, les minerais, le pétrole et la forêt sont devenus des causes de notre malheur. Comment comprendre que nos concitoyens se retrouvent, sans contrepartie ni dédommagements, dépouillés de leurs terres, par le fait des superficies concédées ou vendues à tel ou tel exploitant minier ou forestier? Est-il admissible que des travailleurs congolais soient traités ici et là sans égard pour leurs droits et leur dignité humaine ?
 
La CENCO s’engage, à travers ses structures, à suivre avec une attention particulière le processus de « révisitation » des contrats miniers et forestiers afin qu’il se fasse dans la plus grande transparence au profit du peuple congolais. Car la bonne gestion des ressources nationales sera un facteur déterminant pour la renaissance de la RDC. La CENCO créera en son sein une Commission épiscopale ad hoc chargée de suivre la question de l’exploitation des ressources naturelles et exiger le respect des droits humains par les compagnies œuvrant dans ce secteur.
 
4° Heure des investisseurs congolais
 
12. Au moment où les pays étrangers, les institutions internationales, les multinationales, les organisations non gouvernementales de développement (ONGD) et les hommes d’affaires s’intéressent aux richesses du Congo, qu’attendent les filles et les fils de notre pays pour investir chez nous ? Aucun pays au monde ne s’est développé uniquement avec l’aide extérieure. C’est par un dur labeur et une gestion transparente doublée d’une grande volonté de toute une nation que le vrai développement sera possible. L’heure des investisseurs congolais a sonné ! L’aide extérieure est certes nécessaire, mais elle ne sera qu’un appui. Il revient aux Congolais d’avoir le souci d’investir les premiers dans leur propre pays, lorsqu’ils en ont les moyens. Il faut abandonner le détournement du denier public, éviter la corruption et la vénalité dans la passation des marchés, se mettre au travail pour créer la richesse du Congo et ainsi ne pas se laisser classer parmi les pays les plus corrompus, les plus endettés et les plus pauvres du monde. Aide-toi, le ciel t’aidera !
 
5° Assassinats de journalistes et d’autres citoyens
 
C’est tuer une démocratie que de museler la presse et de mettre un terme à la vie de ceux et celles qui veulent informer et former la population sur la marche de la nation. La vie humaine est sacrée ; nous condamnons dès lors tout acte de violence et exigeons des enquêtes sérieuses pour identifier les vrais commanditaires de ces meurtres et que justice équitable soit rendue. 6° Grandes souffrances de la jeunesse et des marginalisés
 
14. Les Congolais n’oublieront pas que les guerres récentes ont été menées par une incorporation massive des mineurs dans les milices. Aujourd’hui encore, d’autres jeunes ne vont plus à l’école à cause d’une paupérisation généralisée et une misère grandissante. Ils s’engagent alors dans des activités qui sacrifient leur santé et leur dignité. D’aucuns, même avec un diplôme d’université, sont simplement au chômage. L’emploi a été déclaré une des priorités du nouveau Gouvernement. Il est urgent de créer les conditions de mettre les Congolais au travail productif et digne.
 
Nous plaidons pour que soient pris en charge les marginalisés, notamment les enfants de la rue et les enfants dits sorciers, qui risquent de constituer une bombe à retardement si la société les oublie aujourd’hui. La conjoncture actuelle ne fait qu’accroître leur nombre. Plus que jamais nous demandons à l’Etat de prendre en charge les différents marginalisés de notre société. Car, une société qui néglige ses membres les plus faibles est moribonde. S’occuper d’eux est une exigence d’équité et de justice
 
7° Dégradation des infrastructures et insalubrité publique
 
Des territoires entiers de notre pays sont enclavés. Les explorateurs et les colonisateurs avaient déjà bien compris que, sans infrastructures routières, fluviales et ferroviaires viables, le Congo ne valait pas un seul sou. Aujourd’hui les routes sont délabrées, malgré des efforts louables de réhabilitation. Beaucoup de voies ferrées et fluviales ne sont plus praticables. Plus encore, nos villes sont devenues insalubres. De nombreuses familles vivent à côté de dépotoirs. Il est temps, si le pays veut avancer, que les grands travaux de reconstruction et d’assainissement de notre milieu de vie soient effectivement entrepris.
 
8° Budget de l’Etat 2007
 
16. Le budget 2007 adopté est vraiment modique par rapport aux grandes réalisations annoncées et promises. Les recettes de notre pays étant encore limitées, le budget actuel serait élaboré pour répondre aux conditions posées par les institutions financières internationales en vue de bénéficier de leur soutien ! Encore une fois, c’est la mauvaise gestion des dirigeants du pays depuis les dernières décennies, qui a conduit à cette situation humiliante et ridicule pour un grand pays comme le nôtre. Faut-il que le peuple attende encore longtemps avant que ses conditions de vie ne commencent à s’améliorer ?
 
Nous encourageons le Gouvernement de la 3ème République à appliquer réellement et avec détermination son « contrat de gouvernance », afin que notre pays retrouve la prospérité et sa fierté sur l’échiquier international.
 
IV. Conditions du décollage national
 
1° Des exigences éthiques avant tout
 
17. « A vin nouveau, outres neuves » (Mc 2,22). Nous ne le dirons jamais assez : sans exigences morales et spirituelles, nos ressources naturelles et toute la technicité du monde ne peuvent rien apporter pour l’avènement d’un Congo nouveau. Nous sommes convaincus que l’avènement des gouvernants élus ne peut à lui seul entraîner automatiquement le changement tant souhaité et attendu par notre peuple. Nous croyons que seule la conversion des cœurs nous aidera tous à édifier une société juste et fraternelle [5]. Ce changement de mentalité, travail de longue haleine, passe par une bonne éducation aux valeurs en famille, à l’école, dans les médias et dans un environnement moralement sain.
 
2° Une décentralisation bien réfléchie
 
18. Nous sommes heureux que l’Assemblée nationale commence à examiner la loi organique sur les entités décentralisées. Pour la Cenco, la décentralisation pourra permettre le développement local et obliger les autorités à être plus responsables de leur gestion auprès de la population, dans les limites de leurs compétences constitutionnelles respectives. Les élections locales et communales joueront un rôle capital pour une gestion de proximité. La démocratie à la base deviendra ainsi une réalité. Cependant, la création de nouvelles provinces et des entités territoriales décentralisées devra être minutieusement étudiée pour éviter de multiplier des structures inefficaces, improductives et inutilement coûteuses.
 
3° Une indépendance à reconquérir
 
L’impuissance des Etats africains à s’assumer après l’indépendance politique ne peut que conduire au néocolonialisme, destiné à contrôler leur pouvoir, à exploiter les ressources naturelles et à récupérer l’argent investi dans différentes causes. Par ailleurs, les fils et filles de notre pays ne doivent pas prendre le relais de la coupe en règle systématique et illégale des ressources minières, forestières, fluviales et lacustres. Restons vigilants comme les pères de notre indépendance dotés d’un nationalisme qui a pu sauvegarder les intérêts du pays.
 
4° Un développement solidaire
 
20. Nous rappelons la nécessité d’un développement intégral et solidaire, dans le respect total de l’identité de notre peuple avec ses caractéristiques historiques et culturelles. Il est indispensable, comme le souhaitait le Pape Paul VI dans « Populorum progressio », de reconnaître à chaque peuple le même droit à « s’asseoir à la table du festin » au lieu d’être comme Lazare qui gisait à la porte, tandis que « les chiens venaient lécher ses ulcères » (Lc 16,21) [6]. Nous en appelons à un grand sens de la solidarité nationale. Et que le revenu national profite effectivement à tous les fils et filles de ce pays.
 
5° Une mise en place rapide du Conseil économique et social
 
En vue de rappeler à tous les Congolais et Congolaises la tâche importante du développement de la RDC au grand profit du peuple, il est urgent qu’on s’attelle à mettre sur pied la nouvelle structure du Conseil économique et social prévue par la Constitution (art. 208). L’Eglise participera aux activités de ce Conseil pour apporter sa contribution spécifique au développement du pays et au bien-être du peuple congolais [7].
 
V. De nouveaux appels à tous Aux dirigeants
 
22. – Nous encourageons le Gouvernement de la 3e République à poursuivre les efforts amorcés en vue de la reconstruction de notre pays. Nous invitons nos dirigeants au courage politique et à ne pas avoir peur devant les dossiers dits sensibles (contrats léonins, bradage du patrimoine national, détournements des biens publics, assassinats, atteinte à l’intégrité territoriale et à la souveraineté nationale). – Nous leur demandons la publication des résultats des enquêtes sur le massacre au Bas-Congo, le conflit frontalier au territoire de Kahemba et l’incendie à Mbandaka. Le peuple voudrait savoir ce qui s’est réellement passé. – Nous recommandons par ailleurs à notre Etat de renforcer la surveillance des frontières nationales et celle de l’espace aérien, de reboiser avec promptitude les espaces dévastés par l’exploitation forestière.
 
Au sujet de l’Armée nationale, nous réaffirmons avec insistance l’urgence d’une vraie armée républicaine. A ce propos, nous estimons qu’il est impérieux d’organiser les états généraux de l’armée, tant souhaités depuis quinze ans. Ainsi sera préparée la mise sur pied d’une nouvelle armée capable de répondre à sa mission de défendre et de sauvegarder l’intégrité du territoire national [8]. Pour que la population soit fière de son armée, celle-ci ne doit pas être auteur ou complice des violations des droits humains. Le délogement des militaires à Kinshasa nous incite à demander avec insistance que les casernes soient reconstruites pour un logement décent des soldats et en des lieux appropriés. L’Eglise assurera quant à elle l’encadrement spirituel et moral de notre armée à travers les aumôneries militaires.
 
Aux exploitants miniers et forestiers
 
– Nous recommandons aux nouveaux dirigeants de mettre de l’ordre dans le secteur minier et forestier. Les richesses de notre pays doivent profiter- Il est demandé aux exploitants de respecter les conditions contractuelles et salariales favorables pour les travailleurs et la population congolaise, de prendre en considération toutes les exigences écologiques qui s’imposent. – Nous invitons les différents investisseurs dans ce secteur à créer sur place des industries de transformation des produits bruts.
 
Au peuple
 
24. Nous disons non à la mentalité d’assistés perpétuels. Nous en appelons à un peuple fier, digne et capable de prendre en charge son destin pour son développement, comme nous n’avons cessé de le répéter : «Tous les Congolais et Congolaises doivent pleinement assumer leur part de responsabilité pour l’avènement d’un Congo nouveau. Nous devons savoir que le développement de notre pays dépend avant tout de nous-mêmes » [10]. La manne ne tombera pas du ciel, ni de l’étranger. C’est par « la sueur de nos fronts », par « le dur labeur » que nous bâtirons un pays plus beau qu’avant et nous léguerons à la postérité un Congo où il fait bon vivre. Il nous faut une culture du travail bien fait, sain et persévérant, et bannir la loi du moindre effort, la mendicité et l’oisiveté qui s’installent de plus en plus dans la mentalité. La rigueur intellectuelle, l’amour du travail manuel, le paiement des impôts, l’esprit d’ordre et de discipline, le sens de la propreté, le respect et la protection du bien commun, sont autant de vertus qui contribuent à l’excellence et à la prospérité d’une nation. En effet, le travail est une obligation, un devoir de l’homme [11]. Plutôt qu’une corvée ou une contrainte, le travail ennoblit l’homme et l’aide à s’accomplir, pour un mieux-être et un bonheur véritable.
 
A la communauté internationale
 
Nous rappelons les exigences d’un développement solidaire sur le plan international. Nous réaffirmons à ce sujet la position fort claire du Pape Benoît XVI, qui demande aux huit pays les plus industrialisés du monde (G8), « de mettre en place des procédures pour une annulation rapide, entière et inconditionnelle de la dette extérieure des pays les plus lourdement endettés et des pays les moins développés (…), à prendre des mesures afin d’éviter que ces pays ne retombent dans une situation d’endettement insoutenable ». Le Pape suggère ensuite d’ « établir et promouvoir de façon fiable et durable des conditions commerciales favorables incluant un accès large et inconditionnel aux marchés ». Enfin, il invite la communauté internationale à poursuivre « ses efforts en matière de réduction des ventes d’armes – légales ou non-, de trafic illégal de matières précieuses, et de fuite des capitaux en provenance des pays pauvres, qu’elle s’engage à éliminer les pratiques de blanchiment d’argent ou de corruption de fonctionnaires dans ces mêmes pays »[12].
 
Nous remercions les pays qui se sont inscrits dans cette logique en faveur de notre pays afin de permettre son décollage économique. Nos dirigeants devront de leur côté veiller à ne pas contracter de nouvelles dettes qui pénaliseront les générations futures. C’est aussi un devoir moral de récupérer autant que possible l’argent détourné et logé dans des banques étrangères. Il n’est pas juste que tout le peuple ait à rembourser une dette dont ont bénéficié seulement quelques individus.
 
De même nous attirons l’attention du Gouvernement pour qu’il n’accepte pas de nouveaux investissements avant la finalisation du processus de la « révisitation » des contrats miniers en vue de sauvegarder les intérêts de la nation.
 
A la Mission des Nations unies au Congo (MONUC)
 
Nous demandons à la MONUC d’user de son nouveau mandat obtenu pour assurer une protection effective de la population. Sinon, le peuple commencera à douter de l’opportunité de sa présence. Des événements récents signalés ici et là risquent de diminuer -hélas ! – la confiance de la population aux soldats de la paix [13].
 
CONCLUSION
 
La crise de notre pays est avant tout éthique. Le pays a grandement besoin d’hommes nouveaux et intègres. Un changement radical dans les comportements personnels, sociaux et politiques pourra apporter une nouvelle manière de gérer la République. Le Congo nouveau sera fondé sur les valeurs républicaines, les valeurs morales de la vie sociale et les valeurs évangéliques [14]. L’homme est une totalité. Aucun aspect de sa vie matérielle, sociale, politique, intellectuelle, morale et spirituelle ne peut être négligé. Le Congo ne disparaîtra jamais si nous le bâtissons sur des valeurs respectueuses de notre identité nationale. 28. Nous confions l’avenir de notre pays à Dieu pour qu’advienne un Congo nouveau, paisible et prospère. Que Marie, Notre Dame de l’Espérance, elle qui a cru aux promesses du Seigneur, nous soutienne dans le combat pour le changement de mentalité et la promotion des valeurs humaines authentiques.
 
Que Dieu bénisse et protège la République Démocratique du Congo. Fait à Kinshasa, le 07 juillet 2007
 
Les évêques membres de la Conférence épiscopale nationale du Congo présents à la session ordinaire de la XLIIIème Assemblée Plénière de la Cenco
 
 01. S.E. Mgr MONSENGWO Laurent: Archevêque de Kisangani, Président de la CENCO
02. S.E. Mgr TSHIBANGU Tharcisse: Evêque de Mbuji-Mayi, Vice-président de la CENCO
 
03. S.E. Mgr SONGASONGA Floribert, Archevêque de Lubumbashi
04. S.E. Mgr KUMUONDALA Joseph, Archevêque de Mbandaka-Bikoro
05. S.E. Mgr MAROY François-Xavier, Archevêque de Bukavu
06. S.E. Mgr MADILA Marcel, Archevêque de Kananga
 
07. S.E. Mgr MUKENGE Godefroy, Archevêque émérite de Kananga, Directeur National des OPM
 
08. S.E. Mgr BOLANGI Joseph, Evêque de Budjala
09. S.E. Mgr NGABU Faustin, Evêque de Goma
10. S.E. Mgr NKINGA Louis, Evêque de Lisala, Administrateur Apostolique de Molegbe 11. S.E. Mgr MAEMBA Ferdinand, Evêque de Lolo
12. S.E. Mgr MUNUNU Edouard, Evêque de Kikwit
13. S.E. Mgr KEMBO Gabriel, Evêque de Matadi
14. S.E. Mgr MULUMBA Gérard, Evêque de Mweka
15. S.E. Mgr NGOY Nestor, Evêque de Kolwezi
16. S.E. Mgr Jean-Anatole KALALA, Evêque de Kamina
17. S.E. Mgr NKIERE Philippe, Evêque d’Inongo
18. S.E. Mgr TAFUNGA Jean-Pierre, Evêque d’Uvira
19. S.E. Mgr MOKOBE Joseph, Evêque de Basankusu
20. S.E. Mgr DOMBA Richard, Evêque de Dungu-Doruma, Administrateur Apostolique de Bondo
21. S.E. Mgr NSIELELE Fidèle, Evêque de Kisantu
22. S.E. Mgr MASENGO Valentin, Evêque de Kabinda
23. S.E. Mgr KABOY Théophile, Evêque de Kasongo
24. S.E. Mgr NZALA Louis, Evêque de Popokabaka, Administrateur Apostolique d’Idiofa
25. S.E. Mgr KATAKA Janvier, Evêque de Wamba
26. S.E. Mgr MBUKA Cyprien, Evêque de Boma
27. S.E. Mgr DJOMO Nicolas, Evêque de Tshumbe
28. S.E. Mgr MUDISO Gaspard, Evêque de Kenge
29. S.E. Mgr LUKUMWENA Stanislas, Evêque de Kole
30. S.E. Mgr KASANDA Léonard, Evêque de Luiza
31. S.E. Mgr SIKULI Melchisédech, Evêque de Butembo-Beni
32. S.E. Mgr LEMBI Camille, Evêque d’Isangi
33. S.E. Mgr UTEMBI Marcel, Evêque de Mahagi-Nioka
34. S.E. Mgr ANDAVO Julien, Evêque d’Isiro-Niangara
35. S.E. Mgr RUVEZI Gaston, Evêque de Sakania-Kipushi
36. S.E. Mgr AMBONGO Fridolin, Evêque de Bokungu-Ikela
37. S.E. Mgr KWANGA Vincent de Paul, Evêque de Manono
38. S.E. Mgr URINGI Dieudonné, Evêque de Bunia
39. S.E. Mgr MUTEBA Fulgence, Evêque d’ Kilwa-Kasenga
40. S.E. Mgr TSHITOKO Pierre-Célestin, Evêque de Luebo
41. S.E. Mgr NGOY Oscar, Evêque de Kongolo
42. S.E. Mgr TEMBO Philibert, Evêque Coadjuteur de Budjala
43. S.E. Mgr NGUMBI Willy, Evêque nommé de Kindu
44. S.E. Mgr NLANDU Daniel, Administrateur Apostolique de Kinshasa
45. S.E. Mgr KASANDA Bernard, Evêque Auxiliaire de Mbuji-Mayi
46. S.E. Mgr KISONGA Edouard, Evêque Auxiliaire de Kinshasa
47. S.E. Mgr BULAMATARI Dominique, Evêque Auxiliaire de Kinshasa
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 MEMORANDUM DE LA SOCIETE CIVILE /VILLE DE BUTEMBO/ NORD-KIVU
 
           A Son Excellence Monsieur le Président de la République Démocratique du Congo et Chef de l’Etat, à Kinshasa
           A Son Excellence Monsieur le Premier Ministre et Chef du Gouvernement, à Kinshasa
           A l’Honorable Président de l’Assemblée Nationale de la République Démocratique du Congo, à Kinshasa
           A Son Excellence Monsieur le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en République Démocratique du Congo
           A Leurs Excellences Messieurs les Ministres de l’Intérieur et Décentralisation et de la Défense Nationale, à Kinshasa
           A Son Excellence Monsieur le Gouverneur de la Province du Nord-Kivu, à Goma
 
Leurs Excellences, Honorable,
 
La Société Civile de Butembo se fait l’honneur de relayer les cris de la population du Nord-Kivu en général et celle de Beni, Butembo et Lubero en particulier, face à la crise sécuritaire qui ne cesse de s’accentuer du jour au jour.
La population du Nord-Kivu qui a investi tous ses espoirs dans le processus électoral qui a permis avec succès de mettre fin à la crise de légitimité, n’a pourtant pas cessé de vivre le cauchemar de la guerre car, sur la quasi-totalité de la Province, on ne fait que déplorer :
           les tueries et enlèvements ;
           les viols ;
           les pillages des biens sur des axes routiers et dans de nombreux villages ;
           l’enrôlement forcé des mineurs et des élèves ;
           la destruction du parc national des Virunga ;
           l’incendie des villages et des récoltes ;
           etc.
Ces forfaits ont été mieux détaillés dans le rapport de la Commission de l’Assemblée Provinciale du Nord- Kivu du 31 mars 2007 sur la sécurité , qui a le mérite d’être une œuvre des représentants élus au suffrage direct et universel par le peuple et qui , non seulement stigmatise les causes et les conséquences de l’insécurité au Nord Kivu , mais aussi et surtout en identifie les auteurs.
Les grands fauteurs des troubles actuellement, ceux qui continuent à créer le calvaire pour la population du Nord Kivu pourtant endeuillée et martyrisée depuis plus d’une décennie, sont les brigades mixées de Laurent Nkunda, le tristement célèbre.
 
Leurs Excellences, Honorables,
 
Nous soutenons nos Députés Provinciaux et leur rapport du 31 mars 2007. Nous soutenons également les députés nationaux ressortissant du Nord Kivu qui, en date du 9 mars 2007 ont fait un mémorandum sur la situation sécuritaire préoccupante créée par l’opération de mixage.
 
A cet effet :
Nous reconduisons les recommandations faites et par les députés provinciaux et par les députés nationaux, tout en insistant :
 
1.         Le refus catégorique du déploiement des brigades mixées en Territoires de Beni et Lubero et en villes de Butembo et Beni. Certes , il n’appartient pas à la population de définir la stratégie militaire, mais si le peuple demeure le souverain primaire , il refuse que ses mandataires ( gouvernants) décident que sa sécurité soit assurée par ses bourreaux d’hier et d’aujourd’hui.
2.         Le brassage obligatoire des éléments des troupes fidèles à Nkunda et leur déploiement ailleurs que dans l’ancien Kivu. Pourquoi doivent-ils saper l’autorité de l’Etat en exigeant de rester au Kivu, sinon que de poser le germe d’un régionalisme très dangereux ?
3.         L’accélération et le renforcement du processus DDRRR et DDR pour mettre fin à l’activité des milices, en utilisant des mécanismes qui ne bravent pas la souveraineté de la République.
4.         Le bon encadrement des brigades déjà brassée et de la police (équipement, dotation en vivres, salaire régulier, cantonnement …) afin qu’ils cessent de vivre en clochard tracassant la population pour leur survie.
 
Leurs Excellences, Honorable,
 
Pourquoi le sang des pauvres paysans, victimes innocentes, peut continuer à couler ?
Les larmes aux yeux, nous vous demandons d’y mettre fin. Redonnez- nous encore le goût de vivre.
 
Pour la Coordination de la Société Civile de Butembo
 
Mn KASIVIKA KAHINDO, Conseillère et Présidente a.i.
 
Me KAMAVU Pétillon, Secrétaire Rapporteur
 
Mr MAGHULU Fabrice, Chargé des Relations Publiques
 
BREF RESUME DU RAPPORT DE LA COMMISSION CHARGEE D’INVESTIGATION SUR LES CAS D’INSECURITE EN PROVINCE DU NORD-KIVU
 
           Honorable Président,
           Honorables Membres du Bureau,
           Honorables Députés et Chers collègues,
 
A la date du 15 mars 2007, à l’occasion de la séance
d’ouverture de la session ordinaire de votre Assemblée et suite à notre propre motion d’information sur la situation sécuritaire préoccupante en Territoire de Masisi et Rutshuru. Vous avez voté une résolution instituant une commission d’enquête sur tous les cas d’insécurité en Province du Nord-Kivu.
 
La composition de votre commission que nous avons l’honneur de présider vous sera donnée par le rapporteur lorsqu’il sera entrain de vous donner l’économie du rapport.
 
Bien qu’elle ait eu 5 jours de travail et tenant compte de l’abondance de la matière, votre commission estime qu’elle avait besoin de 5 autres jours supplémentaires pour produire un rapport complet.
 
Cependant l’urgence ayant été requise, votre commission s’est dépensée tant bien que mal a produit un rapport dont le contenu va être porté à votre   connaissance.
 
Elle sollicite néanmoins, votre indulgence pour les imperfections qui l’entacherait, celle-ci étant une œuvre humaine.
 
 Au cours de sa lecture, vous constaterez que faute de preuve, votre commission n’a pas indiqué certaines causes de cette insécurité notamment l’affairisme à outrance de certains officiers généraux et supérieurs des FARDC qui, au lieu de s’occuper de la sécurité à travers les troupes, passent leur temps à penser comment gonfler leurs poches et ce, au détriment des éléments de leurs unités.
 
Citons en passant « l’opération retour », les affrètements et l’affectation des avions militaires à des fins mercantiles pour des intérêts particuliers et égoïstes etc..
 
Ces preuves auraient pu être recueillies à certains endroits et dans certaines institutions déjà identifiées mais faute de temps, d’une décision du Bureau qui agrée votre commission ainsi que de l’ordre de mission, ces éléments ne sont pas disponibles. Il s’agit donc d’une contrainte parmi tant d’autres que votre commission a rencontrées.
 
Toutefois, à l’aide des éléments contenu dans ce rapport ainsi que des recommandations formulées, nous espérons que votre Assemblée sera suffisamment éclairée et que les voies de discussion sont balisées pour aboutir aux orientations à l’égard de l’Exécutif National et Provincial pour nous débarrasser de cette gangraine qu’est l’insécurité en notre Province.
 
                 A Présent, j’invite le rapporteur à venir vous donner l’économie de ce rapport.
 
                                                                        Je vous remercie.
 
                                                                        Hon. Jules HAKIZUMWAMI
 
 
I. DU CONTENU DU RAPPORT
 
1.         De l’introduction
 
Conformément à l’article 40 du Règlement Intérieur,
L’Assemblée Provinciale, dans sa plénière du 15 mars 2007, a procédé à la formation d’une commission chargée d’investigation sur l’insécurité au Nord-Kivu, suite à une motion d’information soulevée par l’Honorable Jules HAKIZUMWAMI HABIMANA.
 
2.         De l’objet de la commission
La Commission avait pour missions spécifiques de :
           Inventorier les cas et faits d’insécurité dans toute la Province du Nord-Kivu depuis le mois de janvier 2007 ;
           D’en déterminer les causes et si possible les auteurs et les conséquences plausibles sur le processus de démocratisation, de pacification et de tolérance ethnique dans la Province du Nord-Kivu ;
           De proposer des pistes de solution à court ou moyen terme pour mettre fin à cette insécurité.
 
2.1.      De la composition des membres de la commission
 
La commission est composée des Honorables ci-après,
Conformément à l’article 41 du Règlement Intérieur :
 
1.         BUTSAPU NDUNGO HAGGAI, de l’UPRDI ;
2.         HAKIZUMWAMI HABIMANA Jules, du R.C.D.;
3.         KAKULE LUKAMBO MAOMBI, Indépendant ;
4.         Mwami KABUTWA DJUMA Sylvestre, Chef coutumier;
5.         KUNE MUTUMBA MBAKWA Samuel, du PPRD;
6.         LUKUMBUKA KYAMBI Désiré, de Force du Renouveau ;
7.         Mwami MASSALI KAPUPA Liévin, Chef coutumier;
8.         MUTEULE MOROMORO Mutuel, du PPRD;
9.         NKUBA KAHOMBO Sylvestre, du PPRD;
10.       N’ZCHANZCHU KENDA KENDA Valérien, indépendant.
 
2.2.      De la composition du bureau
 
Conformément à l’article 42 du Règlement Intérieur, le
Bureau est composé des Honorables ci-après :
1.         HAKIZUMWAMI HABIMANA Jules, Président
2.         N’ZCHANZCHU KENDA KENDA Valérien, Vice-président
3.         NKUBA KAHOMBO Sylvestre, Rapporteur
4.         Mwami MASSALI KAPUPA Liévin, Rapporteur Adjoint 
 
2.3.      De la méthodologie du travail
 
Pour confectionner notre rapport, nous nous sommes proposés des méthodes et techniques à suivre en vue d’atteindre les vérités que nous poursuivons. C’est pourquoi nous avons recouru à la méthode historique qui est une tentative pour rétablir les faits en vue d’arriver à une description et une compréhension exacte concernant les événements passés. Cette méthode nous a permis de pouvoir localiser, interpréter et évaluer systématiquement et objectivement les documents et données disponibles en vue de comprendre les tenants et les aboutissants de ces cas d’insécurité.
.                                   
Quant aux techniques utilisées, nous nous sommes servis
spécialement de l’analyse documentaire, de l’interview libre ou électronique.
 
L’analyse documentaire consiste à étudier et analyser les documents pour arriver à déterminer les faits que ces documents portent.
Elle nous a servi dans la consultation des ouvrages, revues et autres documents ayant trait à notre sujet. Il s’agit notamment de :
           L’Eglise profanée : chronique et violation des droits du Clergé pendant la guerre d’agression 1998 – 2000, sous la direction de Christian HEMEDI BAYOLO ;
           Actes du forum national sur les droits de l’Homme en République Démocratique du Congo de Décembre 2004, sous la direction du bâtonnier Michel Innocent MPINGA TSHIBASU, Président de l’observatoire national des Droits de l’homme (ONDH).
           CRONGD/Nord-Kivu : Mémorandum sur l’insécurité au Nord-Kivu du 23/03/2007
           UNHCR, Document de travail relatif à l’impact du mixage sur la protection de la population civile, Cluster Protection Nord-Kivu du 22 mars 2007.
           Http: //fr.t351.mail yahoo.com/ym/ Show letter? Msgld = 6444_ 63711247_55593_1983_2… 15/03/2007
 
L’interview libre ou encore électronique (par téléphone portable) consiste en un échange avec la population concernée dans le but, soit de fonder les affirmations théoriques sur des faits, soit pour connaître un sujet ou une situation dans leur complexité. L’interview libre nous a permis d’être en contact avec nos informateurs. C’est pourquoi ce rapport est, en grande partie, le résultat des témoignages de premières mains recueillis auprès des personnes physiques de différentes circonscriptions électorales du Nord-Kivu et victimes ayant assisté à certains faits décrits dans ce rapport.
 
 Ce rapport s’est également basé sur certains documents d’archives qui nous ont fourni des informations du terrain.
Notre rapport a comme champ d’investigation les neuf circonscriptions électorales du Nord-Kivu, à savoir les territoires de Rutshuru, Masisi, Nyiragongo, Walikale, Lubero et Beni ainsi que les villes de Goma, Butembo et Beni. La période concernée par cette étude va de janvier 2007 à Mars 2007.
.
Ce travail n’a pas la prétention d’avoir épuisé tout le sujet, mais, il ouvre des nouveaux horizons à tout enquêteur qui voudrait s’impliquer dans la problématique de l’insécurité au Nord-Kivu qui couvre plusieurs aspects et ne peut donc, de ce fait, être entièrement résolu par cette seule étude. Beaucoup de choses restent encore à faire pour approfondir cette étude. 
 
2.4. Difficultés et facilités rencontrées
 
De sérieuses difficultés se sont dressées devant votre commission. Notre rapport s’est, en plus des difficultés d’ordre matériel, buté à celles d’ordre financier qui ne nous ont pas permises de faire tout ce que nous avions souhaité faire.
Elles nous ont entravé au point de ne pas atteindre l’ensemble de notre milieu d’investigation.
 
Par ailleurs, le délai accordé à la commission pour élaborer ce rapport était extrêmement court. La commission avait estimé qu’un délai de dix jours pouvait lui faciliter la tâche d’investigation sur terrain.
 
 Toutefois, votre commission est sûre que toutes les informations que nos enquêtes nous ont permis de rassembler, constituent une base non négligeable pour comprendre le problème de la pertinence de l’insécurité dans la Province du Nord-Kivu.
 
S’agissant des facilités, votre commission a bénéficié de la disponibilité spontanée de ses informateurs qui livraient leurs témoignages par souci de devoir de mémoire afin que les Honorables Députés ne puissent prétendre avoir ignoré toutes les atrocités et humiliations subies par les populations congolaises habitant la province du Nord-Kivu au mépris des dispositions légales en R.D.C et des règles impératives du Droit International Humanitaire édictées par les nations dites civilisées. Il est également question d’attirer l’attention du Gouvernement congolais qui se complait dans un silence complice ou coupable face à l’insécurité permanente qui a élu domicile dans la Province du Nord-Kivu.
 
2.5.      Du déroulement des travaux
 
Compte tenu de l’urgence, la commission s’est subdivisée en sous groupes de travail formés selon les territoires ou circonscriptions électorales du Nord-Kivu. Chaque membre de la commission a été chargé de consulter les autres députés et/ou ses électeurs afin de réunir les éléments nécessaires à fournir à la commission. 
 
2.6.      Du contenu proprement dit du rapport
 
Cinq   points font l’objet de ce rapport, à savoir : bref rappel historique, faits, causes, conséquences et recommandations.
 
2.6.1.   Bref rappel historique
 
Le 30 juin 2003, le Président Joseph KABILA KABANGE Procédait à la nomination d’un gouvernement d’union nationale de transition qui s’était fixé les objectifs principaux ci-après : 
1° La réunification, la pacification, la reconstruction dupays, la restauration de l’intégrité territoriale et le rétablissement de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national ; 
2° La réconciliation nationale ;
3° La formation d’une armée nationale, restructurée et intégrée ;
4° L’organisation des élections libres et transparentes à tous les niveaux permettant la mise en place d’un régime constitutionnel démocratique ;
5° La mise en place des structures devant aboutir à un nouvel ordre politique.Et, pour résoudre le problème sécuritaire de la R.D.C créé par l’existence de différents groupes armés, il avait été décidé à SUN CITY de procéder au brassage de tous les groupes armés congolais (cfr résolution n° DIC/CDS/04 relative à la formation de la nouvelle armée congolaise, restructurée et intégrée).
Par ailleurs, il faut également signaler que depuis 1994, avec l’entrée massive des réfugiés rwandais, il y a eu une circulation massive et incontrôlée d’armes de guerre au Nord-Kivu qui a favorisé la naissance des plusieurs milices qui commençaient déjà à se résorber progressivement au profit de l’intégration de l’armée.
                                   
 Après leur nomination et affectation, certains officiers de l’ex ANC du RCD-Goma dont le Général Laurent Nkunda, colonel Ruhorimbere et Colonel Gishondo avaient refusé d’intégrer la nouvelle armée nationale et entraîna ainsi dans leur mutinerie la 81ème et 83ème Brigades basées au Nord-Kivu.
 
Le comportement de ces officiers, dissidents de l’armée gouvernementale, avait eu comme conséquence l’affaire du Major Kasongo suivi de l’insurrection du Colonel Jules Mutebutsi et de l’intervention du général dissident Laurent Nkunda à la tête de plusieurs bataillons de la 8ème Région Militaire.
 
 Depuis lors, Laurent Nkunda, sème la désolation et la psychose de la population du Nord-Kivu à partir de son Quartier Général de Kichanga, localité située à cheval entre le Territoire de Rutshuru et Masisi.
 
La situation sécuritaire de la Province du Nord-Kivu est également compromise par la présence permanente des Interahamwe, FDLR et les Nalu/ADF et autres.
 
 Et pourtant, le processus de brassage avait évolué tant bien que mal jusqu’à arriver à la constitution de 14 brigades intégrées, qui ont joué un rôle déterminant dans la restauration de la paix et de la sécurité dans la partie Est de la R.D.C.
 
 Cependant, les étapes d’identification complète des éléments armés prêts au brassage, par la structure militaire intégrée, ( S.M.I) aurait frustré le chairman du CNDP, Laurent NKUNDA MIHIGO qui, dans son cahier de charge du 30 décembre 2006, dont copie a été réservée à l’Assemblée Provinciale du Nord-Kivu se dit disposé à apporter une contribution significative dans la définition de cette nouvelle politique. Cette nouvelle politique d’intégration des forces armées nationales, selon Laurent Nkunda, sera totalement différente de celle qui est mise en œuvre actuellement, car celle-ci est totalement inefficace et contre-productive.
 
Voilà malheureusement l’origine du mixage endossé par le Gouvernement Congolais dans ses accords de Kigali avec le CNDP en vue de mettre fin au « Phénomène NKUNDA, FDLR et MAÏ-MAÏ » et identifier ses militaires ainsi que les Brigades qui se sont rebellées dont celle de la 81ème et 83ème. Cette opération avait conduit au mixage de la première Brigade de MWESO, puis celle de JOMBA, de MASISI, KICHANGA et de KIMOKA suivi d’un déploiement provisoire. En réalité, le mixage est perçue par la population du Nord-Kivu comme un passage d’éléments étrangers dans l’armée Congolaise, et la Consécration d’une mutinerie au sein des FARDC au mépris de l’article 190 de notre Constitution qui stipule que « nul ne peut, sous peine de haute trahison, organiser des formations militaires, paramilitaires ou des milices privées, ni entretenir une jeunesse armée ».
De même, les militaires brassés et intégrés, une fois déployés, sont abandonnés à leur triste sort (fond de ménage insuffisant, solde quasiment inexistante, etc.). Cela fait que les militaires se déchaînent sur la population qu’ils rançonnent, tuent, violent comme si cette population était source de leur malheur. Ceci pourrait se traduire aussi comme une expression d’un message pour attirer l’attention du gouvernement sur leur misère qui malheureusement demeure insensible. 
 .
2.6.2.   Les faits
 .
La situation qui prévaut actuellement dans la Province du
Nord-Kivu sur le plan sécuritaire et humanitaire est très préoccupante et mérite une attention particulière de la part des Honorables Députés.
 
 L’insécurité au Nord-Kivu n’est pas seulement dénoncée par les membres de l’Assemblée Provinciale, elle a eu à l’être également par les ONG des Droits de l’Homme.
 
 On se souviendra que la délégation de la Province du Nord-Kivu affirmait, lors du forum national sur les droits de l’Homme en RDC, tenu au centre catholique NGANDA, du 25 au 29 Octobre 2004, forum organisé par l’Observatoire National des Droits de l’Homme, nous citons :
« Pour permettre et justifier la réunification du pays, lors du partage des responsabilités au niveau territorial, il était convenu qu’une province ne pouvait pas être gérée par les mêmes autorités militaires et administratives. A cet effet, si une composante désigne le Gouverneur d’une Province, l’Etat-major devrait absolument être dirigée par une autre composante. Dans toutes les Provinces, ce principe avait été bien respecté, sauf dans la Province du Nord-Kivu suite à certaines raisons non encore abordées. Il est vrai que ce principe a causé des conflits dans le Sud-Kivu, mais pas ailleurs. Pour la Province du Nord-Kivu, le non respect de ce principe vient d’occasionner une insécurité généralisée qui viserait l’élimination de certaines personnalités dans la Province du Nord-Kivu. Cette dernière est restée dans la même situation de rébellion, car la philosophie et la logique administratives, politiques et militaires sont restées quasiment les mêmes.
 
 Nous pouvons facilement conclure que la Province du Nord-Kivu n’a jamais bénéficié des effets positifs du cadeau de la réunification du pays comme les autres provinces, surtout du point de vue sécuritaire, politique et administratif ; ainsi, nous avons réalisé que dans le domaine militaire aucune discipline n’existe. C’est pourquoi, il a été très décourageant de voir les insurgés provenir de la Province du Nord-Kivu pour agresser une Province sœur, le Sud-Kivu. Il a été remarqué une irresponsabilité et une complicité notoire dans le Chef de toutes les autorités politiques et militaires dans l’avancement de ce mouvement insurrectionnel, surtout la 8ème Région militaire du Nord-Kivu.
 
 Il faut noter que dans la Province du Nord-Kivu, plus particulièrement dans la Ville de Goma, au moins une personne est assassiné par nuit ». (1)
 
 Actuellement, le mixage semble avoir été initié comme une formule spécifique pour le Nord-Kivu, à des motifs non encore élucidés, et a déjà mis en place les brigades ci-après :
 
1. La Brigade Alfa
 
Elle est déployée à Mweso-Kashuga-Kalembe-Nyanzale-
Kikuku-Kibirizi-Rwindi et Bambu. Elle est dirigée par le Colonel MOSALA avec son adjoint, le Lieutenant-colonel KABUNDI.
 
 Le bataillon le plus mauvais de cette brigade est celui qui se trouve à Mweso-Kashuga et Kalembe, commandé par le colonel Eric Bizimana et son adjoint Major Murenzi.
 
2. La brigade Bravo
 
Elle est déployée à Binza-Busanza-Bukoma-Jomba-Bweza
et Rubare. Elle est commandée par le colonel Makenga avec comme adjoint, le Lieutenant-colonel Cyrille et le Lieutenant-colonel Bisamaza. Cette brigade sème la désolation sur la totalité des localités qu’elle était sensée sécuriser.
 
3. La brigade Charly
 
Elle est déployée à Ngungu – Tchugi, Luke, Mashaki,
Katale, Masisi, Bukombo (Nyabiondo) et Mianja. Elle est commandée par le colonel Yav avec comme adjoint, le lieutenant Colonel Wilson Nsengiyumva.
 
 Le S2 de la Brigade Charly pourchasse les éléments militaires qui n’ont pas opté pour l’insurrection du Congrès National pour la Défense du Peuple ( CNDP) dans le Groupement MUPFUNI-Matanda, précisément dans la contrée de Rubaya. Cette situation débouche souvent à des échanges des coups des balles entre les deux camps.
 
Il faut noter que les coins les plus insécurisés sont ceux qui sont sous le commandement des bataillons du Major Janvier Kidume à Ngungu et Gasake et du lieutenant colonel Manzi à Tchugi, Luke et Mashaki.
 
4.  Brigade Delta
 
Elle a comme responsable, le Colonel Faustin Muhindo et
son adjoint, le colonel MASUDI avec comme S3, le major GIPANGA.
 
5.  La brigade Echo
 
Elle a comme responsables, le colonel John PADIRI et son
Adjoint, le Colonel Claude MICHO.
 
6.   Une brigade non mixée et non brassée
 
Elle est déployée à Karuba-Bitonga-Kamuronza-Tongo-
Bishusha et Bukombo. Elle est dirigée par le colonel Claude Mulomba Bahati.
 
  Par ailleurs, la répartition des FDLR (forces démocratiques pour la libération du Rwanda) sous la direction de Monsieur Ignace Murwanashyaka se présente de la manière suivante : 
 
           Les FDLR/FOCA (forces combattantes Abacunguzi) sont reparties en plusieurs divisions, à savoir :
 
1.         la Division du Nord appelée « SONOKI »
Elle couvre le territoire de Walikale et le Nord de Masisi à Ngungu.
Cette brigade compte plus ou moins 2.080 hommes et est dirigée par le colonel Minani Sebuhara et comprend quatre bataillons :
 
– 1ère   bataillon Someka sous la direction du Major Damas Shemeki :     +   450 hommes
– 2ème bataillon Montana, dirigé par le lieutenant colonel Sadiki soleil :   + 500 hommes
– 3ème Bataillon réserve, dirigé par le lieutenant Colonel Ndizimihigo :      + 430 hommes
– 4ème bataillon Bahamas, dirigé par le lieutenant colonel Maître Hussein : + 500 hommes
 
2.         Division Masisi appelée Zenith
 
Elle est dirigée par le Général Mudachumura. Elle couvre le  
Sud-Est de Masisi à Kalonge et compte plus ou moins 2.165 hommes.
Elle est répartie en quatre bataillons :
 
1.         bataillon Scood du Major Safari Martin : + 380 hommes.
2.         bataillon PUMA du lieutenant-Colonel IGOR Araphat Franck : + 470 hommes
3.         bataillon BICEPS du lieutenant-colonel Kadance : + 415 hommes
4.         Bataillon PM du lieutenant Colonel Romeli : + 500 hommes.
 
Cette division de Masisi a une équipe de protection de plus ou
moins 150 hommes.
 
3. La division de Kibirizi
 
Déployée principalement à Kibirizi, Miriki et Pety.
Elle comprend quatre bataillons :
 
1er bataillon Kibirizi, dirigée par le major DAMAS
2ème bataillon Bushalingwa du lieutenant Bimangos
3ème Bataillon Kanune du Lieutenant Bermondo
4ème Bataillon Buleusa du lieutenant Meme Bruce.
 
 Le bataillon de Kibirizi compte quatre compagnies ci-après :
1ère compagnie de Kirama, dirigée par le lieutenant   Ndatimana Richard Degaule.
2ème compagnie de Binza, dirigée par le lieutenant Koffi Tulikumwe Jaguard
3ème compagnie Nyamulagira, du Lieutenant Mupepe Ibrahim
4ème compagnie Kiwanja, du Lieutenant Chalenge.
 
  Il faut souligner que les positions spécifiques des FDLR en territoire de Rutshuru sont situées à :
 
           Kirama, dans le Bwito où on trouve trois positions :
           Kirama
           Kahumiro
           Kinyamuyagha.
           Binza/Bwisha avec deux positions :
           Busesa
           Kabuhendo.
           Kiwanja avec deux positions
           Katemba
           Nyamulagira
 
Cependant, malgré   tous ces renseignements sur l’organisation
Militaire des FARDC et des FDLR qui sont à la base de l’insécurité de nos populations, il y a lieu de souligner que beaucoup d’actes pervers sont commis par les premières cités. 
A titre purement indicatif, ci-après quelques cas d’insécurité dans
la Province du Nord-Kivu.
.
a.         Territoire de Rutshuru
 
1. le 16/01/2007 : Assassinat de Monsieur ISMA LOKOKO à Kahunga
2. le 19/01/2007 :  4 personnes furent brûlées vives à Kiseguro par la population alors que les victimes étaient détenus au cachot de la PNC /KISEGURO
3. Le 23/01/2007 : Fusillade à Kibirizi par les éléments de la brigade Alfa  faisant état de cinq blessés qui ont été récupéré par MSF/Rutshuru en vue des soins.
4. le 24/01/2007 : Assassinat de Madame Elda Muhawenimana à Nyongera, en pleine journée vers 13 heures par un      Militaire dans les rayons de la Brigade Bravo.
5. Le 08/02/2007 :  Assassinat de trois personnes dont Lisamba et deux de ses voisins à Kiseguro par les militaires de la Brigade « Bravo ».
6. le 09/02/2007 : 10 jeunes gens dont BIZIMANA MIRAMBI, fils de Faustin NGERANGEZE, NIZEYIMANA, NDANA BUREGEYA et BAKANJA KARABOSHA, tous des démobilisés, ont été enlevés dans la localité de Kabindi/Jomba et portés disparus.
7. Le 10/02/2007: Assassinat de Monsieur Busimba Maguru, Chef de  localité de Buramba par les éléments de la brigade Bravo et d’un motard     de passage    de Nyamilima à Kiseguro dont le nom reste à chercher ainsi que les personnes ci-après, tous de Kiseguro :  Rugirokorwanze, Byiringiro, Munenge, Buhuru,  Geredi, Toto, Tchombe.
Chasse au Capita du même lieu (Kiseguro) qui se trouve actuellement en fuite pour sauver sa vie.
Il y a eu également incendie de plusieurs maisons par représailles des militaires de la Brigade Bravo sur cette population innocente accusée d’être de connivence avec les FDLR et Maï-maï.
 
8. Le 12/02/2007  :   Assassinat à son domicile à Nyamilima de Monsieur   Sylvain Muhanya, échangeur, par des militaires, à la recherche de l’argent. Entre temps, les militaires interdisaient la population d’avoir accès à leurs champs.
9. Le 13/02/2007 : Monsieur Bwenge de Nyamilima a été enlevé à son domicile par de éléments armés pour une destination inconnue jusqu’aujourd’hui.
10. Le 17/02/2007 : Chasse à Monsieur Barakagira, infirmier Responsable du Centre de Santé de Tanda/Bweza et viol de deux patientes Devota MITIMA et    Suzanne du même Centre par les militaires de la Brigade Bravo.                                  
11. Le 19/02/2007 : Affrontements à Nyakakoma entre Maï-maï et les éléments du Colonel Makenga où deux personnes ont été brûlées vives, accusées de complicité avec les Maï-maï. A la même date, pillage de deux véhicules en provenance de Bunagana pour Goma ( un fuso et un bus) par des éléments armés, non autrement identifiés, où trois passagers à bord, ont été blessés par balles et sont actuellement internés à l’hôpital général de Rutshuru.
12. Le 21/02/2007 :  Le véhicule de Monsieur Resto de Butembo a été pillé à Busendo par des éléments de service de sécurité militaire en place.
13. Le 24/02/2007 :     Assassinat à son service de Monsieur Oscar Ntamu- shobora, infirmier Responsable du centre de santé de Mutabo/Busanza. Toujours au mois de Février, pillage d’un véhicule de la CBCA par les éléments du service de sécurité militaire en place sur le tronçon Kiwanja-Rwindi.
14. Le 07/03/2007 : Assassinat d’un démobilisé à Rubare vers 11 heures par les éléments de la brigade « Bravo ».
15. Le 09/03/2007: – Assassinat de plus ou moins 20 personnes civiles à Buramba/Rutshuru, accusées d’avoir été de mèche avec les FDLR et Maï-Maï qui, prétendument avoir embusqué le Commandant de la Brigade « Bravo ». Jusqu’aujourd’hui, d’autres cadavres en putréfaction continuent à être découverts dans ce coin. La liste de ceux qui ont été enterrés se présente de la manière suivante :
Monsieur Dingi, enseignant à l’E.P. Kyabafu ; Dodo stockeur du quartier Kanzanza, Honoré, élève de la 2ème année secondaire ; Bambata Kajinya, enseignant à l’E.P. Rive ; Louise Kasonia ; ménagère, Bahati Sematumbe, enseignant à l’E.P. Kyabafu ; Muhiya, enseignant à ‘E.P. Chabafu, Bigaragara Mugira Elève en 1ère année secondaire, Denise, NESTOR, Zikamanga, Kazingufu, Kamate Emmanuel, tous cultivateurs. Là aussi, il y a eu incendie de plusieurs maisons.
– Le même jour, le Curé de la Paroisse de Jomba,
Abbé Richard Bemeriki a été grièvement blessé par balle à leur
couvent par un militaire de la brigade « Bravo »
Aussi, quelques jours avant cela, il y a eu chasse au Curé de la Paroisse de Karambi, Abbé Canisius KABASEMA, qui est actuellement en fuite après avoir échappé à la mort à trois reprises.
16. Le 10/03/2007       :           Un homme non autrement identifié, a été enlevé du véhicule par un capitaine à Mabenga. Après avoir ravi son téléphone portable et une somme de 300 dollars U.S, il a été assassiné et le corps jeté ans la rivière Rutshuru.
17. Le 13/03/2007       :           Assassinat d’un opérateur économique nommé Kabongo de Kiwanja sur la route Kiwanja-Katwiguru.
18. le 18/03/2007        :           Sur le tronçon Rwindi-Mabenga, embuscade tendue sur les véhicules en provenance de Kanyabayonga ; pillage des biens et assassinat de maman FANY de Goma et plusieurs personnes blessées.
 
19) le 20/03/2007 : vers 14 heures, assassinat de 3 policiers à Shinda/Busanza par les militaires de la Brigade Bravo. Les victimes sont :
1. MATEMANE
2. NDAYAMBAJE
3. SAFARI et plusieurs autres blessés dont Kabiona qui se trouve actuellement interné au DOCS.
20) le 22/03/2007 : vers 7 heures à Tchumirwa/Ntamugenga, assassinat de Monsieur RUTORE Hategekimana alias Bébé par les militaires mixés déployés dans ce milieu.
 
B. TERRITOIRE DE MASISI
 
1.         En février 2007 : – le S2   de la Brigade CHARLY pourchasse les soit disant déserteurs dans le centre de Rubaya, dans le GroupementMUPFUNI – MATANDA.
           Assassinat à Runigi, dans la localité de Kishondja, groupement Muphuni-Kibabi de Monsieur DIONIZI, Président du marché et son épouse
           Assassinat à Rubaya des Messieurs KAGAME, nyumba kumi et de Janvier MAFAYO. Une femme de KABINGO a été blessée et est internée à l’Hôpital DOCS de Goma.
 
2.         Du 04 au 06/03/2007 : assassinat à Kazinga/Mashaki de six personnes . Il s’agit de Monsieur KARO, Madame NIKUZE, Monsieur Fidèle SEGITABURE, Madame FURAHA Salomon, Suzana, fille de Nyamanjanja et Monsieur BIVEVU NDALIHORANYE.
3.         Le 10/03/2007 : Assassinat à kAZINGA/Gitengeri dans le Groupement Nyamaboko Ier des Messieurs SINJEBAHIMYE KABINGO et NYAYITURIKI SEBURO et six autres personnes dont les noms ne sont pas encore donnés.
 
Depuis le mois de janvier 2007, jusqu’à ces jours, plusieurs
cas de pillage, viol, torture et d’incendie des maisons ont été signalés dans plusieurs contrées du Territoire de Masisi.
 
 Ces violations massives des droits de l’Homme ont été l’oeuvre des éléments de la brigade Charly. A titre illustratif, nous pouvons citer   les cas ci-après :
 
           pillage des plusieurs chèvres par les militaires de la Brigade Charly dans les Groupements de NYAMABOKO Ier, KIBABI Ier et KIBABI II ; 
           Pillage des chèvres et autres biens de la population du village de KALEMBE, dans le Groupement des BASHALI-MOKOTO ;
           Viol de la fille NZIGIRA par un militaire de la Brigade Charly ainsi qu’une vieille maman de Kibabi. La fille Nzigira âgée de 14 ans se trouve actuellement au centre médical GESOM/Goma.
           Dans la nuit de mardi au mercredi, du 13 au 14/03/2007, vers 3 heures du matin, les éléments de la Police Nationale de Matanda ont été tabassés à mort par les éléments de la Police parallèle du CNDP de Laurent NKUNDA en provenance de Bihambwe, Rubaya, Mumba, Ngungu, Luzirandaka et Karuba. Cette police parallèle a ravi quatre   armes et a chassé les élements de la Police régulière de leur poste. Il faut noter que la Police du Territoire de Masisi est mono ethnique et ne répond qu’aux ordres du CNDP et non à l’Inspection Provinciale de la Police Nationale et moins encore du Commissariat de Masisi dont les animateurs sont en fuite à Goma.
           Incendie par les militaires des trois   maisons à Mashaki et deux maisons à Kazinga.
           Administration des tortures corporelles aux personnes ci-après : Mvuyekure Bitaga, Habimana, Mapendo de Rubaya ainsi qu’à Pierre Baguma, Libwete, Mwavita Karubone et Idrissa Karubone de Kinii.
 
Comme on peut le constater, le Territoire de Masisi est
actuellement gérée par une administration parallèle et rebelle qu’on peut qualifier de politco-militaire qui se caractérise par une prolifération des pseudo entités administratives non couvertes par des textes juridiques légaux.
 
Dans cette administration rebelle, le Territoire de Masisi est subdivisée en Centres, Postes d’encadrement administratif et Postes d’Administrateurs Assistants résidents dirigés respectivement par les Chefs de Centre, Chefs de Poste d’Encadrement administratif et Administrateurs de Territoire Assistants Résidants. Dans cette anarchie administrative, les pseudo entités administratives ci-après ont été répertoriées à titre indicatif. Il s’agit du centre de Bihambwe, Ngungu, Rubaya, Karuba, Luke, Nyabiondo, Lushebere, Mushaki, Muheto, Nyamitaba , Kichanga, Mweso, Kalembe, Sake, Busumba,….
Quant aux postes d’encadrement administratif, on peut citer ceux de Mbitso, Kibabi-Rubaya, Ruvunda-Mushaki, Karuba, Luke, Ngomashi , Mahanga, Mweso, Pinga ;
 
 Parmi les animateurs de cette administration rebelle, nous pouvons mentionner les noms suivants :
 
           NZABIRINDA NTABARA s’est substitué à l’Administrateur de Terrioire de Masisi à Nyamitaba ;
           Faustin MUNYARUGERERO de Kibabi se proclame Administrateur de Masisi-Su ;
           MAGAZINI NVUYEKURE se subsititue à l’Administrateur de Terrioire de Masisi à Ngungu ;
           HABARUREMA Patrice ATAR de Sake, etc …
 
Tous ces usurpateurs de fonction n’ont des comptes à rendre
qu’au CNDP de Laurent NKUNDA, perçu comme leur Président dans ces entités en voie d’être un Etat autonome.
 
Cette administration rebelle, procède à des recouvrements illégaux des taxes   des entités administratives décentralisées de la Province, du Territoire et des Chefferies et Secteurs.
 
 A titre indicatif, quelques taxes perçues par cette administration rebelle :
– taxe péage route : 25 $ U.S par véhicule FUSO plus 5 litres de carburant ;
– taxe sur évacuation des produits agricoles : 25 $ U.S par véhicule ;
– taxe sur évacuation du bois :
            * 200 $ U.S pour les bois rouges par véhicule fuso
            * 50 $ U.S pour bois eucalyptus par véhicule ;
– taxe sur évacuation des minerais : 800 à 1000 $ par véhicule
– taxe sur étalage : 100 fc
– taxe sur élevage et produits agricoles
            * une chèvre : un dollar
            * 10 vaches    : un veau
            * 10 kgs d’haricots par ménage.
– taxe d’occupation parcellaire : 10 dollars par parcelle et en cas de vente, il faut payer les 10 ù du prix de vente.
 
L’un des objectifs majeurs de cette administration vise à détruire tout ce qui est considéré par le peuple comme sacré, à l’occurrence l’Eglise Catholique et l’autorité coutumière.
Une fois détruit le noyau autour duquel se construisent la cohésion et l’identité communautaire des peuples, il serait plus facile de soumettre les populations désormais sans défense et sans repères à l’arbitrage d’une idéologie et d’un système totalitaire qui veulent s’imposer à tout   prix. Raison pour laquelle les acteurs de cette administration   se vantent partout d’avoir récupéré et conquis tout le Nord-Kivu sans combat par l’entremise du mixage.
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Dans ce même ordre d’idées, la plupart des Chefs coutumiers sont limogés, soit remplacés par des faux Chefs ou usurpateurs.
Tels sont les cas, dans le groupement de Bashali-Kaembe, des suspensions arbitraires de certains Chefs de Localité. Il s’agit du Chef de Localité de Nyamitaba, monsieur HAMULI BAKULU, remplacé par Monsieur MBOZEMBIZI Sylvain de Kibachiro, le Chef de Localité de Burungu MAONERO KISSA KISSA, remplacé par Monsieur Emmanuel RWAMAKUBA de Bwito ; le Chef de localité de Butsihe/Kalonge, Monsieur Maonero Ndoole remplacé par le fils de Munyinya de Muheto , etc..)
 
S’agissant du recrutement et de l’opération du mixage en cours dans le Territoire de Masisi, il était supposé que les éléments de Laurent NKUNDA devraient être issu de l’ex-ANC, mais curieusement, force est de constater qu’il y a beaucoup d’élements des démobilisés rwandais ( cfr vérification sur O.G de l’ex-ANC). De même la MONUC par le biais de la section D.D.R.R.R a récupéré douze militaires de la brigade Bravo à Nyamilima sollicitant leur rappatriement au Rwanda . Ils ont déclaré qu’ils étaient des civils et avaient été recrutés par le C.N.D.P. Leur rapratriement s’est effectué le 23 mars 2007 et parmi eux figuraient notamment HAKIZIMANA Emmanuel, MUKINDIRI Jean Pierre, KAGORORA Jean Marie Vianney, KABERA Emmanuel.
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Le fameux mixage fait état d’une tricherie certaine ; les élèves et les bouviers ont été enregistrés et enrôlés dans la Brigade Charly pour garder la place de ceux qui viendront   du Rwanda. Après mixage, ces élèves ont remis leurs tenues et macarons au Commandant chargé de cette opération. Il s’agit des écoles ci-après :
 
a.         Institut RUBAYA/ADVENTISTE
1.         Irakunda Kabanya
2.         Justin
3.         Amani Kambale
4.         Museveni
5.         Mugisha
6.         Edmond Ngabo
7.         Safari Gahizi
 
b.         Institut LUWIZI /NGUNGU
 
1.         Elembo Rumori
2.         Sibomana Mbereye
3.         Ngaruye Butotera
4.         Aimable Bigiribiyebo
5.         Issa Kanoti
6.         Mporendame Biyingoma
7.         Munguiko Kanjanja
8.         Sadiki Maniraguha
9.         Bizimana Nkwaya 
10.       Tumaini Tabro
11.       Gashule Baragiriza
 
c.         Bouviers
 
1.         Gasagure
2.         Thomas
3.         Déroche
 
Il faut craindre également qu’avec ce phénomène de mixage qui ne rassure que les populations du Nord-Kivu, il y ait résurgence des milices pour l’autoprotection ou autodéfense de ces populations qui ne trouvent plus leur sécurité dans les brigades mixées.
 
 De même, faut-il souligner l’occupation anarchique et la destruction systématique du Parc national des Virunga ( PNVi) à partir de Kamuronza, Kilolirwe, Burungu, Kihonga par des personnes en provenance du Rwanda et ailleurs et qui échapperaient à l’administration congolaise. La plupart d’entre elles, détiendraient des armes à feu. Pendant le jour, elles portent des tenues civiles et pendant la nuit, elles portent des tenues militaires et des armes.
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Aussi, des mouvements irréguliers des populations s’effectuent le long des frontières congolaises en provenance des pays voisins dont le Rwanda et l’Ouganda avec la complicité des autorités militaires, de la D.G.M et gouvernementales. Cette situation entraîne des immigrations clandestines et souvent nocturnes doublées d’infiltration des militaires rwandais. A titre exemplatif, le 06 mars 2007 vers 19 h 30’, sept camions de marque FUSO avec immatriculation temporaires (IT) sous escorte des militaires congolais, avaient traversé la frontière congolo-rwandaise via Goma à destination de Rutshuru. Ces véhicules transportaient des personnes présentées comme réfugiées dont la plupart étaient des femmes et des enfants. Leur lieu d’accueil reste inconnu jusqu’à présent. Ces rapatriés rentrent au pays sans remplir aucune formalité administrative.
Pendant ce temps on observe la spoliation tacite et les ventes illégales des champs des déplacés et de l’Etat par les autorités politico-militaires de l’administration du CNDP, usurpatrices des pouvoirs publics et par certains irresponsables de famille, agissant de connivence avec cette administration rebelle.
 . 
Parmi les innombrables cas de spoliation des champs des paisibles citoyens, citoyens, à titre illustratif la parcelle du marché de négoce et de bétail de Kausa ainsi que le champs de Monsieur MASUDI BULENDA et autres à Nyamitaba transformés en lotissement et ventes des parcelles par Monsieur Nzabimana Ntambara.
Il est également observé le transport de gros bétail ( vache) au Nord-Kivu en provenance du Rwanda et de l’Ouganda par des personnes qui n’ont jamais habité ou disposé des pâturages dans cette contrée. Cela entraîne la divagation de ces animaux suivis de la destruction des cultures des paysans.
 
En sus de tous ces cas d’insécurité signalés ci-haut et qui ne sont pas exhaustifs, ajoutons que des opérations militaires,  soit disant contre les FDLR, sont déclenchées par les éléments des brigades mixées et ce, dans les milieux uniquement de grandes agglomérations avec comme conséquence, les pertes en vie humaine, des biens, le déplacement massif des populations, famines et maladies.
 
C. VILLE DE GOMA
 .
Depuis un certains temps, la Ville de Goma est rentrée dans une insécurité , caractérisée par des assassinats ciblés et vols à mains armées. Ci-après quelques cas illustratifs :
1.         le 1er/01/2007 : assassinat de Monsieur KAMBALE MAULIZO, motard de Goma, par des hommes en uniforme
 
2.         le 21/02/2007 : assassinat de Monsieur Roger KISAMBA, motard de Goma par des hommes en uniforme
 .
3.         le 02/03/2007 : Tentative de viol de la fille Rebecca NZIAVAKE, âgée de 13 ans, résidant sur l’avenue de plateau, quartier Katoyi, n° 88 par un démobilisé du nom de AJUAMUNGU.
 
4.         Le 14/03/2007 : assassinat des Messieurs Adelard et plaise à Nyabushongo vers 19 h 20’ par des hommes en uniforme.
5.         Dans la nuit du 16 au 17/03/2007 : Madame KYAKIMWA Viviane, résident au n° 128, quartier Mabanga-Sud, commune de Karisimbi, a été visitée par des voleurs à mains armées et ont emporté » certains effectifs de la maison ?
6.         Dans la nuit du 16 au 17/03/2007 : Monsieur KABUYAYA Emmanuel et Madame KABUO ont été victimes d’un vol perpétré à leur domicile sur l’avenue katoyi vers 0 heures par des hommes en uniforme.
7.         Le 17/03/2007, Monsieur KABWEBWENU SAMBA, de l’avenue Katoyi, n° 87, quartier Mabanga Nord, commune de Karisimbi, a été victime d’un pillage nocturne organisé à son domicile par des hommes en uniforme, non autrement identifiés.
8.         Le 17/03/2007 : assassinat des Messieurs Thomas et Janvier dans le quartier Keshero, commune de Goma vers 19 heures.
9.         Le 23/03/2007 : assassinat de Madame KAVIRA MASTAKI , au quartier Mabanga-Sud par des militaires.
10.       Le 26/03/2007 : assassinat de Monsieur DUDU RAMAZANI, fils de RAMAZANI infirmier de la REGIDESO/GOMA.
 . 
D. TERRITOIRE DE NYIRAGONGO
Le Territoire de Nyiragongo est, à ce jour, considéré comme la porte d’entrée et d’infiltration des militaires rwandais par les frontières de KABUHANGA, Kasizi et Kabuye. Ces infiltrations provoquent, à leur tour, plusieurs cas d’insécurité dont les plus connus sont :
 
1. le 14/01/2007 : un garçon   de 12 ans, répondant au nom de ZAKATO, du village Janga/Buhimba, a été assassiné dans le pâturage du Mwami BUTSITSI Jean Bosco. Le corps du défunt n’a été retrouvé qu’une semaine et demie, après, soit le 25/01/2007. Les bergers des vaches ont été suspectés comme auteurs de cet   assassinat.
 
2.  En février 2007 : assassinat d’un jeune homme de la famille MUSABIRANYA à Buhumba, dans la localité de Ngobera, par un militaire de la 9ème Brigade qui allait puisé de l’eau et ce, après que la victime ait résisté à la corvée de transporter le bidon de ce militaire.
 3.   Dans la nuit du 28 au 29/03/2007 : assassinat vers 19 heures de Monsieur BIZIMUNGU KANANE, motard du village Kiziba II par des hommes armés.
 
Aussi, il faut noter que certains éleveurs des vaches
résidant dans les territoires de Nyiragongo, Rutshuru, et une partie de la Ville de Goma, utilisent les champs des paisibles paysans comme pâturages et cela entraîne la destruction méchante de leurs cultures et par ricochet, l’installation de la famine dans ces contrées. Les paysans victimes de cette destruction, ne peuvent se plaindre, sous peine d’être tué.
 . 
E. TERRITOIRE DE WALIKALE
 . 
Les principaux acteurs de l’insécurité dans le Territoire de Walikale sont principalement des hommes en armes et en uniformes. Il s’agit d’une part, des interahamwe et des élements des FDLR et d’autre part, des éléments non brassés de la 85ème Brigade ( ex-Mai-mai ).
 
Les interahamwe et les éléments de FDLR occupe à eux seuls les 2/3 du Territoire, soit 12 groupements sur les 18 qui composent le territoire de Walikale. Il s’agit des groupements Ikobo, Kisimba, Usale, Ihana, Luberike, Walowa-Yungu, Waloa-Uroba, Bakondjo, Bana-ningi et Iberu.
 
 Les éléments non brassés de la 85ème Brigade ( ex-mai- mai) occupent seulement le tiers du Territoire. On les retrouve dans les Groupements Bafuna-Wanianga, Bakusu, Bana-Bangi, Utunda, Wassa et Bafuna-Bakano.
 
Les interahamwe et les éléments de FDLR se sont négativement illustrés dans les pillages, les violences sexuelles et les assassinats. Ils pillent les champs des paisibles citoyens, s’occupent de l’exploitation forestière illégale et se rendrent maîtres de toutes carrières minières de la forêt.
 
Quant aux éléments de la 85ème Brigade, ils s’illustrent dans les tracasseries policières et administratives. Ils érigent partout des barrages routiers en exigeant à tout passant de leur laisser quelque chose. Et le fait de ne rien offrir entraîne des châtiments corporels très sévères comme des coups de fouet, extorsion et parfois la fusillade. Ainsi au début du mois de mars 2007, un homme, dont le nom n’a pas été donné, a été abattu à Walikale par des soldats pour ne leur avoir pas offert une tige de cigarettes qu’ils demandaient. 
 
De même, ces militaires imposent également de lourds tributs à la
population. Il s’agit de leur collecter régulièrement des vivres et de l’argent pour contribuer à leur survie. Tout notable qui ne serait pas à mesure de satisfaire leur demande est passible des peines d’emprisonnement. Sa libération n’est conditionnée que par le paiement d’une forte somme d’argent.
 
Il faut également souligner que ces mêmes militaires s’acharnent à commettre des actes des violences sexuelles. Toutes les jolies femmes du village (mariées ou pas) et surtout les jeunes filles, sont les leurs. Ils pratiquent le braconnage ainsi que l’exploitation illégal de l’or, du coltan, du diamant, etc.
 
Actuellement, les habitants du territoire de Walikale vivent dans une psychose généralisée suite à l’éventuelle arrivée des troupes de Laurent NKUNDA dans leur contrée. La population de Walikale garde toujours un mauvais souvenir de la première occupation de Walikale par les troupes de L’ex ANC du R. C.D qui avait occasionné de graves violations des droits de l’homme. Cette situation provoque des déplacements massifs des populations vers les centres urbains ( Goma et Bukavu).
  
F. TERRITOIRE DE LUBERO
 
 Pour mieux cerner le problème d’insécurité dans le territoire de Lubero, nous avons jugé bon de l’aborder selon les cités et axes ci-après :
1.         Cité de Kanyabayonga
2.         Cité de Kayna
3.         Cité de Kirumba
4.         axe Kayna-Luofu-Miriki
5.         axe Kirumba – Kikuvo – Kamandi/ lac
6.         Kamandi – Lac – Muramba
7.         axe Lubero-Kaeri-Kasugho
8.         Butembo – Manguredjipa
 
1.  Cité de Kanyabayonga
 
A partir du mois de janvier 2007, 55 cas de viol des femmes ont
été signalés dont 12 cas ont été commis dans les domiciles des victimes et 43 autres, lors du retour des victimes de leurs champs.
 
Dans la nuit du 13 au 14 mars 2007, deux jeunes filles ont été violées à Bulotwa-Bukangi par des militaires des FARDC.
 
 A Kyahulwa et Kikyo, lieux où sont positionnés les militaires des FARDC, la population de ces contrées sont régulièrement soumis au pillage et au rançonnement de ces militaires en revenant de leurs champs.
 
2. La Cité de Kayna
Comme dans la cité de Kanyabayonga, la population de Kayna est victime des pillages des chèvres et rançonnement organisés principalement par les interahamwe et les militaires des FARDC.
 
3. la cité de Kirumba
                        
Le pillage des produits de champs est régulièrement organisé
contre les populations de Kavumba-Kiranga-Kyahulwa-Kamandi et Mighobwe.
 
 Le 24/02/2007 : assassinat de Monsieur Kambale Kimuha, motard de son état, par des hommes en armes.
 
4.   Axe Kayna-Luofu-Miriki
 
Le pillage est organisé régulièrement et devenu ainsi monnaie
courante contre la population des villages se trouvant sur l’axe Kayna-Luofu et Miriki. Kibanda, où stationnent des militaires FARDC, est devenu un lieu, par excellence, de rançonnement de la population.
 
 Au début du mois de janvier 2007, Monsieur MBALE, joueur de l’équipe Bilanga a été abattu par un militaire FARDC en plein match contre l’équipe de Momekano à Miriki.
 
5.  Axe Kirumba-Kikuvo-Kamandi-Lac
 
Sur cet axe, le pillage est perpétré par les interahamwe contre
les petits vendeurs des poissons. Il faut également souligner qu’une série des tracasseries militaires orchestrées par les éléments des FARDC sous le commandement de KASAMBO menace la vie de la population.
 
6. Axe Kamandi – Lac – Muramba
 
 Il faut également souligner qu’une série de tracasseries militaires orchestrées par les éléments des FARDC sous le Commandement de KASANDO menace la vie de la population.
En effet, les éléments des forces armées basées à Kamandi-lac et à Lunyasenge se livrent à la pêche illicite dans les frayères ou maternités de poisson du Lac Edouard. Ensuite, nombreuses divisions de l’armée, installées dans chaque village telles que DEMIAP, FD, Bureau 2, etc…, extorquent les biens des paisibles paysans qui sont abandonnés à leur triste sort. 
 .
7.    Axe Lubero-Kaeri-Kasugho
 
Les tracasseries militaires et policières sont monnaie courante
contre la population se trouvant sur l’axe Lubero-Kaeri et Kasugho, malgré la collecte de la ration alimentaire auprès de celle-ci.
 
La présence des FDLR, Interahamwe, basés à Luhanga-Luofu et
Kitoa-Kasugho ouvre la voie aux malfrants militaires et civils qui sèment l’insécurité dans le territoire de Lubero.
 
8.         Axe Butembo-Mangurejipa
 
Les interahamwe se sont installés dans l’extension du Parc de
Maïko, dans le secteur des Bapere. Avec la complicité des gardes parc, ils y exercent le commerce et sèment l’insécurité totale le long de cet axe, principalement dans les localités Njiapanda et Byambwe dans le groupement Manzia, en chefferie Baswagha.
L’insécurité est également due à la présence des Maï-Maï du général Baraka Lolwako, âgé de 7ans, à environ 30km au Nord-Ouest de Butembo.
 
G. VILLE DE BUTEMBO
 
Dans la ville de Butembo, l’insécurité provient principalement de la présence des militaires des FARDC de la 2ème brigade dans le quartier Rughenda. Ces derniers occupent de force les maisons d’habitation et les chantiers de la population qui ne disposent pas de lieu d’aisance. Après avoir accompli leur grand besoin, ils emballent leurs déchets dans les sachets qu’ils jettent sur la rue, à la portée des enfants, d’où risque de contamination et de propagation de différentes maladies.
 
 De même, ils barricadent les rues dès le crépuscule et se mettent à ravir n’importe quoi en traitant les habitants de la ville d’inciviques ou Maï Maï. C’est pourquoi ils les battent à leur gré. Plusieurs cas de viol ont été signalés dans la Ville de Butembo.
Leurs épouses terrorisent les femmes qui vont puiser l’eau potable à la source en brandissant souvent de armes blanches à la main.
 A partir de 19 heures, les militaires ont l’habitude de se cacher dans les cyprès et chantiers en construction en vue de ravir, à tout passant, ses biens tels que de l’argent, souliers, vêtements, téléphones portables, etc.
Ainsi, le 29/02/2007 vers 22 heures, les militaires ont ravi 30 dollars au journaliste Gustave de la radio Moto et deux jours avant, Monsieur Kasero, motard du parking Kananasa s’est vu ravir sa moto par les éléments des FARDC.
 
Le 03/03/2007, Monsieur KAHINDO Constant, habitant dans le quartier de Rughenda, marié à Kavira et père de quatre enfants, peintre de profession, a été abattu à bout portant par un militaire des FARDC répondant au nom de AMISI qui lui exigeait une tige de cigarette.
 .                       
H. TERRITOIRE DE BENI
 Dans le territoire de Beni, l’insécurité est principalement causée par la présence des éléments des ADF/NALU à Bundiguya et Kikingi, dans la vallée de la Semuliki avec comme Quartier Général Tsutsubo/Mutara.
 
 Selon les déclarations d’une dame datant du 19/02/2007 qui s’était échappée d’un groupe de 23 ADF/NALU après trois ans de prise en otage, celle-ci avait révélé qu’actuellement, le plus grand camp de la réorganisation des ADF/NALU se trouve à Tsutsubo/Mutasa , dans la localité d’Eringeti où   ils suivent leur formation militaire. D’après elle, le recrutement se fait en Ouganda, tandis que tous les éléments ADF/NALU de nationalité congolaise, sont désarmés. Leur actuel effectif est estimé à plus ou moins 500 personnes y compris les femmes et les enfants.
 
 La frontière Ougando-congolaise est fréquemment violée par les éléments de l’UPDF qui pénètrent en territoire congolais pour y organiser des pillages et y commettre d’autres délits. A titre illustratif, des éléments de l’UPDF sont allés déterrés le corps de Monsieur Jérôme Madirwa d’un ADF/NALU qui avait été tué par ses compagnons d’armes et abandonné en territoire congolais. Tout récemment, les ougandais ont violé la frontière congolaise en pénétrant à l’intérieur du territoire congolais, précisément au niveau du pic Mangueritte sur le mont Ruwenzori ( cfr photo de la Monuc Beni ).
 
 Le 22/12/2006, vers 22 heures, trois éléments à mains armées sont allés voler chez messieurs Mugisa et le Pasteur Maya, tous de la localité Nsungu, un matelas, une Radio de marque sharp, de l’argent et des vêtements pour les membres de la famille.
 
  Le 17/01/2007, quinze éléments de l’UDPF avaient franchi la frontière congolaise à partir de la localité Bugando pour procéder à l’arrestation arbitraire de Monieur Kasaija Njoki. Ce congolais fut conduit dans leur camp de Butogo.
 
   Le 22/01/2007, des bandits à mains armées ont pénétré, vers 23 heures, dans la localité de Kamanzara chez Thembo Musa et Isaya Muhasa où ils ont emporté quatre tôles, un fer à repasser, quatre wax,… et de l’argent. Après leur forfait, ils ont traversé la rivière Lamia pour regagner Nyankonde en Ouganda.
 
  Sur le lac Edouard, des attaques sporadiques, souvent meurtrières, sont menées par des hommes armés provenant de l’Ouganda contre les pêcheurs congolais, cela fut le cas du pêcheur KASUKI de KASINDI Port en date du 05/02/2007.
  Dans la nuit du 10 au 11/02/2007 Monsieur KAMBALE KATSUVA, Taximen d’une moto, fils de Muvunda a été tué à 22heures par le nommé PATRIC, garde du corps du Major Zéphirin de la DMIAP/Luviriha.
– Le mardi, 13/02/2007 vers 14 heures, au cours d’un sit –in,   organisé par la population paysanne qui réclamait la matérialisation des   vrais limites du PNVi à NYALEKE. Ces manifestations ont été réprimées sauvagement par les gardes Parc. Il faut noter qu’il existe actuellement un conflit permanent relatif à la matérialisation exacte des limites du Parc opposant les gardes parcs avec la population paysanne. Les premiers, en position de force, semblent ignorer complètement les droits des paysans et sollicitent de ce fait, l’implication des autorités compétentes pour résoudre définitivement ce conflit et mettre ainsi fin à cette source d’insécurité.
 
– Deux filles, l’une répondant au nom de Wasi, fille de Monsieur Constat VIHANDE, âgée de 13 ans, et l’autre répondant au nom de Aline, fille de Ferusi, âgée de 14 ans, ont été violées le 05/03/2007 au stade de Football de Butuhe vers 21 heures par des militaires des FARDC. De même, un enfant âgée de 9 ans a été violée dans le quartier Rughenda par un Lieutenant, de la 2ème brigade non autrement identifié.
 
           Du 09 au 10 /03/2007, Monsieur KASEREKA et Madame ANASTASIE de Luviriha/Kasindi ont été visités par des voleurs à mains armés vers 19 heures et les biens ci-dessous furent emportés :
           44.700Shs ougandais
           2 poules
           60kgs de riz
           20kgs de haricots
           20kgs d’arachides
 
           le 10/03/2007 : une voiture est tombée dans les mains des coupeurs de routes plus pillage à Kambo de 25.000$
 
            le 21/03/2007 : les éléments de la FARDC/Kikingi ont tabassé l’épouse du Chef de localité de la place, ce qui a provoqué un avortement et ont pillé cinq chèvres.
 
S’agissant du trafic commercial à la frontière, ce dernier s’organise en défaveur des congolais. Les opérateurs économiques ougandais comme Faruku Kugumisiriza, Hali, Sande et Bwambale, tous   du village Kisongo passent pour des spécialistes en faux monnayeurs.
Ces commerçants se sont procurés trois motos avec des faux billets d’un montant s’élevant à 1.400.000 shillings ougandais. Après leur arrestation, avec le concours du Commandant de la Police Nyahuka et l’IO/Butama, les commerçants congolais ont pu récupéré leurs motos et furent ensuite extradés dans leur pays d’origine sur demande de la Police de Diso/Bundibugyo.
 
                        Par ailleurs, la présence des éléments Maï-maï, fidèles au Commandant Baraka Lolwako à Vurondo est également source d’insécurité dans la ville de Butembo, la Chefferie de Bashu et dans le Secteur de Beni Mbau.
 
                        De même, la multiplicité des services de l’Etat à la frontière ainsi que les différentes tracasseries douanières à Kasindi et Loméa dans la Chefferie Watalinga et dans le Secteur de Ruwenzori par la D.G.M et les DMIAP est également source d’insécurité dans ces contrées.
 
                        Instauration et perception d’une taxe illégale par les militaires de la DEMIAP sur le café, dans le secteur de Ruwenzori ; 200 Shilings par sac de cerise ( café frais ), 100 shillings par kilo ( café séché et décortiqué).
 
                        Dans les villages KANTINI, MABALAKO et aux environs , les militaires de la DEMIAP font payer à la population un dollar sur chaque bidon de 20 litres de la boissons locale KASIKISI.
 . 
I.          LA VILLE DE BENI
 
1.         le 11/01/2007 : assassinat de Monsieur Mbula Musubao Pépin vers 20 h 30’ à la résidence de son ami Vasco, dans le quartier Matonge de la Commune de Mulekera par des hommes en uniforme, non autrement idenfifiés.
 
2.         Le 16/01/2007 : l’étudiant Justin Kasuki a été tabassé et torturé à mort par des hommes en uniforme vers 21 heures lorsqu’il rentrait chez lui. Il est mort de suite de ses blessures.
 
3.         Le 15/02/2007 : Monsieur Claude Duvignaud, de nationalité belge, a lâchement été tué à l’aide d’une arme blanche dans sa résidence ainsi que sa sentinelle, Monsieur Kivatsi, retrouvé mort, ligoté et jeté dans la piscine.
Il faut noter qu’une enquête judiciaire a été ouverte et que la piste militaire semble à ce niveau la plus plausible.
De même, plusieurs officiers de l’ex APC ainsi que leurs escortes et hommes de troupe ayant refusé le brassage, constituent, en plus de la 2ème Brigade, une source d’insécurité.
 
4.         Le 26/03/2007 : vers 20 heures, Assassinat de Monsieur KAMBALE LANGALANGA, de Quartier TAMENDE par des hommes en uniforme, qui lui ont ravi son téléphone portable.
Depuis le déploiement de la 2ème Brigade brassée dans la Ville de Beni, la population est régulièrement confrontée aux problèmes de tracasserie policière, aux saisis des téléphones portables et aux vols à mains armées, à partir de 19 heures, par des militaires de la dite brigade.
 . 
2.6.3.   Les causes
 .
Les violations des droits de l’Homme, frein à l’instauration d’une paix durable et réelle s’observent encore au quotidien au Nord-Kivu. Le déficit de confiance entre les dirigeants et aussi entre les communautés, la lenteur dans la constitution d’une armée nationale et républicaine, le manque de cohérence dans la politique de démobilisation et de réinsertion des ex-combattants ainsi que de la présence des forces armées étrangères risquent de compromettre le processus en cours vers un état de droit.
C’est pourquoi nous allons cibler sous ce titre certains acteurs considérés comme auteurs ou complices de plusieurs cas d’insécurité dans la Province du Nord-Kivu en épinglant les causes qui ont milité en faveur de ce comportement belliqueux.
 
1. Les FARDC, la Police et services de sécurité
 
           Soldes et salaires insuffisants qui sont souvent détournés ;
           Absence de prise en charge correcte ;
           Indiscipline   au sein des rangs militaires ;
           Retard dans le brassage et la réunification de l’armée, de la Police et des services de sécurité ;
           L’impunité qui décourage l’effort, engendre la médiocrité et à la longue, un désordre généralisée et génératrice de la récidive ;
           Manque de formation et d’encadrement des éléments de l’armée, de la police et des services de sécurité ;
           Manque des critères de recrutement dans l’armée, la police et les services de sécurité ;
           Manque d’infrastructures de cantonnement et de logistique.
 
2.         Les FDLR, Interhamwe, ADF/NALU
 
           Certains réseaux continuent à les ravitailler en armes et minutions
           Absence d’une police de surveillance des frontières.
 
3. Les Maï-Maï et autres combattants congolais
 
           Les prétextes des guerres d’agression et rebellions ;
           Marginalisation, et préjugés ;
           Misères et pauvretés des parents ;
           Création des milices privées ;
           Instrumentalisation par les ethnies et les hommes politiques.
 
4. Les troupes mixées
 
           Erreur de les déployer dans les territoires où ils ont commis les pires exactions. Cela entraîne la méfiance de la population et le règlement des comptes ;
           Erreur de les charger de traquer les FDLR car officiellement et selon le général John Numbi, le mixage est un raccourci vers le vrai brassage. Il faudra d’abord brasser les troupes avant de poursuivre les autres étapes d’intégration. Les opérations militaires non planifiées et sans stratégies préalables contre les FDLR se transforment en matraquage contre toutes les populations habitant les milieux de retranchement de ces hors-la-loi, surtout les populations parlant « kinyarwanda » qu’ils traitent des complices.
 
5.         Les juges et magistrats et ainsi que les prisons
 
           Manque d’encadrement du magistrat (salaire, bureau, etc) ;
           Corruption ;
           Abus de pouvoir ;
           Prisons vétustes et inadéquates ;
           Existence des lieux de détention échappant au contrôle des parquets civils et militaires ;
           Manque de formation et de motivation du personnel judiciaire.
 
6.         L’Etat Congolais
 
           Démission de l’Etat de son rôle ;
           Mauvaise foi des autorités politico-administratives ;
           Sous-développement du pays ;
           Egocentrisme de certains responsables congolais ;
           Détournements des deniers publics ;
           Corruption ;
           Mauvaise planification du gouvernement dans le domaine social ;
           Mauvaise gouvernance.
 .
7.         Service des affaires foncières, habitats et environnement
.
           Mauvaise politique gouvernementale en matière de logement, habitat, assainissement ;
           Violation constante et flagrante des règles urbanistiques ;
           Cupidité des opérateurs fonciers et immobiliers ;
           Vétusté des infrastructures et matériels hydro-électrique entraînant 
ainsi l’insuffisance d’eau et d’électricité ;
           Destruction de l’écosystème ( parcs, frayères etc)  
 .
2.6.4.   Les conséquences
.
L’insécurité ayant élu domicile dans la province du Nord-Kivu
entraîne les conséquences ci-après :
 
1.         la mort des populations civiles innocentes par plusieurs centaines ;
2.         déplacement massif de la population qui entraîne la famine, la pauvreté et les maladies et ses différents corollaires ; 
3.         la perte totale de la confiance envers le pouvoir central ainsi que des institutions légalement établies, par la population innocemment malmenée ;
4.         l’installation d’un pouvoir tyrannique fondé sur la terreur ; 
5.         la destruction du tissu économico-socio-culturel de la province ; 
6.         déstabilisation du pouvoir coutumier ; 
7.         spoliation des champs suivis de la destruction méchante des cultures de la population ;
8.         l’atteinte à la souveraineté de l’Etat Congolais ;
 
2.6.5.   Recommandations
 . 
A.        Au Gouvernement de la RDC
 
           Assurer la prise en charge correcte des militaires afin de limiter les exactions sur les populations ;
           Déployer les troupes mixées dans les provinces autres que celles formant l’ancien Kivu ; étant donné, que l’armée a un caractère national et républicain ;
           Recenser en vue de leur brassage, tous les officiers réfractaires au brassage. Dans le cas contraire, les traiter comme des hors-la loi.
           Suspendre l’opération de traquage des FDLR en attendant de planifier des stratégies en vue d’une action de grande envergure qui aboutira à l’éradication de ce phénomène sans mettre en péril la population civile.
           Favoriser le cantonnement des militaires loin de la population civile.
           En attendant la refondation de l’armée, poursuivre l’opération DDRRR avec la MONUC en ouvrant pour les groupes armés étrangers des centres d’accueil près de leurs campements comme à Kibirizi, Rutshuru, Kanyabayonga, Pinga, Nyabiondo, Walikale pour les FDLR et Beni, Oïcha, Isale, Eringeti pour les ADF/NALU.
           Poursuivre l’opération DDR en vue d’encadrement des démobilisés des FARDC.
           Briser la culture de l’impunité en traduisant devant les cours et tribunaux tous les auteurs, co-auteurs, complices, commanditaires, planificateurs et exécutants des crimes et autres violations des droits de l’Homme.
           Protéger le patrimoine national économique et touristique de la RDC contre le pillage des FARDC, Forces armées étrangères et les milices nationales.
           Créer une structure spécifique chargée de la sécurité et de la prévention des conflits, en concertation avec les autorités frontalières des pays voisins.
           Accélérer la signature des accords tripartites en vue de rapatrier les réfugiés Congolais du Nord-Kivu se trouvant dans les pays voisins et ceux des pays voisins se trouvant au Nord-Kivu.
           Empêcher par tous les moyens, tout soutient direct ou indirect aux groupes armés étrangers et aux milices nationales.
  .
 B.        A La MONUC
 
           Assurer l’encadrement de l’opération DDRRR en se rapprochant des groupes armés étrangers présents sur le sol Congolais (FDLR, ADF/NALU, etc)
           Aider les FARDC à sécuriser les grandes agglomérations servant de refuge pour les populations fuyant la guerre (Rutshuru, Kiwanja, Kanyabayonga, Kayna, Kichanga, Kalembe, Pinga, Nyabiondo, Ngungu, Kibabi, Katoyi , Mbau, Kamango, Lubiriha etc)
           Dans un avenir proche, programmer une action de grande envergure contre les groupes armés étrangers avant la fin de la mission onusienne au Congo
           Dénoncer sans atermoiement et complaisance les actes de déstabilisation de la RDC par ses voisins
           Faire respecter par les pays voisins, les textes et tous les instruments internationaux relatifs à l’intangibilité des frontières et à la souveraineté nationale.
 
C.        Au Gouvernement Provincial
 
           Procéder à des bouclages réguliers dans les villes pour traquer les détenteurs illégaux d’armes.
           Procéder, à travers toute la Province, à la récupération des armes détenues par les irréguliers.
           Assurer la réinsertion sociale rapide des déplacés.
           Lever toutes les barrières, sources d’insécurité et des tracasseries sur tous les axes routiers à l’intérieur de la Province
           Réhabiliter les chefs coutumiers traditionnellement reconnus
           Assurer la sécurité à l’intérieur des villes de la province par la police nationale Congolaise.
           Planifier avec les maires de ville des patrouilles mixtes Police – MONUC et les cadres de base et disponibiliser la logistique nécessaire à cet effet.
           Assurer les ceintures de sécurité le long de nos frontières par des unités brassées et intégrées.
           Assurer la sécurité de nos routes d’intérêt Nationale et Provincial notamment :
           Goma – Rutshuru
           Rutshuru – Kanyabayonga
           Rutshuru – Ishasha
           Rutshuru – Kanyabayonga – Beni
           Beni – Kasindi
           Beni – Eringeti
           Sake –Kichanga – Mweso – Kalembe – Pinga
           Sake – Mushaki – Masisi – Nyabiondo
           Sake – Karuba – Ngungu
           Sake – Bweremana
           Nyabiondo – Kibua – Walikale
           Miriki – Rusamambo
           Ngungu –Kibabi – Katoyi
           Mbau- Kamango –Lubiriha.
 . 
           Favoriser le respect des textes légaux dans l’affectation des autorités politico-administratives de toutes les entités administratives.
 
           Diligenter des enquêtes approfondies et des descentes sur terrain en vue de compléter ce rapport par des éléments précis et dans tous les domaines de l’administration, spécialement dans le domaine foncier pour identifier tous les cas de spoliation. 
 .
Fait à Goma, le 31 mars 2007
 . 
Pour la Commission,
 . 
Hon. Sylvestre NKUBA KAHOMBO                           Hon. Jules HAKIZUMWAMI H.
 
 
                    Rapporteur                                                               Président
Beni-Lubero Online

.

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