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I.  23/12/09 REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE MERCREDI (CongoForum)
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Une fois de plus, aucun sujet ne conquiert vraiment la place de vedette et l’attention des journaux congolais est dispersée entre de multiples sujets. La proximité de la « trêve des confiseurs » pourrit bien y être pour quelque chose. Une seule nouvelle mérite l’attention, en fonction des menaces quelle recèle pour l’avenir : de nouveaux accords pour l’intégration du CNDP dans les mécanismes du pouvoir.
 
CNDP
 
C’est dans les colonnes de L’Avenir et du Potentiel que le lecteur apprendra que le CNDP cet ex-groupe rebelle hutu congolais transformé en parti politique va enfin entrer dans l’une des institutions de la République, dans le gouvernement plus précisément.
L’Avenir note à ce propos que le CNDP « est rassuré de sa participation dans le prochain gouvernement », selon une dépêche de Radio Okapi datant d’hier. Cette supputation se fonde sur le contenu d’un calendrier de mise en œuvre des accords signés en son temps entre le gouvernement d’une part, le CNDP d’autre part.
Toutefois, L’Avenir encourage « cette volonté du gouvernement d’intégrer les cadres du CNDP dans la gestion de la chose publique ».
 
Quant au Potentiel, il se pose la question de savoir s’il « faudrait considérer que les flottements enregistrés sur le plan sécuritaire dans le Kivu ne trouveraient des solutions qu’avec l’intégration du CNDP dans le gouvernement ».
Le Potentiel fait remarquer, à regret, qu’« avec les négociations en cours entre le gouvernement et le CNDP, ex mouvement qui a endeuillé le pays, cherche à se hisser dans la gestion de la vie politique nationale », alors, souligne-t-il, « qu’après les élections organisées en RDC, la voie démocratique seule est acceptée, pour accéder à l’exercice du pouvoir ».
(Le Potentiel, en écrivant cela, met exactement le doigt sur la plaie. Il est très clair que, depuis bientôt une année, l’équipe Kabila s’efforce de trouver la quadrature du cercle : une formule permettant d’intégrer le CNDP dans les mécanismes du pouvoir. « La paix d’abord ! » est un beau slogan, mais il faudrait d’abord qu’il y ait la paix, et l’on est loin du compte, et que le prix soit acceptable. Or, ce prix revient à s’asseoir sur la Transition et ce qu’elle a coûté d’efforts aux Congolais et ouvre la porte à de grands dangers puisqu’il peut se répéter – pourquoi pas un siège au gouvernement pour les insurgés de Dongo ? Comment tenir un discours qui insiste sur la légitimité d’un pouvoir issu des élections et parle de ne pas tolérer l’impunité et d’autre part intégrer au gouvernement des composantes non élues et qui ne tirent leur poids que de l’appui de la menace rwandaise et protéger Bosco Ntaganda contre les plus hautes instances internationales ?
Il semble que JK – dans l‘entourage duquel les plus bas flagorneurs doivent pousser comme des champignons : cela fait partie de la nature humaine, même si ce n’en est pas le beau côté – se fasse des illusions. Les Congolais sont attachés beaucoup plus attachés au processus d’accès pacifique et légale au pouvoir par les élections, qu’à sa personne ou à sa politique. S’il se met en position de ne plus être soutenu que par les gens qui admireraient vraiment les brillants résultats des 5 chantiers, il ne va plus rester rand monde ! NdlR)
 
 Divers
 
L’Avenir monte en épingle la formidable montée en puissance du Groupe Forrest dans le capital de la Banque commerciale du Congo (BCDC) dont il devient l’actionnaire majoritaire avec 55,66% de parts d’actions. Le journal fait remarquer cependant qu’en dépit de cet avantage, Forrest et sa famille ne siègeront pas au Conseil d’administration de cette banque, et que des administrateurs choisis pour leur expérience dans le domaine de la gestion des banques représenteront les intérêts de la famille Forrest. (Cette information revient à dire que le chroniqueur de service a remarqué que nous sommes au XXI° siècle et plus au XIX°. Il y a belle lurette que les familles, même richissimes, n’exercent plus leurs activités financières que derrière le paravent de groupes anonymes NdlR)
L’Avenir indique par ailleurs que la gestion de la banque se fera comme dans le passé, c’est-à-dire dans la large autonomie par rapport au Groupe Forrest.
 
La grosse manchette du Potentiel porte sur le prix du cuivre, qui connaît aujourd’hui une belle embellie sur le marché des métaux, parce qu’il se vend, indique-t-il autour de 7.000 Usd la tonne sur le London Metal Exchange. Le Potentiel doute qu’« à l’échelle nationale, la RDC tire profit de ce retournement des tendances ». Pour ce quotidien, la raison est bien simple : la production se trouve encore au point mort, plombé par un processus mal négocié de re-visitation des contrats et conventions minières.
 
Le Palmarès annonce pour mi-janvier prochain la tenue du congrès du Mlc. Ce congrès se tiendra à Bruxelles. L’annonce en a été faite par Ferdinand Lutete, vice-président de la section France du Mlc. Pour ce quotidien, « Le Mlc n’est plus ce grand parti a porté à un moment donné les rêves et les espoirs de 42% des Congolais. Il faut donc le redynamiser », d’autant plus que, constate ce journal, « l’absence de Bemba a provoqué un climat d’indiscipline, de rivalités et de querelles intestines ».
 
L’actualité en vue à la une de La Référence+ est constituée de ce retournement de situations qui se constate à Lubumbashi où, écrit ce journal, « Transfigura Belher nargue la justice congolaise ». Selon ce journal, « Cette affaire qui fait grand bruit au Katanga oppose deux sociétés étrangères opérant dans le secteur des importations des produits pétroliers à une Ong congolaise de lutte contre la corruption, le Réseau de lutte contre la corruption et la fraude (Relcolf) ». La justice a été saisie d’une plainte émanant de Relcolf, qui accuse SPK et CF Congo, deux sociétés écrans de la société Transfigura Beher Bv impliquées dans le dépôt des déchets toxiques en Côte d’Ivoire, de commerce frauduleux des produits pétroliers dans le Katanga. Mais ce quotidien s’étonne de ce que « mécontents de la fermeture de leurs entrepôts, et comme pour défier la justice congolaise, les responsables de ces sociétés ont fait casser les scellés de leurs bureaux ». Ce journal se demande si l’opération « Tolérance Zéro » a encore un sens lorsqu’une telle race d’opérateurs économiques peut trouver des appuis parmi nos dirigeants. (Excellente Question! NdlR)
 
© CongoForum, le mercredi 23 décembre 2009
 
II. Le CNDP au gouvernement. Qu’est-ce que cela veut dire ?  (Par J.P. MBELU)
 
La lecture et la relecture de l’histoire immédiate de notre pays révèle le rôle nocif du Rwanda dans la guerre d’agression à laquelle nous ne cessons de résister jusqu’à ce jour. Pour remplir son rôle de sous-traitant des transnationales, le Rwanda s’est servi de plusieurs rébellions au sein desquelles plusieurs Congolais(es) ont été, souvent, de parfaites marionnettes. L’AFDL (et le PPRD), le RCD et le CNDP sont les créatures du Rwanda. Croire que c’est au nom des accords signés à Goma au mois de mars que le CNDP, ayant à sa tête actuellement, un criminel de guerre (Bosco Ntaganda) recherché par la CPI, participera au futur gouvernement de Kinshasa relèverait d’une absurde naïveté.  
 
Au jour d’aujourd’hui, il devient de plus en plus clair que mâter les Congolais(es) sur la terre de leurs ancêtres est une entreprise périlleuse. Contrairement aux compatriotes qui nous voient à partir de l’image (négative du Congolais) que les autres leur renvoient, nous estimons que les organisations congolaises réussissent, tant bien que mal, à résister face aux assauts de la mort fomentés par « les maîtres du monde et ceux qui leur obéissent ». L’image négative du Congolais inconscient, naïf et responsable participe de la longue guerre psychologique accompagnant les crimes économiques, les crimes humanitaires, les crimes socio-politiques et culturels que les transnationales commettent sur notre sol à travers le Rwanda, ses bras armés (dont le CNDP) et ses bras politiques (dont l’ex-AFDL, le RCD et le PPRD).
 
 
 
Dans ce contexte, l’entrée du CNDP au gouvernement signifie profondément que le processus dit démocratique déclenché en 2006 fut un leurre. Il est possible qu’avec ce coup-là, « les plus sceptiques » d’entre nous en viennent à comprendre ce qui se joue chez nous depuis les années 90 : le pillage de nos matières premières par ceux qui ont bâti leurs fortunes sur notre dos depuis cinq siècles passe aujourd’hui par les guerres qualifiées d’ethniques, les génocides et les processus démocratiques biaisés.
 
Comment imaginer un seul instant que ceux qui nous ont foutu la guerre soient aussi ceux qui, aujourd’hui, nous disent que pour faire la paix, ils doivent avoir à leurs côtés et cela dans toutes les institutions du pays leurs compagnons de crimes ? Et cela contre toutes les règles nationales et internationales du droit ? Le comble est que « les petites mains du capital » nous somment de plus en plus de ne plus poser ce genre de questions au nom de notre irresponsabilité ? Elles utilisent « les petites mains médiatiques congolaises » pour nous culpabiliser et nous criminaliser. Elles nous demandent d’arrêter de chercher de boucs émissaires comme si nous n’avions pas découvert comment elles opèrent !  
 
Dans Bush le cyclone, Michel Collon note ceci : « Les trois grands blocs (Etats-Unis, Europe, Japon) (et nous pouvons ajouter les pays émergents) mènent la guerre chaude, froide ou tiède, contre les peuples du tiers-monde. Mais ils se font aussi la guerre entre eux pour savoir qui va dominer le monde et ses richesses. La guerre économique bien sûr. Mais aussi la guerre politique et, dans certaines conditions, militaire. Quand le rapport de forces change entre les grandes puissances, quand une superpuissance veut en remplacer une autre, ou simplement la priver de l’accès à certaines matières stratégiques, cela se règle aussi par la violence. Soit directement, soit indirectement, par l’intermédiaire d’Etats ou de mouvements contrôlés. La guerre est le moyen fondamental pour repartager les richesses du monde, c’est-à-dire les sources de profits. » (p.20-21. Nous soulignons). Pour contrôler « le non-Etat » congolais, les escadrons de la mort du FPR y sont injectés et rejoints par « les mouvements contrôlés » dont le CNDP.
 
La montée de la Chine au Congo fait peur aux « grandes nations de droits de l’homme ». Elles nous confient de plus en plus ceci : « Si nous sommes trop regardant du point de vue des conditionnalités de droits de l’homme, les gouvernants Congolais vont nous chasser et la Chine aura à elle seule le marché. » Ce raisonnement apparemment judicieux est faux sur toute la ligne. Les transnationales ne connaissent pas les frontières étatiques. Les mêmes investissent en Belgique, aux USA, en France, en Allemagne, etc.
 
Elles sont « victimes » de l’appât du gain. Il est tellement fort que l’humanité de l’autre homme passe après l’accumulation des biens matériels. C’est une inversion des valeurs. Elle traduit le niveau très avancé d’incompétence morale atteint par les donneurs de leçons de démocratie au Nord du monde.
 
 
 
Heureusement, les Congolais(es) résistent et résisteront toujours. En plus de cette résistance interne, il serait judicieux que nous soyons nombreux à mener une lutte juridique et de l’intelligence aux côtés de ces jeunes générations occidentales qui s’investissent dans la recherche des instruments juridiques pouvant contraindre les Etats du Nord et leurs transnationales à tenir compte des droits économiques, sociaux et culturels.
 
 
 
Rejoindre les auteurs de Noir Canada (dont Delphine Abadie) là où ils se battent pour que le Canada cesse d’être « un paradis juridique » pour les transnationales ; rejoindre le CADTM (comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde) dans sa lutte pour l’annulation de notre dette odieuse et la mise à nu des mécanismes mortifères utilisés par les IFI pour nous rendre à tout jamais esclaves serait un pas de géant effectué sur le front où les acteurs majeurs de ce qui se passe chez nous opèrent. L’hybridité est une dimension importante de nos luttes de libération à ne pas négliger.
 
 
 
Il y a d’autres fronts internes. Par exemple : l’implication des mobutistes dans la dérive autoritaire montante chez nous ne devrait pas nous laisser indifférents. Des observateurs avertis se réalisent de plus en plus que ceux qui, hier, ont adulé Mobutu pendant plus de trois décennies, se retrouvent, aujourd’hui, majoritaires aux côtés de Joseph Kabila et à des postes importants dans les institutions (formelles) du pays. Plusieurs parmi eux font partie de la bourgeoisie compradore travaillant à la sauvegarde de ses intérêts privés au détriment de tout un peuple. Il n’est plus tellement sûr qu’ils échappent au jugement populaire demain s’il arrivait que les dignes filles et fils de notre peuple luttant sur plusieurs fronts accèdent à la gestion de la res publica. Qu’on se le dise !
 
J.-P. Mbelu
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Vous vous demandez comment les "Banyamulenge" ont pu apparaître au Katanga, n’est-ce pas? Eh, la réponse est la suivante:
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(1) Durant la période coloniale, notamment dans l’entre-deux guerres mondiales (1918-1939), la Belgique a organisé une "Mission d’émigration rwandaise au Congo". Le Rwanda, devenu protectorat de la Belgique, était densément peuplé, alors que le Congo, colonie de la même Belgique, avait des zones à très faibles densités de populations. Les colons belges ont favorisé la venue de ces travailleurs rwandais transplantés, car les autochtones fuyaient, avec raison, le travail imposé par les fermiers Blancs.
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(2) Trois sites principaux (et non exclusifs) ont accueilli, au Congo, ces "transplantés" : le Masisi au Nord-Kivu actuel; L’Itombwe, au Sud-Kivu actuel; et les montagnes de Vyura, au-dessus de Moba, au Katanga.
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(3) Tandis que les Tutsis de l’Itombwe (les anciens, venus en petit nombre avant la colonisation, et les transplantés) se différenciaient, dès les années 70, de leurs cousins du Rwanda en s’appelant "Banyamulenge" (du nom des hauteurs de Mulenge, où le Mwami des Fuliru avait installé leurs ancêtres), ceux du Katanga se dénommaient "BanyaVyura”, du nom aussi des hauteurs sur lesquelles les Belges et les chefs coutumiers de Moba leur avaient permis de s’installer.
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(4) En 1960, la Table Ronde a reconnu à tous les membres de ces populations d’origine rwandaise la possibilité, pour quiconque le voulait, de renoncer à la nationalité rwandaise, et de devenir, individuellement, des citoyens congolais.
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(5) Les guerres d’agression de notre pays, en 1996-1997 et en 1998-2002, ayant fait la fortune du vocable "Banyamulenge”, tous les Tutsis (et non les Hutus transplantés, paradoxe de l’ethnisme au sein des Banyarwanda) se réclamant de la nationalité congolaise l’adoptent.
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(6) Le problème au Katanga, c’est que, durant les guerres d’agression, ces populations d’origine rwandaise ont cru que l’heure de leur domination sur les autres ethnies était venue. Leurs élites se sont livrées à des exactions (assassinats et violences diverses) sur les chefs coutumiers locaux, sous couvert de leur position hégémonique au sein du conglomérat AFDL, puis de la pseudo-rébellion du RCD-Goma. D’où le rejet global actuel de cette communauté des "BanyaVyura" devenus "Banyamulenge”, par les autres communautés ethniques du coin.
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C’est comme les Arabes Iraniens qui avaient pactisé avec Saddam Hussein contre leur pays, et qui, après la guerre non gagnée par l’étranger allié de leur ethnie, se sont retrouvés en butte aux persécutions de la part du régime des Mollahs et de la majorité persanophone. Ou les Kurdes d’Irak, qui eux son devenus très prudents, et ne réclament plus d’indépendance en Irak, sachant qu’une fois les Américains défaits et partis (ce qui arrivera), ils risquent alors de pâtir d’accusations de collaboration antinationale.
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(7) Moralité: les leaders des "minorités" ethniques liées à des agresseurs étrangers ne doivent pas cracher sur leur patrie! Que ce soit au Congo, ou ailleurs!
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(8) Ce problème est d’autant plus délicat que certains très hauts dignitaires du régime de Joseph Kabila ont des mères originaires de ces communautés de souche rwandaise. C’est le cas d’un mien ami, Katangais, ancien "Conseiller spécial en matière de sécurité" du Président (pas l’aîné qui est mort, mais un de ses prédécesseurs au poste, à vous de mener vos investigations de journaliste), dont la mère est "munyaVyura”. Et d’un mien frère du Maniema, qui est Ministre d’Etat, dont la mère est "munyaMulenge" ! Cela sans récuser leur nationalisme congolais, bien sûr, éprouvé par le passé et durant les guerres d’agression! Mais vu l’état actuel de l’opinion, ces hauts commis de l’Etat sont bien contents de porter les patronymes de leurs papas (Luba du Katanga, pour l’un, et Ankutsu-Anamongo, pour l’autre: je te donne des indices pour leur identification! ).
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Patriotiquement,
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Nzogu bin Kyantede P R
Du Blog des Congolais
5 Août 2007
Beni-Lubero Online

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