De l’imminence de la bataille finale au Nord-Kivu

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Vraies ou fausses, les rumeurs sur la préparation de la bataille finale de la guerre d’occupation de l’Est du Congo par la coalition rwando-ougandaise et leurs complices congolais vont bon train au Nord-Kivu. Le fait déclencheur de ces rumeurs n’est autre que la recrudescence des nouvelles milices dans les territoires de Rutshuru et de Beni. Pour la première fois, l’exécutif provincial par la voix du Vice-gouverneur, Honorable FELERE LUTAISHIRWA, a confirmé hier mercredi 25 juin, lors de son meeting au Rond Point TMK de Butembo, être au courant du recrutement d’enfants, des démobilisés voire des Fardc par des nouvelles milices. La population attend que le gouvernement provincial étouffe dans l’œuf ce projet d’une guerre dans la guerre qui dure depuis 12 ans.
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Selon plusieurs sources concordantes de Rutshuru et de Beni, une nouvelle guerre se préparerait au Nord-Kivu. L’objectif de la guerre en préparation serait de couper le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et l’Ituri de la R.D. Congo, et cela au profit des rwandais, des ougandais, et de leurs bailleurs internationaux. Les recruteurs cités sont Laurent Nkundabatware, Mbusa Nyamwisi et Azarias Ruberwa, tous les trois étant, d’après les mêmes rumeurs, dans le collimateur de la CPI.
 
Si la nature belliqueuse de Nkunda n’est plus à démontrer, les faits non encore confirmés par des sources indépendantes et qu’on attribue à Mbusa Nyamwisi et à Azarias Ruberwa méritent une enquête immédiate de la part du gouvernement provincial. Le Vice-gouverneur vient de confirmer sans citer des nons, ce qui n’était que rumeur de la part de ces signataires de l’acte d’engagement de Goma accuses de recruter pour leurs milices. Comme la création des nouvelles milices viole le pacte de paix de Goma, on espère que l’ONU qui s’était portée garant de l’application de l’acte d’engagement de Goma, sauve son honneur et sa crédibilité en se montrant plus contraignante vis-à-vis de tout récalcitrants.
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Mbusa Nyamwisi est accusé d’avoir forme une nouvelle milice en territoire de Beni, avec deux QG, un à Karuruma et un autre à Bundibudjo (à 6 km de Kamango), secteur de Batalinga. Les officiers à la tête de cette milice dont on ne connait pas encore le nom sont identifiés comme des anciens officiers de la 9, 13, 14, 15 brigades brassées, tels Major Tshisekedi, Major Paluku Hilaire, Colonel John Tshibangu, etc.
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L’approvisionnement en armes et munitions se ferait par la rivière Lamia, frontière entre la notabilité de Nobili et de la collectivité Batalinga. Des camions qui transportent du bois pour l’Ouganda rempliraient cette autre mission de distribution d’armes et des munitions de guerre.
L’autre axe de ravitaillement est Mahigha-Lac vers Kasindi-Port, l’endroit où la rivière Lubiriha se jette dans le lac Idi Amin.
 
Un fuyard du camp de Karuruma a révélé que la prime qu’on donne à chaque recrue est passée de 50 US$ à 150 US$ le samedi 21 juin et que l’entrainement militaire était devenu tellement intense que certains recrues dont lui-même ont décidé de prendre la fuite.
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Selon les mêmes rumeurs, Mbusa Nyamwisi entrerait en rébellion pour chercher à se soustraire au mandat d’arrêt de la CPI qui pèserait sur lui. La CPI lui reprocherait son implication dans les violations des droits humains en Ituri, et notamment à Nyakunde. La publicité faite autour des fosses communes découvertes à Maboya et à Kyavinyonge par la Monuc et la Croix-Rouge, relèverait aussi de la même cabale contre Mbusa Nyamwisi. Pourtant, pour ce dernier fait, la vérité est que les fosses communes de Maboya et de Kyavinyonge sont l’œuvre des troupes de l’AFDL entre Novembre 1997 et Avril 1997 bien avant la naissance du RCD-K-ML de Mbusa Nyamwisi. Mais, comme dit un proverbe, quand on veut noyer son chien, on l’accuse de rage.
 
Selon le dernier rapport de la Croix-Rouge, les fosses communes suivantes ont été identifiées à Kyavinyonge :
– Quartier MUKO, 4 fosses communes totalisant 115 corps;
 » COPEVI, 1, avec 21 corps;
 » NGULO, 1, avec 13 corps;(près du bureau de la localité)
 » ISALE, 1 avec 4 corps,
 » NGULO, 1 avec 4 corps (près de la base Croix-Rouge).
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La recherche des fosses communes continue autour de la cité de Kyavinyonge où des soldats ougandais et rwandais de l’AFDL avaient opéré des massacres des populations pour venir à bout de la résistance des Mai-Mai du feu Kaganja.
 
A Azarias Ruberwa, on reproche non seulement son soutien à Nkundabatware mais aussi d’être le cerveau politique derrière la nouvelle milice dénommée FPC (Front Patriotique Congolais) qui opère à Rubare dans le territoire de Rutshuru. Les chefs de cette milice rwandophone dénommée FPC seraient, entres autres, Paul Mali ni Kazi, Buda Mali Ndeze, Kasigwa Okobizaba (Rubare), Kabori Modeste (Kiwanja), Major JP (Rutshuru), Musemburo, Gashenyi, etc. Cette milice serait tout simplement un CNDP bis.
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Le Vice-gouverneur de la Province du Nord-Kivu, Honorable F. LUTAISHIRWA, en séjour à Butembo depuis le mardi 24 juin dernier, après avoir visité les camps des Mai-Mai de Vurondo et de Vuhovi, a dans son discours au Rond Point TMK de Butembo, affirmé que certains politiciens recrutent des milices au Nord-Kivu et que selon lui ces nouvelles milices hypothéqueraient dangereusement le programme Amani. D’après le Vice-gouverneur, ces nouvelles milices recrutent des enfants, des démobilisés voire des éléments des FARDC pour grossir leurs rangs, promettant des grades et d’autres avantages aux recrues. Le Vice-gouverneur qui s’est gardé de citer nommément les recruteurs, a été ferme en disant qu’il n’y aura pas une autre conférence de paix au Nord-Kivu et que les signataires ont intérêt à appliquer les résolutions de la conférence de paix de janvier 2008 avant qu’il ne soit trop tard pour eux.
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Pendant sa visite au camp des Mai-Mai Kasindiens de Vuhovi, Collectivité des Bashu en Territoire de Beni, le Général James MATABISHI, s’exprimant au nom de Mai-Mai Kasindiens, a demandé au Gouverneur pourquoi tous les éléments récemment brassés dans les camps du Nord-Kivu étaient tous redéployés au Nord-Kivu et pas dans d’autres provinces de la R.D. Congo pour la formation d’une armée nationale brassée? Le Vice-gouverneur n’a pas répondu à cette question cruciale qui remet sur le tapis toute la question de l’identité de l’armée congolaise dans le territoire convoité par le Rwanda et l’Ouganda. Est-elle toujours congolaise ou en phase de prêter serment d’obéissance au futur homme fort du Kivu-Ituri?
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Si les Mai-Mai de Vurondo et de Vuhovi se sont dits pets au brassage, ils ont tous décrié des problèmes liés au programme de brassage lui-même qui selon eux ne semble pas être la priorité du gouvernement. Dans les deux camps de Vurondo et de Vuhovi, la logistique fait défaut avec comme conséquence une déficience dans l’encadrement des combattants qui n’hésitent pas à se faire recruter par les nouvelles milices. Le projet Amani qui a été signé tambours battant sous la houlette de la communauté internationale semble ne pas avoir les moyens nécessaires pour accomplir son programme de paix et développement. Les chefs des nouvelles milices semblent être plus riches que les gestionnaires du projet Amani par ailleurs soutenus par l’ONU. C’est cela la triste réalité de la situation à l’Est du Congo, une situation qui tourne toujours à l’avantage des milices et jamais du gouvernement de Kinshasa réduit à sa plus simple expression dans cette partie du territoire national. Qu’on se rappelle de la coalition Fardc-Monuc battue à Mushake par la milice de Nkundabatware en Novembre 2007 ! Seul l’avenir permettra de comprendre les péripéties actuelles de cette situation qui sévit à l’Est du pays.
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La population attend que le Vice-gouverneur se rende aussi à Bundibudjo (Batalinga) et à Karuruma (Vallée de le Semuliki) où les entrainements militaires de nouveaux recrus sont signalés par les fuyards. Si le Vice-gouverneur rentre au niveau de Butembo, cela serait un signe que lui-même a peur de se rendre dans cette zone rouge. Et pourtant la mission de l’exécutif provincial est de sécuriser tous les citoyens de la province. La population a besoin de savoir si les rumeurs qui circulent sont vraies ou fausses et quelle action est menée par le gouvernement pour mater ces nouvelles rebellions. Les congolais attendent aussi que les accusés s’expliquent sur les charges portés contre eux.
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Kahindo Edgar
Racodit-Butembo
Beni-Lubero Online
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