Dégâts de l’opération dite de démantelement des Nalu-ADF

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La mission conjointe entre FARDC, Monuc (Droits de l’homme), Presse locale, Notabilité de la chefferie des Bashu a effectué une descente sur terrain, à Bulambo-Isale, Dimanche 08 janvier 2006.

Pour les populations de la contrée du graben (de KALAU, MAKUNGWE, KANYIHUNGA, KATANDA, KYAVISALE…), l’opération MWIGHALIKA qui consistait à démanteler les camps des forces négatives ADF/NALU en faveur de la paix recherchée en RDC a plutôt été ressentie et vécue comme une véritable source des tracasseries et d’insécurité. Plus d’une semaine après les opérations, une mission conjointe entre les FARDC, Monuc (Droits de l’homme), Presse locale (RMBB, RTNC, RTGB, Radio OKAPI, les Coulisses), Notabilité de la chefferie des Bashu a effectué une descente sur terrain, à Bulambo-Isale, dimanche 08 janvier 2006. Outre les nouvelles relatives aux tracasseries militaires, à l’issue de ces opérations, la  mission coordonnée par la MONUC/Droits de l’homme, devait se rendre sur les lieux  pour évaluer l’impact de ces opérations sur les populations rurales de cette zone.  L’itinéraire de la mission: Butembo -Bulambo/Isale -Katanda-Butembo

Pour matérialiser les accords signés lors des différentes réunions de la Tripartite RDC-RWANDA-OUGANDA, les FARDC ont été appuyées par la Mission des Nations Unies (MONUC) afin de déloger les miliciens ougandais ADF/NALU basés dans le Parc National des VIRUNGA en RDC. Les opérations ont été menées  avec succès par des vaillants combattants des FARDC du 24 au 28 décembre 2005.

Au lieu que les populations  sentent le retour de la paix grâce à la présence des militaires de l’armée  nationale, l’on assistera plutôt à une forte insécurité. On déplorera dans la contrée  tout un cortège des pillages, des exactions, des actes de vandalisme et de rançonnement  subis sur les paysans. Et une grande partie des habitants de la contrée s’est sentie obligée de quitter le milieu en abandonnant derrière eux les maisons, les champs et tous leurs avoirs.  Les villages les plus touchés sont VUHESI, NYAVIKUNDO, VULIMBA, KYASEWA et surtout KATANDA, KYAVISALE, KANYIHUNGA et LISASA. Pour ne souligner que quelques cas, la période allant du 1er au 07 Janvier 2006  a été particulièrement difficile  pour les populations qui crient au vandalisme de la part des militaires indisciplinés de l’Armée congolaise déployée dans la contrée  pour démanteler les camps des  ADF/NALU, milices ougandaises opérant sur le sol congolais.

Ø Lundi 02 Janvier : viol d’une femme et d’une fille de 15 ans à KIVATE. La jeune fille a été emmenée à BUTEMBO pour les soins appropriés. Les auteurs de ces actes seraient des hommes armés.

Ø Entre Mardi et Mercredi, deux tonnes de café ont été pillées dans les entrepôts de Etablissements AU QUALITEX à KATANDA (Isale). Des hommes pris de force les ont transportés jusqu’à BULAMBO où ce café a été vendu sous pression aux acheteurs de la place.

Ø Mercredi 04 janvier, une femme a été violée à MUTENDERO; les populations des villages de LISASA, KANYIHUNGA, KASANZA, SOMA, VUTUNGU, PABUKA ont subi un pillage systématique perpétré par des éléments des FARDC qui revenaient de la ligne de front vers leur camp de MABOYA. Ils avaient emporté sur leur passage, des chèvres, du café; du riz, des haricots, des habits, des ustensiles de ménage, et ils ont mis du feu sur des cases et des greniers.

Ø Jeudi 05 janvier: le commandant FARDC du bataillon basé à BULAMBO avait convoqué un meeting populaire sur la place centrale de cette cité. A l’occasion, l’officier a montré 5 éléments de FARDC qu’il avait fouettés publiquement, les accusant d’être les grands meneurs dans les exactions perpétrées à KATANDA. Il a même indiqué, au cours de son speech que 4 parmi ces caporaux FARDC seraient des Nande qui martyrisent leurs propres frères!

Ø Vendredi 06 janvier 2006: Huit  chèvres sont découvertes attachées au stade de football de BULAMBO sous surveillance d’un homme proche d’un service spécialisé de sécurité  qui a dévoilé que ces bêtes appartiennent à un officier. Ces 8 chèvres ont été remises au chef de groupement pour rétrocession aux propriétaires.

Ø Ce même vendredi 06 janvier, un convoi conjoint MONUC – FARDC effectue une descente vers le Graben pour y mener des  enquêtes sur les exactions. L’équipe des enquêteurs avait constaté qu’il y avait été mené  une véritable politique de la terre brûlée, au vu des champs de riz et des cases incendiés ; et des villages abandonnés à KYAVISALE, KATANDA,… lors qu’on les avait attendus de 10h à 14h. La même rencontre a été reprogrammée pour dimanche 08 janvier 2006.

Entre temps, l’on assistait à une déportation massive des chèvres de BULAMBO vers BUTEMBO – de nuit comme de jour – pour le compte de certains hommes en uniformes. Par ailleurs, les camps militaires de MWIGHALIKA et MAKUNGWE vibrent sous les bêlements  des chèvres et des moutons entassés dans ces lieux après les avoir pillés à KYAVISALE, KATANDA, KANYIHUNGA, KISUNGU, MAKUNGWE et THUTHU.

De témoignages recueillis auprès des populations en déplacement de BULAMBO vers BUTEMBO et environs, les populations ne fuyaient pas les attaques des FARDC. Le déplacement massif était plutôt motivé par la peur  de servir pour le transport du butin que les militaires avaient pillé. Les hommes craignaient d’être utilisés pour le transport des munitions et de vivres des militaires de BULAMBO vers KATANDA ou MAKUNGWE et qu’au retour, ils reviennent avec des fagots  de riz et des haricots pillés ou avec des chèvres prises dans les champs. Quant aux femmes, elles craignaient  surtout d’être violées par des militaires. Par ailleurs,  l’on craignait que la reconstitution et les attaques des ADF/NALU, malgré qu’ils aient été délogés et dispersés. Un autre phénomène qui a provoqué  le départ de beaucoup de familles, c’est que des jeunes paysans avaient cédé à la mise des NALU/ADF et ils s’étaient faits recruter comme combattants. Leurs proches ont été obligés de quitter leurs villages pour ne pas subir des amendes et des arrestations inutiles.

En rapport avec les dégâts!

· Pas de mort de civile enregistrée, sauf un vieil homme émotionné à KITENDE

· Presque toutes les maisons et les cases de KATANDA et  KYAVISALE avaient été touchées par des pillards

· Deux femmes avaient été atteintes, le mercredi 28/12/2005 par des éclats des roquettes lancées depuis  le camp militaire de BULAMBO vers les villages de THUTHU et de KISEGHESE.

· A THUTHU, une bombe a endommagé un caféier et  une bananeraie.
Une autre a démoli une chapelle dont le toit comportait une vingtaine des tôles.

· A KISEGHESE, deux bombes ont éclaté dans un cimetière familial KAMULYA – MUSANDO.

· Deux cas de viol  déclarés : une fille de 15 ans à KIVATHE (le 01 janvier 2006) par 1 militaire et une  femme.

· Pillage du  bétail et des volailles pris et entassés dans les champs militaires de MAKUNGWE et MWIGHALIKA (plus de 300 bêtes).

Côté humanitaire, les déplacés ont été reçu chez leurs proches, sans vivres ni habits. Ils ont augmenté les effectifs de leurs hôtes qui – eux aussi – vivent au jour –le– jour. Toutes ces populations se trouvent exposées à la menace d’une disette  dans la contrée.

P. Omer Kasyakulu, a.a., Radio Moto Butembo

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