Deux Taximen tu

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La vie semble ne plus avoir de valeur en Ville de Butembo. Sans être invitée, la culture de la mort s’y installe au grand dam de sa paisible population. Le nombre des morts augmente du jour au lendemain. Ceux qui sont abattus loin des professionnels des Medias ne sont même pas comptabilisés. La situation est donc au rouge pour que ceux qui aiment leur ville s’y penchent et cessent de rêver d’une solution sans effort qui tomberait du ciel ou de Washington, DC. Aussi, n’est-il plus juste de parler de la guerre de Masisi et de Rutshuru, Goma, etc. Les complices de Nkunda opèrent aussi à Butembo… Tenez…
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Un corps sans vie a été retrouvé dans la brousse à Mavono à environ six kilomètres à l’Est de la ville de Butembo, le matin du samedi 27 Octobre 2007. Ce corps sans vie a été découvert par un vieux papa qui se rendait au champ. Des enquêtes ont révélé que ce corps était bel et bien celui de Mr JUDISON KAMBALE, un taximan bien connu de la ville. Tout indique que Mr. Judison avait été étranglé et molesté par des tueurs non encore identifiés. Son corps ne portait aucun signe d’armes blanches ou des cartouches. Jusque vers 11h00 du samedi 27 Octobre, aucune autorité de la ville ne s’était présentée sur le lieu du crime pour ouvrir une enquête. Cette négligence a fait monter la colère des taximen.
Comme si cela n’était pas suffisant, pendant que le cortège funèbre de Mr. Judison s’ébranlait vers le cimetière, un policier, ayant le grade de capitaine, à coté d’un colonel de la PNC, devant le Bureau du Groupe Mobile d’Intervention, sur la Rue Matadi, a tiré à bout portant sur un motocycliste faisant partie du cortège funèbre. Ce motocycliste qui est aussi un taximan de la ville est mort sur le champ.
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C’est comme si l’on cherchait par tous les moyens à soulever la population de Butembo pour qu’on l’écrase mieux. Visiblement, le calme stoïque des bubolais et des bubolaises devant les assassinats en série dérangent les prévisions des tueurs à gages larges au Grand Nord par Nkunda. Si cela n’était pas le cas, comment expliquer que 24h seulement après l’ignoble assassinat du Commerçant Kiposo devant le portail de sa maison, les tueurs se permettent de prendre pour cible les jeunes ?
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Ce qui devait arriver arriva. Les jeunes en furie ont sans tarder brulé la camionnette de la police qui se trouvait sur le lieu. Ils ont aussi incendié la résidence d’un policier à Kalimbute. Un policier a été copieusement lapidé par les jeunes en furie. Les jeunes motocyclistes ont, dans leur colère, ravi deux armes et une centaine des cartouches aux policiers de la Commune de Bulengera. Une panique générale a gagné toute la ville quand les jeunes ont commencé à tirer à balles réelles sur les infrastructures de la Police.
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Le mot de passe du soulèvement des jeunes taximen était décode très vite à travers la ville. Comme conséquence, un feu de colère brulait dans plusieurs Rond Points de la ville et à coté du feu, une grande croix en bois, pour symboliser le deuil de deux jeunes taximen fauchés sans motif à la fleur de l’âge par des forces occultes.
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Certains bubolais pensaient que l’heure de la révolution avait sonné finalement à Butembo comme le jour où les jeunes bubolais, Kasindiens et Kaganja Boys, avaient chassé les soldats de Mobutu, un certain dimanche de novembre 1996, un jour avant l’entrée des troupes de l’AFDL… Heureusement que les jeunes en furie n’avaient pas perdu leur sagesse et leur sens d’écoute. Les sages de la ville ont ainsi réussi à les convaincre de rendre les armes à la Police.
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Pour manifester leur colère, les taximen ont décrété une grève de transport sur toute l’étendue de la ville. Souvenez-vous que la grève des commerçants à la suite de l’ignobe assassinat de papa Kiposo prenait fin hier lundi matin. Le problème de la grève est qu’elle punit les innocents. Les tueurs à gages largués dans la région par des pouvoirs machiavéliques, ne souffrent pas du tout de ces grèves qui les laissent dans leur anonymat. Les bubolais et les bubolaises doivent trouver impérativement d’autres voies et moyens pour dissuader les tueurs à gages et les mettre irrémédiablement hors d’état de nuire. Les bubolais doivent prendre leur securité en mains et s’assumer devant l’histoire.
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Pardonne Masambiro
Butembo
Beni-Lubero Online

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