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Discours d’un Président de la Rdécès élu par imposition de la communauté internationale

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Une averse avait dominé toute la matinée, ayant plu pendant plusieurs heures. Le ciel était toujours fâché, noirci par des nuages prêts à tomber et écraser les centaines de mille de Kinois qui se tenaient debout, la plupart chaussés dans la boue, au stade des Martyrs, suivre le discours tant entendu du président nouvellement élu par imposition au cours même de la grande désolation que traversait la nation… les élections n’existaient pas dans l’ancienne Afrique… c’est de l’importation…Le public pullulait on dirait des abeilles dans un essaim à l’attente d’une proie à dévorer. Toutes les places assises avaient été dévorées par les Léopoldvillois qui vivaient dans la commune où fixe ses racines le stade. Les autres, les mbokatiers devaient rester debout à l’extérieur du terrain. Il n’y avait pas un seul trou par lequel on pouvait se frayer un passage. Aucune fente par laquelle on pouvait s’éclipser, soit pour entrer, soit pour sortir.

Le juge à la primature de la magistrature nationale était à l’officience. Sous un froid légendaire à la capitale qui est toujours chaude, il se leva et, ayant salué l’audience, introduisit le poète écrivain Muzalia Zamusongi . Celui-ci, dans sa barbe légendaire, chanta ses vers en sanglotant. Il peignit en couleurs vives et chaudes le vécu quotidien du congolais de depuis 1960 jusqu’alors. Il déplora toute la magouille, la manipulation, … politiques qui constituaient le pilier central de la gouvernance de la république et qui l’avait engouffrée pendant des décennies. Il poétisa dans ses Myalgies et ses Palilalies. Tous ses auditeurs se retrouvèrent faisant membres de la troupe Muzalia. Il n’avait pas encore terminé ses morceaux que tout le monde se retrouva en train de le joindre dans ses sanglots et pleurs.

 

Le nouveau chef de l’Etat se leva et prit la parole dans un climat émotif et émotionnel :

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                     Mes chers compatriotes, Congolaises et Congolais,

A ce moment crucial de l’histoire pathétique

L’histoire la plus amère de notre patrie, après l’averse coloniale

Laquelle pluie a emporté et continue à périmer ceux dont

Nous avions terriblement besoin

Point n’est besoin de ne pas évoquer les cicatrices,

Et l’ultime impératif de guérir les cicatrices de nous tous

Présent en ce lieu, sans oublier ceux qui sont en train de tiédir

Et moisir sous le joug de la misère la plus criante

Au travers de toute la république.

Nous sommes ceux que l’on a mutilés, dépossédés, refroidis

Ceux à qui on a craché au visage,

Ceux à qui on a montré que la vie ne nous était pas possible

Et ne nous appartenait pas, ne nous est pas possible.

Notre casse-croûte obtenue au bout de la sueur sanguine de notre front

De nos aisselles et des plantes de nos pieds

Pour avoir lutté eau et sang,

Perdant les nôtres et risquant nos propres peaux.

 

L’histoire se répète.

Nous avions pensé tourner la page lorsque les sculpteurs de notre indépendance

Tombaient en pleine lutte ou au bout.

Nous avons accusé les autres

Les pointant d’un doigt méchant incapable de pardonner

Pardonner un péché anthropologique.

Mais, frères, que n’avons-nous pas expérimenté par la suite ?

Nos propres frères se sont tournés en ennemis jurés

Une fois nous avons récupéré notre gâteau,

Au lieu de faire de notre cher et beau pays un centre de rayonnement africain

Les fils légitimes de cette terre l’ont dépossédée

En la soumettant au dur du tranchant de la méchanceté, de l’injustice

De l’exploitation, de la trahison, de la corruption,

Du tribalisme, du régionalisme, du collinisme, du villagisme

S’érigeant des villas et des gratte-ciel

Se dotant des compagnies aériennes ;

Ils ont fait d’eux-mêmes de demi-dieux

Au détriment de nos pauvres vieux et vielles

Nos pauvres parents, notre pauvre jeunesse et nos pauvres descendances.

On leur a ravi tout espoir de vivre ou de survivre ;

On leur a seulement accordé la chance de vivre avec une peau collant au squelette

Un ventre collant à la colonne vertébrale.

Tout cela, mes chers concitoyens,

Par les propres fils de ce pays,

Nos propres fils, frères et sœurs.

 

Jeunesse, chère verdeur,

T’as longuement accusé les vieux, tes pères, d’irresponsables dirigeants pilleurs

Qui récoltent et amassent dans les vrais fonds de leurs estomacs.

Voici nous t’avons aussi mise à l’épreuve : miraculeusement, t’as pas fait mieux qu’eux

Devenant littéralement con qu’eux.

 

Dans cette patrie convoitée par plus d’un

Pour sa richesse dite scandaleusement astronomique—malheureusement ne profitant

Pas équitablement à ses enfants… une égalité inégale

—on nous a laissé croire qu’il n’y a rien, absolument rien

Qui puisse nous revenir, rien qui puisse nous appartenir ;

Plutôt qu’il y a plus qu’en suffisance ce qui doit passer aux longs cous de girafes

Etrangères et d’outre-mer.

Ainsi notre peuple gémit-il dans sa criarde misère,

Cris dus aux multiples guerres dites de libération

Au manque d’éducation, de repas, de repos, de paix, de pain…

Nous sommes devenus philosophes par imposition

Privés de sommeil mais obligés incessamment de rêver d’un avenir meilleur utopique.

Tous les discours étant du genre : Ça ira un jour, demain ça ira. Et entre-temps nous      

                   mourons !

Nous sommes ceux qui font la une des médias,

Non pas parce que devenus une puissance,

Mais parce que nous faisons preuve d’une honte et une misère morales, spirituelles et

               physiques superstitieuses.

Nous sommes désormais ceux qui occupent l’arrière place dans l’autobus de la marche

                 vers l’humanité.

Nous sommes déshumanisés, sujets à des moqueries, internationales…

Nos frères et nos fils qui ont déguerpis

A la recherche d’une vie sauve, du pain en servant

Sont appelés des chiens et des sous-hommes.

Nos fils et nos filles, nos propres urines…

Outre mer ou outre frontière, ils sont faits de se rassasier

Des odeurs alléchantes de ceux qui devaient leur être assujettis

Bouffer les miettes qui tombent des tables

De ceux qui devaient les servir.

Là-dessus, ils sont fouettés, nos petits, aux plantes des pieds, aux mains et aux lèvres.

Mon peuple transformé en con go, congorien, congo rié, congo lié ! oh !

Notre pays remis à la merci de toutes les mouches possibles

Et aux morsures des guêpes

Ces marionnettes des grosses légumes

Un lieu où toutes les expériences contre l’anthropologie se larguent

Un lieu où les cadavres sont vivants et conscients de leurs obsèques

Et crient sans cesse : « Nous sommes morts ; on nous a enterrés vivants ! »

Au vu et su de l’humanité

Tout cela… car nos propres fils ont alourdi le joug de la servitude.

Et nous voilà tanguer, tanguer, tanguer… prêts à faire naufrage.

 

Au lieu de nous faire monter à la cime

De la monstrueuse Lwanzururu afin que le monde entier observe notre grandeur,

On nous fait éternellement laisser voir qu’il n’existe que la lave des Virunga

Et le gaz méthane du Kivu.

Et voilà nos parcs n’accueillent plus de visiteurs,

Notre fleuve et nos lacs n’abritent plus de poissons…

Sinon étancher leur soif et apaiser leur colère en engloutant nos bateaux

Et noyer nos frères qui osent les hanter ou les toucher.

Tout ce que peut nous offrir la terre où ont longtemps vécu nos aïeux

N’est autre que du poison : des épines, des scorpions, des vipeurs, des anophèles

Dans le cœur même de notre chère anciennement connue

Luxuriante, simpervirente, vierge

Qui héberge désormais les plus grands terroristes de la région.

 

Nous sommes éreintés ; nous sommes ceux qui sont élancés par la famine ;

Nous sommes ceux qui vieillissent plus vite avant l’âge ;

Nous sommes ceux dont les yeux gisent dans les vrais fonds des orbites creux,

Creusés   par les longueurs des pleurs des nos yeux et les fleuves qui en coulent.

Nos poches sont toujours trouées

A la merci de ceux dont la kalachnikov coule dans les veines.

Nous mangeons pour vomir, et

Nous buvons les fleuves des nos globes.

Je le répète, et notre forêt majestueuse ne nous envoi plus que des anophèles

Et la mouche tsé-tsé.

Nos filles et nos frères transformés en puits où puisent les gorges insatiables

Via les pipelines de leurs fusils ;

Nos filles et nos mères transformées en vedettes et superstars du cinéma pornographique

Le plus payant du globe parce que ces actrices maîtrisent la mélodie de la hanche…

Nos petits garçons la ligne de devant toujours au front contre nous-mêmes ;

Nos mamans veuves abandonnées alors sans progénitures et sans plus d’espoir de vivre

Car creusées, fossoyées par les armes de n’importe quelle mouche qui vient jouer

Et présenter ses pièces, ses poèmes et ses musiques sur le territoire congolais

A la vue et au su de l’humanité, via la fameuse Communauté Internationale ;

Nos filles obligées—les chanceuses qui survivent— de rester célibataires à jamais

Et qui demain doivent nous quitter parce sponsorisées par la fameuse endémie du siècle

Importée par les fils du royaume de longueurs des nez et des dents : toujours des guerres

De libération sponsorisées par les affamés de faire cesser toute existence du globe terrestre

Par leurs industries à la recherche de la matière première : ils immolent comme ça

Des millions de vies congolaises. Un avenir décapité…

Nos pasteurs, affamés et excités, devenus pédophiles et banquiers…

Nos poètes révélés obligés de prendre pour boisson leurs propres urines

Pourrissant pourris entre quatre murs

Et leurs garnitures jetées à la fournaise

Le rendez-vous du donnant-donnant répondu par la majorité…

Ah ! Vit-on ?

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Non ! Non !… Non et non ! Cela doit cesser !

Ici n’est pas le temps de laisser notre minime jeunesse se vautrer,

Se livrer au trémoussement gambadé des hanches,

A la bière, à la drogue, aux stupéfiants, et à la luxure !

Nous disons non à la mélodie cadencée et nuancée des hanches maudites :

Nous disons oui, oui à la mélodie bénite du cerveau et de l’esprit !

Peut-être me fais-je interpréter en gémisseur poète seulement.

Congolaises, Congolais, peuple bien aimé.

L’acceptation volontaire de l’erreur commise, la conversion mentale, physique et spirituelle,

La révolution de tout homme et tout l’homme congolais

Débutant par l’esprit et finissant par le corps, voilà. Voilà un bon départ.

Ensemble, il y a trop peu qui puisse anéantir nos possibilités.

Rien n’est perdu. Et mieux vaut tard que jamais, dit-on.

Nous pouvons encore, toujours et pour toujours sauver

Avant qu’il ne soit soir.

Ensemble nous pouvons nous amener à nous vêtir à notre froid,

Manger à notre faim, boire à notre soif, dormir à notre sommeil

Et nous reposer à notre fatigue.

Nous allons balayer ces nuages sombres qui nous offusquent la vue et imposer la lueur.

Nous allons imposer la paix et désengager tous nos enfants

Qui font la première ligne du front, visés par les obus et les armes automatiques,

Des méchants vautours et aigles, qui crachent la mort

Et les amener à la reconstruction de notre cher et beau pays.

Notre nation va s’imposer et prouver au monde

Que le Congolais n’est pas un ivrogne qui passe ses nuits dans les caniveaux

Ses jours dans la corruption et les batailles infinies,

Un gémisseur poète ou un musicien désireux de passer outre ses malheurs

Sous l’effet des demi-mesures, mais, plutôt,

Un homme à respecter et à craindre pour sa force morale, physique et spirituelle

Un homme auprès de qui l’humanité cherche conseil et refuge, aide, et …

La paix, le pain, la santé, l’éducation, vont partir et diverger du Congo.

Tout cela, mes frères, mes sœurs, à moi seul   je ne peux rien

Et ce rêve est loin d’être utopique, il est hypothétique mais authentique

Si vous et moi nous impliquons sérieusement, hardiment

Et d’un seul et même cœur et langage dans le travail de la reconstruction des ruines et  

              vestiges.

La justice, la vérité, l’amour, l’harmonie, la joie vont partir de notre terre

Pour ensemencer le monde.

Que Nyiragongo nous descende désormais un calcineur de la corruption,

La haine, la jalousie, le favoritisme, la guerre, et l’injustice.

Et que Lwanzururu nous descende sa neige pour épurer le passage de Nyira.

Nous allons tous ensemble vivifier les vies mortes

Enfouies dans la tombe qu’est notre pays

Portant son propre cercueil et sa propre croix dont l’épitaphe :

« Ci-gît le décès, Ci-gît la Rdécès, Ci-gît la mort. Ci la mort est vivante : RIP »

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Si nous voulons y arriver, mes chers camarades,

Nous devons nous retrouver sans reproche aucune, je me martèle,

C’est-à-dire partir de la conversion de notre être tout entier

Et foutre hors de notre camps tout esclavage mental.

 

Ci le jour où, l’histoire se répète, mais devrait-elle nous servir de leçon

Et de guide pour un bon aujourd’hui et un meilleur demain.

Les étrangers ne sont pas ceux qui, dans leurs fourberies,

Nous doivent des leçons sur la vie ;

Ils nous dupent.

Nous avons une vie propre à nous-mêmes

Nous avons nos propres mœurs

Nous sommes ce que nous sommes

Nous refusons d’être ce que les autres veulent que nous soyons

Il en est ainsi et en restera ainsi.

Je le répète : il n’y a aucune leçon qu’ils doivent nous apprendre de la vie.

 

Toujours est-il vrai

Nous avons des problèmes

Des problèmes que nous partageons avec les autres

Mais aussi des problèmes qui sont propres à nous.

C’est la recherche d’une dose curative qui reste notre préoccupation majeure.

Et ce médicament, cette solution

Ne doit émaner que de nous, que de notre fort intérieur.

Nous sommes nos propres laborantins, nos propres traitants

Et nos propres pharmaciens, comprenez-moi.

 

Sans plus de doigt s’accuser les uns les autres

Tirons de la poche nos mains

Tous et sans exception aucune.

Que chacun au lieu de se recroqueviller

Quitte sa coquille sans chanter comme un coq

Et considère d’abord les intérêts altruistes :

Là est l’évangile de l’église nationale ;

Un œil ouvert, une oreille ouverte,

Un bras levé, un pied sur terre dormons.

 

Tous nos discours peints des vocables esthétiques

Une main posée sur la Bible

L’autre frottant le pagne national

Traduisaient l’hallali gravissime de notre hypocrisie : notre serment.

 

Que dirai-je en définitive ?

Je ne suis pas éternel,

Je vis parce que vous vivez

Je vis grâce à vous

Je vis à cause de vous

Je vis pour vous.

 

Nous avons longtemps et longueurement combattu et débattu

Nos journalistes, nos militaires et nos poètes tués, emprisonnés et flagellés :

Cela n’a rien résolu.

Nous avons utilisé l’autre sens de pardonner en laissant impunis ceux

Qui rendaient la vie morte sur la terre de nos ancêtres : cela est fini !

Ci la vie débute, ci la vie commence.

Et tous nos cerveaux exodés et tous nos pauvres expats :

Rapatriés. Nous n’envierons plus rien des autres.

 

Vive le Congo, vive le peuple Congolais

Que DIEU nous fasse réussir.

Je vous remercie.

 

Nleky Crucifié

 

Biographie de l’auteur

 

 

Nleky G’Bwa est l’auteur de plusieurs œuvres inédites. Ses collections comprennent des pamphlets, satires, lyriques, une fiction, des essaies, du théâtre, etc.

Sa vie littéraire germe dans une révolte : en effet, il s’inspire de ses colères, de son passé, et de son présent qui se caractérisent par une vie tronquée, troublée par vents et marrées—sa vie « pauvre » d’enseignant descendant d’un enseignant .

Ses œuvres comprennent :

•           Théâtre :

–           Leziletré

–           Cadavres vivants

–           The Cost of Risk

–           Amour-Paix-Réconciliation

–           Rose, ça sent doux et agréable

–           Les imbéciles de la morve

–           Vous nocidez

–           Grand-père

 

•           Pamphlets et satires

–           Un jour le révérendissime prit la raclette

–           Spermes rouges

–           La diarrhée vulcanienne

–           Virunga à l’ISP, etc.

 

•           Film

–           Amalolo

–           Un fils de chimpanzé (filmographe)

 

•           Fiction

–           Je vis bientôt

–           Entre le QC : ici il fait chaud

–           Epitres du mur

–           Les niaiseries de Tonton Turbo King

 

•           Collections de poèmes

–           Tragédie d’un fou (2 volumes)

1.         Grippe aviaire. Grippe insensée d’un insensé licencié : RIP

2.         Descente d’un fou aux enfers

–           Crucifié

 

•           Musique : 4 albums

–           Retour

–           Zambi, ugonjwa wa hatari

–           Trône ô Brigands

–           Mamia ya wauaji

 

A la suite de ces œuvres, la jeunesse de Nleky a été dominée par le dessin, la peinture, la photographie, et la sculpture. Il a aussi fait la coiffure. Jusqu’à présent, l’artiste est un rêveur, qui envisage inlassablement un avenir meilleur pour l’humanité et pour lui-même.

 

Même s’il déclare lui-même ignorer son âge car ça change à chaque seconde, nleky nait le 4 janvier 1981, un dimanche à 5 heures, en cours de route vers l’hôpital, à quelque distance de l’Hôpital Général de Référence de Katwa, à coté de la fontaine du mzee communément appelé Chef. Nleky G’Bwa répond au nom de Bwambale Sivamwenda lorsque son père l’appelle, et Jeannot quand c’est sa mère , Nleky, le fameux nom, par ses frères, ses sœurs et ses amis. Au début de son teenage, ses camarades l’appellent Gouverneur, laquelle appellation s’abrégera G’Bwa.

 

Il descend de Mr. Jean Kambale Sivamwenda, un enseignant de formation, et d’une mère débrouillarde, Ruta Kahindo Kavunga.

 

Il est le quatrième enfant au milieu de cinq filles et trois garçons. Deuxième garçon, il profite de cette position pour apprendre beaucoup de ses aînés. L’influence la plus importante, il la tire de son frère aîné Mukadjo, qui l’amène à aimer le dessin et la Bible. Peut-être Nleky tire-t-il plusieurs de ses pensées philosophiques de ce grand-frère. Certainement qu’il les passera aussi en grand nombre à son frère cadet, Johnson Rafiki (www.myspace.com/johnsonrafikivideos/video/101890962)

Ses frères sont Mukandirwa-wa-Sivamwenda (Mukadjo), et Ameni Sivamwenda (Johnson Rafiki). Ses cinq sœurs sont Nzanzu (Iza), Neema (Grace), Fadhili, Wasingya et Muyisa, toutes Sivamwenda. Il a connu sa tante maternelle Kavira Ngolo sous le toit paternel depuis la naissance jusqu’à la séparation de 2001.

 

Nleky naît dans une famille qui ne trouve pas aisé de nouer les deux bouts du mois… c’est normal dans la vie de l’enseignant, même si son père jouira d’un privilège de passer d’enseignant à directeur, de directeur à inspecteur. Cela inspirera ses musiques et ses littératures, voir même son comportement. Le jeune homme, toujours sous l’influence de son frère aîné, est sobre, modeste, et reproché d’être chambriste, et pense qu’on peut être juste, honnête, solitaire, discret… Son père lui reproche d’être méchant car il ne recule jamais dans ses décisions.

 

Nleky G’Bwa est marié et père de trois enfants.

 

 

Baptisé dans la foi Chrétienne en Juin 1993, au poste ecclésiastique de la Communauté Baptiste au Kivu-une communauté protestante—Nleky opte pour le Rastafarisme peu après, en 1996, pas comme une nouvelle religion ou nouvelle foi, mais comme un mouvement philosophique, une manière de vivre et de concevoir le monde. Cela arrive lorsqu’il découvre la musique reggae qui vient de naître dans sa ville Butembo avec l’orchestre Sitchi Universelle de Mayaya Santa. Désormais, il écrit ses chansons en ce nouveau rythme, qu’il appelait avant Jerk, avec les chants de Lucky Dube. Vite, il apprend à jouer au reggae sur piano.

 

En décembre 2001, il va à L’Institut Supérieur Pédagogique pousser ses études, à Bukavu. Là, au stadium de l’Institution, devant un public de 5 000 personnes, il joue une seule chanson, « One People », comme pour lever le rideau dans un concert pour la lutte contre le SIDA, joué par l’orchestre Quartier des As, une manifestation organisée par PNLS. Là, il épate tous les isparques qui les connaissaient de timide. Ce qui lui fait une adresse qui le poursuivra jusqu’aujourd’hui : l’appellation Rasta. La même année, sa rencontre avec un grand Rasta Bk, Tchakiz Ebolaz, lui fait un nouveau rêve : être saint dans un corps saint, avec une méditation biblique intensive, un chapitre par jour. Sa renommée commence sa folie. En 2002, il participe à la fondation de l’Association des Rastas pour la Paix et le Développement (ARPD) sous la sponsorisation de Mr. Gustave Chihebeyi. Il est nommé chargé des médias. Ainsi, devient-il sujet à plusieurs interviews de différents journalistes des radios de la place, et devient lui-même animateur de l’émission « La Parole est aux Rastas » à la RTNC/Bukavu, où il anime aussi l’émission « Et si l’on se connaissait soi-même » lui léguée par son enseignant de pédagogie Mr. Mundenga après une interview avec lui. Sa connaissance du rastafarisme l’impose et fait que George Zihindula, le président de l’Association affirme publiquement, en 2003, que Nleky méritait une ceinture noire rasta. Ses chansons vibrent dans les universités de la place, telles que d’abord sa maison mère—l’ISP, ensuite l’ISTM, l’ISDR, l’UEA, le CUP, …et dans les églises, et sur la rue… où il fait pleurer ses auditeurs par son message… 

Tout au long de son séjour à Bukavu—2001-2005—il s’engagera à lutter contre la corruption, le tribalisme, l’ethnicisme, le régionalisme, … qu’il expérimente, et desquels il souffre des plaies, dans la ville et souvent à l’université. Ainsi enregistre-t-il son premier album rasta « Trône ô Brigands » par lesquels il critique la guerre, la corruption, la mauvaise gouvernance, la corruption, … Un moment crucial où le pays traverse toujours sa crise politique, économique, déchiré par des guerres infinies dites de libération. Tout cela le fouette qu’à la fin il abandonne les études une année avant d’aboutir, avant d’obtenir sa licence en pédagogie appliquée à l’enseignement de l’anglais. Il refuse de s’asseoir pour la seconde session : tout est à refaire ; on est partit du héros à zéro, et il faut donc repartir de zéro. Les thèmes de l’injustice, la corruption, le vol, l’impunité…bref, le mal… fertilisent ses compositions et renchérissent ses contradictions avec ses camarades qui finiront par l’appeler poète, écrivain, philosophe, dramaturge, pamphleter, artiste, rasta, fou, cinéaste, … 

Sa rencontre avec son camarade de chambre, un compagnon de chambre pour trois ans, l’inséparable Lukogho Vagheni, et le poète-écrivain-dramaturge Muzalia Zamusongi et puis Ndambuka, ravitaille sa pensée poétique. 

Son au revoir est marqué par l’enregistrement du single « Mamia ya wauaji », une simple traduction de son texte original «Hundreds o’Criminals », composition influencée par la proposition de son maître de cinéma Modogo Muthembwi, qui voulait une chanson en kiswahili. 

Nlekybwa Siva

©Beni-Lubero Online

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