Double Assassinat de Kambale Kakoma et Musiyiro

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La soirée du 13 au 14 juin 2010 a été un cauchemar pour les habitants des Quartiers Muchanga et Mutiri en ville de Butembo qui ont vu des militaires Fardc tourner leurs armes et leurs poignards contre eux. Bilan de la barbarie : 2 morts et 2 blessés graves abandonnés pour morts.
Il est 22h. Kambale Kakoma a juste fini de suivre le match Allemagne- Australie de la coupe du monde 2010 dans sa résidence située au Quartier Muchanga, non loin de la Salle des Fêtes Monde Juste. Il se met à table pour prendre son repas du soir refroidi à cause de sa passion pour le foot. Trois militaires choisissent ce moment-là pour forcer leur entrée dans sa maison. Sans rien demander, ces trois intrus tirent à bout portant 2 coups de balles dans la tête de Kakoma qui s’écroule sur le champ.
Le corps sans vie de Kambale Kakoma gisant dans son sang
Un des tueurs presse la femme de lui donner le téléphone de Kakoma. La femme en sanglots lui répond que le téléphone est à la charge chez le voisin. Tous les trois tueurs l’obligent d’aller chercher le téléphone chez le voisin avec la consigne sévère de ne rien dire au voisin de ce qui venait de se passer. A la pointe du fusil, la femme devenue veuve, réveille le voisin qui lui donne le téléphone. La femme remet le téléphone de son mari aux trois militaires tueurs qui ont immédiatement après disparu dans le noir.
La veuve laissée par Kambale Kakoma pleure à côté du cadavre de son mari
C’est cela la vie à Butembo. On peut la perdre en un clin d’œil non pas par des bandits en recherche de l’argent ni moins par les FDLR mais par les militaires déployés dans la région pour la pacifier de la paix du cimetière. Mr Kambale Kakoma laisse une veuve et 3 enfants une veuve. Il était âgé de 33 ans. Il était commerçant des marchandises diverses. Selon ses proches, il venait de décharger un container de marchandises venu de la chine au cours la journée de dimanche sans savoir que la mort l’attendait le soir.
Les voisins de Kakoma s’attroupent devant son domicile le lendemain de son assassinat
Quelques heures avant l’assassinat de Kakoma, les enfants qui coupaient l’herbe pour leurs lapins au quartier Kalemire, non loin de l’Institut Makerere, venaient de retrouver Mlle Kavugho Désanges (18 ans), dans un champ des haricots, entre la vie et la mort. Elle sera vite dépêchée à l’Hôpital Général de Matanda, où elle lutte entre la mort et la vie. Les causes de sa maladie et les circonstances qui l’auraient conduite dans ce champ de haricots n’ont pas encore été élucidées.
Comme si cela ne suffisait pas, Mr Musiyiro (22 ans), commerçant des denrées alimentaires en provenance de Oïcha et de Mangina était aussi propriétaire d’un dépôt des denrées alimentaires à Muchanga. Son corps sans vie a été retrouvé dans la rivière Kanyavuyiri mort, sous le pont Saghasa, non loin du marché de Makerere et du marché de Muchanga. Les parcelles de Musiyiro et de Kakoma, sont séparées d’une centaine des mètres seulement. Les circonstances de sa mort n’ont pas encore été élucidées même si on pense qu’il aurait croise une bande des tueurs qui distribuent la mort à Butembo. Sur son corps, on a retrouvé plusieurs blessures au couteau. Musiyiro laisse une veuve inconsolable et 2 orphelins.
Le Grand-Père de Musiyiro fait des lamentations sur le corps de son petit-fils assassiné
La veuve de Musiyiro au micro d’un journaliste de Butembo
Veillée mortuaire de Musiyiro dans la Chapelle Catholique de Kalyandehi
Dans le quartier Mutiri, à quelques mètres de l’école pour les sourds-muets, madame Georgette Kalumwendo a été visité par des hommes en armes qui l’ont poignardé et l’ont laissé pour mort. Ces malfrats voulaient piller la boutique collée à la parcelle de Mme Georgette Kalumwendo. Mais comme il était 20h00, le propriétaire de la boutique était déjà parti chez lui pour la nuit. Mme Georgette Kalumwendo a tenté en vain d’expliquer qu’elle n’avait pas la clé de la boutique. C’est ainsi qu’elle sera poignarder par les malfrats. Aux dernières nouvelles, Mme Georgette Kalumwendo serait entre la vie et la mort dans un hôpital de la place.
Les jeunes de Muchanga qui a pris d’assaut les rues de leur quartier pour protester contre cette criminalité entretenue par les militaires ont été dispersés par un peloton des policiers descendu sur le lieu et armé jusqu’aux dents comme si les jeunes de Muchanga étaient des FDLR qu’ils sont supposés anéantir. Le sauve-qui-peut a eu comme résultat plusieurs jeunes manifestants blessés.
Manif des Jeunes de Muchanga. Sur leur pancarte on peut lire: "Les Fards ont tué Kakoma et Musiyiro! Finie la récréation…:
Comme on peut le constater, la police congolaise est plus habile dans la répression meurtrière que dans la protection des populations civiles. Il en est de même des Fardc. Pendant que les populations attendaient que l’action de ces militaires traque les soi-disant FDLR dans les forêts de Masisi et de Walikale, c’est dans les villes, cités et villages de Beni-Lubero que ces derniers tournent leurs armes contre des paisibles congolais. Et depuis que la population lance un cri d’alarme, le gouvernement congolais reste indifférent, inactif.
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Correspondance Particulière de Butembo
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©Beni-Lubero Online
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