Enquête obligatoire pour chaque cas de décès maternel lors de l’accouchement

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Le Ministre  Provincial de la Santé au Nord-Kivu, Son Excellence Dr MBALUTWIRANDI KINYWA Valérien a tenu une réunion hier dimanche 10 Février 2008  chez les Sœurs Orantes de l’Assomption à Kasongomi de 13h00 à 16h30,  à l’intention des différents partenaires de santé œuvrant en Ville de Butembo et ses environs.
 
Centre d’Accueil des Soeurs Orantes de l’Assomption à Kasongomi/Butembo
Le Ministre a rappelé aux professionnels de santé de Beni-Lubero la nécessité de respecter la procédure de recours aux autorités hiérarchiques compétentes  et de se conformer à la Constitution ainsi qu’aux lois sanitaires de la R.D. Congo.  Il a ensuite ajouté que c’est en permettant aux différentes structures mises en place par l’Etat de jouer pleinement chacune leur rôle  que la jeune démocratie congolaise pourra aider le pays à aller de l’avant dans l’ordre et la discipline.  
 
Dans son allocution, le Dr Mbalutwirandi a aussi rappelé que le plan de développement quinquennal de la province du Nord-Kivu repose sur le partenariat public et privé. En matière de santé, les partenaires du Nord-Kivu sont la Banque Mondiale, l’Union Européenne (avec le 9ème FED), les confessions religieuses, et les acteurs privés.
Le partenariat en cours est régit par le partenariat international d’après la Déclaration de Paris qui a fixé les 5 principes de partenariat comme suit:
          La participation communautaire,
          L’alignement opérationnel,
          L’harmonisation,
          La gestion axée sur des résultats,
      –     La responsabilité mutuelle
 
L’exemple frappant de responsabilité mutuelle est l’enquête obligatoire pour chaque cas de décès maternel lors de l’accouchement. Désormais chaque cas de décès maternel dans une structure sanitaire sera d’office considéré comme une épidémie qui doit faire l’objet d’une investigation. En cas de faute professionnelle avérée, les sanctions pourront aller jusqu’à la fermeture de la Maternité voire de la structure sanitaire toute entière. Cette mesure qui sera bien accueillie par la population qui a tant souffert des décès inexplicables à l’accouchement a été accueillie par les professionnels de santé avec des sentiments partagés car elle rappelle la question de la déontologie et de la  responsabilité des médecins. Si une structure sanitaire sait qu’elle n’est pas habilitée et outillée pour entreprendre une opération quelconque, elle doit référer le cas à la structure adéquate et au spécialiste en la matière. Cette mesure, on l’espère bien, aidera les infirmiers qui se laissent appeler « docteurs » dans les villages du Nord-Kivu, à cesser de faire de faire des essais sur les vies humaines, les malades. L’exigence de l’enquête obligatoire pour chaque cas de décès maternel repose ainsi la question des ressources humaines en matière de santé. La santé est le domaine qui doit utiliser le plus de personnel qualifié et compétent, car elle s’occupe des soins des vies humaines, contrairement aux agronomes qui s’occupent des plantes et aux vétérinaires qui s’occupent des bêtes.  Dans ce domaine des ressources humaines disponibles, les chiffres de la Fonction Publique dans la Province du Nord-Kivu sont effrayants. Sur 13 000 agents fonctionnaires dans le secteur de la santé, seuls 1 135 agents soit 8, 7 %  du personnel reconnu par l’Etat ou sous statuts et avec un Numéro Matricule. Le reste est constitué des nouvelles unités  nouvellement engagées localement selon la demande. L’enseignement est logé à la même enseigne mais se porte mieux que la santé. Sur 32 000 enseignants du Nord-Kivu, seuls 11 000  soit 34,3%, sont reconnus par l’Etat.  Les enquêtes ont prouvé que  parmi les 1135 matricules de la santé,  environ 30% ont des vrais commissions d’affectation, le reste ayant été affecté dans des conditions illégales. La procédure d’affectation ainsi tordue fait que des personnes non qualifiés en matière de santé  ont affecté des agents de santé. Cette irrégularité touche les curés des paroisses, les pasteurs, le représentant légal, le pasteur surveillant, les commerçants, les individus ayant un peu d’influence dans leur milieu, les médecins chefs de Zones, etc. Ainsi la responsabilité de l’Etat a toujours été violée en matière d’affectation des fonctionnaires de santé.
 
La même violation concerne aussi le régime des sanctions. Les mêmes personnes ci-dessus citées jouaient à tort le rôle de juge et de police criminelle, révoquant qui elles voulaient sans aucune procédure. C’est ainsi qu’il y a eu de l’anarchie dans l’engagement des fonctionnaires de sante ou l’on a assiste a une pléthore d’agents. Aussi, certains Centres de Santé ont été transformé en Centre de Santé de Référence sans aucune formalité administrative. Certains hôpitaux se sont occupés du paquet minimum d’activités au lieu du paquet complémentaire d’activités provoquant  ainsi une confusion dans la pratique entre le rôle d’un Centre de Santé et celui d’un Hôpital, et tutti quanti.
 
Les problèmes soulevés par Son Excellence Monsieur le Ministre Provincial de la Sante en appellent à une refondation de l’autorité et du rôle de l’Etat au Nord-Kivu et au Congo. Pour que les mesures annoncées par le Ministre soient appliquées, que toutes les parties concernées jouent chacune leur rôle. Pour que la mesure de l’enquête obligatoire en cas de décès maternel soit effective, il faut équiper les hôpitaux de la province de moyens matériels adéquats  pour conduire une enquête, conserver les corps pendant le temps nécessaire pour l’enquête, faire des autopsies, etc.
 
Le souhait des congolais est que cette mesure combien salutaire s’étende sur toute vie humaine. Toute mort humaine doit faire l’objet d’une enquête médicale pour en déterminer les causes et les circonstances de la mort.
 
Le Ministre Provincial de la Santé, expert de l’OMS à Beni-Lubero jusqu’à sa nomination comme Ministre,  ancien Médecin Chef de Zone de Santé de Lubero avant les années 1994,  puis Médecin Chef de Zone de Santé de Butembo jusqu’ à 2001, a été très applaudi car il a su nommé chaque problème possible connu à Beni-Lubero par son nom. En langage médical, on peut dire qu’il a fait un très bon diagnostic. Il lui reste à administrer une thérapie appropriée pour éradiquer les maux à leurs racines.
 
Juvénal Paluku
Butembo
Beni-Lubero Online

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