Entretien avec l’Abbé Malu Malu, Président de la CEI

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La délicatesse de la phase finale de la transition politique en R.D. Congo
Il faut en parler.Il en va de notrre propre avenir. Sur l’horloge électorale, les aiguilles s’affolent… Mais avons-nous tous la même vision des événements qui se déroulent en R.D. Congo ? Tout le monde ne fait pas la même analyse ni la même évaluation de ce qui se passe ! Point n’est d’ailleurs besoin de le faire. Mais plusieurs pensent, pour le moins, qu’il y a encore une chance pour l’avenir… C’est en tout cas ce qui ressort des différents entretiens de Mr l’Abbé Malumalu, président de la Commission Electorale Indépendante, avec différentes Associations civiles et groupes politiques, à l’occasion de son passage à Madrid, du jeudi 16 au vendrredi 17 février 2006, à propos de la question du processus électoral en cours pour la construction « d’une République Démocratique du Congo vraiment démocratique ». Un problème du présent. Un problème de l’avenir !

Pendant des moments comme celui que nous vivons actuellement en R.D.Congo, on court souvent le danger de succomber à trois tentations. La tentation de « se sentir discriminé voire poursuivi » et de réagir dans la crispation en attaquant. La deuxième tentation c’est celle du « fondamentalisme manichéen » qui divise les choses en blanches et noires ; les personnes en amies et ennemies, la loi en « ça me convient » et « ça ne me convient pas ». La troisième c’est celle de l’étroitesse des vues qui consiste à s’enfermer sur soi-même par peur du débat et du pluralisme. Le vrai danger dans ce troisième cas est de privilégier la raison de la force plutôt que la force de la raison.

Contre ces trois tentations, je propose à nos lecteurs, l’antidote de trois exigences: l’unité dans l’essentiel. La diversité et débat en vue du consensus dans tout ce qui est opinable. La solidarité et la charité pour le bien-commun en tout. Ces élections sont une bonne occasion pour chaque congolais soucieux de se montrer digne de ce nom – et surtout pour les acteurs politiques- de faire cet exercice important. Pour y arriver nous faudra-t-il peut-être faire une relecture pertinente de notre réalité ? Une relecture dans un double sens : retrospectif –pour remémorer et faire la recollection des expériences positives et négatives du passé, sans y être figés- et pro-jectif, comme point de départ vers un avenir meilleur. Parce que à quoi nous servirait de nous lamenter du passé si l’urgence est bien plutôt de rechercher comment agir, pour d’abord, éviter l’embrasement, puis, aussi vite que possible, construire un pays paisible, une patrie congolaise digne de ce nom. A notre avis, c’est en ce sens qu’il faudra travailler sans jamais cesser d’exiger de tout le monde à renoncer à la raison de la force pour ainsi embrasser les voies de la liberté, de la responsabilité et de la participation démocratiques. Tous les Congolais devront toujours se souvenir de l’adage selon lequel : Quand les choses vont mal, il faut faire tout pour les redresser. Mais c’est quand les choses semblent bien marcher qu’il est souvent urgent de faire mieux et davantage ! Un chemin est déjà fait. Ou mieux encore, un chemin est en cours. Ce qui est louable. Mais il faut dire que, quand le plus dur est fait , c’est alors que le plus délicat reste à faire. Il en va de notre propre vie.

Olivier Kamate Sikahwa, Correspondant de www.benilubero.com à Madrid (Espagne)

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