État de siège : Une mutinerie des FARDC s’annonce dans le Kivu-Ituri

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Le gouvernement congolais a annoncé, le 30 avril 2021, un régime d’état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, ravagées par des violences des groupes armés. La mise en exécution de ce régime d’exception doit nécessiter le déplacement des commandants des FARDC et des troupes actuellement en opération dans les deux provinces, et leur remplacement par de nouvelles forces militaires.

Selon nos renseignements au sein des FARDC, cet impératif de remplacement est fermement contesté par des hauts gradés des FARDC dans les deux provinces, de même qu’au niveau national. Il nous est rapporté que plusieurs officiers FARDC menacent de déclencher des mutineries pour saboter le projet de remplacement des troupes et des commandants actuellement en opération dans les deux provinces. Les quelques noms des généraux qui seraient derrière ce projet de mutinerie, selon nos sources, sont Peter Chirimwami, commandant de l’opération Sukola 1 basée à Beni, le général Egide Ngoy basé en Ituri, un certain « général Yav » et le général Mundos, inspecteur général adjoint des FARDC et ancien commandant de l’opération Sukola 1 à Beni. Est aussi impliqué le chef des ADF Seka Baluku, protégé par des officiers FARDC et en circulation libre dans le territoire de Beni.

La présence de Seka Baluku a été signalée dans la principale mosquée de Beni, la mosquée de Mupanda, dont le prédicateur Sheikh Aliamini a été assassiné le 1ermai 2021 après avoir publié des prêches qui contestent la dérive des violences menées au nom de l’islam. Cet assassinat pourrait être le premier acte tonitruant destiné à saboter le projet de remplacement des unités FARDC par le gouvernement congolais.

Ces officiers congolais seraient poussés, dans la menace de mutinerie, par leurs subalternes rwandais issus des brassages et des mixages des forces du CNDP et du RCD-Goma d’Azarias Ruberwa, Laurent Nkunda et Bosco Ntaganda. Ils seraient aussi motivés par la nécessité de cacher indéfiniment leurs implications dans des tueries de masse et le risque que de nouvelles unités en remplacement découvrent leur complicité avec les escadrons de la mort, étiquetés « ADF », à Beni, et « CODECO », en Ituri.

Nos sources parlent d’une menace sérieuse qui pourrait rivaliser avec la guerre du M23 déclenchée par les mêmes armées pro-rwandaises en avril 2012, lorsque le gouvernement congolais avait décidé d’interpeller le chef de guerre CNDP Bosco Ntaganda en application d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale.

La question de savoir si le gouvernement congolais doit reculer face à ce risque de mutinerie s’est naturellement posée. Il nous a été rapporté que le pouvoir de Kinshasa est en négociation avec le pouvoir du Rwanda sur le sujet, mais qu’au stade actuel, aucune décision n’est encore prise pour savoir si Kinshasa va remplacer ou non les commandants militaires et leurs troupes implantés dans les deux provinces.

 

 

Jean-Marie Katembo

©Beni-Lubero Online
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