Face au drame de Beni-Lubero, un député national déchire l’abcès

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Le territoire de Beni brûle. Le sang est partout. Des cadavres partout. Les NALU et ceux qui se confondent avec eux, sèment la terreur. Les déplacés de guerre sans assistance. A Butembo la situation est pareille. Des tueries chaque nuit. L’insécurité bat son plein. Le sud de Lubero n’a pas cessé de comptabiliser les tueries, l’incendie des maisons, les coupures de routes, etc.
Dans tout ça, le député est accusé de ne pas parler. C’est ça la question.
 
Non seulement les députés nationaux sont en vacances parlementaires et n’ont donc pas d’espace officiel d’expression mais aussi faut-t-il répéter ce qu’on a déjà plusieurs fois dit sans suite.
Beaucoup d’autres députés sont terrés à Kinshasa fuyant ladite insécurité. Surtout ceux qui ont déjà eu à dénoncer l’armée monoethnique dont l’action est en train de se vivre.
De même ils restent à Kinshasa puisque n’ayant pas de nouveau message à apporter à ceux qui meurent. A Lubero, par exemple, les Cinq chantiers n’ont pas encore commencé. Quel discours tenir dans cet espace où la mort continue à planer ?
Quand saura-t-on que la sécurité est de la responsabilité du gouvernement à qui on a déjà tout dit.
Qui n’a pas suivi les questions orales avec débat sur l’insécurité au Nord Kivu ? Les cassettes des débats parlementaires ont été distribuées à tout le monde. Les radios communautaires à cette époque en ont fait leur affaire. Que veut-on que les mêmes députés disent encore ?
L’on croit que la population nande sait déjà pourquoi les députés ne sont pas écoutés : l’absence d’un groupe parlementaire fort, donc d’une union des députés nande est à noter. L’on constate que les députés nande ont, à travers les élections, été éparpillés dans plusieurs groupes parlementaires ayant des intérêts opposés, ainsi ces différents groupes avec les quelques députés nandes qui s’y trouvent, se contredisent par rapport aux préoccupations sécuritaires et autres des banande, d’où une cacophonie profitant aux tiers et justifiant ce qui se vit sur terrain.
On s’entraccuse pour se faire valoir et se faire hisser dans la société nande. On se fait fabriquer leader de cette façon là et on s’autoproclame.
Pour certains groupes ce sont les leaders des rébellions qui sont responsables de ces tueries ; pour d’autres, pourquoi refuse-t-on de permuter les militaires devenus chefs coutumiers au Kivu. Pour ceux-ci le virus sera repéré dans cette zone d’action. Pour la Société Civile en général, ce sont les députés qui, par leur inertie, sont responsables. Alors à qui croire ? C’est ça la cacophonie. Où est la main noire qui alimente cette contradiction et oppose les fils d’une même maison ? A qui profite le crime ?
 
Le comble est que quelques militants bien écoutés ne veulent pas que la population comprenne les causes de son malheur, l’on ne veut pas qu’on réfléchisse au delà du deuil devenu cyclique. Ils sont occupés à embrouiller les pistes de réflexion.
Même certaines radios communautaires exécutent des consignes de boycott des messages de sensibilisation comme si le maintien de la population dans un sommeil était profitable.
C’est ainsi que même en cas de renouvellement de la classe politique si 2011 le fera, on risque de tourner à rond, toujours revenir à la case de départ, les mêmes causes produisant les mêmes effets.
 
Dans tous les cas le député d’aujourd’hui doit s’assumer. C’est ça son sort. D’ailleurs à chaque législature les nandes renouvellent toujours. Mais prochainement ils devraient aussi gérer les causes de mêmes résultats.
 
Pour la situation actuelle, la société nande devra aussi constater qu’une partie de la gestion publique échappe à tout le monde, même au député qui a la mission officielle de rendre compte.
 
Une petite partie de la Société Civile nande exerce des prérogatives de l’Etat dans le domaine de l’Exécutif notamment en matière de sécurité et n’attend point rendre compte à qui que ce soit à cause de la double casquette.
 
Il s’agit pour être clair notamment de ceux qui ont désigné des responsables des églises pour représenter à Kikyo la population Nande et statuer sur le retour des réfugiés suspects dans les territoires de Beni et de Lubero ainsi que la cohabitation soit disant pacifique avec le population locale. L’on sait qu’aujourd’hui ces prétendus réfugiés auraient loué à Goma des camions pour entrer par force dans cette zone trouble.
Pourront-ils entrer par force sans la moindre arme, même pas une matraque ?
 
L’insécurité qui peut provenir des décisions ainsi prises en qualité de membre influent d’une Société Civile non consultée, car responsable d’Eglise dont les membres ne sont pas non plus mis au courant, sera toujours imputé aux députés dans leur globalité, même ceux qui n’en savent rien, ceux qui se sont opposés et ceux qui ne s’intéressent pas.
En tout cas le parlement n’a jamais envoyé des députés à Kikyo, non plus à Gisenyi pour cette question. C’était peut être une ONG qui recrutait quiconque voulait adhérer.
 
De même l’on sait à qui à Goma, certaines fonctions de l’Exécutif liées à la sécurité au Nord et au Sud Kivu ont été confiées. Personne, député ou non, n’a des explications sur la gestion de ce dossier, du moins par rapport à l’insécurité généralisée dans l’espace Nande Beni-Lubero et même à Walikale, etc.
Faudra-t-il continuer à interpeller le Ministre de la Défense pour une question qui serait entre nos mains conjointement avec le Gouverneur, lui aussi, fils de la maison?
Alors lorsque les choses vont mal, nous pointons du doigt le député puisque redevable et jamais ceux qui sont supposés avoir la situation en main et qui ne parlent de rien. La Bible dit dans Psaumes 105 :15 que ce sont des oints et interdit tout le monde de les interpeller même s’ils ont tord. C’est dans ces conditions qu’on risque de tourner à rond.
Tout en sachant que ceux qui ont osé, surtout par écrit, ont toujours été attaqués de toute part et donc tout en considérant les risques de se faire broyer, nous dénonçons quand même et une fois de plus, pas dans l’intention de nuire à qui que ce soit, mais pour appeler tout le monde à avoir pitié d’un peuple qui meurt par notre complicité collégiale, y compris le silence décrié des députés.
 
Les députés nationaux sont déjà très mal vus, les provinciaux un peu plus excusés, les membres nande du gouvernement central et provincial très admirés à cause des moyens en leur possession. Quant aux questions de sécurité, matière qui est du domaine de l’Exécutif, ils ne sont pas concernés, ils gardent silence ou ils contredisent les députés pour plaire quelque part et gagner une promotion. Mais qui doit donc agir ?
Le député a comme mission de dénoncer le mal et ceci a été fait, il n’a aucun pouvoir exécutif.
Sans qu’il soit nécessaire de citer le Gouverneur (nande), un Ministre Provincial, même un Administrateur de territoire est plus important que le député en matière d’action de l’Etat.
 
Pour preuve, on a vu des maires de ville commander des bulldozers à Goma et à Butembo pour démolir à tord ou à raison des constructions dites anarchiques.
Cependant quoi qu’ayant tout le pouvoir sur la police de leur entité, ils n’ont pas pu commander pour empêcher les tueries dans leur ressort. Ce sont eux qui doivent veiller pour assurer d’une part une bonne exécution par la police et d’autre part la sécurité dans la ville. Ce n’est pas le rôle des députés de veiller. Il peut néanmoins indiquer dans son rapport que les effectifs de la police sont faibles pourvu qu’on le lui dise.
Par contre on voit les responsables s’embrouiller dans les accusations au lieu d’arrêter et de faire juger les malfaiteurs dont on n’a pas besoin de connaître la couleur politique. Leur couleur c’est que ce sont des bandits et ils sont nuisibles à tout le monde car les morts que nous déplorons et pour lesquels tout le monde présente les condoléances, sont dans toutes les familles politiques.
Alors si les députés nationaux, innocemment ou non, attendent leur sanction peut-être en 2011, c’est normal mais s’il n’est pas fait attention à ce qui vient d’être dit ci-haut, les mêmes causes conduiront aux mêmes effets. Ceux qui viendront demain pourront avoir les mêmes problèmes.
 
L’hypocrisie ou le silence entretenu par les nandes mêlés dans l’exécutif tant au niveau national que provincial surtout dans le domaine de la sécurité doit connaître le même sort de condamnation que celui des députés nationaux ou provinciaux. Le même sort devrait être réservé également au Gouverneur pour sa complicité car, pour lui tout va très bien même maintenant à Beni, Oicha, Bulongo, Butembo, Ndoluma, Kanyabayonga, etc.
Pour leur égoïsme lors de signature des pactes et leur refus de faire une jonction profitable à la communauté, point de pitié non plus aux nande qui sont chefs de parti politique et excellent dans les accusations parfois calomnieuses les uns contre les autres au détriment de l’intérêt commun, ils doivent subir le même sort de condamnation au jour J. Aux hommes de Dieu actifs dans la politique ou dans l’Exécutif, quoi que se croyant difficilement condamnables sur terre par leurs propres brebis, un peu plus de pitié pour une population laissée dans le noir car le silence des hommes qui voient vaut complicité. Sinon, tous nous devrions mourir la même mort, pas les députés seuls. Et ce sera justice.
En effet sans cohésion, il n’y aura jamais de force ; il est temps de se ressaisir et le peuple pourra gagner.
 
Sé Hon. Lusenge K. Bonane J.
 
Député National
 
©Beni-Lubero Online
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