Goma & Bunia: Situation des D

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COMITE DES OBSERVATEURS DES DROITS DE L’HOMME
CODHO /Nord-Kivu
République démocratique du Congo
 
Communiqué de presse n°14-03/CODHO – NK/G/09
 
RD Congo : Situation des détenus dans les cachots de la police à Goma
Kinshasa, le 12 mars 2009- Le Comité des Observateurs des Droits de l’Homme – CODHO, sa Section du Nord Kivu est préoccupé par la situation des détenus dans les cachots du commissariat de la police de la Comite de Karisimbi dans la ville de Goma, province du Nord Kivu.
 
En date du 12/03/2009 à 13 heures, une équipe de CODHO a visité le cachot du commissariat de la commune de Karisimbi où 4 personnes y ont été trouvées, dont une femme et trois hommes, il s’agit de :
 
-CHIZUNGU Prince, âgé de 26 ans, célibataire habitant du quartier Himbi, avenue Baraka, commune de Goma, n°73. Chizungu était arrêté le mercredi 11/03/2009 au motif receleur, ce dernier avait acheté un téléphone chez SADIKI MUSTAFA qu’il avait volé ; tous deux ont été arrêté le même jour. Quand SADIKI volait le téléphone des enfants l’auraient vu comment il volait, de peur d’être en insécurité de la par de SADIKI qu’ils connaissaient très bien, les enfants ont informé le propriétaire du téléphone après le départ du SADIKI MUSTAFA. Deux jours après on a attrapé SADIKI, il a avoué avoir volé et vendu le téléphone à Chizungu Prince, chauffeur du taxi bus, Chizungu était retrouvé et a remis le téléphone au propriétaire devant la police, ces derniers sont encore au cachot parce qu’ils n’ont pas encore payé l’amande de 20 dollars américain chacun. 
 
-Pascal MASHIMANGO, âgé de 25 ans, habitant de Mugunga, était arrêté depuis mardi 10/03/2009. il a trois jours au cachot de la police au motif d’un vol de téléphone de son grand frère Aboubacar MUCHINYA. Pascal a donné le nom de celui qui lui a vendu le téléphone. La police ne s’est pas rendue là où le téléphone a été vendu.
 
-Madame BAHAVU CHIBANVUNYE, âgée de 40 ans, vivant seule, mère de 3 enfants, elle est détenue depuis jeudi 12 mars 2009 au motif de coup et blessure. Elle avait frappé son voisin avec fer à béton sur la tête, ils se querellaient sur un dossier qui opposait leurs enfants. Devant la police ils se sont pardonnés, mais madame BAHAVU est retenue parce qu’elle n’avait pas encore payé une amande de 20$. BAHAVU avait passé la nuit dans une cellule du bureau de la police en évitant de passer la nuit dans une même cellule avec les hommes. Le cachot de la commune de Karisimbi est construit en planche, les détenus dorment sur 4 nattes, les conditions ne sont pas favorables.
 
Note Importante : L’article 17 al 1 de la constitution dispose que : « La liberté individuelle est garantie. Elle est la règle, la détention l’exception ».
 
Recommandation:
 
Le CODHO/Nord-Kivu recommande aux autorités tant civiles que judiciaires de Goma de garantir le respect des droits des détenus et de faire comparaître devant une autorité judiciaire si non en violation du pacte international relatif aux droits civils et politiques spécialement à son article 93 et la charte africaine des droits de l’homme et des peuples(article 7) qui demandent que les personnes arrêtées et détenues ont droit d’ être présentées, aussitôt, ou , dans le plus court délai, devant un juge ou une autre autorité habilitée par la loi à exercer des fonctions judiciaires.
 
Fait à Goma, le 14 mars 2009
 
Pour tout complément d’information contacter le Bureau de CODHO à Goma à l’adresse suivante :
CODHO/ Goma, Nord Kivu
COMITE DES OBSERVATEURS DES DROITS DE L’HOMME (CODHO)
1, Rue Mutakato (ex-Kibarabara Néo-Apostolique),
Quartier Mabanga Sud, Commune de Karisimbi,
Ville de Goma, Province Nord Kivu, RDCongo,
E-Mail :codho_nordkivu@yahoo.fr
Téléphone: +243 99 70 97 609 
 
Bunia : Des prisonniers meurent de malnutrition
 
La prison centrale de Bunia est l’une de prisons les plus peuplées en RDC. Elle compte plus de 700 détenus donc certains viennent d’y passer plus de cinq ans sans jugement. Comme la privation de la liberté ne suffisait pas, ces prisonniers sont aussi confrontés à la privation de la nourriture. Certains d’entre eux affirment avoir passé une semaine sans manger. Cette situation désastreuse a conduit à la mort d’un détenu la nuit de mardi à mercredi 25 février 2009. Selon le Responsable de cette maison de correction, 10 autres détenus traversent une période calamiteuse pendant laquelle ils doivent s’efforcer de résister à la mort. Ces 10 détenus malnutris ne bénéficient d’aucune assistance en médicaments. Informé sur cette situation, le Commissaire de District de l’Ituri dit avoir instruit le Président du marché de Bunia pour qu’une collecte de vivres soit organisée en faveur de ces détenus.
 
Outre la carence alimentaire, l’absence de médicament, la prison de Bunia connaît de cas extrême de délabrement au point que les prisonniers craignent l’effondrement de murs surtout pendant des fortes pluies qui s’abattent régulièrement sur la cité de Bunia. Cependant, en observant de l’extérieur les murs de ce bâtiment, d’aucun pourrait l’assimiler à une nouvelle maison suite à la peinture renouvelée régulière par un contingent de la MONUC. Toutefois, celle l’histoire de sa construction permet d’avoir une réelle vision sur l’état de ce bâtiment. Rappelons lors d’une inspection de cette prison par le bureau humanitaire de la MONIC, OCHA, en octobre 2008, il avait été suggéré l’identification ou la construction d’un nouveau bâtiment ou devraient être transférés les détenus déjà jugés. Ce projet serait à soumis à l’union européenne. Aux yeux de certains observateurs, l’Etat congolais se préoccupe moins de conditions de détentions au point de négliger même le minimum possible : la restauration. Serait – il emmené à penser à la construction des nouveaux bâtiments ?
 
Signalons également qu’à part la prison centrale de Bunia, certains cachots de la police contiennent également un nombre consistant des détenus malades. Le cachot de l’Etat Major de la Police par exemple, conçu pour recevoir 25 prisonniers, contiennent désormais le double dont presque la moitié est malade. Qui viendra au secours de ces détenus dont les besoins ne cessent de se multiplier du jour au lendemain ? Se mobilisera-t-on à l’achat des cercueils pour enterrer ces détenus qui mourront bientôt de faim ?
 
 
Eugide Lalé Mbunda
 
Bunia
 
Beni-Lubero Online
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