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Goma : Mort de Patient MIRINDI (28 ans), manifestant de l’UDPS tué par la police

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Bien avant l’appel d’Etienne Tshisekedi aux congolais de protéger leur victoire électorale par des manifestations pacifiques, les membres de l’UDPS ainsi que ceux des partis politiques de l’opposition en ville de Goma avaient organisé une manifestation pacifique le mardi 13 Décembre dernier. Malheureusement cette manifestation pacifique était réprimée par la police et s’est soldée par un bilan d’un mort et de plusieurs blessés par coups de pied, crosses de fusil,  matraques, gaz lacrymogène, etc. 

C’est dans ce contexte de répression sanglante que le manifestant de l’UDPS, Mr Patient MUJIRI MIRINDI ( 28 ans) a succombé aux coups et blessures de la police qui avait brutalement réprimé la manifestation de l’opposition du mardi 13 Décembre 2011 au Rond-point SINYERS à Goma.

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Selon les témoins, Patient avait été battu par la police sur les cotes et au bas ventre. Il est mort le lendemain Mercredi 14 Décembre 2011 d’hémorragie interne dans la salle d’audience de la Prison de Munzenze en pleine audience. Malgré ses douleurs atroces durant toute la nuit, personne ne l’avait amené à l’hôpital pour des soins appropriés. 

Patient habitait le Quartier KASIKA à Goma. Il était originaire de Bukavu. A Goma, il était très connu par les hauts fonctionnaires de l’Etat pour nombreuses petites commissions qu’il leur rendait, telles que l’achat des souliers, montres, cirages « High class ». Patient était un connaisseur de la mode des grands ! Politiquement, il était un membre engagé de l’UDPS d’Etienne Tshisekedi. 

La mort de Patient Mirindi, un militant de l’opposition, révèle un aspect important de la fraude électorale du siècle qui restera à jamais dans les annales de l’histoire de la RDC. Il est vrai que jusqu’à présent plusieurs analystes de cette fraude électorale massive tentent d’oublier qu’elle était en 80% facilitée par l’armée et la police répressives de la RDC, un pays où 8 millions des morts laissent indifférentes les grandes puissances. N’eut été la présence de cette armée et de cette police au service du régime de Joseph Kabila, le peuple congolais dont la bravoure a surpris ses fossoyeurs, aurait empêché plusieurs cas de fraude. Mais hélas, la police avait utilisé la force des armes pour intimider les électeurs et les observateurs dans les bureaux de vote ou de compilation. Avant le vote, cette même police avait tué plusieurs congolais dans les centres d’enrôlement et pendant la campagne électorale. Les partis politiques de l’opposition n’étaient pas libres de battre campagne comme ils l’auraient souhaité pour participer aux élections qui se voulaient pourtant libres, transparentes, apaisées. Le jour du scrutin, le transport des urnes et des bulletins de vote était réglementé par des militaires ou des policiers. 

Cette répression des libertés constitutionnelles aujourd’hui, à 24h de la proclamation des résultats de la présidentielle n’augure pas des lendemains meilleurs pour les congolais. Bien que la fraude électorale soit avérée, les grandes puissances qui soutiennent la dictature de Joseph Kabila ne veulent pas condamner la répression sanglante des libertés constitutionnelles en R.D.C. Même le Président OBAMA qui avait promis aux africains de se mettre aux côtés des peuples qui aspirent à la démocratie n’a encore pas condamné la répression des populations civiles qui a trop duré en RDC comme il l’avait fait pour la Tunisie, l’Egypte, la Libye, etc. La déclaration du Département d’Etat américain qui demande au gouvernement sortant de maintenir l’ordre a été ressenti ici à Goma comme une licence au gouvernement de Joseph Kabila de continuer la répression des opposants. Dans la mesure où il y a contestation de la réélection de Joseph Kabila, sa police privée et ses mercenaires ne peuvent que réprimer les membres du camp de l’opposition qui sont privés de leur liberté d’expression : Pas de communication avec sms, pas de TV, pas de radio de l’opposition, pas de manifestation publique, pas de rassemblement voire d’attroupement, et la liste continue… Où donc est la démocratie en R.D.C? 

Correspondance particulière de Goma 

© Beni-Lubero Online

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