Goma : Plusieurs cas de cholera dans la Ville

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Le malheur ne vient jamais seul ! A part l’insécurité, la crise économique, il y a aussi une épidémie de cholera qui s’est déclenchée à Goma il y a déjà deux semaines. Plusieurs cas de choléra sont signalés dans des centres hospitaliers et hôpitaux de la ville de Goma. Au centre de santé Notre-Dame du Mont-Carmel par exemple, une moyenne de six cas par jour est transférée soit à l’Hôpital Provincial de Référence, soit au Centre de Santé Buhimba1, car ces derniers sont les seuls habilités à traiter ces cas.
 
Une infirmière que j’ai rencontrée et qui a souhaité garder l’anonymat explique que cette situation est due au manque du traitement d’eau puisée directement au Lac Kivu: « La Regideso ne parvenant plus à approvisionner de l’eau potable à toute la population, cette dernière est obligée de s’approvisionner elle-même au niveau du lac. D’où cette recrudescence de cas de choléras dans la ville ».
La baisse du niveau d’eau pendant la saison sèche, les pannes intempestives survenues au niveau des pompes sont les raisons qu’évoquent les responsables de la Regideso.
 
Comme dans le cas de l’insécurité  et des violations massives des droits humains au Nord-Kivu, le Gouvernement central et provincial reste indifférent à la souffrance de Gomatraciens menacés par le cholera. Après plus de deux semaines depuis que l’épidémie de cholera s’est déclarée, le Gouvernorat et l’Assemblée Provinciale n’ont pas fait une seule déclaration officielle sur l’épidémie, ni proposer une piste de solution. Dans leurs bureaux climatisés ils font pourtant des rapports sur la bonne gouvernance, la reconstruction, etc. En effet, comme on peut le constater, les dirigeants politiques congolais travaillent plus pour les intérêts de ceux qui les maintiennent au pouvoir que pour ceux du peuple congolais, parent pauvre du capitalisme sauvage pratiqué actuellement en R.D. Congo.
 
Abandonnés à eux-mêmes, les habitants de Goma continueront à subir les conséquences de tous les aléas de la nature, la corruption, des dirigeants politiques, la megestion des entreprises publiques dont, par exemple, la Regideso, etc. Seul le plus fort survivra comme dans la jungle.
 
Comment se faire de l’argent lorsqu’on habite la ville de Goma?  
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Les jeunes Gomatraciens ont trouvé la réponse : Un vélo, quelques bidons en plastique, un morceau de bois, et des cordes pour attacher les bidons au vélo, une bonne dose de courage et la force d’aller puiser l’eau au Lac Kivu, un bon marketing de son eau  pour avoir plusieurs clients. On peut parler d’une économie de survie pour ces jeunes ! Et cela, depuis l’éruption volcanique de 2002 quand l’eau a cessé de couler de robinets de certains quartiers. La Regideso ne dessert plus que des quartiers jugés « stratégiques », les quartiers où habitent les Nantis, l’élite au pouvoir qui se comporte comme ayant acquis le pouvoir par les armes et non par les suffrages universels.
 
 La Conséquence de l’absence de la Regideso dans les quartiers populaires est l’augmentation du nombre de cyclistes vendeurs d’eau dans la ville de Goma. On en croise partout dans les rues des quartiers de Goma entrain de distribuer une eau qu’eux-memes déclarent pure pour la consommation. A cause du besoin, les clients n’ont pas d’autre choix que de consommer cette eau impure du Lac Kivu.
 
Le prix d’un bidon d’eau varie entre 200 et 250 Francs Congolais. Pour les cyclistes robustes, pouvant transporter plusieurs bidons par jour, le gain est assuré. Ils se retrouvent ainsi tous les jours avec une somme variant entre 2500 et 9000 Francs Congolais (environ 3 et 12 dollars américains). « Un budget suffisant pour nourrir une famille à Goma » s’exclame un député provincial du nord Kivu élu du territoire de Lubero.
 
Dans le registre des difficultés rencontrées par ces jeunes débrouillards, un cycliste nous a laissé entendre que les militaires (marins) qui montent la garde sur les rives du Lac Kivu font payer une taxe de 50 francs congolais par bidon d’eau. Pas de quittance en échange, preuve que c’est une taxe totalement illégale.
 
Si on peut se réjouir des services rendus par ces vendeurs, il y a aussi lieu de s’interroger sur la qualité de l’eau provenant directement du lac et sur les risques liés aux maladies hydriques. Les vendeurs ont d’autres soucis que de désinfecter leur marchandise. Pour leur part, les consommateurs ne prennent pas toujours les précautions nécessaires pour débarrasser l’eau du lac des microbes qu’elle pourrait contenir. On se rejette la faute et les épidémies liées à cette insalubrité continuent de faire des victimes. Jusqu’à ce les Gomatriciens décident de se prendre en charge pour l’adduction et le traitement de l’eau propre à la consommation.   
 
Umbo Salama
Goma
Beni-Lubero Online
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