Guerre du Kivu: o

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Depuis la reprise des combats au Nord-Kivu, on n’entend plus parler des FDLR. Où sont-ils donc passés ? Sont-ils déjà rentrés au Rwanda ? La disparition des FDLR de la scène nationale chaque fois que les parties au dialogue veulent procéder à l’application des différents accords de désarmement, désengagement, rapatriement, et réinsertion, est une preuve suffisante que les FDLR sous toutes leurs formes sont une création du Rwanda et des puissances anglo-saxonnes qui les utilisent pour avancer leur agenda d’agression et d’occupation du Kivu et de l’Ituri. En effet, il n’est plus un secret pour les congolais que les FDLR qui tuent les congolais sont des rwandais recrutés au Rwanda et déversés à l’Est de la R.D. Congo pour jouer aux Interahamwe ou acteurs du génocide rwandais de 1994 qui avaient fui pour la plupart à l’Est du Congo. L’alibi exploité au niveau international par le Rwanda pour occuper l’Est de la R.D.Congo par l’entremise du CNDP de Nkunda est aussi simple que cela.
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Mais la vérité est que, après l’invasion de la R.D. Congo par les troupes de l’AFDL en août 1996, ces génocidaires rwandais avaient été exfiltrés des camps des refugiés pour être tués par des commandos tutsi du FPR et de l’AFDL. Plusieurs d’entre eux, sinon tous, avaient péri dans les forêts de la R.D. Congo (cas de Tingi Tingi en Province Orientale) il y a de cela 14 ans ! Et Pendant ces 14 ans, l’Est de la R.D. Congo est sous-contrôle militaire et politique du Rwanda. Ceci dit, les Hutu rwandais ou FDLR qui s’y trouvent y sont avec la bénédiction du Rwanda. Ces derniers sont au Congo pour une mission précise : sévir sur la population congolaise jusqu’à l’obliger à accepter le diktat rwandais ou mourir dans les camps des déplacés. Jusque-là, la population du Kivu préfère mourir que subir la colonisation rwandaise.
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C’est ainsi que pour casser cette résistance farouche, les FDLR étaient créées pour rendre l’Est de la R.D. Congo ingouvernable à souhait. Leur mouvement est ainsi une nébuleuse qui apparaît et disparaît selon le besoin de la cause. Quand un accord est signé entre la RDC et le CNDP, les FDLR réapparaissent pour semer la terreur. Quand un accord est signé pour désarmer les FDLR, le CNDP entre en guerre car il ne peut pas se laisser désarmer.
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Le gouvernement de Kinshasa est aussi complice de ce jeu malsain car il doit son existence aux mêmes puissances que celles qui financent le CNDP et les FDLR. C’est ainsi qu’il ne peut pas déclarer une guerre aux FDLR car cette dernière mobiliserait les congolais et ferait échec au projet machiavélique de l’ennemi sur le Kivu.
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La communauté internationale de son côté soutient le gouvernement de Kinshasa quelle que soit son incapacité notoire car l’avènement des leaders patriotiques en R.D. Congo sonnerait le glas de l’aventure rwandaise à l’Est de la R.D. Congo. C’est ainsi que se prépare dans la violence voulue et préméditée le nouvel ordre politique à l’Est de la R.D. Congo.
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La visite de Joseph Kabila à Goma l’a prouvé. Au lieu de présider à un véritable conseil de guerre avec les généraux militaires de grande facture dont regorgent l’armée nationale congolaise, au lieu de mobiliser la grande armée congolaise, Joseph Kabila a fait des consultations en huis-clos avec des députés provinciaux, des agents du programme Amani, se limitant à formuler des vœux pieux tels que, « je n’abandonnerai jamais le Kivu », « notre ennemi c’est d’abord la communauté internationale », etc.
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Pour lui permettre de jouer sa partie de la cantate funèbre de l’occupation, le CNDP de Nkunda s’était fait repousser par le feu des Fardc sur quelques fronts. Un journaliste de RFI a même voulu lui apporter de l’eau au moulin pour dire qu’il avait essuyé des balles du CNDP. Mais la vérité est que le CNDP a attendu que son avion atterrisse à Kinshasa pour reprendre les combats. Notez que les combats de cette semaine étaient contre les camps des déplacés.
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La Monuc pour se refaire une belle image dans l’opinion, a défendu l’entrée des rebelles dans une cité de Masisi déjà abandonnée par sa population au lieu de sécuriser les camps des déplacés. Au bout de compte, aucun dispositif dissuasif n’est mis en place pour attaquer le mal à sa racine. Tout reste dans l’air et à souhait.
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Cette léthargie choisie comme d’action par le gouvernement de Kinshasa est interprétée comme signe de sa complicité avec les occupants du Kivu. En effet, comment un gouvernement digne de ce nom peut-il se laisser narguer 5 fois par une rébellion qui n’en est pas une ? Accepter que deux millions de ses citoyens passent une année en brousse sans que cela l’inquiète outre mesure ? Le séjour de Joseph Kabila à Goma l’a prouvé. Là où on attendait que le Président de la République Joseph Kabila utilise une fois pendant son mandat son pouvoir de déclarer une guerre juste pour libérer le pays de toutes les poches d’occupants ( Nord-Kivu, Sud-Kivu, Maniema, Katanga, Bandundu, Province Orientale), on a vu un président qui a peur de nommer l’ennemi de son pays que tous les enfants congolais connaissent si bien. Tout ce qu’il pouvait dire, c’est de soupçonner que le Rwanda n’est pas indifférent à la reprise de la violence au Kivu. Pourquoi Joseph Kabila ne veut-il pas mobiliser toute la nation et ses amis à travers le monde et déclarer la guerre juste contre les ennemis de la R.D. Congo ? Pourquoi l’armée congolaise n’est-elle pas mobilisée aujourd’hui pour libérer le pays ? Pourquoi l’armée congolaise laisse-t-elle toute une province comme le Nord-Kivu sous le commandement des proches de Nkunda et tromper la population qu’elle est en guerre ? Pourquoi le parlement, le sénat, l’opposition restent-ils silencieux au moment où il y a péril en la demeure ?
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Le Peuple congolais qui est pourtant prêt comme toujours à soutenir tous les efforts de libération du territoire national, a finalement compris qu’il s’était trompé de choix lors des élections de 2006. Ses élus d’hier sont plus préoccupés de leurs intérêts égoïstes que de l’intérêt supérieur du peuple congolais. Aucun d’eux ne fait honneur au sang des martyrs de l’indépendance congolaise et aux héros nationaux, tels Emery Patrice Lumumba, Mzee LDK, Mgr Munzihirwa, Mgr Emmanuel Kataliko, les milliers des Kadogos hommes et femmes, les vaillants Mai-Mai, etc. qui ont payé de leur vie la défense de l’intégrité territoriale de la R.D. Congo. A la lumière de la vie et des actions de nos héros nationaux, les leaders actuels du pays sont tout simplement des lâches et des complices de l’ennemi et les jours qui viennent mettront en lumière tous les jeux malsains auxquels ils se livrent aujourd’hui pour vendre le Congo.
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C’est ainsi que les patriotes congolais doivent se lever pour initier un mouvement de résistance et de libération du territoire national. Il n’y a pas une autre alternative. On ne doit pas attendre que le Kivu et l’Ituri soient déclarés autonomes pour s’organiser et pour réaliser la prophétie de Mzee LDK : « organisez-vous pour défendre votre village, votre territoire… ». Mzee LDK avait prédit que la dernière phase de la longue guerre en R.D. Congo serait populaire. La mollesse et la complicité notoires des dirigeants politiques actuels ainsi que les institutions qu’ils animent constituent un avertissement que l’heure de la guerre populaire est arrivée. Que les nouveaux leaders non encore corrompus et tétanisés par la peur des ennemis de la R.D. Congo se lèvent pour organiser le peuple congolais en cellules d’autodéfense et de résistance. Que les avocats congolais utilisent le droit international pour faire connaitre les incohérences de la communauté des nations dans le traitement de la crise congolaise. Les combats actuels au Kivu étant essentiellement dirigés contre la population congolaise pour lui faire accepter contre son gré le diktat des ennemis, la population victime doit impérieusement opérer un choix entre l’esclavage et la lutte pour sa liberté dans la dignité.
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Kakule Mathe
Butembo
Beni-Lubero Online
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