Hadisi Njoo : Le village KISAKA (I)

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Mon grand-père Mutunga était malade, très malade. Craignant de passer dans l’au-delà, il me fit venir et me raconta beaucoup de choses. Je me propose aujourd’hui de vous conter l’histoire du village Kisaka.
Le village KiSAKA

Il était une fois, un village situé à 1 800 mètres d’altitude, au cœur d’une beauté à couper le souffle. Son nom, « Kisaka ».

Un village dans un coin du paradis

Les habitations s’étendaient dans une large vallée. Les résidences, temples, bâtiments commerciaux, infrastructures scolaires et sanitaires s’étendent dans une large vallée et sur les flancs des collines qui bordent le village. La terre y était argileuse : en saison sèche, les vents et les engins motorisés soulevaient de la poussière et en saison des pluies, les rues et avenues étaient boueuses…. Des montagnes et collines surplombaient le flanc Est du village. Au Nord et au Nord-Est des rivières et des montagnes aux neiges éternelles. A l’Ouest, une foret dense, sempervirente. Au sud des escarpements, des lacs et des montagnes qui crachaient le feu !

Les habitants du village vivaient de l’agriculture, de la pêche, de la chasse et de l’élevage. A une époque, la vie était normale : tout prospérait et les fêtes nocturnes au rythme du « munde » agrémentaient les fêtes saisonnières ou circonstancielles. Tout se passait dans le calme et l’allégresse sous un ciel bleu, scintillant de myriades d’étoiles autour de la douce pleine lune.

Des habitants travailleurs

Le village était prospère à telle enseigne que les jeunes de Kisaka commencèrent à étendre leurs activités en dehors des limites du village. Les uns après les autres, ils restèrent solidaires et unis partout où leurs activités les faisaient se rencontrer. Ils se reconnaissaient entre eux en s’appelant par le mot « Batunga » et se rencontraient souvent dans le « kyaghanda », une paillote ronde couverte d’un toit de paille à la forme conique. La solidarité des « batunga », leur esprit d’entreprise, leurs réussites individuels ou collectifs ne tarderont pas à briller partout où ils séjournaient.

Les déboires des batunga

Admiration et jalousie s’invitèrent dans le vécu des batunga. D’abord des peuples voisins. Ils essayèrent par plusieurs moyens de nuire aux activités des batunga : concurrence déloyale, vols, pillages, incendie, occupation, domination …Malgré cela, les batunga réussirent à sauvegarder le cœur de leur réussite : leur unité, leur solidarité, leur ardeur au travail, un sens très profond de l’intérêt communautaire et le respect des biens du villages. Lorsque les détracteurs ne parvinrent pas à ébranler les batunga, ils commencèrent à retourner certains batunga contre leurs propres frères. Les déboires commencèrent : peur dans la contrée, l’incertitude face au lendemain, méfiance vis-à-vis de l’étranger. La division gagna de plus en plus de terrain au milieu des batunga, certains de ceux qui parlaient au nom de la communauté commencèrent à éviter le Kyaghanda. Au cours des rares occasions de palabre public où ils s’exprimaient, les batunga constatèrent que certains porte-parole avaient perdu la mémoire de la sagesse des traditions.

Que se passa-t-il, alors ?

[Hum, hum, hum, hum…]

Grand-père ?

[Hum, hum, hum, hum…]

Sokulu? Je suis désolé…Sokulu Mutunga dort déjà. Je vous raconterai la suite à son réveil. A bientôt.

Mutsikulu wa Musaka (WMM)

 

 

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