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ICCN – PNVi/ De Mérode Episode 1: Genèse de l’insécurité dans le P.N.Vi

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Préambule

Le Parc National de Virunga, plus que la plupart des autres parcs de l’Afrique centrale, avait une faune et une flore exceptionnellement attrayantes. Comme dans tous les parcs africains, on y constatait des traces des braconniers, mais dont les actions ne pouvaient jamais prendre l’allure d’y menacer certaines espèces d’extinction, avec le phénomène d’insécurité allant jusqu’à y paralyser totalement le tourisme, tel qu’on l’observe de nos jours.

L’époque de prospérité

Jusqu’en 1994, la période de l’entrée massive des réfugiés Hutu rwandais dans l’est de la République Démocratique du Congo, le PNVi vivait une ère de quiétude totale. Ce qui permit la floraison du tourisme et surtout le développement de son centre de recherche scientifique de Lulimbi qui était l’unique en son genre en Afrique centrale. La sécurité du PNVi était tenue à cette époque-là presqu’exclusivement par des gardes parcs ressortissants de la communauté Nande. On peut se souvenir ainsi du moment de prospérité historique du PNVi connu sous le Conservateur MUSHENZI, relevant également de la communauté Nande.


Alors pouvait-on remarqué l’impeccabilité des services de l’ICCN, jadis appelé Institut Zaïrois pour la Conservation de la Nature (IZCN) à travers la floraison de ses camps et stations, tel qu’on pouvait les répertorier au niveau des sites suivants:


– station de la Rwindi,
– camp Baraza,
– camp Vitshumbi,
– station/ centre de recherche scientifique de Lulimbi,
– camp Ishasha,
– camp Mabenga,
– camp Muchora,
– camp Rumangabo,
– station d’Ishango etc.

Pourquoi les Nande s’engagent-ils sans réserve à la protection de la PNVi ?

Il importe de souligner que l’époque de la floraison du PNVi doit son succès à l’engagement de la communauté Nande pour la protection de ce parc. Encouragés par les anciens et gardiens de coutumes, des fils et filles de cette communauté ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour assurer une sécurité impeccable dans le PNVi, en dépit de moyens et outils de travail souvent rudimentaires remis à leur disposition. leur représentativité parmi les gardes parcs était de loin écrasante au sein de PNVi.

Les Nande avaient ainsi cultivé l’amour du parc de Virunga pour des raisons suivantes:

– Les ancêtres et aïeux Nande considéraient le Parc de Virunga comme un patrimoine traditionnel de leur communauté.
– Au cœur du parc de Virunga sont implantés des temples traditionnelles de la communauté Nande, où sont exécutés des rites et cérémonies de la coutume pour les divers besoins et intérêts de la communauté.


A cause de ce qui précède, le Nande considère comme un devoir sacré l’engagement pour la protection du parc national de Virunga.

L’époque de tribulation dans le PNVi

Les effets de l’opération Turquoise

C’est en 1994, que le PNVi voit se poser les premières pierres de son désarroi. Les génocidaires Hutu rwandais qui venaient d’envahir le Kivu y trouvent un terrain favorable pour conquérir la vie par des biens pillés sur les voyageurs.


Localement, la communauté Hutu congolais trouve rapidement une connexion avec ce réfugiés en prenant goût à un enrichissement facile sur base des activités criminelles. Considérant l’arrivée des réfugiés Hutu rwandais comme une opportunité pour le renforcement de son influence par rapport à d’autres autochtones, la communauté Hutu congolais s’engage dès lors à faciliter l’intégration desdits réfugiés pour deux intérêts dont son renforcement numérique ainsi que le bénéfice de l’expérience militaire de ces rwandais fraîchement chassés du pouvoir par le Front Patriotique Rwandais.


Une alliance subite des Hutu congolais et ceux rwandais donne le coup d’envoi de la lutte pour l’hégémonie Hutu dans le territoire de Rutshuru. Les armes que les génocidaires ont utilisé vainement pour résister à l’invasion de l’Armée Patriotique Rwandaise démontrent désormais toute son efficacité contre les paisibles congolais; on assiste dès lors à un élan d’enrichissement spectaculaire au sein de la communauté Hutu exploitant désormais le PNVi comme terrain de conquête d’argent à la fois par le pillage des commerçants en navettes entre Goma et le grand Nord-Kivu et par le braconnage contre les Hippopotames, les éléphants, les antilopes, les buffles…
Ici s’installe le début de la transformation du PNVi en champ de bataille entre les Nande qui le défendent par leur prestation au service de l’ICCN et les Hutu qui, rassurés par les armes obtenues des Hutu rwandais, s’emploient à le détruire par le braconnage et les attaques contre les voyageurs.

L’avènement de l’AFDL

L’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo-Kinshasa, AFDL en sigle, avait été applaudie comme force de libération. Cependant, les alliés qui composaient cette alliance avaient des intentions très variées sur la RDC et son patrimoine.


Les alliés rwandais (APR) de l’AFDL, dont la porte d’entrée en RDC ouvre directement sur le PNVi ont très mal traité ce parc et son patrimoine, pillant tout ce qui pouvait les intéresser et détruisant tout ce qu’ils ne pouvaient pas emporter. Se servant des rwandophones congolais du milieu comme des éclaireurs et collaborateurs, rien n’a pu échapper à leur cupidité. Ils ont ainsi pillé systématiquement les stations de la Rwindi et de Rumangabo ainsi que le centre de recherche scientifique de Lulimbi et son laboratoire, tout en détruisant méchamment ce qui restait de ce pillage barbare.


Le braconnage atteint désormais son apogée. Car cela était en quelque sort dans le plan des envahisseurs Rwandais qui, en plus du braconnage ordinaire, ont installé une véritable activité terroriste dans le PNVi contre les hommes et contre les bêtes (massacres des Gorilles de montagnes congolais), dans le but de décourager les touristes qui viennent dans le Virunga congolais et forcer les animaux à émigrer vers le parc rwandais du Volcan, et ainsi dévier tous les flots des touristes vers ce dernier.
D’une manière ou d’une autre, cet objectif fut largement atteint.


A partir du RDC/Goma jusqu’à nos jours: le pire du calvaire du PNVi par la main des Hutu

La rébellion du Rassemblement Congolais pour la Démocratie, RCD en sigle, a été la meilleure opportunité pour cimenter l’alliance entre Hutu congolais et Hutu rwandais en refuge en RDC. L’acteur principal et incontournable dans cette scène est jusqu’à ces jours Monsieur Eugène Serufuli, qui était à cette époque-là Gouverneur de province du Nord-Kivu.


La communauté Hutu congolais voit d’emblée dans Serufuli un “Moïse” le sauveur, auprès de qui tout problème trouve sa solution. Pour subvenir aux besoins et aux demandes astreignant de sa communauté, Serufuli initia une association dénommée “Tous Pour le Développement”, TPD en sigle, qui n’était en réalité qu’une milice Hutu blanchie par une apparence humanitaire. Sous les auspices du gouverneur Serufuli, le TPD devint une sorte de plate-forme où sera bâtie la base d’une véritable milice Hutu s’appuyant sur l’expertise militaire des FDLR, laquelle plate-forme se convertira plus tard en “NYATURA” tels que connus en nos jours.


Quand la jeunesse Hutu se plaignait auprès de Serufuli pour solliciter un soutien socio-économique, ce dernier les recommandait à une alliance avec les FDLR, tout en les renforçant des armes qu’ils recevait du Rwanda, pour organiser des attaques contre les commerçants Nande à travers le parc en vue d’attraper de quoi démarrer des activités économiques.


C’est ainsi que l’alliance de la milice du TPD (qui est devenu aujourd’hui NYATURA) avec les FDLR se déployèrent dans le parc national de Virunga non seulement pour développer le braconnage, mais surtout pour s’enrichir au dépens des opérateurs économiques Nande dont les cargaisons passaient par ce parc sur les axes Goma-Kiwanja-Rwindi-Kanyabayonga-Butembo, Goma-Rutshuru (Burahi)-Bunagana, Kiwanja-Tongo-Kibirizi, Kiwanja-Ishasha etc.
La base de référence de ces criminels (alliance FDLR-Nyatura) a été installée à Vusendo, près de Mayi-Moto, sur l’axe Mabenga – Rwindi, en plein parc. A cet endroit, plus de 700 véhicules des commerçants Nande ont été attaqués, pillés et incendiés.


Serufuli encourage et encadre cette alliance dans le but d’aider la communauté Hutu à se rendre maître du Parc national de Virunga, malheureusement en utilisant des moyens inacceptables. En effet, en plus des attaques, pillages et tueries des innocents, les FDLR et les NYATURA ont déjà exterminé les hippopotames de la rivière Rwindi, et menacent d’exterminer aussi le petit nombre qui en reste encore vers l’embouchure de la rivière Rutshuru, pareillement avec les chimpanzés, tout en faisant subir aux éléphants et autres animaux le même sort.
Le partenaires de Serufuli du terrain pour le recrutement des Hutu congolais destinés à travailler avec les FDLR dans ce contexte, c’est la famille BANYANZAKI, très bien connue en territoire de Rutshuru, pendant qu’un autre cerveau de taille dans ce partenariat Hutu-Hutu est ce rwandais du nom d’AYUBAGIRA qui a été favorisé par l’intégration illicite facilitée par les Hutu congolais jusqu’à devenir député national à Kinshasa, toujours dans le souci de bien cataliser l’alliance Nyatura – FDLR dans le Nord-Kivu.

Conclusion

Il convient de noter que c’est dans ce contexte de chaos dans le PNVi que Monsieur Emmanuel De Merode marquera son arrivée dans la gestion de ce parc avec l’objectif d’y redonner vie. Saura-t-il s’en sortir vraiment ? Est-ce qu’il y aurait lieu de croire que De Merode aiderait le PNVi à triompher de l’insécurité légendaire qui le paralyse, quand on constate que cette insécurité a plutôt multiplié d’ampleur au cours de ces douze ans de sa gestion? Pourquoi la période de De Merode n’est pas du tout de nature à dissiper les inquiétudes, mais plutôt à renforcer la peur du lendemain?… La prochaine épisode le scrutera en fond.

Rédaction BLO

©Beni-Lubero Online.

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