Indifference dans les opperations contre le LRA

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Le retrait de l’armée ougandaise a été célébré avec faste par les autorités civiles et militaires de la République Démocratique du Congo (RDC) et de l’Ouganda ainsi que par le représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies en RDC à Dungu, le dimanche 15 mars 2009, au nord-est du pays. Tous les intervenants de ces cérémonies ont souligné le succès de cette opération conjointe qui a donné des résultats positifs ou encourageants sur le terrain. Ils reconnaissent aussi qu’il y a encore des poches qu’il faut nettoyer ou des groupes résiduels de l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA) qu’il faut éradiquer.
 
Selon des témoignages sur le terrain, la LRA serait devenue très agressive. Les combattants de la LRA continuent à s’attaquer à plusieurs localités dans la province orientale, plus particulièrement dans les districts du Bas-Uélé et du Haut-Uélé. Le représentant du Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies en RDC (OCHA), Monsieur Jean Charles Dupin, rapportait début avril qu’on estime à plus de 187 000 le nombre de personnes déplacées dans la région, 16 000 se sont refugiées dans d’autres pays, plus d’un millier d’habitants ont été massacrés et plus de 980 personnes enlevées. Ces données statistiques sont largement aujourd’hui dépassées.
 
Congolais massacrés par les ougandais du LRA en Province Orientale ( Photo: direct.cd)
Au cours du mois d’avril les rebelles ougandais de la LRA ont attaqué plusieurs villages dans le district du Haut-Uélé et plus particulièrement dans les territoires de Faradje et de Watsa. En dépit de la présence des Forces Armées de la RDC (FARDC) stationnées à Djabir, localité située à 10 km au nord de Faradje, les rebelles ougandais ont attaqué pour la énième fois ce village dans la nuit du 21 au 22 avril 09. La LRA a enlevé 14 personnes dont l’âge varie entre 10 et 28 ans. Voici les noms des personnes prises en otage parmi lesquelles on compte six filles. Les filles: Georgette Lonyoyo, Liamana Baveko, Mbianzo Ngunguwa, Espérance Agiko, Lonyoyo Ladawa et Baveko Tandema; les garçons: Pascal Atandroa, Timothée Kaloma, Papi Mokili, Aluluma Mandabha, Tabe Tandema, Akotawa Talaguma, Trésor Leruruma, et Musirima Badi.
 
Congolais massacrés par les ougandais du LRA en Province Orientale ( Photo: direct.cd)

Plus d’une fois la LRA a enlevé des enfants à Djabir et dans les localités environnantes. Et pourtant, on signale la présence des FARDC à Djabir. Selon certaines sources, les militaires ne se manifestent que quand les assaillants sont repartis. Pourquoi les FARDC stationnées dans ce village pour assurer la sécurité de la population et de ses biens n’interviennent-elles pas pour empêcher ces attaques devenues récurrentes? Quels ordres ont-elles reçus de la hiérarchie? Pourquoi le gouvernement de Kinshasa et le parlement se taisent-ils et restent-ils indifférents face à ce qui se passe dans cette région du pays? Y a-t-il des morts ou des otages qui ont plus de prix que les autres? Le gouvernement américain n’a-t-il pas tout fait pour libérer le 12 avril, M. Richard Phillips, le capitaine du cargo Maersk Alabama pris en otage par les pirates somaliens?
 
Des témoignages signalent la présence de militaires ougandais dans la région. Ce sont eux qui continuent à pourchasser les rebelles de la LRA dans le territoire de Faradje. Mais à quel prix et avec quelles contreparties?
 
L’ONG Adebes (Action pour le Développement et le Bien-être Social) réitère son appel au gouvernement congolais pour qu’il fasse le nécessaire pour libérer les enfants enlevés et qu’il assume sa responsabilité en protégeant les populations locales contre les attaques récurrentes de la LRA. 
 
P. Dr. Jean-Bertrand Madragule Badi,
Chercheur et Président de l’Ong Adebes.
Courriel: Ong.Adebes@gmx.de
Photos: direct.cd
© Beni-Lubero Online
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