Insécurité à l’est : l’armée menace Félix Tshisekedi et s’oppose à la commission d’enquête parlementaire

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L’Assemblée nationale de la RDC a décidé de créer une commission d’enquête sur la situation d’insécurité dans la partie est et nord-est de la République Démocratique du Congo.

Composée des députés non originaires des provinces concernées du Nord-Kivu, Ituri, Sud-Kivu, Maniema et Haut-Uélé, Bas-Uélé et Tshopo, cette commission a, entre autres, pour mission, de recueillir les informations les plus complètes sur l’insécurité persistante dans les zones de leurs investigations ; d’identifier les groupes armés, leurs commanditaires et leurs sources de ravitaillement ; collecter les éléments des faits susceptibles de constituer des crimes de génocide et contre l’humanité, ainsi que leurs auteurs ; de mener des investigations sur la traçabilité des fonds alloués à l’effort de guerre.

La commission dispose des pouvoirs les plus larges pour entendre toute personne dont elle juge l’audition utile. La personne invitée a l’obligation de déférer à l’invitation qui lui est adressée sous peine des poursuites judiciaires prévues par le code de procédure pénale.

L’armée rencontre Tshisekedi et lui exprimeson opposition en face

Mis au courant de cette initiative parlementaire, des officiers des FARDC se sont concertés et ont décidé de s’opposer à l’arrivée de cette commission parlementaire dans les territoires affectés par l’insécurité. Selon nos sources, les militaires sont effrayés par le risque des graves révélations que la commission risque de découvrir sur terrain. Nos sources parlent d’une rencontre en urgence des officiers de l’armée avec Félix Tshisekedi pour lui demander de mettre en échec cette mission parlementaire. Le chef d’Etat-major en personne, le général Mbala, a rencontré Félix Tshisekedi en urgence pour lui dire que les FARDC s’opposent à cette mission. Félix Tshisekedi a rétorqué que les députés ne font que leur travail. Mais le chef d’Etat-major s’est montré très ferme et a parlé des « secrets militaires ».

La fermeté du chef d’Etat-major des FARDC était une façon de protéger plusieurs officiers impliqués dans les tueries à l’est, dans des réseaux des trafics et dans des réseaux de complicité avec le Rwanda. Nos sources parlent d’une décision prise par les officiers FARDC en concertation avec un service mis en place par le Rwanda dans les zones des massacres et qui travaille à couper l’influence de Tshisekedi sur les unités de l’armée engagées à l’est pour qu’elles obéissent au Rwanda.

Les officiers déterminés à empêcher la mission parlementaire

Parmi les noms des officiers qui ont été cités, et qui sont fermement opposés à la mission parlementaire, il y a le général Innocent Gahizi, d’origine rwandaise et en poste à Kisangani, le général Mundos, ancien cerveau des massacres de Beni et qui a été nommé à l’inspection général des FARDC à Kinshasa, le général Peter Chirimwami, commandant de l’opération Sukola 1 à Beni et tous les anciens officiers du RCD-Goma, du CNDP et du M23 qui avaient été intégrés dans les FARDC lors des opérations de brassage et de mixage, sans oublier l’Amiral Egide Ngoy qui contrôle l’armée en Ituri.

Ces officiers des FARDC, en plus de travailler pour les intérêts du Rwanda, et qui n’obéissent pas au pouvoir de Kinshasa, ont déjà mis en place des réseaux affairistes qui leur permettent de s’enrichir grâce à la poursuite de la guerre et de l’insécurité. Ils sont déterminés à s’opposer à Tshisekedi et n’hésitent pas à le menacer. Cette décision de s’opposer à la commission parlementaire a été prise en concertation avec les services de renseignement rwandais qui opèrent dans les zones des massacres.

Nos sources nous renseignent que ces officiers sont « déterminés à empêcher la mission parlementaire », mais ne nous ont pas précisé les moyens qu’ils comptent utiliser pour s’opposer à l’arrivée des parlementaires à Beni.

Le plan B des FARDC est celui d’une commissionqui n’aura pas de pouvoirs larges, surtout pas de pouvoir d’enquête. Elle devra se contenter des seules informations que les FARDC voudront lui fournir. Ses membres ne seront pas autorisés à faire des recoupements de leur propre initiative. L’armée serait déjà en train de préparer des faux témoins et des affabulateursà qui elle apprend à répéter ce qu’ils vont dire aux parlementaires s’ils parviennent malgré tout à voyager à l’est.

L’objectif est que le rapport de la commission, si elle arrive sur terrain, ne contienne aucune information accablante sur les commanditaires des massacres. Les FARDC parlent d’une mission dont le travail sur terrain ne doit pas dépasser « quelques jours seulement », alors que la résolution de l’Assemblée nationale prévoyait initialement une durée de 30 jours. Les officiers des FARDC ont même voulu dicter l’objectif de la mission en la faisant intituler « pourquoi la guerre à l’est ». C’était pour que les membres de la commission se limitent à recueillir uniquement les explications des FARDC, et que les business des officiers derrière ces crises dont ils profitent puissent continuer comme avant.

Déjà, en octobre 2014, un groupe des parlementaires originaires et non originaires du Kivu avait publié un rapport accablant sur les massacres à Beni et mis en lumière le comportement condamnable des officiers qui font tout pour que les massacres puissent continuer d’être commis. C’est ce genre de rapport que les FARDC cherchent à empêcher à tout prix.

 

Albert Makasi

 

©Beni-Lubero Online.

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