Interview Exclusive de DEMS NDUME Par BLO

Facebooktwitterredditpinterestlinkedinmail
.
Beni-Lubero Online (BLO) : Monsieur Ndume, Bonjour ! 
Dems Ndume (DN) : Bonjour !
BLO : Pouvez-vous vous présenter aux internautes de Beni-Lubero Online ?
DN : Je m`appelle DEMS NDUME. Je suis congolais du Kivu, né à Bukavu. Mon père est Munyanga de Walikale et ma mère est Murega de Mwenga.
BLO : Qui êtes-vous au juste ? Un politicien ou un musicien?
DN : Je crois que c`est à vous de me qualifier par rapport à ce que je fais. De part mes origines, vous pouvez bien comprendre que je ne peux pas fermer les yeux à ce qui se passe dans mon pays. J`entendais souvent mes Tate (Grands-parents, Ndlr) dire en Kirega, bien avant la guerre d’agression du Congo : "MUNYALWANDA TA ALI MWILA”, ce qui veut dire « un rwandais n`est pas un ami ». Aujourd`hui ces paroles des sages sont devenues une réalité. Kinywa cha Mzee hakisemi uongo !
 
BLO : Et la Musique ! Quand avez-vous commencé à faire de la musique ?
 
DN : J’ai commencé à m’intéresser à la musique à Kamituga où j’ai grandi et où organisait des spectacles de danse, des ballets, etc. Par après, les organisateurs de ces spectacles ont commencé à nous apprendre à chanter et à lire par nous-mêmes les notes de musique. Après ce temps d’apprentissage, j’avais abandonné la musique pour faire autre chose.
 
BLO: Quand et pourquoi êtes-vous revenu à la musique?
 
DN : Bonne question. C`est quand la guerre a commencé et que la situation du pays devenait de plus en plus difficile. Je me suis décidé d’apprendre la guitare pour chanter et danser mon espoir de libération et de paix.  J`avais alors acheté une guitare et des amis venaient à la maison pour m’apprendre à jouer. Cela n’a pas été facile car l’apprentissage me prenait tout mon temps, raison pour laquelle ma famille n’était pas d’accord avec cet apprentissage qui avait des répercussions sur mes études, mes relations, etc. Grâce à Dieu, j’ai surmonté tous ces obstacles et je suis devenu musicien. J’ai commencé à chanter et à accompagner moi-même mes compositions. Et curieusement, mon inspiration musicale était souvent liée à la situation politique du pays.
 
BLO : Le décor de votre dernier album sur You tube et qui circule sur l’internet montre que vous n’êtes plus à Kamituga.  Où êtes-vous en ce moment?
 
DN : Je suis en Angleterre où je me suis refugié quand les agresseurs rwandais mettaient le Kivu en sac en massacrant les congolais et en pillant l’or de Kamituga ainsi que d’autres ressources minières.
 
BLO : Que pensez-vous de la situation du Congo en ce moment ?
 
DN : Le Congo est pris en otage par une coalition des congolais, des rwandais, de 17000 casques bleus de la Monuc qui exécutent un vaste complot de balkanisation du pays au profit de certaines grandes puissances impérialistes. C’est pourquoi les criminels congolais et rwandais qui servent les intérêts des grands au Congo ne sont pas punis et trouvent le culot de cracher sur les victimes congolaises. C’est ainsi que ces criminels, tel Azarias Ruberwa, sont montés à la tribune du cirque de Goma pour demander l’amnistie des criminels avant que justice ne soit faite aux cinq millions des morts et pendant que 2 000 000 des déplacés errent toujours dans la savane et les forêts du Kivu.
 
BLO : Dans la chanson "JUSTICE POPULAIRE", quel message voulez-vous donne aux congolais?
 
DN : Je réclame justice pour notre population massacrée. Nos mamans qui ont été enterrées vivantes à Mwenga, nos sœurs qui ont été violées, les massacres de Kasika, Makobola, Nindja, Kabare, Walikale, Butembo, Beni, Kitutu, Kitindi, etc. Une enquête doit être ouverte pour juger ces crimes contre l`humanité. Nous ne devons pas demander à l`ONU de faire cette enquête car elle a déjà montré sa partialité dans la crise congolaise.
 
BLO : Ne craignez-vous plus la mort maintenant que vous êtes en Angleterre?
 
DN : Non je n’ai pas peur de la mort car nous mourons tous un jour et mon paradis, c`est le CONGO.
 
BLO : Que dites-vous de la conférence de Goma?
 
DN : C`est du véritable théâtre de chez nous ! Autrement dit, ce qui se fait à Goma n’est pas réel mais une mise en scène pour une catastrophe prochaine au Kivu. Les Kivutiens ne doivent pas se mêler à ce théâtre car ils y figureraient comme le dindon de la farce.
 
BLO : C’est ce message que vous avez voulu faire passer dans votre dernier You tube ?
 
DN : Oui, bien sûr ! Les Kivutiens doivent se désolidariser des politiciens corrompus venus  de Kinshasa comme Vital Kamerhe, Abbé Malu Malu, Azarias Ruberwa, etc. Ces derniers politiciens fabriques par les impérialistes n’ont d’agenda que celui des impérialistes pour qui ils travaillent. C’est pourquoi ils sont entrain de distraire les congolaise, en les empêchant d’aborder les vraies causes de la guerre. Comme le gouvernement congolais ainsi que la communauté internationale sont incapables d’offrir la justice au peuple congolais,  je demande au peuple de se faire justice. J’en appelle à la justice populaire, pas seulement au Kivu mais partout au Congo. (Cliquez sur la photo ci-dessous pour visualiser le clip, Ndlr)
BLO : Dans votre You tube, vous chantez que « BISO TO YEMBELI MBOKA, BA YAYA BA YEMBELI MASANGA". Que voulez-vous dire par là ?
 
DN : C’est connu de tous les congolais, au pays comme dans la diaspora. Les musiciens congolais chantent et dansent pour la bière. Les brasseries financent la musique et les musiciens chantent, pas pour leur pays,  mais pour faire boire la bière, souler les congolais et les faire oublier leur combat pour la paix et la justice dans leur pays. Mais Dieu, Mungu, est avec nous. Nous ne danserons jamais pour la bière. Nous suivons l’exemple de Bob Marley qui a chanté pour réveiller son peuple à la critique et à l’action politique. En imitant Bob Marley, nous voulons faire "LA REVOLUTION DE LA NDULE", c’est-à-dire, chanter et danser le «  NDOMBOLO REALITE"
 
BLO : Combien d’albums avez-vous déjà sortis ?
 
DN : J`ai juste sortie un single l`année passée que j’ai intitule "4 VICES". Il contenait deux titres Pechblende et 4 vices. Les travaux de mon prochain album sont en cours. D’ici là,  il sera sur le marché. Il  est intitulé: "TOZA DANZE, TOZA MA CENTRE"
 
BLO : Merci DEMS ! Votre mot de la fin!
 
DN :  Tuombe  « justice » juu ya ndugu zetu wanaouawa. Cela demande l`effort de tout congolais ! Si nous laissons l’avenir entre les mains des politiciens de Kinshasa et de la Monuc, il en est fini du Congo que nous avons hérité de nos aïeux. Des nouveaux leaders politiques doivent se lever, prendre leur courage en main pour initier une nouvelle politique au Congo. Tusimame ! Tuende mbele ! Tusiogope kifo ! Aksanti !
 
Interview réalisée à Londres  par Pascal Chiza sur le compte de Beni-Lubero Online
 
Londres, 12 janvier 2008
 
Beni-Lubero Online
 
NB : Autres vidéos de DEMS NDUME sur You tube : http://www.youtube.com/profile?user=demsmwalimu

.

Facebooktwitterredditpinterestlinkedinmail

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*