Interview exclusive de HONORE NGBANDA, président de l’APARECO

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HONORE NGBANDA se livre sur RadioKivuOneInternational/Beni-Lubero Online:
– Ouvrez les yeux. Quelque chose va se passer après le 30 juin.
– Le peuple constitue une bombe plus que les armes de l’union Européenne.
– J’ai des centaines de messages du Kivu qui refusent les élections.
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– Radio Kivu1/BENI-LUBERO : Monsieur Ngbanda, bonjour. Dans votre déclaration du 08 juin 2006 vous avez dit que vous prendrez vos responsabilités si les concertations ne sont pas tenues avant le 30 juin. Que veut dire prendre vos responsabilités?
HONORE NGBANDA: Je ne sais pas si c’est dans ces termes que je me suis exprimé. J’ai dit que tous les congolais doivent prendre leurs responsabilités y compris moi, pour ne pas laisser aller notre pays dans le chemin dans lequel on le conduit. Et le chemin dans lequel on le conduit c’est le chemin de ces élections qui sont complètement truquées d’avance, qui vont nous conduire vers des troubles certaines, surtout la perte d’une bonne partie de notre pays.
Radio Kivu1/BENI-LUBERO : Ça veut dire quoi prendre les responsabilités?
HONORE NGBANDA: Prendre les responsabilités c’est prendre toutes les dispositions nécessaires pour arrêter la descente aux enfers.
Radio Kivu1/BENI-LUBERO : Je sais que la loi que vous aviez votée sous Mobutu et sous le régime du Congo Démocratique, "prendre les responsabilités" peut aussi signifier prendre les armes contre le pouvoir en place.
HONORE NGBANDA: Pourquoi vous voulez absolument qu’on vous parle de prendre les armes? Ne savez-vous pas que le peuple est plus puissant que les armes? Le peuple est plus puissant que les armes. Si le peuple congolais se lève, et mon travail c’est de conscientiser le peuple congolais pour que celui-ci se lève et barre le chemin à ce processus machiavélique des élections dans lequel on veut nous plonger de force pour conduire notre pays à la mort. Les armes, ce n’est pas ça la responsabilité. Ceux qui ont pris les armes n’ont rien résolu. Mais si jamais le peuple voit qu’il est le dos au mur, le peuple constitue une bombe qui est plus puissante que toutes les armées que l’Europe est entrain d’envoyer dans notre pays.
Radio Kivu1/BENI-LUBERO : Vous appelez le peuple, donc, à se révolter massivement.
HONORE NGBANDA: Le mot révolte, je ne sais pas s’il faut l’utiliser comme cela. J’appelle le peuple à prendre conscience et à refuser tout ce qu’on est entrain de lui imposer d’abord comme forme d’occupation qu’il a subit passivement et tacitement pendant quatre ans en espérant qu’une solution viendrait au bout. Maintenant qu’il n’y a aucune solution et que l’on veut lui arracher son pays en essayant de légitimer les étrangers qu’on met à la tête du pays, il appartient au peuple de dire Non. Je vais vous donner un petit détail : le vote. Le vote ne pourra avoir jamais lieu si le peuple ne vote pas. Ne croyez-vous pas que si le peuple dit non je ne vote pas, demain la communauté internationale ne fera rien contre elle? C’est cela prendre les responsabilités.
Radio Kivu1/BENI-LUBERO : Mais monsieur Ngbanda, pourquoi vous n’allez pas le dire à Kinshasa où les gens vous entendront mieux que de le dire de l’extérieur et surtout sur Internet?
HONORE NGBANDA: Vous croyez que c’est partir de Kinshasa que les gens m’entendront mieux? Ceux qui sont à Kinshasa n’ont pas la liberté de parole, mon cher ami. Vous êtes journaliste. Vous me surprenez quand vous tenez un tel language. Ceux qui sont à l’intérieur, justement, ne peuvent pas parler. C’est de l’extérieur que je peux mobiliser tout le peuple congolais. C’est de l’extérieur que j’ai la liberté de parler. C’est de l’extérieur que je peux saisir tout le pays.
Radio Kivu1/BENI-LUBERO : Vous avez peur de rentrer à Kinshasa?
HONORE NGBANDA: Je n’ai pas peur de rentrer. Ce n’est pas cela le problème. Un homme politique doit être responsable. Il doit mesurer et calculer ses pas. Il y a une différence, et je crois que vous le savez, entre courage et témérité. La témérité c’est de l’idiotie. Vous voyez qu’il y a là le serpent et vous aller mettre la main dans la gueule du serpent pour que l’on dise que vous n’avez pas peur. Là vous êtes idiot. Quand vous voyez le danger vous devez mesurer comment éviter le danger pour poursuivre le combat. On ne peut pas mourir parce que si on meurt on ne continue pas le combat.
Radio Kivu1/BENI-LUBERO : Mais Etienne Tshisekedi est à Kinshasa…
HONORE NGBANDA: Est-ce que Tshisekedi a la possibilité de faire ce que je fais? Tshisekedi a essayé des marches, vous avez vu ce que cela donne? Il fait une partie des actions, il est limité. Je suis de l’extérieur, je fais une partie et c’est comme cela qu’on peut se compléter. On ne peut pas tous se mettre dans un même panier. Vous avez vu dernièrement quand Tshisekedi a voulu faire la marche, on a arrêté le candidat à la présidence de la république. Et c’est cela que vous appelez de l’efficacité pour lutter de l’intérieur? Même ceux qui sont à l’intérieur me demandent de ne pas rentrer parce que je leur rends plus de service de l’extérieur. Je crois que c’est cela le combat des patriotes. Je ne suis pas seul, je ne peux pas prétendre seul résoudre tous les problèmes.
Radio Kivu1/BENI-LUBERO : En 1998 vous aviez proposé que la communauté internationale prenne sous tutelle la RDC. Aujourd’hui vous vous détournez de cette même communauté internationale.
HONORE NGBANDA: Vous savez, il n’y a que les idiots qui ne changent pas d’avis. Quand je l’avais dit, l’ONU ne s’était pas encore installée. Si on avait accepté cette proposition, on n’aurait pas accepté n’importe quoi…
Radio Kivu1/BENI-LUBERO : Aujourd’hui vos déclarations ont divisé le pays. A l’Est du Congo les gens préfèrent aller aux élections même sans concertations, à l’Ouest du pays ils vous suivent. Ne sentez-vous pas que vous avez divisé le pays?
HONORE NGBANDA: Est-ce que votre problème c’est la division de l’opinion du pays ou le danger qui guette notre pays?…ce que vous dites-là est un peu schématisé parce que vous dites que l’Est du pays veut aller aux élections. Je vous contredis complètement parce que j’ai reçu des centaines des centaines de messages venant du Kivu, du Maniema, qui est aussi l’est du pays, qui m’encouragent à poursuivre cette démarche.
Radio Kivu1/BENI-LUBERO : Vous pouvez suivre sur notre site (www.radiokivuoneinternational.com notre interview de Kazadi Nyembwe qui est l’un des proches de Laurent-Désiré Kabila et de Kabila Fils, et où il dit que vous vous appelez "Terminateur".Que veut dire "Terminateur"? Cette étiquette vous colle encore jusques à aujourd’hui à Kinshasa.
HONORE NGBANDA: Vous savez mon cher ami, vous pouvez chanter. Est-ce que vous n’êtes pas ridicule quand pendant quatre ans, dix ans vous vous accrochez qu’à une étiquette. Une étiquette c’est quoi? Vous l’appelez une étiquette. L’étiquette ce n’est pas moi. Gardez votre étiquette. Je ne suis pas l’étiquette. Je suis Ngbanda Honoré. Je suis une personnalité politique; un patriote qui se bat pour son pays.
Radio Kivu1/BENI-LUBERO : Monsieur Ngbanda, que va faire l’APARECO parce qu’on a l’impression qu’après les 30 juin rien ne va changer à Kinshasa. Qu’est ce qui va se passer plus précisément?
HONORE NGBANDA: Si rien ne se passe pour vous, quelque chose se passera pour moi. Ouvrez les yeux vous aller voir.
Radio Kivu1/BENI-LUBERO : Ça veut dire?
HONORE NGBANDA : Vous allez voir. Ouvrez les yeux.
Radio Kivu1/BENI-LUBERO : De toutes les façons rien ne va se passer après le 30 juin.
HONORE NGBANDA: Ça c’est votre prophétie, mon cher ami. Vous êtes fataliste, vous êtes négativiste, c’est votre vision. Je vous ai dis ouvrez les yeux vous verrez ce qui va se passer après le 30 juin.
Radio Kivu1/BENI-LUBERO : Pourquoi ne pas démissionner le gouvernement qui est à Kinshasa et nommer un autre en exil?
HONORE NGBANDA : Qui doit faire cela?
Radio Kivu1/BENI-LUBERO : Ngbanda!
HONORE NGBANDA: Et avec quelle autorité? Former un gouvernement en exil pour manger du caviar, ce n’est pas mon genre.
Radio Kivu1/BENI-LUBERO : Dernière question, monsieur Ngbanda. Vous nous donnez quel rendez-vous après le 30 juin?
HONORE NGBANDA : Ouvrez les yeux.
Radio Kivu1/BENI-LUBERO : Je vous remercie.
HONORE NGBANDA : C’est moi.
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Interview exclusive de HONORE NGBANDA, président de l’APARECO, accordée à Magloire Paluku pour le compte de Radio Kivu 1 et de Beni-Lubero Online. Suivez l’intégralité en Audio sur RadioKivuOneInternational.

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