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Intifada contre le cortège de Joseph Kabila au Nord-Kivu

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Le Président de la République Joseph Kabila continue de surprendre les beniluberois qui avaient mis tous les espoirs en lui en 2006. Avant son dernier passage à Beni-Lubero, plusieurs beniluberois croyaient que tôt ou tard il viendrait au chevet des victimes des Fardc issus du CNDP, des soi-disant rebelles étrangers FDLR, LRA, et ADF-NALU. Ils s’étaient trompés. Après Masisi et Goma où la visite présidentielle était plutôt aux attentes de la population car le Président Joseph Kabila avait pour la première fois mis en garde les militaires qui refusent d’être nommer ailleurs qu’au Nord-Kivu allant jusqu’à leur demander de quitter l’armée congolaise. Considérant que cette prise de position allait dans le sens de ce que la Société Civile du Nord-Kivu a toujours demandé à Kinshasa, les autres coins de la Province que Joseph Kabila allait visiter avaient nourri l’espoir que leurs attentes trouveraient une oreille attentive de la part du numéro de la république. C’était sans savoir que la suite de la visite du Chef de l’Etat au Nord-Kivu allait tourner au vinaigre par des gestes répréhensibles des gens dont on ne connait pas encore la vraie identité.

Dans les localités de Rutshuru, Kanyabayonga, Kayna, Kirumba, le cortège de Joseph Kabila a essuyé des pierres jetées par des gens dont l’identité n’est pas encore connue. Après vérification, il semble que la Jeep Range Rover du Chef de l’Etat n’avait essuyé aucune des pierres de cette intifada nord-kivutienne et sans kamikazes. C’est ainsi que les observateurs pensent qu’après le jet de pierres sur le cortège présidentiel à Rutshuru, le Président Joseph Kabila aurait piqué une colère contre ses collaborateurs et les congolais de Rutshuru, Lubero, et Beni. On sait par exemple que la Ministre Jeanne Mapera de la Culture et Arts et le Sénateur Venant Tshipasa de la DCF-COFEDEC, tous deux grands vuvuzelateurs Josephites du Nord-Kivu, étaient au Sud de Lubero qu’ils appellent leur fief pour y préparer le passage du Chef de l’Etat. Malgré leur présence, le cortège du chef de l’Etat a été hué et a essuyé des pierres.

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         Escorte du Président Joseph Kabila en ville de Butembo

Interrogés sur le pourquoi de la colère des sud-luberois vis-à-vis du Chef de l’Etat, plusieurs sud-luberois répondent qu’ils n’ont pas aimé le silence du Chef de l’Etat de qui ils attendaient des paroles de réconfort. Mais d’après les Josephites du Sud- Lubero, c’est la première intifada de Rusthuru qui est à la base de cette attitude du Chef de l’Etat. Il n’y a que Joseph Kabila qui peut trancher dans ce débat. 

A Kayna, au Sud-Lubero, les femmes des militaires mélangées à une foule compacte des sud-luberois, avaient bloquées la route quand le Président Joseph Kabila voulait passer sans leur dire un mot. Devant cette initiative des femmes, le Président Joseph Kabila est sorti de sa Jeep Range Rover pour saluer les populations de Kayna. Ouf ! 

A Kirumba la situation s’est empirée. Le président est descendu de sa Jeep pour saluer la population croyant peut-être qu’une simple salutation suffisait comme à Kayna. Mais ici, la population voulait un mot des condoléances de la part du Chef de l’Etat pour les multiples assassinats, viols collectifs des femmes, incendies des maisons, attaques des veillées mortuaires, rapt des repas du soir dans les familles, coupures de routes, destruction méchantes des champs agricoles, extorsion du petit et gros bétail, etc. Après une simple salutation, le Président Joseph Kabila est entré dans sa voiture pour poursuivre sa route vers Butembo sans adresser un seul mot de condoléances aux populations victimes de Kirumba . A partir de la troisième voiture après la Jeep du Président, un jet des pierres s’était déclenché sur le reste du cortège. La foule amassée le long de la route a emboité le pas aux intifadistes en huant le cortège présidentiel en kinande : « uuu uuu uuu, « JoKa shatutsomene, uuuu, iyooooo, hayaaaa». N’eut été l’intervention musculeuse de la Police locale, on aurait semble-t-il assisté au pire.

Depuis lors, les Fardc issus du CNDP procèdent à une chasse à l’homme à Kirumba. Les intifadistes sont recherchés partout. Moindre insoumission aux Fardc issus du CNDP engendre une arrestation et des paroles comme « Munawaza muna nguvu kwani mulitupa mawe kwa rais, muta kufa kiyolela » (vous pensez être forts car vous avez jeté des pierres au Président, vous allez mourir en grand nombre » ! Depuis cette intifada du Samedi 11 septembre 2010, toutes les petites infractions commises dans la cité de Kirumba sont jugés par l’auditorat militaire de Kirumba. C’est le cas d’un enfant qui s’est fait mal en se cognant contre une moto. Au lieu que le cas soit traité par la police de roulage, ce sont les militaires qui s’en occupent. Les menaces de mort contre toute la population sont claires. Ceux qui prennent ces menaces de mort au sérieux envisagent de quitter Kirumba. 

Les nouvelles de cette intifada ont pris du temps pour atteindre Butembo et Beni car la communication par téléphone et email était presque coupée pendant le séjour du Chef de l’Etat. Interrogé, un agent de Vodacom qui a requis l’anonymat a dit que toutes les lignes de communication étaient offertes au service du protocole présidentiel sur toute l’étendue de Beni-Lubero. C’est ainsi que plusieurs cyber café n’avaient pas de connexion pendant le séjour du Chef de l’Etat. 

Maintenant que la connexion est restaurée les nouvelles fusent de Rutshuru, Kanyabayonga, Kayna, et Kirumba. 

A Butembo, on semble comprendre pourquoi le Président était plutôt en colère et silencieux. 

A Beni, le Président n’a dit mot au public. A la cérémonie de la tribune du 8 mars, seuls le Gouverneur de Province Julien Kahongya, le Ministre de Travaux Publics et le Représentant de la société chinoise SYNO-HYDRO avaient présenté leur message au public. Le président Joseph Kabila y était sans dire un mot. On l’a vu sortir très fâché de la tribune du 8 mars pour le bureau du Maire de Ville de Beni. Excluant le Gouverneur de Province et le Maire de Ville de Beni, le Président Joseph Kabila a tenu une réunion de securité avec les officiers militaires en langue Kinyarwanda. C’était la consternation de voir le Gouverneur de Province et le Maire de Ville tenus à l’écart d’une réunion de securité de leur province en guerre contre les ADF-NALU. Sans dire un mot, Joeph Kabila prendra le volant de sa voiture pour Eringeti où la coupure symbolique du ruban inaugurait l’asphaltage de la route Beni- LUNA(Eringeti) et Beni-Butembo.

Les camps des deplacés de Mbau et d’Oïcha n’ont pas eu droit à la visite du Chef de l’Etat. Peut-être qu’il n’avait plus le temps vues ses occupations multiples. Mais les observateurs pensent que l’intifada de Rutshuru et du Sud de Lubero peut lui avait fait peur raison pour laquelle il a évité le public. 

Pendant sa visite à Butembo et Beni, les pillages par les militaires issus du CNDP continuaient dans la région de Mbau. 

Les travaux d’asphaltage de la route vont ainsi commencer dans une région non apaisée et exclue de la sympathie du Père de la nation. 

Obède Bahati

Beni

©Beni-Lubero Online

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