Joseph Kabila au service du Rwanda et des Multinationales

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Pasteur Théodore Ngoy déballe « le modus operandi » de Joseph Kabila et son clan (suite et fin)
 
Nous voudrions, dans les lignes qui vont suivre, essayer de balbutier des essais de réponses aux questions que la première partie de cet article ont posées. Nos essais de réponses pourraient nous permettre de cibler l’un ou l’autre point sur lesquels les réseaux du refus du système kabiliste devraient longtemps travailler s’ils veulent sortir des sentiers battus, de la servilité et de l’esclavage volontaire. Nous reprenons ces questions: « La critique du Pasteur adressée à Joseph Kabila en tant que chef de l’Etat a-t-elle sa raison d’être? Peut-on être à la fois « un apprenti seigneur de la guerre » et un chef de l’Etat?
Théodore Ngoy a-t-il travaillé avec Joseph Kabila? A son avis, non. A la lecture de ses réponses, oui. Pourquoi aurait-il souhaité qu’Etienne Tshisekedi, un vieux politicien, devienne le Premier Ministre d’un « apprenti seigneur de la guerre » qu’il peint comme étant « peu instruit », rusé et sachant jouer au chat et à la souris avec ses adversaires politiques? Théodore Ngoy croit-il être le seul à avoir la vocation pour diriger le Congo de demain? Croit-il en cela parce que Joseph Kabila lui a dit qu’il n’était pas comme « les Congolais »? Sait-il qu’il y a des réseaux de refus congolais du système kabiliste engagés à dresser le profil des dirigeants de demain en excluant tous ceux qui ont travaillé avec Mobutu et les Kabila? »
 
Joseph Kabila n’est pas un homme d’Etat
 
Notre monde souffre depuis plus de trois décennies du manque d’hommes d’Etat. Ce constat est partagé par les plus lucides d’entre nous au Sud comme au Nord de notre planète. De plus en plus, nos pays sont gérés par « les petites mains du capital », « garçons de course » des multinationales reléguant le bonheur collectif partagé au dernier plan. Matérialistes invétérés, ils pratiquent une politique amorale et/ou immorale fondée sur un juridisme sans âme.
Une lecture attentive de l’interview du Pasteur Théodore Ngoy aboutit à ce secret de polichinelle: « Joseph Kabila n’est pas un homme d’Etat digne de ce nom. » Théodore Ngoy affirme sans ambages qu’il est un apprenti seigneur de guerre, peu instruit et rusé. Ancien membre du FPR/APR, il est, comme ses frères tricheurs au Congo, au service du Rwanda et des multinationales. 
Quand Théodore rapporte ce qui l’a déterminé à refuser les nominations proposées par Joseph Kabila, il mentionne ses bas calculs politiques, ses relations floues avec le Rwanda, les privilèges fabuleux accordés à ses frères Rwandais au Congo, « la signature des contrats léonins, l’enrichissement sans cause, la corruption érigée en système de gouvernement de l’Etat, le choix de collaborateurs parmi les Congolais les moins instruits ou les moins compétents sinon les moins scrupuleux, la violence politique, policière et judiciaire, bref l’injustice caractérisée sous toutes ses formes. » En sus, dit-il:  » Kabila n’est certes pas instruit, mais il a fait preuve de beaucoup d’intelligence machiavélique; il a réussi à défaire ses adversaires en les amenant près de lui pour bien les détruire; il a divisé, dispersé, acheté dans le camp de ses adversaires. »
Comment cet « homme de Dieu » peut-il, lui, décliner les offres de cet apprenti seigneur de la guerre et tirer à boulet rouge sur un vieux politicien, visionnaire, Etienne Tshisekedi, en prétendant qu’il a refusé de devenir le premier Ministre de Kabila ayant plein pouvoir? Le fait qu’Etienne Tshisekedi ait créé avec Ruberwa (et bien d’autres Congolais) l’Alliance pour la Sauvegarde du Dialogue inter-congolais était-il une raison suffisante pour qu’il accepte le marché de Kabila par le Pasteur Ngoy interposé? Comment le Pasteur Ngoy peut-il s’imaginer, un seul instant, qu’Etienne Tshisekedi travaille avec un jeune homme dont le passé demeure, pour plusieurs d’entre nous un mystère?
En décrivant « le modus operandi » de Joseph Kabila et son clan, Théodore Ngoy affirme que ces derniers veulent tout sauf un Etat de droit. De là en croire qu’ils pouvaient travailler avec un défenseur acharné de l’Etat de droit, il y a un pas que notre Pasteur franchit allègrement.
Le Pasteur Ngoy voulait-il qu’Etienne Tshisekedi soit parmi les Congolais manipulés et achetés par Kabila et pour lesquels il n’a aucune considération? En effet, dit-il: « Il (Kabila) n’a aucune considération pour les Congolais parce qu’il a eu à les manipuler tous avec le pouvoir et l’argent. En plus, il sait que les Congolais ne tiennent aucun compte de l’histoire, voire de leur propre histoire. Ils oublient vite et peuvent paradoxalement soutenir aujourd’hui ce que ou celui qu’ils contestaient hier. » Le Pasteur Ngoy, au lieu de s’en prendre à Etienne Tshisekedi parce qu’il a laissé échapper la primature, ne devrait-il pas saluer en lui un digne fils du Congo ayant échappé à la manipulation avec l’argent et le pouvoir?
De ce qui précède, il ressort que Joseph Kabila n’est pas un homme d’Etat mais un bon manipulateur au service de son ego, de son clan, du Rwanda et des multinationales.
 
Etienne Tshisekedi et Ruberwa dans une même alliance
 
Les mystères du « conglomérat d’aventuriers » venu du Rwanda pour « libérer » le Congo se dévoilent petit à petit, sur le temps. Ils ont roulé plusieurs de nos compatriotes dans la farine. Il se pourrait que nos leaders politiques n’aient pas fait exception; Théodore Ngoy et Etienne Tshisekedi y compris. L’alliance pour la sauvegarde du Dialogue inter-congolais dont plusieurs congolais ne maîtrisaient ni les tenants ni les aboutissants peut être classifiée parmi les erreurs de notre marche historique sous l’AFDL.
Avec le temps, les écailles étant tombées de nos yeux, il y a lieu d’envisager autrement l’avenir en essayant de remettre en question toutes ces alliances contre-nature tout en faisant des propositions alternatives. Cette remise en question implique une révision de notre commune appréhension de l’aîné, du chef et/ou du noko.
Une relecture de notre passé socio-culturel et politique révèle qu’il y a dans la conception commune aux Congolais du chef quelque chose s’apparentant à sa déification. Une déification consciente et/ou inconsciente soutenant une représentation d’un chef au-dessus du bien et du mal.
Dans l’imaginaire du commun des Congolais, le chef semble être un dieu, pur et sans faute. Cette figure du chef est souvent assumée par les aînés (modernes) ayant perdu de vue que « lungenyi mponda wa pa tshisasa, mwana mutekete utu wambila mukuku » (« aux âmes bien nées la valeur n’attend pas le nombre des années »).
Cette représentation imaginaire de l’aîné/chef conduit au péché de l’idolâtrie: les aînés/chefs (et les noko) sont adorés au même titre que Dieu au point que toute remise en question de leur façon de faire, d’être , de savoir, de savoir faire et de faire savoir est facilement assimilé au crime de lèse majesté. Il y a, dans le chef de plusieurs d’entre nous, une confusion permanente entre le respect dû aux aînés et leur mise indue sur le piédestal.
Cette idolâtrie conduit à l’aveuglement ou plutôt à l’envoûtement des cœurs et des esprits et a des incidences sur la marche de la chose publique chez nous.
En effet, dans la société africaine d’autrefois, le chef (aîné) devait réunir des vertus qui en fassent un père plein de tendresse, de bonté, de compassion et de solidarité pour ses sujets. Cette idée régulatrice de la figure du chef n’a toujours pas été réalisée par les gestionnaires de nos villages et nations.
Mais que nous la supposions d’emblée réalisée par « les évolués » congolais, les dinosaures du mobutisme et les nouveaux prédateurs des kabilismes, voilà l’une des causes spirituelles de notre irresponsabilité, de notre esclavage volontaire, de notre servilité.
Dans ce contexte, les égarements de nos chefs, quand ils ne sont pas dramatisés, assimilés aux injures, ils sont supposés ne faire l’objet d’aucune critique. Les critiques ne sont permises qu’après leur mort. Par manque d’instruction et de formation, plusieurs d’entre nous ont perdu de vue les valeurs auxquelles la personnalité du chef renvoyait au profit d’un attachement aveugle à ce dernier en tant qu’individu au-dessus de la mêlée.
Ainsi existe-t-il des milieux congolais où les critiques adressées aux chefs et aux leaders politiques peuvent facilement attirer la foudre sur ceux et celles qui les formulent. (Cela même si ces critiques sont fondées sur les faits et non sur les rumeurs!)
De plus en plus, la référence à Dieu (et à la vocation) devient une nouvelle recette pour échapper à toute critique. A lire le Pasteur Ngoy, il nous semble qu’il devrait se garder de ce danger, s’il veut, demain, concourir avec ses autres compatriotes à briguer les hautes fonctions de l’Etat.
 
Le Pasteur Ngoy a travaillé avec Joseph Kabila
 
S’il y a eu des divergences entre Joseph Kabila et le Pasteur Ngoy sur les convictions fondamentales de ce dernier, cela ne signifie pas que les deux n’aient pas travaillé ensemble. Quand le Pasteur avoue que « Kabila était donc sûr de m’embarquer dans son entreprise politique entachée de trop de mystères, de secrets mêlés au sang de Masasu dont l’exécution a précédé l’assassinat de Kabila Laurent parce que Masasu n’aurait jamais accepté que Joseph devienne le président » et qu’après affirme avoir fait valoir le point de vue du gouvernement à Lusaka, point de vue selon lequel « les Banyamulenge n’existaient pas mais que c’étaient des rwandais mieux armés que l’armée congolaise », il dit une chose et son contraire.
Bien que n’ayant pas travaillé dans un cabinet ministériel, le texte de Réveil-FM prouve noir sur blanc qu’il a eu à assumer des missions que Joseph lui auraient confiées. C’est à ce titre qu’il a failli participer à la réunion dite de stratégie dans la résidence de Kabila si Théophile Mbemba et Katumba Mwanke ne s’étaient pas organisés pour l’en empêcher.
Peut-on lui en vouloir? A notre humble avis, non. Il est possible de travailler avec Joseph Kabila sans être nécessairement « joséphiste ». Aussi, côtoyer Kabila et sa cour lui a-t-il permis au Pasteur Ngoy de nous partager les tactiques de leur mode opérationnel. Il est important de savoir que beaucoup de réseaux de refus ont infiltré le système kabiliste. Cela leur permet d’avoir les informations nécessaires à l’organisation de la résistance et de la mise de Joseph et sa cour hors d’état d’agir.
Côtoyer Joseph Kabila a permis au Pasteur de se faire « une petite idée de la manière dont se gère les affaires de l’Etat (chez nous): intrigues, coups bas, mensonges, etc. » et de nous la partager.
Il ne serait pas mal que « la vocation du Pasteur pour le Congo » soit partagée avec tous ces réseaux de refus du système kabiliste. Il pourrait mettre à leur service son expertise. Ce faisant, il rejoindrait ses autres frères et sœurs décédés à en découdre avec l’hypothèque que Joseph Kabila fait peser sur notre destin commun. Cela lui éviterait de faire cavalier seul au risque de contrecarrer l’action de ceux et celles de ses compatriotes luttant pour la même cause.
 
Un débat valant la peine d’être mené
 
Les réponses du Pasteur Ngoy aux réponses de Freddy Mulongo font plus ou moins une trentaine de page.
Les lire exige une bonne concentration et une bonne connaissance de notre histoire immédiate. Nous avons voulu les résumer en quelques sept pages en les relisant.
Bien que reprenant des choses très connues dans certains milieux congolais, le Pasteur a forcé certains autres milieux à réfléchir sur ce qui, malgré ces différentes révélations, poussent certains de nos compatriotes à se laisser manipuler et acheter.
Il ne fait aucun doute que « ces collabos » ont détruit tout sens d’humanité en eux et qu’il serait bon qu’ils répondent un jour de leurs forfaits.
C’est vrai, il y a, dans les réponses du Pasteur Ngoy, des révélations qui font frissonner. Ceux et celles d’entre nous qui comptent encore sur la justice au Congo ne peuvent pas s’imaginer que deux juristes décident de torpiller les lois au Parlement pour favoriser l’individu Joseph Kabila en rigolant (bakenya ku menu) !
Sans trop idéaliser l’homme, nous estimons qu’il y a un minimum de valeurs qui doivent être protégées dans le chef de ceux et celles qui assurent la direction de la société.
Identifier le « Conglomérat d’aventuriers » qui s’amuse à enlever, torturer et assassiner les Congolais, à tailler les lois du pays sur mesure et à ourdir les complots pour la balkanisation du pays aux côtés de Joseph Kabila a un double avantage. Il permet de nous réaliser que certains de nos frères bien identifiables sont nos propres bourreaux. Ceci nous protège d’une auto-flagellation collective incapacitante. Il permet aussi d’inciter aux réseaux de refus du système criminel et criminogène de Joseph Kabila à croire qu’une poignée de Congolais organisée, disciplinée, confiante en elle-même et respectueuse de la parole donnée peut renverser un jour la vapeur et orienter autrement l’avenir de notre beau et grand pays.
Donc, malgré l’une ou l’autre question que les réponses du Pasteur Ngoy à Freddy Mulongo posent, elles méritent d’être lues, méditées et conservées pour les générations futures. Elles nous garderont de tomber dans l’amnésie. Elles servent et serviront à la réécriture de notre histoire, celle que nous enseignerons obligatoirement à nos enfants et à nos petits-enfants.
A travers les révélations du Pasteur Ngoy, nous avons pu nous rendre compte de la fragilité de nos frères manipulés et achetés. Pris la main dans le sac, ils paniquent. Légers, il leur arrive de traiter « des questions stratégiques » sur la place publique. Toutes ces brèches peuvent être du pain béni pour les réseaux des résistants congolais.
De toutes les façons, le Pasteur Ngoy nous aura permis de revenir sur l’une des pages de notre histoire que nous relirons longtemps encore. Le débat qu’il a suscité, malgré les débordements, valait la peine d’être mené…
 
J.-.P. Mbelu
Bruxelles-Belgique
Beni-Lubero Online
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