JOSEPH KABILA INAUGURE UN NOUVEAU CONGO

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Mercredi 06/12/2006 restera dans la mémoire de l’histoire Congolaise. La locomotive de l’Afrique peut alors rêver se lancer vers un espoir et un souhait de bonheur que tout homme qui aime le Congo porte en soi.
 L’investiture de Joseph Kabila  (avec dans le décor la guerre au Nord-Kivu), boudée par ses détracteurs dont J.P Bemba qui a préféré aller se reposer chez lui au Portugal(le pays de ses grands-parents maternels), est bien commentée dans la presse que dans des offices les plus hauts du monde.
 Des autorités Européennes, Américaines et Africaines ont envoyé des délégations à Kinshasa pour marquer leur satisfaction.
La presse Européenne en a tiré des pages, pour une fois, avec des lignes éditoriales optimistes, invocatrices ou éducatives.
Que Dieu bénisse le Congo; peut-on entendre chez les âmes pieuses.
 
Emmanuel Mumbere Ngavuka
Paris – France
Beni- Lubero Online
 
LES CHANTIERS DE KABILA
(RFI)
 
Kinshasa la capitale de la République démocratique du Congo, s’est préparée en conséquence pour la prestation de serment de Joseph Kabila, mercredi. Un moment «historique» selon la presse locale, marqué par la présence de plus d’une dizaine de chefs d’Etat africains, de chefs de gouvernement, et des délégations américaine et belge. Marqué aussi par l’absence de Jean-Pierre Bemba, l’outsider, qui s’est envolé pour le Portugal «pour se reposer» selon son entourage. «Après la prestation de serment : Finie la traversée du désert !» titre L’Avenir, écrivant que «46 ans après l’accession à la souveraineté nationale et internationale des Congolais, l’espoir est de nouveau au rendez-vous». Pour Le Potentiel, c’est une «journée historique pour autant qu’elle donne le coup d’envoi d’une nouvelle ère qui se veut porteuse d’espoirs pour le peuple congolais». Le journal précisant dans un éditorial que cette journée «doit marquer le point de départ d’un Congo nouveau».
 
Joseph Kabila est le premier président à avoir été élu au suffrage universel direct en RDC, à l’issue d’un second tour, le 29 octobre, qui l’a opposé à Jean-Pierre Bemba. Premier président de la IIIe République, il soulève donc de nombreux espoirs parmi les 56 millions Congolais qui aimeraient enfin pouvoir sortir d’une décennie noire. Après cinq ans d’une guerre civile (1998-2003), qui a enterré quelque 4 millions d’entre eux et en a déplacé plusieurs milliers, et après trois ans d’une transition bancale, la RDC est un pays en ruines. Etat en faillite, économie en banqueroute, corruption généralisée, pillage de ses richesses par ses voisins et par des firmes étrangères, atteintes à la liberté d’expression et de presse… Près des trois-quarts des Congolais vivent en-dessous du seuil de pauvreté et plus de mille Congolais meurent chaque jour de malnutrition et de maladies, notamment du sida et du paludisme. Seule 30% de la population aurait accès à des structures de soins. Le pays a tous les besoins : eau courante, réseaux d’assainissement, électricité, infrastructures…
 
Changer les mentalités
 
Les défis qui attendent le plus jeune des chefs d’Etat africains (35 ans) sont immenses. Sur le plan politique, il devra renforcer la réconciliation nationale qu’il a déclaré vouloir enclencher dès 2001, à son arrivée au pouvoir après l’assassinat de son père Laurent-Désiré. Disposant d’une majorité hétéroclite au Parlement (300 députés sur 500), il devra confirmer la démocratie dans le pays, consolider la paix, sécuriser le territoire national et stabiliser les institutions… Rien que ça. Nommé Premier ministre, le secrétaire général du Parti lumumbiste unifié (Palu), Antoine Gizenga, a annoncé que l’une de ses priorités sera la lutte contre la corruption. Pour cela, le président devra s’atteler à un vrai changement des mentalités. «Mes interlocuteurs de l’Union européenne ont sursauté quand j’ai prononcé ce mot, mais je le répète : il faut qu’il y ait une sorte de révolution morale dans ce pays, afin que les gens se transforment», a-t-il d’ores et déjà déclaré.
 
Côte union nationale, les vieux démons rôdent toujours : xénophobie, congolité, régionalisme… Les résultats du scrutin présidentiel ayant révélé une ligne de fracture entre un Congo occidental francophone et lingalophone, centre du pouvoir et base électorale de Jean-Pierre Bemba, et un Congo oriental plus anglophone et swahilophone, « bastion » du président fraîchement élu mais toujours en proie à des soubresauts. Mardi, de nouveau combats ont d’ailleurs opposé l’armée régulière et des troupes fidèles au général déchu Laurent Nkunda, qui se sont emparées d’un village du Nord-Kivu (Est). Comme une désagréable piqûre de rappel, à la veille de la prestation de serment. Sans oublier les cohortes de rebelles rwandais qui sévissent toujours dans l’Est.
 
Les 5 chantiers
 
Dans une interview accordée à la presse nationale le 27 octobre dernier, Joseph Kabila a annoncé cinq chantiers prioritaires : les infrastructures (routes, rails, ponts), la création d’emplois (qui passe par les investissements), l’éducation (les écoles et les universités sont à reconstruire), l’eau et l’électricité, et enfin, la santé. Ajoutant : «Il faut évidemment insister sur la transparence dans la gestion de la cité, des affaires de l’Etat. Bref, il faut remettre de l’ordre dans le pays», lors d’un autre entretien au journal belge Le Soir en novembre. Et indiquant : «Nous allons compter d’abord sur nous-mêmes. Mobiliser davantage nos ressources, nos recettes». Le gouvernement devra effectivement se doter d’un budget capable de répondre aux grands chantiers annoncés.
 
La reprise en main des ressources naturelles est une piste. Accusé d’être impliqué dans l’attribution de juteux contrats miniers à des sociétés étrangères au détriment de l’Etat, le candidat Kabila a promis des «changements». Désormais élu, osera-t-il renégocier les contrats des compagnies américaines, sud-africaines ou indiennes ? Toujours sur le plan économique, il pourra s’appuyer sur une monnaie stable, une inflation presque maîtrisée (passée de 511% en 2000 à 15,8% en 2002) et un retour du FMI et de la Banque mondiale. Un retour qui avait d’ailleurs permis en 2003 au Congo d’accéder à l’initiative Pays Pauvre Très Endetté (PPE), ouvrant la voie à un allègement du service de sa dette sur 25 ans. «Pour moi, le Congo, c’est la Chine de demain : d’ici 2011, l’exemple pour moi viendra des pays asiatiques, que l’on appelle les ‘Dragons’. Le Congo va surprendre, car il se redressera beaucoup plus vite que prévu», a assuré Kabila au Soir.
 
La «locomotive» de l’Afrique centrale
 
Promettant de faire de la RDC la «locomotive» de l’Afrique centrale et des Grands Lacs, Kabila devrait poursuivre une politique d’ouverture diplomatique, régionale et internationale. Signal positif, la Commission européenne vient d’annoncer qu’elle projetait de doubler les aides financières au pays dans les six ans à venir. Au cours des cinq dernières années, le Congo a reçu près de 205 millions d’euros de fonds de développement européens. Cette somme pourrait passer à 411 millions d’euros. Cette augmentation doit être agréée par les Etats membres mais la Commission a déjà décidé de mobiliser 33 millions d’euros sur son propre budget qui seront consacrés à renforcer «la gouvernance et les institutions au service des citoyens».
 
Enfin, Kabila qui, pendant la campagne, s’est posé en rassembleur du peuple congolais, lance aussi des appels du pied aux Congolais de l’étranger. «A mes compatriotes de la diaspora, je dis de rentrer au pays ! Venez participer à la reconstruction, il y a de la place pour tout le monde.» Toutes les bonnes volontés ne seront effectivement pas de trop.
 
 RFI

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