Julien Paluku au chevet de la Population de Butembo

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 La recrudescence de l’insécurité en Ville de Butembo et un peu partout dans les deux territoires de Beni et de Lubero,  ne pouvait pas pendant longtemps laisser indifférent le Gouverneur de Province, Son Excellence Julien Paluku Kahongya.
 
En effet à part les assassinats déplorables en ville de Butembo, la localité aurifère de Bandulu à Manguredjipa en Territoire de Lubero est occupée depuis le mercredi 23 décembre par des hommes en armes qui ont, avant de l’occuper, incendié les maisons et envoyer dans la brousse tous ses habitants. La localité de Bandulu est connue pour son grand gisement d’or.
 
Une famille de Bandulu, une localité incendiée dans la nuit du 23 Décembre 2009 par des hommes en armes
Dans le territoire de Beni, des soldats ougandais et rwandais suivis de leurs membres de famille et de leur bétail occupent depuis quelques jours les localités de Kamango, Mutwanga, Batalinga aux abords du Mont Rwenzori sous-prétexte d’y poursuivre des rebelles ougandais de l’ADF/NALU. Mais selon les habitants de ces localités, ces militaires ougandais et rwandais ont déjà chassé plusieurs familles de leurs champs et maisons pour les occuper.
 
      Une vue de la cité de Mutwanga où des rwandais clandestins cherchent à s’installer
C’est dans ce contexte peu reluisant du point de vue sécuritaire que le Gouverneur de la Province du Nord-Kivu est arrivé à Butembo ce lundi 28 Décembre vers 11h30, heure locale à la tête d’une forte délégation provinciale.
 
Le Gouverneur et sa suite étaient accueillis à bras ouverts par une population dont la souffrance  de ces derniers mois a fait rarement ou jamais plus la une des nouvelles dans la capitale Kinshasa, siège des institutions nationales.
Ainsi, on peut dire sans se tromper que cette visite dont l’objectif présenté est la sécurisation de la ville de Butembo, est la première du genre depuis la signature des accords d’Ihussi à Goma au mois de mars 2009, qui au lieu de la paix, ont produit plus de violence parmi les populations civiles. Le Gouverneur Julien devient ainsi la première  autorité politique à reconnaître qu’il n’y a pas de paix dans ce coin du pays contrairement aux déclarations officielles de Kinshasa qui se félicitent chaque jour de la paix retrouvée là où les gens sont assassinés chaque jour.
 Ainsi cette reconnaissance de l’insécurité suivie d’une visite de sécurisation de la ville de Butembo est un fait qui a beaucoup soulagé la population qui peut maintenant commencer à faire le deuil de toutes les victimes des assassinats, des incendies des maisons, des braquages sur les routes, des vols à mains armées, etc.
En disant du haut de la tribune du Rond Point VGH (ancien Rond Point TMK pour les bubolais de la diaspora) qu’il vient mettre fin à l’insécurité dont la ville de Butembo est victime, le Gouverneur a touché du doigt le sujet numéro un qui préoccupe les bubolais et les bubolaises ces derniers temps.
La foule des bubolais et bubolaises qui ne cessait de s’aggrandir aux alentours du Rond Point VGH est restée suspendue aux lèvres du Gouverneur car elle ne voulait pas rater une seule parole sortant de sa bouche. Fidèle au dicton swahili de la place « Kuambiliwa kuna uongo » (le danger d’être tromper par des reporters), plusieurs bubolais voulaient être témoins oculaires (ou auditeurs) de l’heure de vérité sur la situation sécuritaire dans la ville de Butembo.
Ainsi, de la mise en place du meeting public du Gouverneur jusqu’à 14 h, heure de la fin de la manifestation, on  a vu personne s’impatienter ou quitter la place du meeting. Au contraire, on a eu l’impression que ceux qui avaient fait le déplacement du Rond Point VGH voulait y demeurer pour profiter de la forte securité du Gouverneur.
Quand il a commence à pleuvoir, un garde a voulu donner un parapluie au Gouverneur, mais le Gouverneur l’a refusé pour poursuivre sous la pluie son discours de sympathie envers la population mais aussi d’interpellation de tous ceux qui détiennent une parcelle d’autorité dans la ville de Butembo. De la foule, on a vu personne bouger malgré les grosses gouttes de pluie. Cette attitude du Gouverneur et de la foule résistant ensemble à la pluie a été le moment fort de ce meeting public, un signe que les bubolais sont déterminés à gagner la bataille de la paix si jamais les autorités politiques et administratives jouaient franc jeu avec eux !  

Parmi les décisions du gouverneur qui ont été applaudies longuement par la foule on peut citer :
          La Ville de Butembo est déclarée une ville sans armes pour les militaires et les policiers qui ne sont pas en mission de service.
          L’autorisation donnée à la population de Butembo à se prendre en charge contre les bandits de grand chemin qui utilisent l’uniforme militaire et les armes pour tuer et voler. Pour distinguer les malfrats de militaires et policiers en mission, la population est autorisée par le Gouverneur à de demander l’ordre de mission à un militaire portant une arme.  Si ce dernier n’a pas d’ordre de mission lors de son interpellation par la population, la population est autorisée à le considérer comme un bandit armé et à le mettre hors d’état de nuire. Cette décision était longuement applaudie par le public. Il reste à savoir comment la population d’un quartier distinguera un faux ordre de mission du vrai ordre de mission d’un militaire ou un policier en vadrouille. Sachant que les commandants qui signent les ordres de mission sont aussi cités dans l’usage des armes pour s’enrichir, certains observateurs craignent que les bandits envoyés par ces commandants corrompus ne soient porteurs de vrais ordres de mission pour opérer.
          La fin du gardiennage militaire pour les individus qui ont les moyens d’engraisser ou comme on dit à Kinshasa, ceux qui ont les moyens d’oindre » ( Epakolami ou kupakala mafuta) les Commandants. Ce système enrichissant pour les commandants fait que les unités prévues pour la securité de la ville se vident au profit des plus offrants. Désormais toute personne dont la loi congolaise ne reconnait pas le droit à la securité d’une garde militaire ou de la police, devra engager des gardes de sociétés de gardiennage. Le Gouverneur a rappelé que le rôle de la Police est de sécuriser tous les citoyens et pas seulement ceux qui ont des gros moyens et ceux qui se croient plus importants que les autres.
 
Le Gouverneur a promis de passer toute la semaine à Butembo et d’y passer le nouvel an pour étudier avec le Conseil de Securité urbain et les forces vives de la place, les voies et les moyens pour l’application de toutes les décisions précitées.
 
L’espoir de tous est que la sécurité des bubolais et de leurs biens revienne dans la vielle dès ce lundi 28 janvier 2009, et que la visite du Gouverneur s’étendra sur les zones minières de Beni-Lubero qui sont entrain d’être occuper par des immigrés clandestins en armes. Le cas de Bandulu, de Mutwanga, Kamango et Batalinga sont en effet préoccupants pour les beniluberois.
 
Certains analystes se préparent à rencontrer le Gouverneur pour lui proposer le déploiement à travers la ville de la Police Militaire bien armée, bien payée, sous un commandant éprouvé et patriote pour s’occuper efficacement des militaires et policiers armés en vadrouille à travers la ville.  A part ce détachement de la Police Militaire pour toute la ville, il faudrait doter chaque cellule de la ville de 5 ou 7 policiers qui avec les chefs de cellule  y assureraient la securité 24h sur 24 en collaboration avec les forces vives de la Cellule. Ce déploiement de la Police Militaire collaborant avec le peuple dissuadera les malfrats de s’aventurer dans les différents quartiers. Et pour que ces mesures de securité locale aient long feu, il faudrait restaurer la discipline militaire dans la chaine de commandement provincial et national. Tant qu’il y aura un commandement parallèle au sein de l’armée et de la police de la Province du Nord-Kivu, les mesures sécuritaires prises par la base peuvent ne pas porter tous leurs fruits !
 
                        Danseurs du Groupe Munde " ENGOMA NTUMO" de Jacques D.
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©Beni-Lubero Online
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